‹ Victor Hugo à vingt ans: Glanes romantiquesChapitre 12 sur 22 · V. H.»

V. H.»

2e vol., in-12, de 232 pp. Frontispice de Devéria: «Le Sylphe».

A ces volumes doit être ajouté le recueil d'Abel Hugo, contemporain de la première édition des Odes et Poésies diverses et publié également sous la firme de Pélicier:

Littérature espagnole.--Romances historiques.--A Paris, chez Pélicier, libraire, place du Palais-Royal, nº 243, 1822, in-12, de 302 pp.

Dédicace:

«A mon Père Hommage d'amour et d'attachement A. Hugo.»

Quel trésor à signaler aux Hugophiles!]

Le domaine lui-même, après avoir été longtemps en vente fut payé 20.020 francs et la veuve d'Almeg se fit adjuger pour 1.720 francs la petite maison portant le nº 71 de la rue du Foix que le général avait annexée à la maison qu'elle possédait elle-même en propre depuis le 10 février 1816.

Les 50.000 réaux réclamés,--la prétention était plutôt inattendue,--par la veuve et les enfants du général Marie de Fréhaut, pour le reliquat de l'achat du couvent des Trinitaires déchaussés de Madrid, ne semble pas avoir retardé beaucoup la liquidation de la succession. Elle ne se termina guère, cependant, avant 1845, et dès 1829, Victor Hugo écrivait à Adolphe de Saint-Valry les ennuis qu'elle lui causait et le peu qu'il avait à retirer des débris d'une grande fortune:

Mes affaires privées toujours fort embrouillées, l'héritage de mon père non liquidé, nos biens en Espagne accrochés par Ferdinand VII, nos indemnités de Saint-Domingue retenues par Boyer, nos sables de Sologne (la Miltière) à vendre depuis 23 mois, les maisons de Blois que notre belle-mère nous dispute... par conséquent rien, ou peu de chose, à retirer dans les débris d'une grande fortune, sinon des procès et des chagrins...[162].

[Note 162: Victor Hugo: Correspondance, 1815-1835. Lettre à Adolphe de Saint-Valry du 18 décembre 1829, p. 87.]

La comtesse Hugo avait su, il est vrai, retirer son épingle du jeu: L'Étrangère était devenue l'Adversaire.

Trente ans, elle survécut au général, habitant la petite maison, dont, au loin, aimait à se souvenir l'exilé.

L'on chuchotait sur elle et on la voyait peu. On prête au cœur, même vieilli, des faiblesses; puis, une femme seule a besoin, pour le règlement de ses affaires de quelques conseils...

Et vinrent les cheveux blancs et l'oubli...

Cependant que Victor Hugo atteignait le zénith de sa gloire, le 21 avril 1858, Mme Hugo, la seconde, s'éteignait à l'âge de soixante-treize ans.

Deux voisins, les sieurs Besson, cordonnier, et Fouquet, jardinier, furent, au bureau de l'état civil de Blois, les témoins de son décès[163].

[Note 163: Les registres de l'état civil de Blois fournissent, ainsi que celui du petit Léopold, l'acte de décès de Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, Vve Hugo. En voici la teneur:

«L'an mil huit cent cinquante-huit, le vingt-unième jour du mois d'avril à trois heures du soir par devant Jean-Claude-Eugène Riffault, maire de Blois, chevalier de Légion d'honneur, Officier de l'État civil de la commune de Blois, canton de Blois, département de Loir-et-Cher, sont comparus Clovis Besson âgé de trente-neuf ans, profession de cordonnier, domicilié à Blois et Eugène-Frédéric Fouquet, âgé de quarante-huit ans, profession de jardinier domicilié à Blois.

«Lesquels nous ont déclaré que le vingt et un du mois d'avril, à dix heures du matin, Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, âgée de soixante-treize ans, profession de rentière, demeurant à Blois, département de Loir-et-Cher, née à Cervione (Corse), veuve en deuxièmes noces de Joseph Léopold Sigisbert, comte Hugo, lieutenant général, officier de la Légion d'honneur, fille de feu... est décédée en notre commune, en sa maison, rue du Foix.

«Le premier témoin a déclaré être voisin et le second témoin être voisin de la décédée. Nous nous sommes assurés de l'exactitude de la déclaration de ces témoins, qui ont signé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été faite.

«Eug. Riffault. Fouquet. C. Besson.» ]

Elle mourait dans l'isolement, ignorée de tous, à commencer par la famille à laquelle la faiblesse du général et les circonstances l'avaient imposée.

Nul ne se souviendrait de cette veuve d'Almeg, si les actes de l'état civil ne venaient parfois suppléer à l'insuffisance de notre mémoire.

Le temps, en confondant, au Père-Lachaise, les dépouilles du général Hugo et de Sophie Trébuchet, sa première femme, la mère intelligente et exquise, qui, non contente de donner au monde Victor Hugo, avait façonné son cœur et son esprit, avait depuis longtemps remis les choses au point.

Son souvenir seul reste associé à celui du père et du fils.

