L'HÉRITAGE. - L'ILLUSTRE GOETHE.
TRAGÉDIE.
À
CETTE TRAGÉDIE EST DÉDIÉE PAR L'UN DE SES PLUS HUMBLES ADMIRATEURS.
PRÉFACE
Le drame suivant est entièrement tiré de Kruitzner, conte de German, publié, il y a déjà long-tems, dans les Canterbury tales de Lee. C'est à deux soeurs, je crois, qu'on est redevable de ces derniers contes, et celle des deux qui composa Kruitzner n'a fourni à la collection qu'une seconde histoire, jugée, comme la première, supérieure à toutes les autres du même recueil. J'ai adopté plusieurs caractères, une grande partie de l'intrigue, et quelquefois jusqu'au style de cet ouvrage. J'ai modifié ou altéré quelques autres rôles; j'ai changé quelques noms, et j'ai ajouté de moi-même un personnage (Ida de Stralenheim). Quant au reste, je me suis conformé à l'original.
J'étais bien jeune; j'avais, je crois, alors quatorze ans, quand je lus, pour la première fois, cette histoire. Elle fit sur moi une impression profonde; et je puis dire qu'elle fut le germe de plusieurs des ouvrages que j'écrivis par la suite. Je ne la crois pas très-populaire, ou du moins sa popularité s'est éclipsée devant d'autres grandes compositions du même genre. Mais j'ai remarqué, en général, que ceux qui l'avaient lue avaient comme moi la plus haute estime pour la force d'esprit et de création que l'auteur y avait développée. Je dois dire création plutôt qu'exécution; car le récit pouvait comporter de plus grands et de plus heureux développemens. Parmi ceux dont l'opinion sur Kruitzner se rapportait à la mienne, je pourrais citer les noms les plus imposans; mais cela n'est pas nécessaire, ni même utile: car il faut laisser tout le monde juger d'après ses propres sentimens. Je renvoie donc simplement le lecteur à l'ouvrage original, pour qu'il puisse mieux juger tout ce que je lui redois; et je ne serais pas fâché qu'il trouvât plus de plaisir à le parcourir que le drame auquel il a donné naissance.
J'avais commencé une pièce sur le même sujet dès 1815 (c'est le premier de mes essais dramatiques, si j'en excepte un autre commencé à l'âge de treize ans, sous le nom d'Ulric et Ilvina, que j'eus le bon sens de jeter au feu); j'en avais fait environ un acte, quand je fus interrompu par les circonstances. Il s'en trouve quelque chose parmi mes papiers, en Angleterre; mais comme on ne le retrouvait pas, j'ai refait ce premier acte, et continué la pièce.
Il est bien entendu qu'en le publiant je ne l'ai pas cru susceptible, le moins du monde, d'être mis au théâtre.
PERSONNAGES.
HOMMES.
WERNER. ULRIC. STRALENHEIM. IDENSTEIN. GABOR. FRITZ. HENRICK. ERIC. ARNHEIM. MEISTER. RODOLPH. LUDWIG.
FEMMES.
JOSÉPHINE. IDA STRALENHEIM.
La scène est en partie sur la frontière de Silésie, et en partie dans le château de Siegendorf, près de Prague. L'action a lieu sur la fin de la guerre de Trente Ans.
WERNER, OU