Quand je la voy, cette gorge yvoirine (Sonnet)
Quand je la voy, cette gorge yvoirine
Où l’oyseau-dieu souvent se va nicher,
Comme un goilan qui sur quelque rocher
Fait ses petits au bord de la marine ;
Quand je la voy, cette main qui burine
D’un trait aigu ce nom qui m’est si cher,
Dessus mon cœur, j’ars, ainsi qu’un buscher,
D’un feu qui plaist à ma gente Corine.
Son poil, son œil, son tant aymable vis
Accompagné d’un gracieux devis,
Plonge mes sens dans un doux fleuve d’aise ;
Et quand je songe à tout le demeurant
Que sous sa robe en mon ame je baise,
De trop d’amour j’expire en soupirant.