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CHAPITRE IV DE L’ANECDOTE

L’anecdote est une nécessité. Lorsqu’on n’en sait pas, il faut en faire ou en empi:unter ; ce dernier mode est le plus usité. Ne vaut-il pas mieux emprunter que voler ?

Le salon de de R... doit être la terre classique de l’anecdote ; la première personne qui entre doit vous en fournir une ou deux.

£X£MPLE :

* La stupéfaction a été grande en entendant annoncer M. le comte K. de Z... Tout le monde sait que ce millionnaire de nouvelle couche n’est ni comte, ni de Z... Au milieu de l’étonnement géné-

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ral, le dialogue suivant s’établissait entre deux hommes de lettres entachés de Bourse.

» — Pourquoi ce diable de K... s’est-il fait comte de Z...?

» — Si cela l’amuse, je n’y vois pas grand mal.

* — Très-bien, mais lorsqu’il faudra faire scs preuves ?

» — Pub !... il assemblera ses actioimaires. »

« Ce comte ou ce prétendu comte de Z... vient de gagner un million bien singulièrement. Directeur d’une grande entreprise industrielle, et craignant d’être forcé, comme M. Mirés, de délivrer plus d’actions qu’il ne le désirait, il a annoncé que chaque souscripteur de cinq actions recevrait franco le volume des poésies de M. Baudelaire.

» Trois jours après, les actions de cinq cents franc valaient trente-deux sous.

» Inutile de dire qu’achetées en sous-main 1^ actions ont repris leur valeur réelle.

» M. K. de Z..., aussi généreux qu’intelligent, vient d’envoyer cent mille francs à M. Baudelaire. »

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