‹ Voyage à l'Ile-de-France (1/2)Chapitre 2 sur 4 · C.

C.

Caillebotis. Ce sont des panneaux de treillage à carreaux vides. On en ferme l'espace compris entre les gaillards, ce qui forme une espèce de pont, sous lequel l'air circule. Dans les gros temps on le couvre de toiles goudronnées, appelées prélats. Cette construction est ingénieuse, et peut-être parviendrait-on à former ainsi tous les ponts du vaisseau; ce qui donnerait une libre circulation d'air jusque dans la cale.

On appelle caillebotte, en Normandie, le lait caillé et battu qui forme une espèce de réseau. On appelle aussi caillebotté ou pommelé ces espaces blancs et bleus qui paraissent au ciel lorsqu'il se dispose à changer.

Cale. Est la partie inférieure du creux d'un vaisseau. C'est le lieu où l'on met les marchandises. On dit d'un vaisseau qu'il est bien calé, lorsque sa charge est bien distribuée dans sa cale. Pour l'ordinaire, on met au fond les poids les plus lourds, mais s'il y a une quantité considérable de fer ou de plomb, les mouvemens du vaisseau sont trop durs et l'exposent à rompre sa mâture. Il y a encore beaucoup de précautions à prendre pour l'arrimage. Le Marquis de Castries était fort mal calé.

Cap (avoir le.) Ce mot vient du portugais il capo, la tête. Mettre le cap au nord, c'est tourner la proue du vaisseau, ou sa tête vers le nord.

Cape (tenir la.) Dans les gros temps, lorsque le vent est contraire, on ne porte que peu de voiles: ordinairement c'est la misaine. On dirige le cap du vaisseau le plus près du vent qu'il est possible. Le vaisseau fatigue beaucoup dans cette position.

Carguer. C'est reployer les voiles, sans les lier, le long des vergues: ce qui se fait au moyen des cargue-fonds, qui sont des cordes qui retroussent la grande voile à peu près comme les rideaux d'un dais. Un marin qui verrait lever la toile à l'Opéra dirait qu'on l'a carguée.

Civadière. C'est la voile attachée au beaupré.

Coiffé (être.) Lorsque les vents sautent tout à coup de la poupe à la proue, les voiles sont repoussées contre les mâts, qui en sont, pour ainsi dire, coiffés: quelquefois on ne peut les descendre ni les manier. Un vaisseau alors est heureux d'en être quitte pour sa mâture, si le vent est fort.

Coq. Cuisinier des matelots. Ce mot vient évidemment de coquus, et nos traiteurs portent le titre de maîtres-queux.

Courant. Quoique la mer ressemble à un grand étang, elle est remplie de courans particuliers. Nous avons peu d'observations sur cet objet, un des plus essentiels de la navigation. J'en ai vu de fort intéressantes sur les mers de l'Inde, faites par le chevalier Grenier.

D.

Déferler les voiles. Les déployer.

Degré. C'est la 360e partie d'un cercle. Sous l'équateur, chaque degré est de vingt lieues marines, ou de vingt-cinq lieues de France; mais comme les cercles deviennent plus petits en s'approchant du pôle, les degrés diminuent à proportion. Les degrés de longitude sont nuls sous le pôle. Il est très-probable qu'il y a aussi une grande différence entre les degrés de latitude, surtout si la terre est fort aplatie aux pôles.

Dériver. Lorsqu'un vaisseau reçoit le vent de côté, il s'écarte sans cesse de la ligne droite sur laquelle il dirige sa route. Je ne connais point de moyen sûr d'évaluer la dérive. Les pilotes y sont souvent embarrassés: à la fin du voyage ils rejettent leurs erreurs sur les courans.

Dunette. Espèce de tente, d'une charpente légère, sur l'arrière du vaisseau.

E.

Écoute. Ce sont des ouvertures obliques au bord du vaisseau, par où passent les cordes des voiles inférieures. Ces ouvertures ressemblent à celles qu'on pratique au mur des parloirs dans les couvents, pour écouter. Comme il y a dans la marine beaucoup de termes portugais, il n'est pas étonnant qu'il s'y trouve des expressions monastiques.

Écoutilles. Sont de grandes ouvertures semblables à des trappes, au milieu des ponts du vaisseau. C'est par ces portes horizontales qu'on descend dans les cales.

