‹ 101. Régiment Jules NoriacChapitre 35 sur 49 · SCÈNE Vlli · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlli

LES PRicÉDEMTS, SABINE, paraissant dans le fond. Sabine. — Moil 1 1

FICELLE FOLLE. — Il y a au théâtre trois remèdes qui ne manquent jamais de guérir la folie :

L’amour.

Une chanson.

Le village oii est né le pauvre aliéné.

Au moment suprême où on va guérir le fou ou la folle, tous les personnages se mettent à l’écart et suivent avec anxiété les péripéties de la cure.

Quand l’objet aimé est entré.

Quand la chanson est chantée.

Quand on aperçoit au fond le décor du premier acte, l’un d’eux sort bruyamment en s’écriant ;

— 11 ou elle a pleuré, il ou elle est sauvé !

nCELI.ES AVANT, PENDANT ET APRÈS LA LETTRE. — Il

n’est point sur la scène de lettres closes. Ordinairement, les femmes les, laissent traîner; le mari s’en saisit: les domestiques les entr’ ouvrent; les maîtres les lisent par-dessus l’épaule, comme dans l’Avocat du Diable, l’une des plus jolies pièces du Gymnase.

Les lettres et les papiers jouent un grand, mais unique rôle, dans les drames.'

Les lettres servent à faire chanter.

ON PAQUET DE FJCELLES 2il

Des papiers importants, dont on ne sait jamais le contenu, font la convoitise du traître, qui s’écrie de temps à autre :

— Oh ! ces papiers ! ces papiers !

Lorsqu’on brûle un acte ou un écrit de quelque valeur ou d’une nécessité absolue pour le dénoûment, il ne faut pas s’inquiéter, il y en a toujours un double. (Voir le Roman d’un jeune homme pauvre.)

FICELLE SUBLIME. — Un chef-d’ccuvre au hasard; Ruy-Blas, si vous voulez.

Ruy-Blas, laquais, devient amoureux de la reine; pour elle, il va chaque jour bien loin chercher des fleurs bleues d’Allemagne, dont elle raffole. Afin que ces fleurs soient trouvées par sa royale amante, il les dépose le long d’un banc où chaque jour elle va s’asseoir. Mais, pour arriver à ce banc, il faut franchir le mur du parc, /

Un vieux mur illustré de broussailles de fer.

242 ÜN PAQÜET DE HCEÎ.LES

Parfois le pauvre fou y laisse des lambeaux de chair et de manchettes. La reine, qui n’est pas anthropophage, laisse la chair, mais prend la dentelle. ' — Oh ! les femmes !

Plus tard, par un coup du sort et de don Saluste, Ruy-Blas, devenu gentilhomme, est chargé par le roi d’un message pour la reine. ' .

Sans hésiter, la reine reconnaît son amoureux anonyme.

A quoi? — à ses manchettes.

— C’est la même dentelle? murmure la femme du roi.

Sur le moment, cela émeut plus qu’on ne pourrait le dire, mais l’intérêt qu’inspire Ruy-Blas diminue un peu, lorsqu’on réfléchit qu’il n’a pas changé de chemise depuis Ixois semaines.

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FOLIOLES

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