‹ 1.These: Etudes stratigraphiques sur le Nummulitique alpin. 2.These: Essai sur l'Évolution des Cérithidés dans le Mésonummulitique du Bassin de ParisChapitre 17 sur 51 · RAMEAU DU C. TURRITELLATUM LAMARCK · texte numérisé non relu

RAMEAU DU C. TURRITELLATUM LAMARCK

Voici encore une série où il y a peu de faits d'évolution proprement dits à mettre en lumière ; les espèces qui la composent apparaissent toutes dans l’Auversien ; elles sont mal délimitées, offrant entre elles tous les passages, et ici encore nous aurons à nous demander si nous avons réellement affaire à plusieurs espèces, ou à une seule.

Cerithium turritellatum Lamx., tel que je l’ai défini dans Palæon-

ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 4x

tologia universalis', est une petite espèce dont le type vient précisément de Crépy-en-Valois, où elle est sous sa forme la plus exigüe; c'est une miniature de Cérithe (pl. X, fig. 22). Il est très variable ; la plupart de ses variations ont été figurées dans le travail précité, et je n’y reviendrai pas. Les tours peuvent être plus ou moins convexes, la forme plus ou moins allongée ou plus ou moins trapue. Je figure seulement, pl. X, fig. 22, un échantillon représentant une variété où on voit apparaître de tout petits plis, transversaux par rapport aux tours. Ce qu'il y a de constant, c’est que la coquille est ornée de trois filets longitudinaux principaux, entre lesquels on en aperçoit de plus fins. Le canal est extrêmement court, à peine formé. Le labre est un peu sinueux en arrière et peu proéminent en avant.

Cette petite espèce existe dans l’Auversien et le Bartonien; dans ce dernier étage, j'en connais des échantillons de Cresne, Marines, Montagny; ils ne diffèrent pas de ceux de l'Auversien.

La figure 21 de la pl. X représente un individu de la Butte aux Clochettes, un peu plus grand que celui de la figure 22, et qui accuse la même variation, mais plus accentuée ; il forme nettement passage au Cer. crenaltulatum Desu., représenté par la fig. 20; il y a tous les intermédiaires entre les deux espèces. Ainsi C. turritellatum Desx. se relie d’une part au €. crenatulatum.

Une autre variation conduit à des individus plus grands et plus trapus que ceux de Crépy ; tel est celui de la figure 23, qui provientde Mont Saint-Martin ; mais, à part la différence de taille, tous les caractères sont les mêmes.

Si nous nous occupons maintenant du C. crenatulatum DEsx., nous constatons qu’il ne diffère du éurritellatum que par une taille un peu supérieure et une costulation plus accentuée : la partie postéricure de chaque tour montre de petits plis très nets (fig. 20) chez les individus les moins costulés, qui se rattachent, par tous les intermédiaires possibles à d’autres individus qui le sont davantage (fig.18 et 19), et où on voit la partie postérieure des plis s'élever en tubercules. On arrive ainsi au C. tiarella DesnaYes (fig. 17), dont l’évolution individuelle retrace tous les stades que nous venons d'étudier depuisle furritellatum Lamx., en passant par le crenatulatum DEsx.

C. tiarella Des. est une espèce auversienne et l'échantillon qui, d’après M. Cossmann, aurait été trouvé à Chaumont dans le Lutétien par le Dr BEezaANÇoN, est en réalité un C. tiara, où les filets

1. Jean Boussac. Fiche de Cerilhium turritellatum LAmMArcK. Palaeontologia universalis, I, 123; 1907.

longitudinaux ont persisté dans l'adulte. Il er est de même du C. crenatulatum, dont deux exemplaires auraient cependant été trouvés dans le Lutétien. Quand les deux formes se trouvent dans un même gisement (par ex. à Nogent-l’Artaud), la séparation est absolument impossible (fig. 17-20). Aussi, pour la commodité de l’exposition, considérerons nous que nous avons une seule espèce, C. tiarella Desx., avec une variété crenatulata DEsx. Cette espèce existe dans l’Auversien du Cotentin (Fresville et Hauteville) et au Bois-Gouët.

On ne la connaît pas dans le Bartonien ; mais elle existait quelque part à cette époque, car elle réapparaît dans le Ludien ; on en trouve au Vouast de nombreux échantillons ; c’est une forme un peu différente, que je nommerai Cerithium tiarella Desu. mut. ludense (fig. 16) : elle est petite, courte, trapue, à filets toujours lisses. Il existe aussi une forme plus allongée, représentant la variété crenatulata (fig. 15); enfin certains individus tendent à perdre leur ornementation transversales et deviennent lisses : fig. 17.

