C. mixtum —+ À C. Andrei
AUVERSIEN mut, crispiacense ab Lr
LUTÉTIEN Cerithium tricarinatum
RAMEAU DU CÆRITHIUM LAPIDUM LAMARCK
Le nom de Cerithium lapidum a été fait par be LAMARCK ! pour une espèce des « champs près de Grignon et des pierres des environs de Paris »; l’auteur signale ses rapports avec le C. cristatum, «mais les tours ne sont pas tranchants ou carénés dans le milieu. On voit à la place de la carène une rangée transversale de tubercules obtus à peines saillants. En outre, on observe sur les tours une multitude de côtes verticales arquées. » C'est donc la forme denticulée qui est la forme typique, et l'espèce a été mal interprétée par Deshayes ? et par M. Cossmann ‘, qui ont considéré comme typique la forme à tours lisses et convexes, qui n’est qu'une variété.
L'évolution de cette espèce est très simple et toujours la même. Les tours, dans le jeune âge, sont lisses et convexes, et s'ornent bientôt de deux petites carènes lisses, à peines saillantes (pl. VIL fig. 15); il arrive que, dans la forme typique, la carène antérieure se développe davantage que l’autre et devient légèrement denticulée (fig. 16); la carène postérieure persiste plus ou moins longtemps et finit par disparaître. Dans la variété, les tours deviennent lisses et arrondis, et les deux petites carènes, plus ou moins longtemps visibles, finissent toujours par disparaître (fig. 14); il y a tous les intermédiaires avec la forme typique, et on rencontre fréquemment des individus qui sont carénés et denticulés jusqu'à un âge assez avancé, et dont les tours deviennent ensuite lisses et arrondis (fig. 17).
Cette espèce subit de nombreuses variations dans le Calcaire grossier; je n'en étudierai que deux, qui nous mèneront à deux formes importantes de l'Auversien : C. perditum BAYAN, qui persiste dans le Bartonien du bassin de Paris et qu'on trouve aussi au Bois-Gouët, et C. erroneum Cossm., qui est localisé dans le bassin de la Loire-Inférieure.
Le C. lapidum Lamx. est généralement étroit et allongé, presque cylindrique ; maïs il y a aussi de nombreux échantillons plus courts et plus coniques. C’est ainsi qu’on trouve, dans le Calcaire grossier supérieur de Passy, des individus (pl. VIT, fig. 1) chez lesquels l'accroissement en largeur des tours est lent dans le
1. Mémoires sur les fossiles de Paris. Annales du Museum, I, p. 350; 1804 ; et VII, p. 242, pl. XII, fig. 5a-b ; 1806.
2. Description des coquilles fossiles des environs de Paris. IL, p. 421-492, pl. LX, fig. 21-94; 1833.
3. Catalogue illustré des coquilles fossiles de l'Éocène des environs de Paris, IV, p. 66; 1880.
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS 57
jeune et rapide dans l’adulte, ce qui donne à la coquille un profil légèrement concave.
Les tours sont ornés d’une carène très obtuse, qui est la carène antérieure, et la postérieure se voit encore dans l'adulte, quoiqu'à peine saillante; il suflirait que les tours soient un peu plus arrondis et dilatés dans l’adulte, et que la carène postérieure vienne à égaler l’antérieure, pour que nous ayons un C. perditum BAYAN typique, comme celui qui est représenté pl. VIL fig. 1r. Les échantillons de Passy forment donc un passage très net de C. lapidum Lamx. à GC. perditum Bay., et Deshayes, du reste, avait cité la dernière espèce à Passy ; mais j'ai pu voir les échancillons de Deshayes à l'École des Mines et m’assurer que ce n’était pas C. perditum BAY., mais une forme de passage telle que celle représentée fig. 1; il en est de même de l'échantillon de la collection Bezançon, provenant d'Essômes, et cité par M. Cossmann (Cat., IV, p. 66); ilest probable que c’est le cas aussi pour l’échantillon du Vouast de la coll. Chevallier.
L'évolution de C. perditum Bax., bien visible sur les photographies 5, 8 et 9, est la même que celle de C. lapidum Lamx. La pointe est allongée, les tours nombreux, étroits et arrondis. Ils s’ornent bientôt de deux petites carènes,très constantes, un peu plus développées que dans C.lapidum ; ces deux petites carènes persistent souvent jusque sur le dernier tour, comme l'avait remarqué Deshayes. A partir d'un certain âge (fig. 7 et 12) apparaissent de petites côtes, correspondant aux stries d'accroissement, et qui produisent des denticules aux points d'intersection avec les carènes longitudinales. Dans l’adulte, ces côtes disparaissent ; il n’y a plus à leur place que des lamelles d’accroissement, et en même temps les tours deviennent très arrondis, très dilatés, de sorte que le profil général de la coquille est d'ordinaire limité par deux lignes légèrement concaves vers l'extérieur.
Il existe à Nogent-l'Artaud une variété très allongée, dans laquelle l'évolution est facile à suivre, parce qu'elle se fait très lentement (fig. 7, 9, 12), et plus facile à comparer avec celle de G. lapidum LAMK., à cause de la similitude de forme ; on voit, en comparant les figures 15 et 9, combien cette évolution est semblable dans les deux espèces; enfin, le fait que nous trouvons les mêmes variations de forme est encore une autre raison de croire que C.perditum Bay. dérive de C. lapidum Lamx., dont il ne diffère que par l’égal développement et la persistance, dans l’adulte. des deux carènes longitudinales.
Cerithium perditum Bayan est donc une mutation auversienne
du C. lapidum Lamarckx ; il persiste dans le Bartonien (Cresne). On le retrouve au Bois-Gouët (fig. 18); mais les échantillons figurés sous ce nom par M. Vasseur' et par M. Cossmann” en sont notablement différents et me paraîtraient se rapprocher plutôt du C. scalaroides DEsu.; dureste, M.Cossmann cite, dans son texte, des caractères qui ne sont pas ceux de cette espèce, mais ceux du C. scalaroides Des. C’est une forme très rare au Bois- Gouët, et je n’en ai pu trouver que deux échantillons, dont l’un est représenté fig. 18 ; elle est plus fréquente à Campbon.
On constate souvent, chez les très jeunes C. lapidum LamK., en arrière des carènes, un troisième filet lisse postéro-sutural; la plupart du temps, ce filet disparaît avec l’âge ; mais d’autres fois il persiste et devient alors granuleux (fig. 10); c'est là, à mon avis, un passage très net au Cer. erroneum Cossm., du Bois-Gouët, que tous ses caractères rapprochent du C. lapidum Lamx., et qui en serait ainsi une mutation.
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