8.1 Une nuit dans un cimetière
— Tu comprends ?
— Parfaitement.
— Entrons ici, et lis-moi cela.
...... « Car il est bon de voir les morts, et de converser avec eux. »
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La nuit est sombre, humide, glaciale.
Et de gros nuages noirs, vont se précipitant dans l’espace, et se roulant sur un ciel gris foncé : on dirait les lambeaux déchirés d’un immense drap mortuaire, étendus sur une vaste bière de plomb.
Marchons à pas lents… car la neige crie sous les pas.
Une grande croix noire se dessine aux regards… avec ses deux bras étendus, elle paraît s’élever… se grandir, s’élever encore, et se dresser, menaçante, comme pour protéger ces milliers de morts qui reposent à ses pieds, et dorment leur dernier sommeil.
La palissade est franchie… Mille voix s’élèvent de ces cendres à peine refroidies, et qui semblent se ranimer au bruit de vos pas ; voix aigres, lugubres, criardes ; voix de fantômes, voix des morts…
Tout parle, tout pleure, tout gémit dans un cimetière au milieu de la nuit…
C’est un glaçon qui se détache, et qui en tombant, résonne sur le verglas, comme le son d’une cloche.
C’est une branche, qui roide et glacée, se brise et se casse… nouveau cadavre qui s’affaise, rongé par la dent impitoyable du temps, et vient ajouter son nouvel atome à la poussière des morts.
C’est un clou qui se déplace… C’est un grain de sable qui tombe sur un cercueil… déjà vide.
C’est la planche d’un cercueil qui se disjoint et se rompt…
Et partout de petites croix noires, autour desquelles s’enroulent de frêles arbustes… c’est la vie qui ne peut se soutenir, qu’en s’appuyant sur ces faibles monuments de la mort.
… Et les bouffées de la brise sont encore plus froides, plus humides, plus glaciales…
Là… une terre fraîchement remuée… gouffre avide dont l’ouverture est fermée temporairement par deux planches.
Et ce gouffre est le palais des cercueils !
L’eau s’infiltre à travers le tuf, et suinte au plafond ; et… goutte à goutte… goutte à goutte… elle tombe… tombe… et tombe toujours ; et chacune des gouttes marque un de ces instants passagers, qu’on appelle… les instants de l’éternité !
Et ce lieu est tellement le lieu du repos, tellement le lieu du silence, que, malgré vous, vous retenez votre haleine… et le plus léger souffle qui s’échappe de votre poitrine, retentit à votre oreille comme un son rauque d’agonisant, comme un râle de moribond.
Courage ! ouvrons un de ces cercueils… car il est bon de voir les morts, et de converser avec eux.
… Et le fer aigu a grincé… et les clous rouillés ont cédé, et…
Voyez…
Un drap blanc… un suaire blanc… Yeux caves… joues creuses… bouche ouverte… taches bleuâtres, livides, noirâtres… sueur visqueuse et gluante qui retient votre main malgré vous.
Le reconnaissez-vous ?
C’est LUI !…
C’est ELLE ! !…
C’est Un mort ! ! !…
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— Ce n’est pas mal, lui dis-je, tu as du talent, continue, et surtout persévère et je te prédis du succès.
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