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Chapitre 1

LA BRETAGNE ET LES PAYS CELTIQUES

VIEILLES HISTOIRES DU PAYS BRETON

PAR ANATOLE LE BRAZ

I. Vieilles Histoires bretonnes.

La Charlézenn.--Le Bâtard du roi.--Histoire pascale.--La légende de Margéot.

II. Aux veillées de Noël.

Nédélek.--Noël de Chouans.--La Noël de Jean Rumengol.--A bord de la Jeanne-Augustine.--La Chouette.--Le Puits de saint Kadô.--Le Forgeron de Plouzélambre.--En «Alger d'Afrique».

III. Récits de passants.

Les deux amis.--La Hache.--Le Péché d'Ervoanic Prigent.--Humble amour.

Troisième Édition.

PARIS HONORÉ CHAMPION, LIBRAIRE-ÉDITEUR Librairie spéciale pour l'Histoire de la France et de ses anciennes Provinces 9, QUAI VOLTAIRE, 9

1905

DU MÊME AUTEUR

A LA MÊME LIBRAIRIE

Tryphina Keranglaz, poème. 1892, in-12 (presque épuisé). 3 fr.

Au pays des pardons. 1898. In-12 carré, couverture illustrée. 3 fr. 50

La légende de la mort chez les Bretons armoricains. Nouvelle édition avec des notes sur les croyances analogues chez les autres peuples celtiques, par Georges DOTTIN, professeur-adjoint à l'Université de Rennes. 2 forts volumes in-12, LXX-347-456 pages. 10 fr.

Cognomerus et sainte Tréfine. Mystère breton en deux journées. Texte et traduction. In-8 de XLIV-183 pages. 4 fr.

Textes bretons inédits pour servir à l'histoire du théâtre celtique, par Anatole LE BRAZ. In-8 de 39 pages. 1 fr.

COLLECTION «La Bretagne et les pays celtiques»

Chaque ouvrage: fort vol. in-18 3 fr. 50

1º L'AME BRETONNE, par CHARLES LE GOFFIC. 2e édition.

2º BRETONS DE LETTRES, par LOUIS TIERCELIN.

3º VIEILLES HISTOIRES DU PAYS BRETON, par ANATOLE LE BRAZ. 3e édition.

Angers, imp. A. Burdin et Cie, 4, rue Garnier, Angers.

A MONSIEUR JAMES DE KERJÉGU

C'est en témoignage d'une amitié déjà vieille que j'inscris votre nom en tête de ces humbles histoires bretonnes. Elles n'auront pas pour vous le piquant de la nouveauté. Vous les aurez lues, au fur et à mesure qu'elles paraissaient, dans la petite gazette finistérienne pour qui elles furent composées et qui vous est chère, comme à moi-même, à plus d'un titre. Je dois beaucoup à ce modeste journal. Il m'a valu de précieuses sympathies, celle entre autres de ce pauvre Percher, enlevé depuis par un trépas si tragique. Mais surtout il m'a mis en communication constante avec les deux éléments les plus purs de notre antique race, les paysans et les marins. Des meneurs de charrues et des patrons de barques, voilà les gens que ces récits eurent mission de distraire, voilà pour quel public furent écrits ces contes, destinés à être lus en famille, entre messe et vêpres, le jour du repos dominical.

Le peuple breton--et ce n'est pas son moindre charme--est demeuré un peuple enfant. La politique l'intéresse peu: il préfère les belles histoires. C'est un goût qui lui passera sans doute à la longue, mais il l'a encore, et ni vous, ni moi ne nous en plaindrons. Il est, du reste, lui-même un obstiné créateur de mythes et de légendes. Sa mémoire est prodigieusement riche en souvenirs que sans cesse son imagination retravaille. Les trois quarts du temps, en rédigeant les épisodes qui constituent ce livre, je n'ai fait que rendre à l'âme populaire ce qu'elle m'avait prêté. Les batteurs de routes, dépositaires des traditions de la race, s'arrêtent volontiers au seuil de la maison que j'habite, à l'entrée de l'une des voies qui conduisent dans l'ancienne capitale de Gralon. Souvent aussi, je suis allé heurter à leurs portes, dans les bourgades des monts et les hameaux de la mer. Ainsi se sont construites la plupart de ces aventures, presque sans y songer. Il y paraîtra, je pense, maintenant qu'elles vont courir une autre fortune que celle à laquelle elles furent primitivement destinées.

Réunies une première fois en volume par les soins du journal qui les publia, le tirage restreint qu'on en fit fut tout de suite épuisé, avant même d'avoir franchi les limites du terroir cornouaillais. Un éditeur ami des lettres bretonnes les convie aujourd'hui à se risquer en cortège plus nombreux vers des horizons plus lointains. Je les abandonne telles quelles à leur nouveau sort. J'ai dit leurs origines peu littéraires. Ce sont des filles des champs et des filles des grèves, faites pour aller pieds nus, jupes troussées, sans aucun atour. Trouveront-elles ailleurs le même accueil qu'auprès des âmes ingénues qui les goûtèrent tout d'abord? Je le souhaite. J'y aurai gagné en tout cas, cher monsieur et ami, une nouvelle occasion de m'affirmer fidèlement vôtre.

A. LE BRAZ.

Stang-ar-C'hoat, 14 avril 1897.

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