IV.
LA SAUVAGE GAZELLE.
1. La sauvage gazelle peut encore jouer et bondir sur les collines de Juda, encore boire aux sources vives qui arrosent la terre sacrée: ses pas aériens, ses regards fiers peuvent promener partout leur essor indompté[170].
[Note 170:
Its airy step and glorious eye May glance in tameless transport by:--
M.A.P. traduit: «Ses pas aériens s'arrêtent, et son oeil brillant n'aperçoit autour d'elle rien qui l'effarouche.»]
2. Là Juda vit naguère des pas aussi légers, et des regards plus brillans. Sur cette scène de délices évanouies habitait une race plus belle. Les cèdres balancent encore leurs rameaux sur le Liban; mais les vierges de Juda, plus majestueuses que les cèdres,--où sont-elles maintenant?
3. Plus heureux le palmier qui ombrage ces plaines, que les enfans dispersés d'Israël! Une fois qu'il a poussé ses racines, il reste là dans sa grâce solitaire: il ne peut abandonner le lieu de sa naissance; il ne vivra pas sur un sol étranger.
4. Mais nous, nous devons nous flétrir dans une vie errante, mourir en des contrées lointaines. Là où gît la cendre de nos pères, la nôtre ne reposera jamais. Notre temple n'a pas conservé une seule pierre, et l'insulte siége sur le trône de Sion.