L'AMOUR.
Vous ne pouvez que trop, déesse impitoyable: Le Destin l'abandonne à tout votre courroux; Mais soyez moins inexorable 1930 Aux prières, aux pleurs d'un fils à vos genoux. Ce doit vous être un spectacle assez doux De voir d'un œil Psyché mourante, Et de l'autre ce fils, d'une voix suppliante, Ne vouloir plus tenir son bonheur que de vous. 1935 Rendez-moi ma Psyché, rendez-lui tous ses charmes; Rendez-la, Déesse, à mes larmes; Rendez à mon amour, rendez à ma douleur Le charme de mes yeux et le choix de mon cœur.
VÉNUS.
Quelque amour que Psyché vous donne, 1940 De ses malheurs par moi n'attendez pas la fin: Si le Destin me l'abandonne, Je l'abandonne à son destin. Ne m'importunez plus; et dans cette infortune, Laissez-la sans Vénus triompher ou périr. 1945