‹ Œuvres de P. Corneille, Tome 03Chapitre 3 sur 30 · L'INFANTE. - L'INFANTE.

L'INFANTE. - L'INFANTE.

Ma tristesse redouble à la tenir secrète. Écoute, écoute enfin comme j'ai combattu, Écoute quels assauts brave encor ma vertu[263]. 80 L'amour est un tyran qui n'épargne personne: Ce jeune cavalier[264], cet amant que je donne[265], Je l'aime[266].

LÉONOR.

Vous l'aimez!

Mets la main sur mon coeur, Et vois comme il se trouble au nom de son vainqueur, Comme il le reconnoît.

LÉONOR.

Pardonnez-moi, Madame, 85 Si je sors du respect pour blâmer cette flamme[267]. Une grande princesse à ce point s'oublier Que d'admettre en son coeur un simple cavalier[268]! Et que diroit le Roi? que diroit la Castille[269]? Vous souvient-il encor de qui vous êtes fille? 90

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