L’ESSAI D’UNE CARTE DU DARFOUR,
=Par M. le Dr PERRON.=
L’essai de carte du Darfour, que je présente, est le résultat des indications que j’ai obtenues du cheykh, auteur de ce Voyage. Les positions ne sont déterminées qu’approximativement, notre voyageur n’ayant eu pour mesure des distance que les journées de marche, et, pour les situations relatives des lieux, que des directions vers chacun des points cardinaux, directions estimées à peu près.
J’ai dû choisir pour point de départ, et pour établir les distances d’une manière sûre, un repère qui fût en rapport avec les cartes existantes. Ce repère, je l’ai posé vers Kôbeyh, lieu placé entre le 25e et le 26e degré de longitude E. de Paris, et voisin du 14e degré de latitude N. Browne, qui a fait des observations à Kôbeyh, place cette ville à 14° 11′ latitude, et 28° 8′ à l’orient de Greenwich (25° 48′ E. de Paris).
Partant du point d’intersection du méridien passant par le 25e degré et du parallèle de 14° N., j’ai tracé des lignes parallèles à celles-là, et construit des carrés dont le côté représente un trajet de quatre jours de chemin. Chaque jour représente une journée de voyage d’environ six lieues communes. D’après toutes les informations que j’ai prises, cette appréciation de chaque journée, terme général, m’a paru être voisine de la vérité[284]. Ensuite j’ai posé les lieux d’après les indications du cheykh et la durée des trajets qu’il a faits.
Il résulte de ces indications que le Dârfour présente, surtout du nord au sud, une bien plus grande étendue que celle qui a été admise par les géographes. Il me paraît qu’ils n’ont fixé les limites du Dârfour que sur des données très-vagues. Il en est de même de ce que j’ai appelé les provinces adjointes, et du Fertyt, et de vingt autres divisions locales du Soudan méridional. Quels voyageurs européens, en effet, ont pénétré dans ces régions du sud ? Combien ont vu le Dârfour et le Dâr- Fertyt, le Ouadây et les Djénâkhérah ? En supposant qu’on pût pénétrer jusqu’à ces latitudes, qui pourrait y aller avec les instruments nécessaires pour déterminer exactement les positions géographiques ?
Une fois, le cheykh El-Tounsy était occupé, au milieu de la campagne d’Abou-l-Djoudoul, à écrire quelques vers : plusieurs individus l’aperçurent. Tout à coup ils crièrent au sorcier, au magicien, qui voulait ensorceler tout le pays. On allait lui faire un mauvais parti : le cheykh replia vite son papier, et partit en toute hâte. Que serait-ce donc dans les pays plus éloignés au sud ? et que fût-il arrivé à un Européen ?
Si l’on convertit en lieues les distances évaluées en journées de chemin, on trouve que la limite sud du Dârfour, la position du Fertyt, et par conséquent celle des Monts de la Lune, ou mieux les Monts de Coumr (De Sacy, traduction d’Abd-el-Lâtif.), doivent être reportées beaucoup plus près de l’équateur que ne l’indiquent les cartes géographiques. Notre cheykh, qui a pénétré très-loin dans le Dâr-Fertyt, n’a jamais entendu parler des Monts de la Lune.
Dans l’essai de carte que je donne, le Dâr-Tâmah est exclu de la circonscription du Dârfour. Le Dâr-Tâmah n’est point, comme l’indiquent la plupart des géographes, une province du Dârfour, c’est un petit Etat ayant son gouverneur spécial, qui se décore sans façon du titre de sultan, et qui paie une redevance annuelle tantôt au sultan fôrien, tantôt au sultan ouadâyen, pour obtenir leur protection. Ce pays, comme on le verra dans l’histoire du Ouadây, fut conquis, après une vigoureuse défense, par les Ouadâyens, qui le dévastèrent. Les habitants furent mis en déroute et dispersés ; mais peu après ils rentrèrent en possession du sol.
Dans la carte du Dârfour, je n’indique qu’une rivière, celle de Bâré : le cheykh n’en a pas vu d’autre. Les eaux, il est vrai, sont abondantes à l’ouest des monts Marrah d’où elles s’écoulent, et elles arrosent partout les belles vallées du Dâr-Guimir et du Dâr-el-Maçâlyt, dont le cheykh ne parle jamais qu’avec l’expression d’un sentiment d’admiration. Les eaux sont plus riches encore à l’est de la chaîne des Marrah ; mais elles ne forment pas de rivières : elles se réunissent seulement en courants plus ou moins prolongés, qui abreuvent et fertilisent les vallées et les autres terres cultivables.
Les plus belles contrées du Dârfour sont, en premier lieu, le Dâr Noûrayn-Ouad-Neddjâm, puis le Dâr Bakr-el-Guérâb et le Dâr-Abâdymâ.
