Saint-Honorat et Sainte-Marguerite
Saint-Honorat et Sainte-Marguerite,
N’est-il pas temps que ces fascheux voisins,
À demy juifs, à demy Sarrasins,
Quittent vos bords et gagnent la guerite ?
Nous sçavons trop ce que leur foy mérite
Pour vous placer entre leurs grands cousins ;
Razez leurs forts, bruslez leurs magasins :
De leur orgueil tout le monde s’irrite.
Vostre beau bois qui montoit jusqu’aux cieux,
Jadis si frais, si délectable aux yeux,
La cime à bas semble crier vengeance ;
Et vos autels, à la guerre employez,
Vous blasmeront de quelque intelligence,
Si de là-haut vous ne les foudroyez.