‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 04, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 41 sur 112 · XIV.

XIV.

ADIEUX DE NAPOLÉON.

(Traduit du français.)

1. Adieu, terre où le nuage de ma gloire s'éleva pour couvrir de son ombre l'univers entier!--Tu m'abandonnes aujourd'hui;--mais mon nom remplit les pages les plus brillantes ou les plus sombres de ton histoire. J'ai combattu contre un monde qui ne m'a vaincu qu'après que le météore trompeur de la conquête m'eut entraîné trop loin: j'ai tenu tête aux nations qui me craignent encore dans mon abandon solitaire, moi, dernier captif de plus d'un million de guerriers!

2. Adieu, France!--Quand ton diadême ceignait mon front, j'en fis la perle et la merveille du monde;--mais ta faiblesse ordonne que je te laisse comme je t'ai trouvée, dans la décadence de ta gloire et le déclin de ta vertu. Oh! que n'ai-je encore ces vétérans de la bravoure, qui gagnèrent toutes leurs batailles et ne furent moissonnés qu'en luttant contre les tempêtes:--avec eux, l'aigle, dont le regard perdit en ce moment sa force, avait toujours, dans son essor, fixé ses yeux sur le soleil de la victoire!

3. Adieu, France!--Mais quand la liberté ralliera encore une fois ses bannières dans tes provinces, aie souvenir de moi:--la violette croît toujours dans le fond de tes vallées; elle est flétrie, mais tes larmes épanouiront encore sa fleur.--Oui, je puis encore confondre les armées qui nous environnent: ton coeur peut encore tressaillir et se réveiller à ma voix.--Il est des anneaux qui doivent rompre, dans la chaîne qui nous a liés: alors, tourne-toi vers Napoléon, appelle à ton aide le chef de ton choix.

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