III. RONDEL.
Une fois me dictes ouy, En foy de noble et gentil femme; Je vous certifie, ma Dame, Qu'oncques ne fuz tant resjouy.
Veuillez le donc dire selon Que vous estes benigne et doulche, Car ce doulx mot n'est pas si long Qu'il vous face mal en la bouche.
Soyez seure, si j'en jouy, Que ma lealle et craintive ame Gardera trop mieulx que nul ame Vostre honneur. Avez-vous ouy? Une fois me dictes ouy.
IV. RONDEL. [P. 135]
Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente; Une j'en sers qui est bien suffisante Pour contenter un grant duc ou un roy. Je l'ayme bien, mais non pas elle moy; Il n'est besoing que de ce je me vante.
Combien qu'elle est de taille belle et gente, De m'en louer pour ceste heure presente Pardonnez-moy, car je n'y voy de quoy; Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente.
Quant je luy dy de mon vouloir l'entente, Et cueur et corps et biens je luy presente, Pour tout cela remède je n'y voy. Deliberé suis, sçavez-vous de quoy? De luy quicter et le jeu et l'actente. Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente.