‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 23 sur 80 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Les promotions solennelles ne se feront qu'une fois par an pour les philosophes et les grammairiens.

Le recteur, ainsi que le conseil de l'Université et les professeurs de philosophie se réuniront de bonne heure, dans la matinée du premier jour de septembre, et, les portes étant fermées, ils examineront rigoureusement les étudiants en logique et en philosophie naturelle. Ils consacreront à cet exercice autant de temps qu'ils jugeront nécessaire. Parmi les élèves examinés, ils choisiront ceux qui sont le plus capables d'être bacheliers et maîtres ès-arts.

i50 THE LIFJC OF m. DAMEL CHAMIÈR.

Unto these elect bachelors and masters their Regents shall give theses, unto the natural philosophers upon all the parts of natural philosophy, and to the logicians on all the parts of logic which shall be printed with the names of these inceptors prefixed to them, to be defended by them in a public disputation against all opponents whatever on the days and the hours therein mentioned. And the Regents shall be then and there in person in the chair presiding and moderating the whole disputation. And it shall be lawful for any of these bachelors and masters at the same time to pronounce in public any oration or declamation composed by them.

These disputations being ended, the rector shall appoint the general Assembly of the University to meet in the great Temple of the city, unto which shall be invited by name all the city magistrates and other learned men inhabiting in it to honour by their presence this act. Then and there one of the candidates for his mastership of arts shall in the name of all his fellow students modestly harangue them, petitioning that the salaries and Jionours due unto their bard travel in reading and studying may be conferred upon them. Andas soon as he hath finished, the rector shall make a kind of panegyric in praise of learning and of the aforesaid caiulidates, and then shall recite the logician's names who are lit to take their bachelor's degree, and shall declare unto them the power and privilege now given them of being advanced unto the studying of the higher parts of philosophy. Then he shall also recite their names who are to be masters of arts, and declare unto them before the whole auditory, that they are now created masters of arts, and that from thence forward they have full power to perform all the functions of the degree, and "shall at the same time use those solemn ceremonies which are customary at such investitures. And another of these inceptors shall conclude the acts with a congratulatory oration to the rector and University for the grace and honour they have conferred upon himself and other graduates.

LYII.

And as for the grammarians, the rector together with the pastors and pul)lic professors and principal of the college shall on the fifteenth day of September come unto the first live classes and give a theme unto eacii of them according to their respective capacities to be composed in latin by them immediately upon the spot, and without being prompted or assisted by any other, and in the first and second classes to be done in greek, and

Les régents donneront des thèses à ces bacheliers et maîtres ès-arts élus. Ils donneront des thèses sur toutes les parties de la philosophie naturelle, aux philosophes ; et sur toutes les parties de la logique, aux logiciens. Ces thèses seront imprimées avec les noms de ces débutants, et elles seront soutenues par eux dans une dispute publique contre tous ceux qui voudront argumenter, quels qu'ils soient, aux jours et heures mentionnées dans la thèse. Les régents seront là en personne, dans leurs chaires, présidant et modérant toute la discussion. 11 sera toujours permis à chacun de ces bacheliers et maîtres de prononcer en public, en cette circonstance, tout discours ou morceau de déclamation qui aura été composé par eux.

Ces disputes étant finies, le recteur convoquera l'assemblée générale de l'Université dans le grand temple, et invitera nominalement à cette séance les magistrats et les autres hommes savants de la ville, afin qu'ils honorent cet acte par leur présence. Là, un des candidats de la maîtrise èsarts haranguera modestement ses condisciples au nom de toute l'école, et demandera qu'on leur accorde les salaires et les honneurs qui sont dus à la carrière de laborieuses éludes qu'ils ont fournie. Dès qu'il aura achevé son discours, le recteur fera une espèce de panégyrique à la louange de la science et des candidats susmentionnés, et alors il lira les noms des logiciens qui sont aptes à recevoir le grade de bachelier, et il leur déclarera la faculté qui leur est accordée d'être admis à l'étude des parties plus élevées de la philosophie ; puis il lira les noms de ceux qui doivent être faits maîtres ès-arts, et il leur déclarera, devant toute l'Académie, qu'ils sont créés maîtres ès-arts, et que, dorénavant, ils ont plein pouvoir d'exercer les fonctions de ce grade, et ils accompliront, à cette occasion, toutes les cérémonies qui accompagnent d'ordinaire de pareilles investitures. Un autre de ces débutants terminera l'acte par un discours de congratulation au recteur et à l'Université, pour la grâce et l'honneur qu'ils lui ont conférés à lui et aux autres gradués.

Quant aux grammairiens, le recteur, avec les pasteurs, les professeurs publics et le principal du collège, viendront, le quinzième jour de septembre, dans les cinq premières classes : ils donneront à chacune d'elles, suivant leurs capacités respectives, un thème à composer en latin, immédiatement et séance tenante et sans être secourus ni aidés par personne. Ils donneront à la première et à la seconde classe un thème grec et un sujet à

at the same time they shall have a subject given them for verses. All which compositions both in prose and verse shall be delivered unto the rector to be faithfully kept by him.

And ;then the rector shall declare that the Academy is shut up until the fifteenth day of October next coming.

The rector together with the professors and principal shall pitch upon a certain time and place to meet for the revising and correcting the aforesaid compositions, that so they may thereby judge of the capacity and abilities of their scholars, and to choose those who deserve to be promoted unto the higher classes. Among whom two shall be elected to receive the prizes, and a third out of the first class for the prize in greek.

The two last classes shall be examined in such a manner as shall be judged most expedient.

The whole University shall be assembled on the fifteenth day of October in the great temple, unto which meeting the city magistrates and all other learned men dwelling in it shall be invited by name. In their presence the orations prepared by those scholars of the first and second classes shall be pronounced. And then the rector having in a short speech praised those young students for their good progress in the humanities, shall recite their names out of both classes who are to be promoted unto an upper class. These youths shall then stand up, and those three among them who are to receive the prizes shall address themselves unto the consuls, and thankfully accept them from the hands of the first consul.

The public scholars shall propound unto their professors some questions in their faculty which they shall agree unto in private to be solidly and clearly resolved by them in public.

All these laws and statutes shall be read with a loud voice in the public auditory, the i-ector declaring the necessity of them, and exhorting all the scholars of the University to be obedient to them, shall entreat the inagis-

VIE DE M. OANIRL CHAMlER. 153

mettre en vers. Toutes ces compositions en prose et en vers seront remises au recteur pour être soigneusement gardées par lui.

Et alors le recteur déclarera que l'Académie est fermée jusqu'au quinzième jour du mois d'octobre suivant.

Le recteur, ainsi que les professeurs et le principal, fixeront le temps et le lieu où ils se réuniront pour revoir et corriger les susdites compositions, alin qu'ils puissent juger par là de la capacité et du talent de leurs écoliers, et clioisir ceux qui méritent d'être promus à des classes plus élevées. Parmi ces écoliers, deux seront appelés à recevoir les prix, et un troisième, choisi dans la première classe, pour le prix de grec.

Les deux dernières classes seront examinées de la manière qu'on jugera la plus convenable et la plus opportune.

Toute l'Université s'assemblera, le quinzième jour d'octobre, dans le grand temple. Les magistrats de la ville et tous les persoimages savants demeurant dans la ville seront invités nominalement à cette réunion. Les discours, préparés par les écoliers de la première et de la seconde classe, seront prononcés en leur présence ; puis le recteur, après avoir, dans un bref discours, loué les jeunes étudiants des progrès qu'ils ont faits dans les humanités, récitera les noms de ceux des étudiants des deux classes qui doivent être promus à une classe supérieure. Ces jeunes gens se lèveront alors, et ceux d'entre eux qui devront recevoir des prix s'adresseront aux consuls et accepteront avec reconnaissance, des mains du premier consul, les prix qui leur sont destinés.

Les écoliers publics proposeront à leurs professeurs quelques questions relatives à leurs facultés, et dont ils seront convenus ensemble en particulier, et ils résoudront ces questions solidement en public.

Toutes ces lois et tous ces statuts seront lus à haute voix devant un auditoire public. Le recteur en exposera la nécessité, exhortera tous les écoliers à y obéir, priera les magistrats d'en favoriser et autoriser l'observance,

trates to favour and authorize their observation, and then with a prayer of thanksgiving unto almighty God shall dismiss the assembly.

The next day all the scholars of the little school shall be early in the morning in their classes, and the rector accompanied by the principal shall take from thence with him those who are to be promoted, and conduct them unto the places appointed for them. And now the Term shall begin in the University, and all exercises shall run in their ordinary and usual course.

The Form of the oath to be taken by all the Regents and Professors.

\,N. X. whose name is here underwritten of xY., having been called by the council of the University of Montauban unto the office of... do promise and swear with a good conscience by the Living God in presence of... that I will faithfully and diligently perform the duties of my calling, that I will be subject to the Laws and statutes of the said University, and to the utmost of my power will vigorously maintain them, and will by the help of God be industrious in this my employment without any fraud : and I do protest also, that I do approve all and every one of the articles of the Faith of the Reformed churches of France, and do further promise that according to it I will instruct the youth committed to my care in our holy religion.

Sworn this... day of the month of... in the year of our Lord...

This was that body of Laws which this excellent man of God framed for this Academy which flourished whilst he was professor in it very much, to the honour of God and the churches benefit.

Whilst he sat in the Synod at Privas he presented unto the assembly the three first tomes of his Panstratia (as he had been requested by the precedent Synod of Saint-Maixant); the whole assembly gave him thanks for his great pains taken in that voluminous and most judicious work, which they did most earnestly desire and encourage him to complete and finish, and that he would print the three first tomes. And as a mark of that high esteem and love they had for him and those his most learned labours, they presented him with tw o thousand livres and ordered the general Receiver of the churches moneys to pay it to him without delay. And the national Synod held at Vitré in the province of Brittaine in the year of our Lord 1617 did order the Consistories of Paris and Lyons to treat with the printers and

et ensuite dissoudra l'assemblée par une prière d'action de grûces au Dieu tout-puissant.

Le jour suivant, tous les écoliers de la petite école seront de bon matin dans leurs classes, et le recteur, accompagné du principal, cboisira dans ces classes ceux des élèves qui doivent être promus, et les conduira aux places qui leur seront réservées. Alors commencera l'année scholaire de l'Université, et tous les exercices reprendront leurs cours ordinaire et habituel.

Formule du servient qtie prêteront tous les régents et professeurs.

Je, iV. N. soussigné, natif de iV., ayant été appelé par le conseil de

l'Université de Montauban à l'emploi de promets et jure en

conscience, par le Dieu vivant, en présence de que je remplirai

tidèlemcnt et diligemment les devoirs de ma place, que je serai soumis aux lois et statuts de ladite Université, que je ferai tout mon possible pour les maintenir en vigueur, et que, avec l'aide de Dieu, je m'efforcerai de remplir mes fonctions sans aucune fraude ; je déclare aussi que j'approuve tous les articles de la foi de l'Eglise réformée de' France, et je promets, en outre, que, conformément à cette foi, j'élèverai les jeunes gens confiés à mes soins dans notre sainte religion.

Fait ce... jour du mois de... en l'année de notre Seigneur

Tel était le corps de lois que cet excellent homme de Dieu traça pour cette Académie, qui fut florissante aussi longtemps qu'il y fut professeur, pour la plus grande gloire de notre divin Maître et pour Favantage de l'Eglise.

Pendant qu'il était membre du synode de Privas, il présenta à cette assemblée les trois premiers tomes de sa Panstratia (ainsi qu'il y avait été invité par le synode de Saint-Maixant). Toute l'assemblée lui fit des remercîments pour la peine qu'il avait prise à faire cet ouvrage volumineux et judicieux, qu'ils désiraient le voir continuer et finir, ce à quoi ils Fencouragèrent de tout leur pouvoir, en le priant de faire imprimer les trois premiers tomes. Et, comme marque de la haute estime et de Famour qu'ils avaient pour lui et pour ses doctes travaux, ils lui firent cadeau de deux mille livres et ordonnèrent au receveur général de lui payer cette somme sans délai. Le synode national tenu à Vitré, dans la province de Bretagne, en Fannée de notre Seigneur 1G17, ordonna aux consistoires de Paris et de Lyon de trai-

KiG TRF. LIFE OF M. DAMEL CHAMIER.

booksellers of their cities and with those of Geneva, or with the company of Stationers;, or any other dealing in such matters, to undertake the impression of those three first volumes out of hand, and to get them printed either in Germany or Geneva j and in case they should demand any monies to be advanced to set the press agoing, that national Synod ordered them to oblige themselves for 3000 livres, which were deposited for this very purpose in the hands of Monsr de Caudal Treasurer general of the churches, upon this condition, that they should deliver into those before mentioned consistories of Paris and Lyons, according to articles of covenant indented betwixt them, so many entire and perfect books as would satisfy the said sum of 3000 livres at the rate of four deniers per sheet (twelve deniers make a penny). And those books so lodged in the hands of those consistories should be sold unto the poorer ministers at a moderate rate. And twelve copies fairly bound, free of all charge, were ordered to be presented unto the reverend Author. And that this long desired work might be the sooner finished and wrought off at the press, Mons'' Charnier was entreated to send unto the above mentioned consistories the titles of his work, the number of quires and of folios in each quire together with one folio leaf of the same fairly written, that so an estimate might be made of the bigness of the whole. In l^ursuance of this order for printing his Panstratia, Thomas Portau a printer living in Saumur offered unto the synod of Vitré his articles upon which he would print it, and they were accepted. Whereupon the consistory of Saumur was charged to contract with him taking in the advice of the Lord du Plessis their governor, and of Mons»" And. Rivet pastor of Thouars; and Mons"" Chamier was entreated to dehver unto the said Portau his manuscript copy, who on notice given him should wait upon him for it, and at his own charges. And they stipulated with him in the articles of contract to finish the impression of those three books against the next Mart of Frankfort, and that he should bring them to the place appointed before Easter next ensuing at the farthest. That he should print them on fair and large paper that would hold ink without washing such as that of the Lord du Plessis' book of the Eucharist was printed on, and with as large a margin. The paper to weigh three pounds a ream.

That the character should be as fair as that little Cicero printed by Colomiès. That the very letters which should begin the work should

VIE DE M. DANIEL CHAMIER. d 57

ter avec les libraires et les imprimeurs de leurs villes et avec ceux de Genève ou avec la compagnie des libraires et autres négociants en pareilles choses, pour faire commencer l'impression des trois tomes tout ensemble et poflr les faire imprimer soit en Allemagne, soit à Genève ; et, dans le cas où ces libraires demanderaient une avance d'argent pour mettre en train ce travail, le synode national leur ordonnait de s'engager pour la somme de trois mille livres, qui fut déposée à cet effet entre les mains de M. du Caudal, trésorier général des églises, sous cette condition qu'ils livreraient aux consistoires susnommés de Paris et de Lyon, suivant les articles du traité passé entre eux, autant d'exemplaires complets qu'il en faudrait pour couvrir ladite somme de trois mille livres, au taux de quatre deniers par feuillet (douze deniers font un penny). Ces exemplaires, déposés entre les mains des consistoires, devaient être vendus aux ministres pauvres à im prix réduit. Il fut décidé que douze exemplaires bien reliés seraient offerts exempts de tous frais au révérend auteur. Et afin que cet ouvrage, depuis si longtemps désiré, pût être achevé et imprimé dans le plus bref délai possible, on pria M. Charnier de faire connaître aux consistoires susnommés les titres de son ouvrage, le nombre des feuilles et celui des feuillets de chaque feuille, de leur envoyer une feuille in-folio dudit ouvrage nettement écrite, afin qu'on put juger de l'étendue de l'ouvrage entier. En conséquence de cet ordre d'imprimer la Panstratia, Thomas Portau, imprimeur demeurant à Saumur, soumit au consistoire de Vitré les conditions auxquelles il se chargerait de l'impression, et ces conditions furent acceptées. Là-dessus, le consistoire de Saumur fut chargé de traiter avec cet éditeur, après avoir pris l'avis de M. Du Plessis-Mornay, gouverneur de cette ville, et de M. André Rivet, pasteur deThouars, et M. Charnier fut chargé de remettre audit Portau sa copie manuscrite, et il fut convenu que Portau se rendrait à ses frais auprès de M. Chamier pour la prendre. Il fut stipulé avec Portau, dans les articles du contrat, que l'impression de ces trois livres serait terminée vers l'époque de la prochaine foire de Francfort, et que Portau les enverrait à l'endroit désigné avant la Pâque suivante au plus tard. Il fut convenu, en outre, que l'ouvrage serait imprimé sur de beau et grand papier pouvant prendre l'encre sans boire, semblable à celui qu'on avait employé pour le livre de l' Eucharistie de M. Du Plessis-Mornay, et avec des marges aussi larges. Le papier devait peser trois livres la rame. Le caractère devait être aussi

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be new (bunded , and to be renew ed again in tbe progress of it , and that the stamps for the Latin, Greek and Hebrew quotations should be all new and proportionable to the work.

I have recited this transaction at large that my reader might see what singular care those national synods took of Mons'" Chamier's works. And yet when they had done all, by reason either of the knavery of the undertaking printers or those great troubles wherewith the reformed churches of France w ere then and afterward embroiled, they could not be printed during his Hfe. His son Adrian sold the copy of liis Panstratia unto the sieur Diodati, a bookseller of Geneva and his partners; and had for the manuscript four hundred crowns, one half paid him down in ready money, and the other half in books. The Pansfraim though it bears low in our auctions here, keeps up its price abroad. For the booksellers will not part with it in Geneva under four Louis d"or.

About the year 1692 a R. Divine who was then in a bookseller's shop of that city saw him packing up most carefully four folios. He demands their title, and where he was sending them, who told him it was Mons"^ Chamier's Panstratia, and he was sending it away that very hour to Rome to an eminent popish prelate residing there , having ordered him to dispatch it out of hand unto him. . I find that in the year 1626 they w ere first presented unto the national synod then sitting at Castres by his worthy son Adrian, pastor of the church of MontUmart, who in token of that great respect and honour they ever had for his blessed memory, and to give some acknowledgment of the churches debt and thankfulness for those many and eminent services which he had done them, they bestow ed upon him a Donative of two portions above what was allowed unto any other minister. Thus expressing out of the depth of their poverty the riches of their hberality. But I fear this was never paid him; for it was not three and thirty years after, at least a considerable part thereof in the year 1659, as my reader may see in page 573 of the 2^' volume ofmySynodicon in Gallia Reformata. ^Yhich default must be imputed to the iniquity of the times, and to the utter inability of the churches and synods who were defrauded and deprived of those great sums which Harry the i"" of France had engaged

beau que celui du petit Cicéron imprimé par Colomiès. Les caractères des premières parties du livre devaient être neufs et, en outre, renouvelés dans le courant de l'impression. Les poinçons pour les citations latines, grecques et hébraïques, devaient ctre neufs et en harmonie avec le livre.

J'ai rapporté cette transaction en détail afin de faire voir au lecteur quel soin singulier ces synodes nationaux prenaient des œuvres de M. Chamier. Et, malgré cela, les ouvrages de M. Charnier ne purent être imprimés de son vivant, soit à cause de la négligence des imprimeurs, soit par suite des grands troubles qui affligèrent alors et plus tard les Eglises réformées de France. Son fds Adrien vendit la copie de la Panstratia au sieur Diodati, libraire de Genève et à ses associés, et il reçut pour ce manuscrit la somme de quatre cents ecus, une moitié payée en argent comptant et l'autre moitié en livres. Bien que la Panstratia se vende mal aux enchères de Londres, elle est toujours fort recherchée à l'étranger. Les libraires de Genève ne la donnent jamais pour moins de quatre louis d'or.

Vers l'an 1692, un révérend théologien se trouvant dans la boutique d'un libraire de Genève le vit empaqueter quatre in-folios avec un soin particuher. 11 demanda quel était le titre de l'ouvrage et où il l'envoyait. Le libraire répondit que c'était la Panstratia de M. Chamier et qu'il l'adressait à Rome, à un prélat catholique romain très distingué, qui lui avait donné ordre de l'expédier sans délai.

Je trouve que l'ouvrage de M. Chamier fut présenté, pour la première fois, en l'an 1626, au synode national siégeant à Castres, par son digne fils Adrien, pasteur de l'église de Montélimart. Cette assemblée voulant marquer le grand respect et la vénération qu'elle avait toujours eus pour la mémoire de M. Chamier, et voulant donner à son fils une preuve de sa gratitude pour les éminents services qu'il avait rendus aux synodes et pour les travaux incomparables qu'il leur avait dédiés, lui assigna un don de deux parts en sus de ce qu'on accordait à tout autre ministre, montrant ainsi, au sein de leur profonde misère, la richesse de leur libéralité. Mais je crains bien que ce don ne lui ait jamais été payé, car ce n'est guère que trente-trois ans après, vers l'an 1659, qu'une partie de cette somme fut acquittée, ainsi que mes lecteurs peuvent le voir à la page 573 du second volume de mon Synodicon in Gallia reformata. Ce défaut de payement doit être attribué au vice des temps et à l'insolvabilité absolue des Eglises et des synodes.

160 THE LIFE OF M. DANIRL CHAMIER.

his royal word to pay in unto them for the mahitenance of their ministry upon a composition made with the Reformed to pay their tithes to the popish priests and curates. This default, I say, of nonpayment must not be imputed unto those famous national synods, but unto the court of France and their wicked officers who cheated them of their composition moneys. However, although the son and heir of Mons"" Charnier gained little or nothing from his deceased father's Amstraiia, yet the booksellers who printed it reaped an unknown harvest by it (for tliey live by the sweat of the poor scholars brow). Never did any book sell better for the time, and doth as yet bear a very good price. When it was first published it vended exceedingly well in Germany and in France. It was bought up greedily by the RR. Bishops in the church of England, in both Universities, and by a power of learned Dignitarys and clergy at home. That great man D»' Conant, D'of the chair in Divinity at Oxford would always press the young Divines of his house and of the whole University to read and well digest oar Whitaker, D'' John Rainolds and Mons'" Charnier if they designed skill in the popish controversies, and to be able to defend the truth of the Gospel and our holy profession of it against the sophistry and impudence of the Jesuits and other champions of popery. And the very same counsel was given me 40 years ago by two of the most eminent Divines in the West, famous in the churches for their vast abilities and success in the ministry, M. G. Hughes of Plymouth and M. Caspar Hicks of Landrake in Cornwall,

Alsted, who was professor at Herborne in Germany, printed his Lectures and Disputations : De Manducatione spirituali; De Transubstantiatione; De Sacrilicio Misses, and his Tractatus deEcclesia et ejus partibus, which are added as a supplement together with his two Lectures, one of our most learned D"" Prideaux after Bishop of Worcester: De Ecclesiae visibilitate, the other of Mons^ Benedict Turretin, pastor and professor of theology at Geneva; De Ecclesiee natiu'a, unto the works of Mons^ Chamier and bound up with his fourth volume. These four volumes were contracted into one folio by the famous Monsr Spanheim who died in his professorate at Leyden. And let this be remembered, that none of the Jesuits, though their Bellarmine hath been answered over and over by our Whitaker, James, and Chamier, not one of them has took up the gauntlet against Chamier. But he stands his ground and remains unanswered to this very day, and

qui furent privés et frustrés de ces sommes considérables que le roi de France Henri IV s'était engagé à payer, sous la foi de sa parole royale^ pour l'entretien des ministres protestants^ conformément à un arrangement fait avec les réformés^, et d'après lequel ils devaient payer leurs dîmes aux prêtres et aux curés papistes. Ce défaut de payement^ dh-je, ne doit pas être imputé à ces illustres synodes nationaux, mais à la cour de France et à ses indignes officiers, qui frustrèrent les protestants des sommes qui leur étaient dues.

Cependant, quoique le fils et héritier de M. Chamier ne gagnât rien ou presque rien avec la Panstratia de son père, le libraire qui la publia en retira beaucoup d'argent. Les libraires, on le sait, vivent delà sueur du front des malheureux écrivains. Il n'y eut pas, dans son temps, de livre qui se vendît mieux, et encore aujourd'hui il se maintient à un prix élevé. Lors de son apparition, il se vendait très bien en Allemagne et en France. 11 fut acheté avec empressement par les révérends évoques de l'Eglise d'Angleterre, par les deux universités et par un grand nombre de doctes dignitaires et pasteurs de notre Eglise. Le docteur Conant, célèbre professeur de théologie à Oxford, engageait toujours les jeunes élèves de son école et de toute l'Université à Hre et à bien digérer les écrits de Whitaker, du docteur John Reynolds et de M. Chamier, s'ils voulaient devenir habiles à controverser avec les papistes et à défendre la vertu de l'Evangile et notre sainte profession de foi contre les sophismes et l'impudence des jésuites et des autres champions du papisme. Le même conseil me fut donné, il y a quarante ans, par deux des plus éminents théologiens du Nord, très connus pour leurs vastes talents et leurs succès dans le saint ministère, savoir M. G. Hughes, de Plymouth, et M. Caspar Hicks, de Landrake, en Cornouailles. M. Alsted, qui était professeur à Herborn, en Allemagne, a imprimé ses leçons et disputes : De Manducatione spirituali ; De Transubstantiatione ; De Sacrificio Missœ et ses Tractatus de Ecclcsia et ejus partibus, qui sont ajoutés comme supplément à deux leçons l'une de notre très savant évêque, le docteur Prideaux, plus tard évêque de Worcester {de Ecclesiœ visibilitate); l'autre, de M. Benedict Turretin, pasteur et professeur de théologie à Genève {de Ecclesiœ natimi). Ces écrits sont annexés à ceux de M. Chamier, et reliés dans le quatrième volume de ses œuvres. Ces quatre volumes furent réunis en un in-folio par le fameux Spanheim, qui mourut professeur à Leyde. 11 est intéressant de remarquer que, quoique leur Bellarmin

162 THE LIFE OF M. D AMEL CHAMIER.

like as David the anointed of God, he triumphed most gloriously, by over that Goliah and those Pliihstine enemies of the Reformed Israël.

