RAMEAU DU CERITHIUM MURICOIDES LAMARCK
Cette petite série a pour chef de file C. muricoides Lamx. du Lutétien (PI. IV, fig. 8) ; c'est une espèce courte, globuleuse, avec un canal court, un labre rectiligne et oblique par rapport à l’axe, sa partie postérieure étant la plus avançante. C’est le type du genre Benoistia Cossmanx. L'évolution de cette espèce est très simple ; les premiers tours après l'embryon se chargent de cordons longitudinaux, dont deux sont beaucoup plus développés, et conservent leur prédominance dans l'adulte; sur le passage des côtes, qui apparaissent bientôt après, ils sont plus larges et plus saillants.
L'espèce paraît localisée dans le Lutétien du bassin de Paris; un échantillon en avait été cité par M. Cossmann comme provenant de l’Auversien de Mortefontaine : j'ai pu trouver cet échantillon dans la collection Besançon à l’École des Mines et constater qu'il différait notablement de C. muricoides, les tours étant simplement ornés de cordonnets très saillants et lisses.
Dans l’Auversien du Bois-Gouët et du Cotentin (Fresville), on trouve une forme qui se rapproche beaucoup du C. muricoides Lamx., tellement même qu’on l’a confondue avec lui pendant longtemps : c'est le C. millegranum Cossm., dont le type est de Fresville : la fig. 7 de la pl. IV en représente un bel échantillon du Bois-Gouëêt ; on voit que cette forme diffère de celle du Lutétien du bassin de Paris par ses côtes moins nombreuses, plus épaisses et plus espacées, et par ses filets granuleux beaucoup plus réguliers et plus fins ; on n'y voit pas les deux cordonnets saillants caractéristiques de l'espèce parisienne. On a bien là une forme différente, mais qui se rattache à (. muricoides Lamx. par des intermédiaires comme celui de la fig. 10, qui a des côtes saillantes et plus serrées, et des rangées granuleuses plus inégales.
En un mot, C. millegranum Cossm. n’est pas une espèce distincte de C. muricoides LAMx., d'autant plus qu'on trouve des intermédiaires, non seulement au Bois-Gouët, mais dans le bassin de Paris même : ce n’en est qu'une mutation. Et ce qui confirme encore cette hypothèse, c'est qu'on trouve dans les deux formes les mêmes variations de proportions, aboutissant à des individus relativement allongés: cette similitude de tendances peut être attribuée à l'hérédité, et on peut y voir une preuve de la parenté de ces deux Cérithes.
Je ferai encore remarquer que ce rameau, qu’on trouve dans le Lutétien du bassin de Paris et dans les dépôts éocènes du massif Armoricain, est représenté dans chacune de ces formations par une mutation particulière,