‹ 1.These: Etudes stratigraphiques sur le Nummulitique alpin. 2.These: Essai sur l'Évolution des Cérithidés dans le Mésonummulitique du Bassin de ParisChapitre 23 sur 51 · RAMEAU DU CERITHIUM SCALAROIDES DESHAYES · texte numérisé non relu

RAMEAU DU CERITHIUM SCALAROIDES DESHAYES

Je ne connais pas les formes lutétiennes de cette série. Elle semble débuter dans l'Auversien par le Cerithium scalaroides DEsx., qui est surtout très abondant dans les couches les plus sau-

1. G. Vasseur. Recherches géologiques sur les terrains tertiaires de la France occidentale. Paléontologie, pl. IL, fig. 67-90 ; 1887.

2. M. Cossmanx. Mollusques éocéniques de la Loire-Inférieure, I, p. 197-178, pl. XIV, fig. 13, et pl. XV, fig. 6; 1898.

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mâtres (zone d'Ézanville, par ex.). Il est facile de suivre l’évolution de l’ornementation sur de jeunes échantillons bien conservés provenant de Beauchamp (pl. XV, fig. 44); on y voit, comme sur C. interruptum Lamx.au même âge, les premiers tours très convexes ornés de deux cordonnets granuleux ; puis d’autres cordons apparaissent peu à peu en avant et en arrière des deux premiers; ces cordonnets sont croisés par des côtes courbes, fines, produisant des granules à leurs intersections avec les filets longitudinaux. L'ouverture est arrondie (fig. 45), le canal très court, à peine formé ; il existe une très légère gouttière postérieure ; le labre est sinueux, un peu proéminent en avant.

Cette espèce, quoique peu variable, présente cependant une modification qu'il est intéressant de connaître ; on trouve parfois, et surtout à Ézanville, des échantillons où les côtes tendent à s'effacer, et en même temps les filets longitudinaux cessent d'être granuleux (pl. XV, fig. 43 et 46); on aboutit alors à des formes ornées de filets longitudinaux parfaitement lisses. On retrouve cette variété dans l’Auversien de l’île de Wight, à Whitecliff Bay, dans la partie supérieure des couches de Bracklesham, à Nummulites variolarius Sow. (fig. 49).

Cerithium scalaroides DEsu. existe au Bois-Gouët. On ne le connaît pas dans le Cotentin.

Dans le Bartonien, on ne trouve plus le C. scalaroides DeEsux. typique. Les formes qui s’en rapprochent le plus : fig. 36 (Marines), 37 (Montagny), 38 et 39 (Cresne), ressemblent à l'échantillon représenté fig. 43; ils sont de petite taille, à tours très convexes, ornés de costules peu saillantes et de quatre cordonnets fins et aplatis, lisses ; mais les caractères de l’évolution et de l'ouverture sont toujours les mêmes. Il existe en outre des exemplaires pourvus d'une ornementation plus forte, mais toujours de même nature ; les costules sont plus saillantes, les cordonnets longitudinaux sont aplatis (fig. 27 et 40-42) et, en même temps, les tours tendent à devenir moins convexes : c'est alors le C. {etratænia typique de M. Cossmann (fig. 48); l'espèce, à ce niveau, est variable au suprême degré, et on trouve des variétés trapues (fig. 27 et 28), bien semblables au €. Bureaui CossmanN du Bois-Gouët (fig. 2), qui n’est certainement qu'une variété du C. scalaroides Desu. Je propose d'étendre le nom de C. tetratænia Goss. à l'ensemble de toutes les formes du Bartonien, qui, bien que fort variées dans le détail, ont toutes en commun : la taille, les costules et les cordonnets aplatis, ceux-ci réduits au nombre de trois à cinq, enfin l'aspect fort peu granuleux.

6o JEAN BOUSSAC

Les mêmes variations exactement se reproduisent dans le Ludien, comme le montre la série du Vouast (fig. 19-26 et 29-35) que j'ai fait photographier; on y voit des formes encore très voisines du scalaroides DEsu., d’autres représentant des C. tetratænia Cossm. typiques, avec tous les passages entre les deux ; là aussi nous avons des formes courtes et trapues et nous avons en outre, comme dans l’Auversien, des individus qui tendent à devenir complètement lisses et où les cordonnets longitudinaux eux-mêmes ont une tendance à s’effacer.

L'histoire de la série n'est pas terminée dans le Ludien du bassin de Paris ; on en trouve des représentants de l’autre côté de la Manche, dans les couches moyennes de Headon, dans l’île de Wight; c’est le Cerithium ventricosum Sowergy. J'ai dit qu'on trouvait dans le Bartonien des échantillons de C. tetratænia Cossm. courts et trapus et qui n'avaient que trois cordons longitudinaux (fig 4); ces échantillons nous représentent l’ébauche de l'évolution qui a donné le C. ventricosum J. Sow. du Lattorfien du Hampshire, auquel ils ressemblent étonnamment. Ce dernier, dont j'ai fait représenter une bonne série (5-9), est toujours court et trapu, à tours très convexes, orné de costules courbes et saillantes croisées par trois cordonnets longitudinaux plus ou moins fins ; le cordonnet postérieur peut s’atténuer et même disparaître

(fig. 9).

BASSIN DE PARIS HAMPSnIRE Botis-GouËr

LATTORFIEN C. ventricosum

BARTONIEN GC. tetratænia — var. à À 3 cordonnets

AUVERSIEN | Cerithium scalaroides - var. lisse

ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS (6:

Cerithium ventricosum Sow. est. avec Cerithium concavum Sow., un des exemples les plus typiques de formes saumâtres dérivant d'espèces éocènes et persistant dans le Lattorfien du Hampshire malgré l'immigration de la faune oligocène.

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