Les géographes accolent le Dârfour, par ses limites est et ouest, au Kordôfal et au Ouadây ; mais, selon notre cheykh, il y a entre le Fôr et le Kordofâl un espace d’environ dix jours de marche, occupé et parcouru par des tribus errantes. Entre le Dârfour et le Ouadây, est un espace d’environ un jour : cet espace est inhabité. Les tribus arabes craignent de s’y répandre, pour ne pas s’exposer à tout moment à être rançonnées et harcelées par les sultans du Dârfour et du Ouadây, auxquels elles ne pourraient échapper dans des limites aussi resserrées. Le Dâr-Rau n ah, quoique placé assez haut dans le sud, est tourmenté par l’un et par l’autre de ces princes. Chacun des deux États, prétendant que ce Dâr lui appartient, y envoie de temps en temps des hommes armés pour en arracher des impôts.
Le Toouycheh, et toute la lisière est, c’est-à-dire tout le Gauz, forment un pays de terres couvertes de sables, la plupart sans eaux : c’est, au reste, le sens originel du mot gauz (cauz).
Le Baradjaub n’est indiqué dans aucune carte, que je sache ; c’est, selon le cheykh, un vaste espace d’environ dix jours de marche, généralement couvert d’eau jusqu’à la hauteur du pubis, parsemé de tous côtés de forêts épaisses et difficiles à pénétrer. Quand les Arabes Rézeygât, poursuivis par le sultan Tyrâb, s’y réfugièrent pour échapper aux soldats fôriens, ceux-ci prirent leurs traces et marchèrent pendant deux ou trois jours dans l’eau ; mais, forcés par la fatigue et la difficulté des lieux, de renoncer à leur entreprise, harcelés et tués en détail par les Rézeygât, ils quittèrent le Baradjaub sans avoir pu atteindre leur but.
Les monts Marrah ne sont pas indiqués sur les cartes comme formant une longue chaîne qui traverse le Dârfour : la carte nouvelle rectifie encore sur ce point le tracé admis par les géographes[285].
La position de Ouârah, capitale du Ouadây, par rapport au Dârfour, est tracée d’après le rapport du cheykh ; sorti du Dârfour vers les limites communes des Guimir et des Maçâlyt, il marcha quatre jours pour arriver à Ouârah ; d’autre part, il y a de Ouârah au Tâmah six jours de marche.
L’espace du Dârfour qui comprend le Dâr-Abâdymâ, le Dâdjo, le Bygo, le Dâr-Faraougueh et la portion de contrée à l’ouest des monts Marrah, depuis la station des Foullân ou Fellâtâ, c’est-à-dire depuis l’interruption de la chaîne des Marrah ; tout cet espace, dis-je, faisait originairement partie du Dâr-Fertyt. Ces contrées furent conquises et islamisées par les Fôriens, qui les incorporèrent alors à leur pays.
Les provinces dites provinces adjointes paient seulement une redevance annuelle au sultan fôrien, et sont sous sa protection. Ces provinces sont idolâtres, comme toutes les autres provinces du Dâr-Fertyt.
Selon le cheykh, les Soudaniens, ou nègres non musulmans, situés au sud du Sennâr (ou Sinnâr) et du Fâzoglou, sont les seuls et vrais Noubah. Ils s’étendent fort loin vers le sud, et sont de même origine que les Fertytes[286] ou nègres idolâtres du sud du Dârfour. Les Nubiens proprement dits, au nord du Sennâr, sont des Sennâriens pour les habitants du Sennâr.
Quant au Sennâr même, les grands et chefs du pays (les mekks) prétendent être d’origine arabe et d’une tribu appelée les Bény-al-Foun. Quand ils s’emparèrent du Sennâr, ils y trouvèrent une population appelée les Hémedj, qui se croient autochthones ; il faut entendre par là qu’ils sont établis de temps immémorial dans ces contrées.
· · ·
[Note 284 : Peut-être cette estimation est trop forte d’un sixième.
J.—D.]
[Note 285 : La chaîne des monts Marrah a été dessinée, ainsi que le Tâmah, par mon ami M. Machereau, peintre français, maître de dessin à l’École de cavalerie de Gyzeh.]
[Note 286 : Les Fôriens et les autres peuples du Soudan n’appellent Fertytes que les tribus disséminées au sud du Dârfour, à quelque distance que ce soit.]
LISTE ARABE DE NOMS DE LIEUX ET DE TRIBUS MENTIONNÉS DANS LE VOYAGE AU DARFOUR.
Le tracé, en arabe, des noms de tribus et de lieux mentionnés dans ce Voyage semblera ne pas toujours correspondre bien exactement à la transcription donnée sur la carte en lettres françaises ; cela tient à ce que certains sons qui diffèrent dans notre langue, tels que o et ou, e et a, etc., n’ont qu’une même forme dans l’écriture arabe, et même que ces sons ne s’écrivent pas quand ils ne représentent que des voyelles simples. En arabe, en général, on n’écrit pas les voyelles.