Monsi" Chamier served nine years in the ministry and University at Montauban, and continued in their service till the day of his death. The manner of it was very remarkable. The papists made a great noise at it, as if it had been a most dreadful judgment from God upon him. So they exclaimed against Mons»" Zw inglius. But they might with as just reason have condemned Phineas for going to the war against the Midianites, and Abiathar the priest for bringing the Ephod with him unto David the designed heir of the crown when he bore his defensive arms against the tyrannies and persecutions of Saul. But the best of it is their words are no slanders, and could Mons>' Chamier have gotten their blessing he might have missed of God's. For \voe unto the ministers of Christ wdi€n the w hole world shall speak well of them. We do not stand nor fallby man's judgment. Monsr Chamier was found in the way of his duty, and blessed is that servant, whom when his Lord cometh, He shall find so doing. It is a most abominable untruth, and none other than untruths could be expected from such authors, that he was armed with his corslet, sword and leaders staff, and in actual rebellion against his king, and animating his fellow rebels in the battle when a cannon bullet from the Royal camp tore out bis bowels, and sent his guilty soul to expiate his treasons and rebellions in the flames of hell. But passing by these outrageous calumnies the brats and bodings of malice and fury, and as far from truth as hell is from heaven, I shall give a faithful and impartial narrative of Mons»" Chamiers' exit out of this world. And let an unbiased reader pass his censure on him and it freely.

Lewis, the IS"* of that name, king of France, instigated by the pestilent advice and counsels of his popish clergy raiseth a furious w ar against his own subjects of the Reformed religion who had served his father (as they did his son the king now reigning) with most unspotted loyalty in their most dangerous circumstances, and set the crowns uj)on their heads when their roman catholic subjects had

eût été attaqué plus d'uno fois par notre Whitaker, par James et par Ctiamier^ aucun jésuite ne prit les armes contre Chamier; en sorte qu'il attend encore aujourd'hui un adversaire et une réponse^ et, pareil à David, l'oint du Seigneur, il a triomphé très glorieusement de ce Goliath et des Philistins, ennemis de l'Israël réformé.

M. Chamier servit pendant neuf ans l'Eglise et l'Université de Montauban, et continua ses fonctions jusqu'au jour de sa mort. 11 mourut d'une façon tout à fait remarquable. Les papistes firent grand bruit de cet événement, qu'ils voulurent faire passer pour un châtiment de Dieu. Ils en disaient autant de la mort de M. Zwingli. Mais ils auraient pu tout aussi facilement condamner Phinéas, pour avoir fait la guerre aux Madianites, et le prêtre Abiathar, pour avoir apporté l'éphod à David, l'héritier désigné du pouvoir suprême, lorsqu'il dirigea ses forces offensives contre la tyrannie et les persécutions de Saiil. Mais le meilleur de l'affaire, c'est que leur langage n'est pas calomnieux, et que si M. Chamier avait obtenu leurs bénédictions, il aurait perdu celles de Dieu. Car malheur au ministre du Christ dont tout le monde parle bien ! L'homme ne s'élève ni ne tombe par le jugement de l'homme. M. Chamier demeura dans la voie du devoir; heureux le serviteur qui se trouve dans cette voie quand le Seigneur vient le visiter! C'est un mensonge abominable de ces auteurs, desquels on ne pouvait attendre que des mensonges, que de dire que M. Chamier était sous les armes, en état de réhelUon flagrante contre son roi, portant une cuirasse, une épée et un b<àton de commandant, et animant ses comphces en rébellion à combattre vigoureusement, lorsqu'un boulet de canon parti du camp royal lui emporta les entrailles et envoya son âme coupable expier sa trahison dans les flanmies de l'enfer. Mais laissant de côté ces calomnies odieuses, filles de l'envie et de la méchanceté, et aussi éloignées de la vérité que l'enfer est éloigné du ciel, je vais donner un récit fidèle et impartial de la manière dont M. Chamier quitta ce monde; puis, que le lecteur sincère le condamne s'il croit devoir le faire.

Le roi de France Louis XIII, excité par les pernicieux avis et conseils de son clergé papiste, entreprit une guerre furieuse contre ses propres sujets de la religion réformée, lesquels avaient servi son père comme ils ont servi son fils, le roi actuellement régnant, c'est-à-dire avec la loyauté la plus irréprochable dans les circonstances les plus critiques, et remirent la couronne sur leur tête, lorsque leurs sujets ca-

