RAMEAU DU CERITHIUM FILIFERUM DESHAYES
Le Cerithium filiferum Desnayes' du Lutétien ne présente pas dans son développement de métamorphose intéressante ; les plus jeunes tours que j'ai pu observer sont ornés à peu près comme dans l'adulte ; cette ornementation se compose (pl. IV, fig. 9) de grosses côtes obtuses, larges à la base, et qui s'étendent d’une suture à l’autre ; ces côtes sont croisées par des stries très profondes, au nombre de dix à douze, à parois perpendiculaires, et qui laissent entre elles des cordons saillants, à section rectangulaire. Le labre est à peu près droit, épais, festonné ; à l’angle postérieur de l'ouverture est une gouttière très profonde, que limite une côte pariétale très saillante ; le canal est oblique et borné en dedans par une carène fort aiguë. C’est d'après ces caractères de l’ouverture que M. Cossmann classe cette espèce dans le sous-genre Vulgocerithium Cossm., quoiqu’ils me paraissent la rapprocher bien plutôt de C.ocirrhoe D'Ors., que le même auteur place dans la section Gourmya BAYLE.
Je viens de décrire la forme typique (pl. IV, fig. 9) ; mais il existe, à côté, des échantillons (pl. IV, fig. 5) qui présentent des particularités intéressantes. Les cordons longitudinaux sont moins larges, plus arrondis, plus espacés, un peu moins nombreux, et ontune tendance à se couvrir de granules; le filet postéro-sutural est déjà nettement granuleux. Enfin, on voit apparaître dans leurs intervalles un ou deux filets très fins, aussi plus ou moins granuleux. C’est là une forme de passage très nette au C. globulosum Desuayes? de l’Auversien, qui se distingue précisément du C. filiferum Desu. par des filets principaux arrondis et granuleux, espacés, et entre lesquels se trouvent des filets secondaires extrémement fins et parfois un peu granuleux (pl. IV, fig. 6 et 13) ;
1, Description des coquilles fossiles des environs de Paris, Il, p. 377-378, pl. XLIX, fig. 15-16 ; 1833.