‹ VercingétorixChapitre 129 sur 191 · IV

IV

Le seul endroit où les Gaulois pussent entraver les terrassements romains avec quelque chance de succès était la plaine des Laumes. Sur ce point les légionnaires travaillèrent longtemps sans abri, hors de la protection de leurs collines, sur des espaces découverts et peu propres à recevoir des camps et des redoutes. Ce secteur des lignes d’attaque était, par sa position, le plus faible: c’était donc celui où il importait le plus à César de pouvoir agir à sa guise.

[Illustration: LE BLOCUS D’ALÉSIA, D’APRÈS LES FOUILLES DE M. STOFFEL.]

Aussi Gaulois et Romains s’appliquèrent-ils également à devenir ou à demeurer les maîtres de la plaine des Laumes. Vercingétorix y déploya ce qui lui restait d’escadrons, en nombre encore suffisant pour résister fermement aux ennemis; et malgré le désastre des jours précédents, il ne parut pas que le courage de ses hommes fût ébranlé.

Une nouvelle bataille s’engagea entre la cavalerie gauloise et la cavalerie proconsulaire, et l’affaire fut presque aussi chaude que la dernière. Les Romains faiblirent les premiers, et César craignit un instant que l’infanterie ennemie ne vînt à la rescousse. Il dut faire sortir ses propres légions pour que leur vue donnât du cœur aux siens, et il lança à leur secours la masse des cavaliers germains. Pour la troisième fois, ceux-ci sauvèrent l’honneur de l’armée. Les Romains furent raffermis, et les Gaulois tournèrent bride devant leurs sauvages ennemis.

Ils s’enfuirent par les vallons (surtout de l’Ozerain?) jusque vers leur camp. Ils pensèrent se trouver pris entre les légions qui s’avançaient, les Germains qui galopaient, l’enceinte de leur boulevard, percée d’ouvertures trop étroites. Les uns s’écrasaient aux portes, les autres abandonnaient leurs chevaux pour franchir le fossé et escalader les murailles. Il y eut quelques minutes où les Germains purent se donner la joie d’un grand massacre. Les Gaulois du camp finirent par craindre pour eux-mêmes et se hâtèrent en hurlant vers les murs d’Alésia. Mais Vercingétorix les dompta une fois encore, fit fermer les portes de la cité, força ses hommes à garder leur camp, et abandonna ses chevaux et ses morts à la victoire germanique. César, de son côté, refusa de donner l’assaut.

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