Entre-pont. Dans les premiers vaisseaux, on fit les cales couvertes d'un seul plancher, qu'on appela un pont. Les matelots logeaient dans la cale, sous ce pont. Quand on fit de plus grands bâtimens, on trouva plus commode de séparer l'équipage des marchandises en leur ménageant un logement entre le pont et la cale.

Espontille. Petits pilastres de bois qui supportent les ponts.

Est. Le nom d'un des quatre vents principaux. C'est l'orient. On prétend que est signifie le voilà, en parlant du soleil. Sud, propter sudorem, parce qu'à midi le soleil est chaud. Ouest. Où est-il? parce qu'il disparaît au couchant.

F.

Fasier. Lorsque le vent, au lieu d'enfler la voile, prend par le côté et l'agite en différens sens, on dit qu'elle fasie; il vient peut-être de phase, révolution.

Focs. Voiles triangulaires disposées entre les mâts: elles ne servent que quand le vent souffle de côté. Leur nom pourrait bien venir de focus, foyer, soit parce que quelques-unes sont au-dessus des cuisines, soit parce que, leur plan étant dans l'axe du vaisseau, elles se trouvent dans les foyers de ses courbes.

G.

Gaillards. Ce sont les extrémités du pont supérieur. Celui de l'arrière s'étend jusqu'au grand mât; celui de l'avant commence au mât de misaine et va jusqu'à la proue. C'est où se rassemble l'équipage pour se promener et se réjouir. Il peut avoir la même origine que galerie. Le gaillard d'arrière est réservé aux seuls officiers et passagers, qui n'en sont pas plus gais.

Galerie. Espèce de balcon placé sur l'arrière des grands vaisseaux. C'est à la fois un ornement et une commodité. Il vient du vieux mot gala; se galer, se réjouir.

Garans. Sont des cordages qu'on passe, dans le gros temps, à la barre du gouvernail, pour l'assurer davantage, ou la garantir.

Grains. Sont de petits orages de peu de durée. Ce sont, en quelque sorte, des grains, ou des parcelles de mauvais temps.

Grappins. Ancres des chaloupes. Celles du vaisseau n'ont que deux becs; celles-ci en ont quatre, ce qui leur donne la forme d'une grappe. Le poids des grosses ancres ne permet pas de leur donner quatre branches. D'ailleurs, par leur forme, elles pourraient s'accrocher au bord. Je crois qu'il serait possible d'en faire à trois becs qui n'auraient pas cette incommodité, et qui auraient toujours l'avantage d'enfoncer à la fois deux de leurs becs dans le fond.

H.

Haubans. Échelles de corde, qui assurent les mâts, par où grimpent les matelots.

Hauteur (Prendre.) A midi, avec des quarts de cercle, ou plutôt des huitièmes, appelés octans, on voit à quelle hauteur le soleil est sur l'horizon. C'est par-là que l'on trouve la latitude.

Hauts-fonds. Ce sont les fonds élevés, qui sont couverts de peu d'eau. La mer, dans ces endroits, change de couleur, et les vagues, aux environs, sont plus fortes.

Hisser. Élever en l'air quelque fardeau au moyen des poulies. Ce nom vient du bruit même de la manoeuvre. On ne doit pas me chicaner celui-là. Les Latins appelaient hiatus le choc de deux voyelles.

Hune (Mât de.) Il y a, comme on sait, trois mâts sur les grands vaisseaux: le grand mât, qui est à peu près au milieu; le mât d'artimon, qui est sur l'avant. On ne compte pas le beaupré, qui est incliné, et qui n'est pas mâté, c'est-à-dire, perpendiculaire. Le mât de pavillon ne porte pas de voile.

Les mâts ont une très-grande élévation. Il n'est pas possible de trouver des pièces de bois d'une longueur suffisante, surtout pour le grand mât et le mât de misaine, qui ont quelquefois plus de cent trente pieds d'élévation: on les fait à trois étages. Dans le mât du milieu, l'arbre inférieur s'appelle le grand mât; le supérieur, grand mât de hune; le troisième, qui est le plus élevé, grand mât de perroquet. Aux endroits où ils sont attachés, il y a un espace autour en forme ronde, appelé hune. Les huniers sont les voiles des mâts de hune.

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