XX.
SUR LE JOUR DE LA DESTRUCTION DE JÉRUSALEM PAR TITUS.
1. De la dernière colline qui regarde ton dôme naguère sacré, je t'ai contemplée, ô Sion! quand tu fus livrée à Rome. Ton dernier jour était venu, et les flammes de ta ruine ont éclairé le dernier coup-d'oeil que je donnai à tes murs.
2. Je regardai ton temple, je regardai ma maison, et j'oubliai un moment mon esclavage à venir. Je ne vis que l'incendie qui dévorait tes autels, et les mains trop bien enchaînées qui auraient en vain tenté la vengeance.
3. Maintes fois sur le soir, ce lieu élevé, d'où j'observais ta chute, avait réfléchi les derniers feux du jour, lorsque, monté sur le sommet, je contemplais le déclin du soleil du haut de la montagne qui brillait sur ton sanctuaire.
4. Mais en ce jour fatal j'étais sur la montagne, et ne remarquais pas les rayons du crépuscule se fondre peu à peu dans les ténèbres. Oh! plût à Dieu que les éclairs eussent flamboyé en leur place, et que la foudre eût éclaté sur la tête du conquérant!
5. Mais les dieux du Gentil ne profaneront jamais le sanctuaire où Jéhovah n'a pas dédaigné de régner: quelque dispersé, quelque outragé que puisse être ton peuple, ô père céleste! nos adorations ne sont que pour toi!