Idem, p. 379, pl. LVIL, fig. rr
les caractères de l'ouverture sont exactement les mêmes que ceux du C. filiferum, dont c’est une mutation.
C. filiferum Desu. est cantonné dans le Calcaire grossier du bassin de Paris ; C. globulosum Desu., qui le remplace dans l'Auversien, a une extension géographique plus considérable. Deshayes le citait à Hauteville, dans le Cotentin ; mais MM. Cossmann et Pissarro ont montré que la forme d'Hauteville était un peu différente et l'ont séparée comme variété régionale (le mot de race serait meilleur) sous le nom de altavillense Cossm. et Piss. Les différences, tenant surtout à la forme, qui est du reste très variable, et à une granulation moindre, sont en réalité minimes et ne légitimeraient pas une séparation spécifique.
La même espèce a été signalée en 1898 au Bois-Gouët dans la Loire-Inférieure, par M. Cossmann * : «les échantillons du Bois- Gouët, dit-il, paraissent un peu plus trapus et plus coniques; mais cette différence tient probablement à ce que l'on n’en connaît pas d'adultes ». En réalité, cette espèce est fort variable dans sa forme, et les échantillons des collections du laboratoire de Géologie de la Sorbonne, recueillis par M. Vasseur, sont plus allongés que celui figuré par M. Cossmann et même que ceux du bassin de Paris en général (pl. IV, fig. 4) ; en outre, ils ont l'intérêt de montrer cerlains caractères intermédiaires avec le Cerithium Dallagonis OPPENuEIM *, qui occupe dans Vicentin la même position stratigraphique (zone de Roncà) à Roncà et Monte-Pulli. Comme le globulosum, il est très variable de forme, mais il a des côtes un peu plus saillantes, ses cordons principaux sont fortement granuleux, et il y en a presque toujours deux, situés sur le milieu des tours et plus saillants que les autres ; ces caractères sont déjà indiqués sur certains échantillons du Bois-Gouët (pl. IV, fig. 4).
BAssiN DE PARIS COTENTIN Bors-GouËT VICENTIN
AUVERSIEN| C. globulosum.... race G Te
ù altavillense globulosum Dallagonis |
LuUTÉTIEN C. filiferum
1. Faune éocénique du Cotentin, I, p. 143-144, pl. XVII, fig. 2; 1900.
2. Mollusques éocéniques de la Loire-Inférieure, 1, p. 163-164, pl. XIII, fig. 20; IKOS.
3. Die eocäne Fauna des Mt.-Pulli bei Valdagno im Vicentino. Zeitschr. d. deutsch. geul. Ges., 1894; XLVI, p. 400-403, pl. XX VIII, fig. 1-4.
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 00
RAMEAU DU CERITHIUM LAMELLOSUM BRUGUIÈRE
Voilà encore une série qui est intéressante par les faits d’évolution qu'elle nous permet de constater et qui ont une réelle valeur stratigraphique.
Le chef de file, le Cerithium lamellosum Brug., du Lutétien, est facilement reconnaissable aux trois lamelles saillantes qui ornent sa base (pl. V, fig. 22); le labre est droit, Le canal court, bien formé et un peu rejeté en arrière. L'évolution de l’ornementation est très simple, en ce sens que le jeune prend la livrée de l’adulte presque dès les premiers tours qui suivent l'embryon. Cette ornementation consiste en costules plus ou inoins espacées, saillantes, croisées par trois ou quatre filets longitudinaux très effacés.
C. lamellosum est une espèce très variable, Il y a des individus allongés, d'autres courts et trapus. A côté d'échantillons à tours convexes, à côtes espacées, comme celui de la fig. 21 de la pl. V, il y en a où les tours s’aplanissent et où les côtes sont beaucoup plus serrées (fig. 22 et 23). Ce qu’il y a surtout de remarquable ici, ce sont les variations dans la taille des individus; à côté de ceux qui sont de taille normale (fig. 21-22), il y en a qui, quoique adultes, sont beaucoup plus petits et ont les mêmes proportions que les grands (fig. 19 et 23).
La variation représentée là nous conduit presque insensiblement à C. Morgani Vasseur, de l'Auversien et du Bartonien. Cette mutation, dont le type est du Bois-Gouët, se distingue de C. lamellosum par ses tours moins convexes, ses côtes moins saillantes; les cordons — ce ne sont même plus des lamelles — qui ornent la base, sont plus nombreux et beaucoup moins saillants et se relient par une transition graduelle aux filets longitudinaux, quisont icimoins obsolètes (fig. ro et 17). C'est à ses lamelles saillantes, au contraire, qu'on peut reconnaître que le petit individu représenté fig. 23 appartient bien au C. lamellosum Bru&.
Tous les individus du Bois-Gouët sont petits. Dans le Cotentin, à Fresville, par exemple, on trouve des grands échantillons (fig.17), qui montrent que la mutation Morgani Vasseur subit les mêmes variations de taille que la forme souche ; il y a aussi les mêmes variations de forme, comme le montre l'échantillon figuré par M. Cossmann' sous le nom de C. lamellosum BRruG., et qui, à mon avis, est à rapporter au C. Morgani Vasseur à cause de ses côtes peu saillantes et de son ornementation spirale forte, dont les filets passent graduellement aux cordons peu saillants qui ornent