La transcription en français, telle que je la donne, doit fournir la prononciation la plus exacte possible de ces noms ; car je me suis uniquement guidé sur la manière dont j’ai entendu prononcer ces mots, non-seulement par le cheykh El-Tounsy, mais par les Fôriens, Ouadâyens, Barnaouyens, etc., que j’ai vus au Kaire, et aussi par le sultan fôrien, devant qui, lors de nos conversations, je les ai prononcés nombre de fois.
Je dois faire cette observation, surtout pour les orientalistes qui pourraient juger que ma transcription française s’éloigne souvent de ce que paraît exiger la liste écrite en arabe. Ainsi, le nom de Kôbeyh ou Kôbeih semble demander, d’après les caractères arabes qui le forment, à être prononcés Kôubayh ; mais je n’ai jamais entendu articuler que Kôbée. Toutefois, pour conserver autant que possible la figure originelle du mot arabe, j’écris Kôbeyh ou Kôbeih. Cette terminaison en eyh ne doit généralement être énoncée ici que comme on la prononce en français dans Kôbée.
L’o final se prononce toujours extrêmement bref.
Nombre de mots arabes ont un caf guttural dans leur composition, et cependant j’ai donné à cette lettre, pour équivalent français, le g dur ou gu, selon que la circonstance le réclame. La raison en est que jamais les Fôriens ne prononcent le caf autrement que par le g dur. C’est la prononciation du Hedjâz ; je n’en ai jamais entendu d’autre au Kaire, chez le chérif de la Mecque. Quant au guim d’Egypte, qui est le djim régulier, les Fôriens le prononcent djim ou gim, comme les Hedjâziens et les Mogrébins. Du reste, beaucoup de personnes dans le peuple, au Kaire, prononcent ainsi l’articulation caf. D’autre part, il y a dans la liste ci-dessous quelques noms dans lesquels se trouve le djim, et dont la prononciation m’a été rendue par guim.
Le cheykh El-Tounsy préférait écrire par le caf.
En résumé, j’ai figuré en français, dans la carte, la prononciation telle que je l’ai entendue[287].
Abâdymâ اباديما
Abâ omâ اباوُما
Abou-l-Djoudoul ابو الجدول
Abeyrys اَبِيرِيس
OBEYYD إِبَيِّد
Adiguiz أَدِقِز
Oumm Ba’oudhah امّ بعوضة
Baré بارَى
Baguirmeh باقِرْمه
Bâyâ بايا
Badeyât بِدَيات
Berty بَرْتِى
Baradjaub بَرَجَوب
Barazyb بَرْزَيب
Barguid بِرْقِدْ
Bargau بَرْقُو
Barnau بَرْنُو
Barny بِرْنِى
Bakr el-Guerâb بَكْر الجَراب
Bandalah بَنْدَله
Bendah بَنْدَه
Beny-A’dy بَنى عَدِى
Baououâ بَوّا
Bourou بُورُو
Boulâg ou Boulâq بُولاق
Bygo بِيقُو
By n â بِيڭا
Târneyh تَارْنَيْه
Tâldaouâ Taldaouâ تَالْدَوَا — تَلْدَوَا
Tâmâ Tâmah تاما — تامه
Tebeldyeh تَبَلَدِيَّه
Touroudj تُرُوج
Takrour تَكْرُور
Tekenyâouy تَكَنْيَاوِى
Témourkeh تَمُورْكَه
TOUNBOUKTOU تُنْبُكْتُو
Toundjour تُنْجور
TENDELTY تَنْدَلْتى
Tou n bâcy تُوڭْ باسِى
Tinneh تِنَّه
Tyneh تِينَه
Djâma’ جامع
Djibryl جِبْرِيل
Djedyd el-Sayl جَدِيد السَيْل
Djedyd Râs el-Fyl جديد راس الفِيل
Djedyd Keryo جديد كَرْيُو
Djerrâr جَرَّار
Djerioud جَريود
Djenâkherah جَناخرة
Djenguyeh جَنْقَيْه
Djoultou جُولْتُو
Djoukou جُوكو
Habbânyeh حَبّانِيَّهْ
Hereyz حَرَيْز
Helbeh حَلْبة
Khârdjeh خارجِة
Dâdjo داجُو
Dâr دار
Dabbeh دَبَّه
Doutou دُتُو
DOUNGOLAH دُنْقُله
Dengo دَنْقُو
Routou رُتُو
Rezeygât رَزَيقَات
Rechyd رَشيد
Rau n â رُوڭا
