‹ Victor HugoChapitre 49 sur 52 · XLIX

XLIX

LE CHATEAU DU SOUVENIR

FRAGMENTS

. . . . . . . Dans son cadre, que l'ombre moire, Au lieu de réfléchir mes traits, La glace ébauche, de mémoire, Le plus ancien de mes portraits.

Spectre rétrospectif qui double Un type à jamais effacé Il sort du fond du miroir trouble Et des ténèbres du passé.

Dans son pourpoint de satin rose, Qu'un goût hardi coloria, Il semble chercher une pose, Pour Boulanger ou Devéria.

Terreur du bourgeois glabre et chauve, Une chevelure à tous crins De roi franc ou de roi fauve Roule en torrents jusqu'à ses reins

Tel, romantique opiniâtre, Soldat de l'art qui lutte encor, Il se ruait vers le théâtre Quand d'Hernani sonnait le cor.

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Les vaillants de dix-huit cent trente, Je les revois tels que jadis. Comme les pirates d'Otrante, Nous étions cent, nous sommes dix.

L'un étale sa barbe rousse Comme Frédéric dans son roc, L'autre superbement retrousse Le bout de sa moustache en croc.

Drapant sa souffrance secrète Sous les fiertés de son manteau Petrus fume une cigarette Qu'il baptise papelito.

Celui-ci me conte ses rêves, Hélas! jamais réalisés, Icare tombé sur les grèves Où gisent les essors brisés.

Celui-là me confie un drame Taillé sur le nouveau patron Qui fait, mêlant tout dans sa trame, Causer Molière et Calderon.

Tom, qu'un abandon scandalise, Récite «Love's labours lost», Et Fritz explique à Cidalise Le «Walpurgisnachtstraum» de Faust.

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Le château du Souvenir, Émaux et Camées.

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