UN FEUILLETON EN
On s’étonne souvent des variations qui ont lieu en littérature. Chaque genre a son heure; il est une mode qu’il faut suivre dans les romans comme ailleurs, sous peine de supporter l’indifférence publique, et comme personne n’aime à supporter l’indifférence publique, on suit le torrent, dût-il conduire
FOLIOLES
dans un égout, ou, ce qui est plus triste encore, à une absurdité.
Hélas! que j’en ai vu passer des genres de toutes les couleurs, depuis les Écorcheun jusqu’à Madame Bovary.
Il y a eu le roman terrible, qui faisait bien peur, je vous assure. On n’y voyait que des poignards, des femmes meurtries, des mains sanglantes appliquées sur les murs, des cachots, des chaînes, des cruches et de la paille.
Le roman ruisseau, qu’on lisait avec un flacon de sels sous le nez.
Le roman bascule, dans lequel les persoimages en blouse étaient seuls vertueux, où les forçats cachaient leurs habits noirs sous leurs chemises rouges, comme jadis le Curé de Belleville cachait sous sa soutane son habit de colonel.
Il y a eu le roman mousquetaire, qui a enccrc une queue dans les Magazines.
n y a eu. . . mais à quoi bon parler de ce qui n’est plus ; parlons de ce qui est. Parlons de ce genre qui n’aura jamais de fin, genre gracieux et délicat, plein d’émotions et d’enseignements, de rêveries et
FOUOLES
d’illusions, aux détails historiques si vrais, aux mœurs si bien étudiées, observées et rendues; aux caractères si nettement accusés, si merveilleusement dessinés; genre sans nom, qui apparaît de temps en temps comme un lumineux météore cm comme...