‹ VercingétorixChapitre 24 sur 191 · VIII

VIII

Respect des traditions et besoin d’aventures, âpreté au travail et au combat, haine de l’envahisseur et curiosité de l’étranger, culte des sommets montagneux et labour des plaines fertiles: voilà, autant qu’on peut le supposer, ce dont était fait le «génie inconséquent et contradictoire» du peuple arverne.

Je ne prétends pas expliquer Vercingétorix par le caractère de sa tribu, et je n’ai point voulu me rendre un compte définitif de l’homme en analysant la race dont il est sorti. Ce qui est vrai de la majorité d’une nation, ne l’est pas forcément de ceux qui ont été les premiers d’entre elle, par les armes ou par les écrits. Quand on aura dénombré les qualités dominantes du peuple latin, on n’aura qu’une faible partie du limon dont furent pétris Marius ou Cicéron. On peut toujours être en face d’exceptions, et c’est souvent le caractère exceptionnel d’un homme qui fait sa grandeur.

Mais enfin quelques-uns des traits de la nature arverne se retrouveront chez Vercingétorix et ses compagnons, et il était bon de les connaître tous. En tout cas, il fallait décrire la vie et le tempérament de ces hommes, les impressions qu’ils ont reçues, les dieux qu’ils ont adorés, le pays qu’ils ont habité, pour comprendre les éléments dont le chef gaulois pourra profiter et ceux qui feront obstacle à ses desseins.

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