BAssiN DE PARIS CoTENTIN |Bois-GouËT

LUDIEN mut. {udense

BARTONIEN

AUVERSIEN |C.tiarella-var.- C.crenatulatum-var.- C. turritellatum

RAMEAU DU CERITHIUM SERRATUM BRUGUIÈRE

Les différentes espèces qui constituent cette série sont bien connues, et il ne m'a pas paru nécessaire de les décrire à nouveau ; nous allons seulement chercher à découvrir quels sont les rapports de ces formes entre elles; j'ai figuré dans ce but quelques échantillons qui éclairent ces relations d’une manière assez démonstrative.

La série est caractérisée, à la fois, par les caractères de l’évolution de son ornementation et par ceux de l'ouverture ; c’est du reste

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là un phénomène général : l’évolution de l’ornementation seule, comme la forme de l'ouverture seule, ne suffisent pas à caractériser une série ; les deux sortes de caractères sont à considérer.

Les très jeunes tours sont ornés de trois fins cordons granuleux (pl. V, fig. 16, 26, pl. XI, fig. 5, 6, 12) à peu près égaux ; mais, peu à peu, celui qui borde la suture postérieure prend plus d'importance, s'élève sur une carène, et ses granules se transforment et se développent de façon à donner les tubercules ou les épines de l'adulte. Le labre est très sinueux, proéminent en avant, excavé en arrière (pl. V, fig. 16, 25, 26); le canal est bien formé. Tout cela a du reste été bien décrit par M. Cossmann dans la 7e livraison de ses Essais de Paléoconchologie (p. 94).

Le chef de file est le Cerithium serratum BruGutèrE du Lutétien, type du genre Serratocerithium de M. Vignal (pl. V, fig. 26) ; cette forme est trop bien connue pour que je m'attarde à la décrire ; on la trouve encore, mais rare, dans l'Auversien, à Acy, Mary, Jaignes, Caumont, Vendrest, Crouy ; mais une partie des échantillons trouvés dans ces localités sont peut-être remaniés. On la retrouve au Bois-Gouët, dans la Loire-Inférieure, avec sa variété Claræ Vasseur, qui est un peu plus trapue.

Le Cerithium serratum Bruce. semble avoir donné naissance, dans l’Auversien, à deux formes, qui ont la même évolution d'ornementation et les mêmes caractères de l'ouverture : C. mutabile Lamx., et C. tuberculosum Lam.

C. mutabile LAMx., quoique fort différent dans l'adulte (pl. XI, fig. 4) de C. serratum BruG., a toute la partie jeune de sa coquille identique à la partie correspondante de ce dernier; c'est ce que montre bien la photographie (fig. 5 de la pl. XI) d’un jeune C. mutabile, et les fig. 6 et 12 représentant de jeunes C. serratum du Bois-Gouët ; ce n’est que dans l’adulte que les deux formes se différencient ; l’une succédant à l’autre, il y a tout lieu de croire qu'elle en dérive. Je ne m'occuperai pas de caractériser C. mutabile par rapport aux autres formes de la série ; les différences entre ces espèces ont déjà été indiquées par Deshayes et par M. Cossmann ; pour ma part, je ne cherche qu'à découvrir leurs rapports.

Cerithium mutabile LAmx. semble n'être connu que dans l’Auversien ; M. Cossmann l’a cité à Fresville' et le C. Renati Vasseur du Bois-Gouët (pl. XI, fig. 3) n’en est évidemment qu'une race, avec une forme un peu plus allongée, une évolution un peu moins

1. Faune éocénique du Cotentin, I, p. 141, pl. XVI, fig. 10; 1900.

rapide, et des cordons longitudinaux un peu plus saillants ; la forme du labre est la même.

Je ne m'attarderai pas non plus à démontrer que Cerithium tuber-culosum Laux.(pl. V,fig.16,20, 24,25) dérive de C.serratum BRuG.: même évolution,même ouverture,même ornementation de l'adulte; il semble être le diminutif de son aîné : les ressemblances sautent aux yeux quand on considère les photographies 25 et 26 de la pl. Ne 11 convient, à propos de cette espèce, de faire disparaître de la nomenclature un nom qui ne s'applique qu'à une variété: C. Brocchii Desnayes; ce n’est qu'une variété du C. tuberculosum LaAmk., dans laquelle les deux filets antérieurs restent finement granuleux au lieu d'être tuberculeux ; c’est, à mon avis, la seule différence qu'il y a entre les deux formes, et comme on peut montrer tous les passages de l’une à l’autre, et dans de nombreuses localités (fig. 16, 20, 24, 25), il n’y a pas lieu de conserver ce nom.

C. tuberculosum Lamx. persiste dans le Bartonien (Cresne, Marines); il n’est pas connu en dehors du bassin de Paris.

Bass DE PARIS COTENTIN Bors-GouËT

! BARTONIEN

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