C. pleurotomoides
LUTÉTIEN C. echinoides — var.
Rameau pu CERITHIUM Bougr DEesnAYEs
Cette petite série, bien que peu nombreuse et fort localisée dans le temps et dans l'espace, nous montre cependant quelques faits d'évolution intéressants.
La forme typique de l’Auversien est représentée, pl. IX, fig. 12; on peut facilement suivre l’évolution de l’ornementation sur les jeunes échantillons figurés en 3, 4 et 5. À la suite d'un embryon paucispiré viennent 5 à 6 tours — le nombre est assez variable — carénés en avant (fig. 3) et portant sur la rampe postérieure quatre filets lisses, le dernier contre la suture: deux autres filets lisses circonscrivent la base du dernier tour ; à cet âge, l'animal ressemble à une Mesalia. On voit ensuite apparaitre des côtes larges et basses (fig. 3 et 4), un peu plus saillantes dans leur partie postérieure, et en même temps les tours changent de
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profil ; de carénés qu'ils étaient, ils deviennent arrondis: puis le filet postérieur se développe en une carène qui devient denticulée aux intersections avec les côtes. La partie antérieure des côtes s’efface de plus en plus, et il ne reste, dans l’adulte, que la partie postérieure, qui forme les denticules de la carène. L'un des filets antérieurs est un peu plus saillant que les autres, deux ou trois carènes tranchantes circonserivent la base du dernier tour.
Le canal est droit. Le labre est proéminent en avant et sinueux en arrière ; le sinus est anguleux chez les formes bien carénées (fig. 12). La figure 5 montre que le labre n’est que très faiblement sinueux sur les formes jeunes.
Il est facile, en comparant cette description à celle que j'ai donnée pour G. echinoides, de voir les rapports étroits qu'il y a dans l'évolution de ces deux espèces : tours carénés chez le jeune, puis arrondis ; denticules aux croisements des côtes avec la carène, qui résulte elle-même du développement d'un des filets de l'adulte. Le développement du labre est aussi le même. Les rapports entre ces deux espèces sont encore accentués par le fait que, dans le Lutétien, on trouve, à côté de formes identiques à celle des Sables moyens, des individus à croissance rapide, moins carénés et où l’on observe une carène antérieure assez bien développée, qui les rapproche de C. echinoides Desu. (pl. IX. fig. 11). Les deux espèces sont trop éloignées pour pouvoir descendre directement l’une de l'autre, et, comme elles sont de la même époque. elles ont dû avoir un ancêtre immédiat commun.
En résumé, C. Bouei DEsu. apparait dans le Lutétien, déjà sous sa forme typique, mais accompagné encore d'individus pourvus de caractères ancestraux. En arrivant dans l’Auversien, l'espèce prend un grand développement et donne naissance à des formes nouvelles.
Il y a d’abord la forme à laquelle Deshayes avait donné le nom de Cerithium coronatum ; elle se distingue du type en ce que, même dans l'adulte, l’'ornementation reste au stade exprimé par la figure 4, avec des tours arrondis ou faiblement denticulés : c’est une variété caractérisée par un arrêt de développement; il n’y a même pas lieu de lui conserver un nom spécial.
On a l'habitude de considérer comme des espèces distinctes C. clandestinium Dxssu. et C. Sowerbyi Dresu. Elles ne sont en réalité que des mutations de C. Bouei. La première (pl. IX, fig 13), qui se rattache au type par tous les intermédiaires (fig. 9), n'en diffère que parce que la carène postérieure est un peu moins Saillante, et que les côtes, au lieu de s’effacer sur l'adulte dans leur
partie antérieure, continuent à affecter toute la largeur des tours. Dans Cerithium Sowerbyi Desu., les tours s’aplanissent, et la carène, au lieu de rester postérieure, se porte vers le milieu des tonrs ; la modification est déjà ébauchée dans le Lutétien (fig. 8), mais on peut voir qu'elle n’affecte alors que l'adulte, tandis que dans l’Auversien les premiers tours eux-mêmes sont atteints et complètement plans dans la forme extrême (fig. 10).
Le tableau suivant résume l’histoire du groupe :
AUVERSIEN C. clandestinum + C. coronatum C. Sowerbyi Fu À
Dh /
Lurérrenx C. echinoides Cerithium Bouei ———> var. À
var.
ane
YPRÉSIEN
Rameau pu CERITHIUM IMPERFECTUM DESHAYES
Cerithium imperfectum Desu. est une toute petite espèce, que M. Cossmann a prise comme type de son genre Hemicerithium". L'échantillon de Chaussy, représenté pl. VIIL, fig. 9, montre que les tours sont subcarénés et ornés de filets longitudinaux simples, dont un, plus saillant, suit le sommet de la carène; quelques côtes noduleuses, peu accentuées. La coquille prend, presque dès le jeune âge, l’ornementation de l'adulte. Le dernier tour est anguleux à la périphérie du disque basal, qui est aplati; le labre est droit, le canal très court, à peine formé. Cette espèce existe dans le Lutétien du bassin de Paris ; on ne la connaît, typique, nulle part ailleurs.
Mais M. Cossmann a décrit, du Lutétien (Catalogue, IV, p. 29), une variété à côtes plus saillantes, et fortement noduleuses ; cette variété (pl. VIIL, fig. 10), où l’ornementation tend en même temps
1. Essais de Paléoconchologie comparée, VII, p. 107, pl. IV, fig. 22-93: 1906.
ÉVOLUTION DES CÉRITHIDÉS gs
à s’effacer, monte jusque dans les sables de Cresne (fig. 8) et se retrouve à Fresville, dans le Cotentin (fig. 5).
De cette dernière localité, MM. Cossmann et Pissaro ont décrit et figuré’, sous le nom de Cerithium imperfectum Desu. var. fresvillensis. une petite forme qui ne me paraît pas pouvoir être distinguée de C. Gardneri CossM., comme le montre l'identité de la photographie (fig. 2), représentant un individu de Marines, avec la figure donnée par MM. Cossmann et Pissaro.
Cerithium Gardneri existait donc déjà dans l’Auversien. Mais on le trouve surtout dans le Bartonien du bassin de Paris, au Ruel, à Cresne, à Marines et, dans le Hampshire, à Barton même, d’après M. Cossmann. C'est une petite forme assez variable. L'échantillon figuré par M. Cossmann (Cat., IV, p. 28, pl. I, fig.11), est un jeune avec une carène et des côtes noduleuses bien accentuées ; on trouve tous les passages (pl. VIIT, fig. 1, 3, 6) entre cet échantillon type et d’autres échantillons, où les costules et la carène même tendent à disparaître et qui sont surtout ornés de filets lisses extrêmement fins dans l'adulte ; dans le jeune âge, les costules et la carène sont presque toujours bien formées. La suture est bordée de deux fins bourrelets, la base est plane et subcarénée, et les caractères de l'ouverture identiques à ceux de C. imperfectum Desh.: ce n’en est qu'une mutation.
Le tableau suivant résume l’histoire du groupe :