‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 110 sur 112 · XXII.

XXII.

LA DESTRUCTION DE SENNACHÉRIB.

1. L'Assyrien fondit sur nous comme le loup sur la bergerie: ses cohortes étaient resplendissantes de pourpre et d'or; leurs lances brillaient, comme les étoiles de la nuit brillent sur la mer qui frappe de ses vagues bleues les rivages de la Galilée.

2. Comme les feuilles de la forêt, lorsque règne la verdure d'été, ainsi parut un soir cette armée avec ses bannières déployées: comme les feuilles de la forêt lorsque la bise d'automne a soufflé, ainsi le lendemain cette armée joncha-t-elle le sol, toute flétrie et dispersée.

3. Car l'ange de la mort étendit ses ailes sur le vent, et dans son rapide passage frappa de son haleine la face de l'ennemi. Les yeux des guerriers endormis s'éteignirent et se glacèrent: leurs coeurs ne battirent qu'une fois, et se reposèrent pour toujours.

4. Là gisait le coursier dont les naseaux, largement ouverts, avaient cessé d'aspirer l'air avec orgueil: l'écume de sa bouche agonisante blanchissait le gazon, froide comme les bouillons de la vague qui se brise contre le roc.

5. Là gisait le cavalier roide et pâle, le front humide de rosée, la cuirasse rongée de rouille. Les tentes étaient muettes, les étendards abandonnés, les lances immobiles, la trompette silencieuse.

6. Les veuves d'Assur poussent mille cris de douleur; les idoles sont brisées dans le temple de Baal: la puissance des Gentils, sans être atteinte par le glaive, s'est fondue comme la neige devant le regard du Seigneur.

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