Elle avait été la bonté et la grâce.

Première confidente des essais de ses enfants, elle les avait encouragés et l'on ne saurait oublier qu'auprès du lit de la malade, Victor, non encore hors de page, avait composé quelques-unes de ses meilleures odes.

Sa figure fut pour le poète toujours présente. C'était plus que de l'amour filial. Il lui avait voué un culte, auquel il ne cessa d'être fidèle.

Deux femmes,--elles se valurent par le cœur et par l'intelligence,--éclairent, à l'aube de sa vie, la personnalité du prodigieux écrivain, dont la renommée, comme «la claire tour» de Solness, domine la médiocrité, les obscurs labeurs et les luttes fratricides des hommes, Sophie Trébuchet et Adèle Foucher.

Elles furent les inspiratrices, les bons anges, placés auprès du poète aux heures des débuts, alors que les mauvais sont, si souvent, les ordinaires compagnons de l'artiste et endorment de leur poison sa volonté et sa force.

Toutes deux eurent une part égale dans le libre et harmonieux développement de son génie, et il est doux, après avoir évoqué un peu de l'âme de Victor Hugo à vingt ans, de conjoindre leurs noms, et, en cet été de la Saint-Martin, de couronner des dernières fleurs de l'automne les tombes sacrées où elles goûtent l'immuable repos.

Blois, 30 octobre 1908.

INDEX ANALYTIQUE ET ALPHABÉTIQUE

A

A.-A.-A.: Traité du Mélodrame (1817), par Abel Hugo, André Malitourne et Ader: 90 en note.

A.-A. M***. Le général Hugo signe de ce pseudonyme son Journal du siège de Thionville, 13 en note.

Abayma (Un espagnol nommé): Comment il parle du général Hugo, 38.

Académie des Jeux Floraux. Succès de Victor Hugo, 20.

Il est nommé maître ès-jeux floraux, 20.

Pension que de ce chef il toucherait bientôt, 57.

Renseignements à ce sujet, 54-55 en note.

Il ne fut jamais mainteneur, 55 en note.

Eugène Hugo y obtient un souci réservé et une mention, 21.

Académie des Sciences (Victor y remet de la part de son père un exemplaire du Journal de Thionville, 41).

Académie française (L') accorde deux mentions au jeune Victor Hugo, 19.

Acte de mariage du général Hugo et de Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, veuve d'Almeg, 23-26.

Acte de mariage de Victor Hugo et d'Adèle Foucher, 60-61.

Acte de décès de Léopold Hugo, 122.

. . . . . de la veuve Hugo, 200-201 en note.

Ader: Traité du Mélodrame (en collaboration avec Abel Hugo et André Malitourne), 90 en note.

Adieux poétiques, par le comte Gaspard de Pons, 70-71.

A Elle, par Gaspard de Pons, 69 en note.

Agier (M.), Comment il fait dans le Conservateur l'éloge des frères Hugo, 18 en note.

Alfred de Vigny et son temps, par Léon Séché, 31 en note, 161-162 en note.

Allart de Méritens (Hortense), par Léon Séché, 138.

Alluye (L'hôtel d'), à Blois, 153.

Alméras (Le lieutenant général), 59.

Amboise (L'hôtel d'), à Blois, 155.

Amour, par Gaspard de Pons, 69 en note.

Amy Robsart, Victor Hugo en tire un drame avec Paul Foucher: 170 en note.

Anaclet d'Almeg, premier mari de Marie-Catherine Thomas y Saëtoni; décédé à La Havane, 24. Sa veuve devient comtesse Hugo, 23.

Ancelot (Jacques-Arsène-François-Polycarpe), ne fut pas témoin du mariage de Victor Hugo, 61.

Son Louis Neuf, 61 en note.

Sa collaboration à la Muse française, aux Annales de la Littérature et des Arts. Son œuvre dramatique, 61 en note.

Ancelot vaudevilliste, 62 en note.

Ancelot (Mme), 164 en note.

Andujar (L'ordonnance d'), 140.

Angoulême (Le duc d'). Sa rentrée à Paris après la campagne d'Espagne. Fêtes données en son honneur, 129, 130.

Aurait lu les Mémoires du général Hugo «avec le plus haut intérêt» et aurait regretté qu'il n'eût «pas été employé dans la dernière guerre d'Espagne», 135.

Aurait réservé les inspections générales à des officiers ayant fait avec lui cette campagne, 136-141.

Annales (les) de la Littérature et des Arts.

Quelques-uns de leurs collaborateurs:

M. Ancelot, 61 en note.

E. Deschamps, 163 en note.

A. Guiraud, 164 en note.

Abel Hugo, 91 en note.

Adolphe de Saint-Valry, 166 en note.

Le baron d'Eckstein, 165 en note.

Annales de la Société académique de Nantes, 69 en note.

Annales Romantiques (Les), 138, 167 en note.

Anne de Bretagne, 153.

Son oratoire, s'y réfugie pendant l'excommunication de Louis XII, 153.

Armes concédées par Joseph, roi d'Espagne, au général Hugo, comte de Siguenza, 74 en note.

