‹ Œuvres mêléesChapitre 21 sur 48 · À Madame la comtesse de M…

À Madame la comtesse de M…

À MADAME

LA COMTESSE DE M.

VOus nous débitez tous les jours,
Avec mille agrémens Romance
ſur Romance
Vous nous dites en abondance
Certains Contes naïfs pleins des plus jolis tours :
Praxille, je le voy, vous ramenez en France
Le temps heureux des Troubadours
Qui firent briller la Provence.
Le goût qu’ils eurent recomence :
La Fée & l’Enchanteur ont place en nos diſcours,
On y ſçait à la fin moraliſer toûjours
Et quelquefois même d’avance.
Cette antique mode s’élance
En tous lieux par vôtre ſecours,
Et ſe reçoit ſans violence.
Mais avec tous vos Dons aurez-vous la puiſſance
De ramener le goût des antiques amour ?
Non vous n’en ferez rien je penſe
On eſt trop gâté d’inconſtance.

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