‹ 1.These: Etudes stratigraphiques sur le Nummulitique alpin. 2.These: Essai sur l'Évolution des Cérithidés dans le Mésonummulitique du Bassin de ParisChapitre 18 sur 51 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

LUTÉTIEN C. serratum

RAMEAU DU CERITHIUM DENTICULATUM LAMARCE

Ce rameaune comprend que deux espèces, Cerithium denticulatum Lamx. et C. Hericarti DEsx., mais est parfaitement individualisé ; l’évolution de l’ornementation est si particulière que les

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jeunes avaient été décrits comme une espèce distincte sous le nom de Cerithium gracile par Lamarck.

La coquille est lisse pendant un grand nombre de tours, qui sont subulés (pl. X, fig. 13). Puis apparaissent trois rangées de granulations très fines et allongées dans le sens de la suture, et qui parfois se fusionnent en formant des filets continus ; la rangée postérieure devient peu à peu proéminente et se transforme en denticules aigus, les deux autres rangées, antérieures, disparaissent plus ou moins (pl. X, fig. 1). Le canal est court, le labre très proéminent en avant et fortement sinueux en arrière. Telle est la forme typique ; les proportions de la coquille sont assez variables, l’allongement est parfois beaucoup plus grand que dans la fig. 1. L’espèce se retrouve dans l’'Auversien du bassin de Paris et du Cotentin.

A côté de la forme typique, on trouve dans le Lutétien, surtout à Chambors, des individus plus trapus, où l’évolution est plus rapide, et qui sont plus ornés, parce que le filet antérieur des premiers tours persiste et se développe en une rangée de denticules, qui, en général, n’arrivent pas à égaler ceux de la rangée postérieure : c'est la variété que Deshayes avait séparée sous le nom de Cerithium contiguum (pl. X, fig. 5).

Cette variété persiste dans l’Auversien, maïs la modification qui l’éloignait du C. denticulatum Lamx. s’accentue davantage, c’est-à dire que la rangée antérieure de denticules arrive à égaler la rangée postérieure : on a alors une variété de Cerithium Hericarti DESHAYES (fig. 8) ; la forme typique de cette mutation, et qui est en même temps essentiellement caractéristique de l’Auversien, est celle où la rangée médiane des jeunes tours persiste aussi et finit par égaler les deux rangées marginales (fig. 4) ; on a toutes les transitions entre ces formes. C’est le type même qu'on retrouve dans le Cotentin (fig. 3).

Pour montrer que l’évolution de C. Hericarti DEsu. est bien la même que celle de C. denticulatum, j'ai fait figurer, grossies 2 fois, des pointes de C. Hericarti prises à Valmondois (fig. 12) et au Fayel (fig. ro et 14), localités où cette espèce est abondante et où C. denticulatum LAMK. n’a jamais été cité.

C. Hericarti existe dans le Bartonien, dans les sables de Cresne.

BASSIN DE PARIS COTENTIN BARTONIEN + + LR C. Hericarti | "e AUVERSIEN NE î 2 | LUTÉTIEN C. dentieulalum — var. contiguum

RaAMmEAU DU CERITHIUM CONOIDEUM LAMARCK

Cette série fait partie d'un groupe bien homogène, dont le Cerithium semicoronatum LAMx. pourrait être considéré comme le type. Ce groupe comprend trois espèces dans le Lutétien C. semicoronatum Lamx., C. emarginatum Lamx., C. conoideum Lamx. Mais les deux premières ne paraissent guère évoluer, seul le C. conoideum donne naissance à des formes intéressantes dans les niveaux plus élevés; c'est donc lui que nous allons étudier particulièrement.

Les premiers tours sont subcarénés (pl. XI, fig. 19-20) et ils offrent trois rangées égales chargées de granulations ; de petites côtes perpendiculaires joignent ces granulations les unes avec les autres. Peu à peu, le rang postérieur de granulations s'élève, et se change en une rangée de tubercules obtus et serrés. Le canal de la base est peu profond ; il existe une gouttière postérieure ; le labre est profondément sinueux vers sa base et très saillant à sa partie antérieure (fig. 19 ; l'échantüllon figuré montre en outre un caractère accidentel, consistant en une rangée secondaire granulée juste en avant du cordon postéro-sutural de tubercules).

C. conoideum LaAMx. ne se rencontre pas dans l’Auversien du bassin de Paris ; mais il doit exister encore à cette époque, puisque, comme nous allons le voir, on en rencontre une variété dans les sables de Cresne; il existe certainement dans l'Auversien du Bois-Gouët, mais représenté par une race (pl.XI, fig.23) un peu différente du type, avec une taille plus forte ; les tubercules de la rangée

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postérieure des tours sont aigus, comprimés d'avant en arrière, au lieu d’être obtus et arrondis comme ceux du type ; les deux carènes qui limitent la base sont saillantes et lisses.

Cette espèce donne naissance à trois rameaux divergents, dont les ébauches existent déjà dans le Lutétien sous forme de variétés du C. conoideum Lam.

L'un de ces rameaux aboutit au C. Cordieri DEesnAyes, de l'Auversien et du Bartonien ; on trouve parfois dans le Lutétien (fig.18) des individus étroits, à tours convexes et à granulation fine, comme celui qui est représenté fig. 18 et qui provient d'Hermonville c’est une forme de passage très nette au GC. Cordieri Desmayes de l'Auversien ; ce dernier est représenté fig. 17; on voit aisément les ressemblances frappantes qu'il y a entre les deux formes : même évolution, même ornementation, même ouverture ; seulement un profil un peu plus allongé, une taille un peu plus grande, et une granulation un peu plus fine pour GC. Cordieri Drssx. La descendance de l’un par rapport à l’autre ne me parait pas douteuse.

C. Cordieri est éminemment variable ; la forme peut être proportionnellement très courte et très trapue, ou très allongée, les tours plus ou moins convexes, la granulation plus ou moins fine et la prédominance de la rangée postéro-suturale plus ou moins caractérisée. J'ai fait figurer, fig. 16, un échantillon très trapu, à tours plats et où la prédominance du cordon tuberculeux postérieur est peu accusée. C’est une variété qui se rapproche beaucoup de la race représentée dans le Cotentin ; la grande ressemblance des figures 16 et 15 montre qu'il s’agit bien de la même forme et qu'il esttout à fait superflu de créer un nouveau nom ; enfin, comme nous allons le voir, cette race est loin de pouvoir être assimilée à celle qui existe au Bois-Gouët. Dans cette dernière localité, les échantillons diffèrent surtout de ceux du bassin de Paris par leur grande taille, et le fait que dans l'adulte (fig. 7) les granules et tubercules des rangées arrivent à se fondre presque en cordons continus ; M. Cossmann en avait fait son Potamides occidentalis ; si on veut conserver ce nom, on doit le considérer comme s’appliquant à une race.

Si nous revenons à nos C. conoideum Lamx. du Lutétien, nous constatons une autre sorte de variations (pl. XI, fig. 20 et 21), qui consiste en ce que la forme devient proportionnellement plus longue, les tubercules de la rangée postérieure s’écartent et s'allongent parallèlement à la suture (fig. 20), tendant à se fondre en un bourrelet continu (fig. 21), et les filets granuleux antérieurs

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