Victor les fait graver sur un cachet commandé pour son père, dont il scelle souvent ses lettres, 74.

Pair de France, il leur substitue les armes des Hugo, de Lorraine. Ce sont celles des Hugo de Spitzemberg, 74 en note.

Armorial général de Riestap, 74 en note.

Armorial du Premier Empire, par le vicomte A. Révérend, 21 en note.

Armorial historique de la Noblesse de France, par Henri J. G. de Milleville, 75 en note.

Artiste (Le journal l'), 164 en note.

Arvers (Félix), son secret, 69.

Asséline (M.), M. Foucher son beau-frère lui avait cédé son greffe du Conseil de guerre, 30.

Assiste au mariage de sa nièce, Adèle Foucher avec Victor Hugo, 61.

Asseline (Anne-Victoire), Mme Pierre Foucher.

Aubertin (Général): Mémoires inédits sur la guerre de Vendée, 11 en note.

Augustine (Ce «petit monstre» d'), 184.

Aumale (Le duc) publie l'Instruction dirigée contre Isabelle de Limeuil, 152 en note.

Avantages de l'Enseignement mutuel, sujet de concours traité par Victor Hugo, 20 en note.

Aventure tyrolienne (L'), par le général Hugo, 13 en note.

B

Baudelaire (Une citation de Charles), 68.

Les premiers enthousiasmes, 8.

Beauchêne, tailleur, 172.

Beauregard (Le château de), près Chabris, 24 en note.

Beaux-Arts (Les), Revue, 152 en note.

Belfort (La conspiration de), 33.

Bellune (Victor, duc de), ministre de la Guerre, 59 en note.

Belton (Louis): Victor Hugo et son père, le général Hugo, à Blois, 7-14 en note, 22 en note, 169-170 en note, 193, 195-196 en note.

Benoist (J.), témoin à l'état civil de Blois du décès du petit Léopold Hugo, 119.

Béranger (Le chansonnier), poursuivi, 33.

Berry (duc de), Réaction qui suivit son assassinat, 43 en note.

Ode sur sa mort, 81.

Berry (Duchesse de), Sa recommandation spéciale afin de faire obtenir à Victor Hugo une pension sur la cassette royale, 55 en note.

Visite Chambord, le 18 juin 1828, et grave son nom sur le mur de l'escalier de la lanterne, 168 en note.

Besson (Le sieur), cordonnier, témoin dans l'acte de décès de la veuve Hugo, 200.

Béthune-Sully (Le marquis de), maire de Chabris, procède au mariage du général Hugo et de Marie-Catherine Thomas y Saëtoni, 22-26. Figure à Blois parmi les amis du général, 189.

Bibliographie historique et critique de la presse française, par Eugène Hatin, 106 en note.

Bibliothèque de Blois (Les lettres de Victor Hugo à son père conservées à la), 7.

Biographie universelle et portative des Contemporains, 144 en note.

Biré (Edmond): Victor Hugo avant 1830, 20, 23 en note, 26, 55 en note, 69 en note 70, 81, 173.

L'absence de Lamartine au sacre de Charles X, 173.

Biscarrat (Jean-Baptiste), ancien maître d'étude à la pension Cordier. Témoin de Victor Hugo à son mariage, 61, 62.

Aurait collaboré au Conservateur littéraire, 63 en note, 159 en note.

Pendant le repas de noces de Victor, s'aperçoit de la folie d'Eugène Hugo et l'emmène, 68.

Blois (La venue de Victor Hugo à), 147-169.

Descriptions qu'il en a faites, 78-79, 148-156, 163.

Bohême dorée (La), par Charles-Victor Hugo, 188 en note.

Bonheur (Le) que procure l'étude dans toutes les situations de la vie. Sujet de concours traité par Victor Hugo, 20 en note.

Bonnes Lettres (La Société des). En note: 61, 62, 91.

Borel (Petrus), le lycanthrope, 8.

Boulay-Paty (Évariste), son Journal. Soulié lui raconte la cause de la folie d'Eugène Hugo, 69-70 en note.

Bourg (M.), 56.

Bournon (Fernand): Victor Hugo à Gentilly, 30.

Brandon (Le duc de), aide Marie d'Angleterre à se consoler de son veuvage, 154.

Brousse (M.), ancien lieutenant-colonel, chevalier de Saint-Louis, ami du général Hugo, à Blois, 182 en note, 189.

Brousse (Mme), morte centenaire en 1879, 183, 189.

Brunyer, médecin de Gaston d'Orléans, 155 en note.

Bug-Jargal, 196 en note. L'exemplaire offert par Victor Hugo à son père, 197 en note.

Bulletin de la Société impériale des Antiquaires de France, 152 en note.

Bulletin du Musée municipal de Châteauroux, 23 en note.

Bunbury (Miss Lydia de): Mme Alfred de Vigny, 162 en note.

Bury (Le château de), 153 en note.

Buttes (Les) et la télégraphie optique, par A. de Rochas, 149 en note.

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