‹ Œuvres complètes de lord Byron, Tome 05, comprenant ses mémoires publiés par Thomas MooreChapitre 31 sur 42 · XXVIII.

XXVIII.

A MA CHÈRE MARIE ANNE.

Adieu pour toujours à la dame Marie! je dois promptement m'éloigner d'elle. Quoique le destin nous sépare l'un de l'autre, son image vivra toujours dans mon cœur.

La flamme qui brûle dans mon sein ne ressemble point à celle qui embrâse les cœurs des amans; l'amour que je sens pour Marie est bien plus pur que celui qu'inspire le dieu Cupidon.

Je ne désire point troubler votre paix; je ne désire point attrister vos joies; je ne prends point ma passion pour de l'amour; c'est votre amitié seule que je réclame.

Non, dix mille amans passionnés ne pourraient éprouver l'amitié que renferme mon cœur; elle y demeurera à jamais, aussi long-tems que le sang qui m'anime circulera dans mes veines!

Puisse le grand ordonnateur du ciel abaisser ses regards sur la terre, et défendre ma Marie de tout malheur! puisse-t-elle ne jamais connaître les revers de l'adversité! puisse son bonheur être à jamais durable!

Encore une fois, ma douce Marie, adieu! adieu! je le répète avec amertume. Je penserai à jamais à vous, aussi long-tems que ce cœur battra dans mon sein.

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