‹ Voyage aux PyrénéesChapitre 71 sur 116 · I

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Les hêtres s’avancent haut sur les versants, jusqu’à plus de trois mille pieds. Leurs gros piliers s’enfoncent dans les creux où il s’est amassé de la terre. Leurs racines entrent dans les fentes du roc, le soulèvent, et viennent ramper à la surface comme une famille de serpents. Leur peau, blanche et tendre dans les plaines, se change en écorce grisâtre et solide; leurs feuilles tenaces reluisent d’un vert vigoureux, sous le soleil qui ne peut les traverser. Ils vivent isolés, parce qu’ils ont besoin d’espace, et s’échelonnent de distance en distance comme des lignes de tours. De loin, entre les bruyères ternes, leur môle se lève éclatant de lumière, et bruit de ses cent mille feuilles, comme par autant de clochettes de corne.

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