XXVIII.
A MA CHÃRE MARIE ANNE.
Adieu pour toujours à la dame Marie! je dois promptement m'éloigner d'elle. Quoique le destin nous sépare l'un de l'autre, son image vivra toujours dans mon cÅur.
La flamme qui brûle dans mon sein ne ressemble point à celle qui embrâse les cÅurs des amans; l'amour que je sens pour Marie est bien plus pur que celui qu'inspire le dieu Cupidon.
Je ne désire point troubler votre paix; je ne désire point attrister vos joies; je ne prends point ma passion pour de l'amour; c'est votre amitié seule que je réclame.
Non, dix mille amans passionnés ne pourraient éprouver l'amitié que renferme mon cÅur; elle y demeurera à jamais, aussi long-tems que le sang qui m'anime circulera dans mes veines!
Puisse le grand ordonnateur du ciel abaisser ses regards sur la terre, et défendre ma Marie de tout malheur! puisse-t-elle ne jamais connaître les revers de l'adversité! puisse son bonheur être à jamais durable!
Encore une fois, ma douce Marie, adieu! adieu! je le répète avec amertume. Je penserai à jamais à vous, aussi long-tems que ce cÅur battra dans mon sein.