Ryhh رِيح
Zaghâouy زَغاوِى
Zaghâoueh زَغاوَه
Zayâdyeh زَياديه
Sarf el-Dadjâdj سَرْف الدَجَّاج
Silâ سِلا
Selymeh سَلِيمَة
SENNAR سَنّار
SOUDAN سُودان
Souwayneh سُوَيْنَه
Châlâ شالا
Châouâ شاوا
Châydjyeh شايجيّة
Chebb شبّ
Cha’yryeh شَعِيرِيّة
CHOULOUK شُلوك
Chaubah شَوْبَه
SELEYH صَلَيْح
Touwycheh طُوَيشه
A’reygât عَرَيْقات
O’kcheh عُكَاشه
A’mrân عَمْران
Fârâ فارا
Fâzâoughlou فازْاُوغْلُو
FACHER فاشر
Farâoudjeh فراوُجه
FERTYT فرتيت
Farich فَرِش
Fezârah فَزَارة
FELLATA Fellâta فَلّاتا — فَلّاته
Foullân فُلّان
Fangarau فنْقرو
Finyar فِنْيَر
Foutâ فُوتا
FOUR فُور
Foun فُون
Guirly قِرْلِى
Guerkau قَرْكُو
Greyoued قريود
Guelâ قلا
Guimir قِمِر
Gauz قُوز
Kârâ كارَا
Kabâbych كَبَابِيش
Kebkâbyeh كَبْكَابِيَّه
Ketkou كَتكُو
Karâkryt كَرَاكْرِيت
Korobât كُرُبات
Kerdjayât كَرْجَيَات
KORDOFAL كُرْدُفال
Kerguyât كَرْقَيَات
Keritcheh كَرَيْتْشَه
Kouçâ كُسَا
Koundjârah كُنْجَارة
KOBEYH كُوبَيْه
Kou’ كُوع
Leguyieh لَقِيّة
Madjânyn مجانين
Medja n â مَجَڭا
Mahhâmyd محاميد
Mahas مَحَس
Marboutah مرْبوطه
Marrah مَرّه
Mazroub مَزْرُوب
Maçâlyt مَسَالِيط
Macyryeh مَسِيرِيَّة
Mags مَقْس
Mellâ مَلّا
Mandarah مندرة
Mandalah منْدله
Manfalout مَنْفَلُوط
Mydaub مِيدَوب
Mymeh مِيمَه
Neddjâm نَجَّام
Noufeh نُفَه
Noumlyeh نُمْلَيْه
NOUBAH نُوبَه
Nourayn نَوْرَين
OUADAY, Wâdây Ouadây وَادَاىْ — وَدَاىْ
OUARAH وَارَه
Ouadadây وَدَدَاىْ
Imym يَمْيَمْ
Hemedj هَمَجْ
Je ferai remarquer encore que pour les noms de la carte dans lesquels se trouvent aw, ow, ey, ou eih, il faut prononcer respectivement comme s’il y avait au, ou, é, et que l’y, au milieu des mots, a la simple valeur d’un i long ; mais que, si l’y est devant la dernière syllabe d’un mot, il se prononce comme deux i. La lettre n, en italique, indique qu’il faut prononcer du nez la lettre qui la suit, sans articuler l’n elle-même. Ainsi, dans Raw n â, il faut prononcer du nez l’a final, et à peu près comme si le mot était Rau-a. Enfin, la double lettre gh s’articule comme l’r grasseyé.
NOTA. L’explication des autres planches (III, IV, V, VI) est donnée dans le cours de l’ouvrage, de manière à dispenser d’autres détails.
[Note 287 : Sur la transcription française suivie dans le texte de l’ouvrage, voyez la Préface.]
TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME.
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DÉDICACE à S. A. MOHAMMED-ALY, vice-roi d’Égypte et dépendances.
PRÉFACE, par JOMARD ; — ÉTAT DES CONNAISSANCES, page i ; — LE NIL-BLANC, p. xxii ; — LANGAGE, p. l.
AVANT-PROPOS, par M. le docteur PERRON, p. lxxii.
VOYAGE AU DARFOUR.
Invocation. — Eloge de Mohammed-Aly. — Motifs qui ont déterminé l’auteur à écrire la relation de son voyage au Soudan. Pages 1 à 8
INTRODUCTION HISTORIQUE.
CHAPITRE Ier.
Causes qui ont amené le départ du cheykh Mohammed-el-Tounsy pour le Soudan. — Pèlerinage de son aïeul ; naufrage après sa sortie de Tunis. — Réflexions et vers sur la pauvreté et sur la richesse. — Circonstance qui fit passer l’aïeul du cheykh de Djeddah au Sennâr. Retour au Kaire. — Pèlerinage d’Omar, père du cheykh ; il est accompagné par un oncle du cheykh. — Omar revient, et part pour le Sennâr. — Le cheykh au Kaire. Pages 9 à 25