‹ 101. Régiment Jules NoriacChapitre 48 sur 49 · AU FEU D’ARTIFICE · texte numérisé non relu

AU FEU D’ARTIFICE

tw MOUTARD (sur un arbre). — Attention! ça commence.

LA FOüLS. — Ah ! ah !

UN MOUTARD. — Vous dérangez pas, je me suis trompé, c’est un m’sieu qui allume sa pipe.

VN CALICOT (îi ses amis). — Par U géhenne I

FOUOLES

messires, U y a dans ce pertuis grande affluence de populaire.

UN MONSKoa EN CASQUETTE. — Le populairc vous vaut bien, je pense.... faut pas ici avoir des airs....

LE CALICOT. — Permettez, monsieur ; mon «Mention n’est point d’offenser personne ; j’emploie pour désigner la foule une expression ancienne dont on se servait jadis pour pailer de la multitude.

LE MONSIEUR EN CASQUETTE. — Eli bien , de quoi 1 Qu’est-ce qu’elle vous doit, la multitude ?

LE CALICOT. — Absolument rien, mais...

LE MONSIEUR EN CASQUETTE. — Eh bien, alors, mettez un cadenas à vos gencives : c’est pas trop tôt.

UNE DAME. — Monsieur, monsieur ! mais vous me marchez sur le pied.

UN MONSIEUR. — Je ne l’ai pas fait exprès.

UN MOUTARD. — U DO manquerait pins que ça.

UNE JEUNE FILLE. — Maman, qu’est-ce que c’est làbas, c’ie grosse illumination ?

U MAMAN. — C’est la tour Saint-Jacques...

FOLIOIÆS

OU Saint-Sulpice... peut-être bien le PantMon.

I.E MOUTARD. — Le Panthéon, oh ! là là I c’est le t)b!\iet d’eau chaude des bains à quat’sous.

UNE voa — Ah çà, mais ça ne va donc pas commencer ?

AUTRE vont. — On étouffe.

AUTRE von. — C’est fatigant d’attendre ainsi.

LE MOUTARD. — Ne VOUS gênoz pas, asseyez-vous. Quand ça commencera, je frapperai les trois coups.

LA DAME. — Voulez-vous bien vous taire, insolent!

LE MOUTARD. — Puisqu’il vous dit qu’il ne l’a pas fait exprès, faut pas lui en vouloir, à c’t homme.

UNE VOIX. — Vas pas te taire, méchant gamin?

LE MOUTARD. — Qu’est-co qu’ü a à gémir, cet Espagnol de BatignoUes ? — Accusé, taisez-vous.

U FOULE. — Ah ! ah ! ah !

PLUSIEURS von. — Ne poussez donc pas comme ça.

LE MONSIEUR EN CASQUETTE. — Comment donc voit lez-vous que je pousse, alors?

FOLIOLES

ONE VOIX. — Ne poussez pas du tout.

AUTRE von. — Oh ! comme les fusées filent, on dirait qu’elles vont plus haut que-la lune. .

LE MOUTARD. — Ellcs passent à travers, il y a des trous.

UNE voK. — Voici la grande pièce.

LE MOUTARD. — Minute ! je vais prendre ma longue-vue. {Il place devant ses yeux sa main arrondie en cornet.) Attention ! j’ vas faire l’explication : Ça représente la prise de Sébastopol. Je vois Edmond Galland habillé en général...

LA DAME. — Mais, monsieur, vous me... poussez.

LE MOUTARD. — C’est le bouquet.

UNE von. — Il doit y avoir encore d’autres choses.

LE MOUTARD. — N, i, iii, c’est fini. Vu ma longuevue, je n’ai rien vu.

UN MONSIEUR {à SU femme). — Très-joli, très-joli; al'ons-nous-en avant que la foule ne devienne plus compacte.

LE MOUTARD. — Un instant, que personne ne sorte :

FOUOLES

en pour nos cinquante mille francs, nous sommes ici un million, ça fait cinq centimes pour cha^ cun ; ceux qui voudront payer pour les Polonais n’ont qu’à le dire.

LE MONSIEUR. — Jcuue homme, vous comptez très-bien : vdci dix centimes pour mon épouse et pour moi, plus dix sous pour la malheureuse Pologne.

LE MOUTARD. — Dieu, tHOH bottrgeois, vous dorme un beau trépas t

Page 1