III. - IV.
Mais quand le printems revient avec son cortège de fleurs, celle-ci, la mieux aimée, s'échappe de la foule qui ternirait ses couleurs virginales, et gâterait son parfum céleste.
Cueillons les autres, mais souvenons-nous du héraut qui nous l'annonce dans le froid décembre, de l'astre matinal de toutes les fleurs, du gage des longues heures de soleil radieux; au milieu des roses, n'oubliez pas la vierge, la vierge violette.
Entre CÉSAR; il chante.
Le tems des guerres est passé, nos épées sont oisives, le coursier ronge son frein, le casque étincelle sur la muraille, l'aventurier repose; mais son armure est rouillée. Le vétéran murmure en vain; en bâillant dans les salles pacifiques; il boit,--mais qu'est-ce que boire, si ce n'est un repos pour la pensée? Le cor ne l'éveille plus en lui faisant entendre un signal de vie et de mort.
LE CHŒUR.
Mais la meute aboie au loin; le sanglier est dans les bois, et le faucon attend avec impatience le moment de quitter son chaperon sur le poing du gentilhomme; il se tient comme un cimier, et cependant l'air est troublé par la multitude des oiseaux qui s'échappent de leurs nids.
CÉSAR.
Vain fantôme de gloire! froide image de la guerre! quel chasseur inspira un historien? Quel héros de la chasse eut sa destinée depuis Nemrod, le fondateur des royaumes et de la chasse? Nemrod qui, le premier, fit trembler les habitans des forets, alors que le lion était jeune et dans tout l'orgueil de sa force imposante. Alors c'était le jeu des forts que d'oser le combattre, que de s'avancer, armé d'un pin au lieu de lance, contre le Mamoth, ou de frapper dans un ravin le Beehemoth écumant; alors l'homme avait la taille des tours de notre tems: c'était le fils aîné de la nature, et comme elle il était sublime.
CHŒUR.
Mais la guerre est passée; le printems est venu; la fiancée et son amant ont gagné leur demeure. Réjouissons-nous, ils sont heureux; que chaque voix trouve un écho dans leurs cœurs.
(Les paysans s'éloignent en chantant.)