struck them off. It is very well known the protestants were not the first aggressors in this war^ although they had groaned under unmeasurable and insupportable grievances. The many edicts granted them for securing their liberties, property and religion were violated . in all and every one of their articles and conditions. The cautionary towns given them for a refuge against the insults and massacres of their implacable adversaries were taken from them, and their godly and faithful governors cashiered and banished. Their officers of justice, judges established in the mixed courts (which consisted of one half papists and the other protestants) are dispossessed and ejected. Their temples in which they worshipped God, and in which the holy Gospel was powerfully and sincerely preached are taken from them, and given up unto the power of the popish prelates, who either convert them into idolatrous Mass-houses, or encourage the profligate soldiers to contaminate and profane them. To these sacred places there are a thousand insolencies committed, the pulpits, seats, forms and benches are broken and together with the holy Bible torn in pieces and burnt to ashes. Other of their meeting places are razed to their foundations and quite demolished. The reformed for not doffing their hats at processions are cruelly beaten, bruised and wounded. For not hanging their houses and windows with cloth and tapestry on the festival of Corpus C/wis(i they are unreasonably fined oppressed and tormented. Their petitions for redress of their many other most sorrowful grievances are rejected, and for their humble and dutiful complaints of these horrible injuries and injustices they are menaced by the king and court with sorer and severer punishments and their deputies are charged to avoid instantly the court, and not dare to approach the Royal presence, to return from whence they came immediately without delay, and to acquaint their principals that their utter ruin and extirpation is infallibly resolved and designed. For the king will have but one religion only, and that shall be the Roman catholic, in his dominions. He had set up the Mass in Beam which by the authority of his grandmother Jane Queen of Navarre, and the States of that little principality had been abolished. He restored the exauctorated popish clergy, put them into the full possession of their tythes, glebes, manors and other lands, lordships and jurisdictions of which they had for high treason been most rightully dispossessed about three score yearsbefore. The protestant minis-

VIE DR M. DANIEL CHAMIER. 'IBS

tholiques romains la leur avaient ôtée. Il est constant que les protestants ne furent pas les agresseurs dans cette guerre, quoiqu'ils eussent souffert des torts indicibles et insupportables. Les nombreux edits qui furent publiés pour garantir leurs libertés, leur propriété et leur religion, furent violés dans tous leurs articles et dans toutes leurs clauses. Les villes qui leur avaient été assignées pour refuge en cas d'insulte et de persécution de la part de leurs implacables ennemis, leur avaient été reprises, et leurs pieux et fidèles gouverneurs avaient été cassés et bannis. Leurs officiers de justice, les juges établis dans les cours mixtes, qui se composaient moitié de papistes et moitié de protestants, furent dépossédés et destitués. Leurs temples, où ils adoraient Dieu et où ils prêchaient le saint Evangile avec force et avec sincérité, leur furent étés et livrés au pouvoir des prélats papistes, qui les changèrent en idolâtres chapelles ou encouragèrent les soldats débauchés à les profaner. Toutes sortes de profanations furent commises dans ces sanctuaires; les chaires, les tribunes, les sièges, les bancs, brisés et brûlés avec les saintes Bibles, qu'on déchirait en mille morceaux. Les autres lieux publics où les protestants se réunissaient furent rasés dans leurs fondements et entièrement démolis. Les protestants qui n'ôtaient pas leur chapeau devant les processions étaient cruellement battus, meurtris et blessés. Quand ils ne décoraient pas leurs maisons de tentures et de tapisseries à l'occasion de la fête nommée Corpus Christi, on les condamnait à des amendes énormes, on les persécutait et on les tourmentait. Les pétitions qu'ils présentaient pour obtenir le redressement de tous ces torts étaient rejetées, et quand ils faisaient d'humbles et convenables plaintes de ces horribles injures et injustices, ils étaient menacés par le roi et par la cour de punitions plus sévères, et leurs députés étaient avertis d'éviter soigneusement de paraître à la cour et de ne point approcher la personne du roi. On leur enjoignait de retourner immédiatement d'où ils venaient et d'annoncer à leurs mandants que leur ruine et extermination totale était définitivement résolue. Le roi, disait-on, ne veut avoir dans son royaume qu'une seule religion, savoir la religion catholique romaine. Il avait rétabli en Béarn la cérémonie de la messe, qui avait été abolie par ordre de sa grand'mère Jeanne, reine de Navarre, et des Etats de cette petite principauté. Il y avait rappelé le clergé romain, qui en avait été expulsé; il l'avait remis en pleine possession de ses dimes, de ses glèbes, de ses manoirs et autres terres, seigneuries et juridictions dont

ters are all of them deprived of their temples and maintenance, their flocks are driven by the dragoon apostles unto Mass and forced against their consciences to abjure and renounce the profession of our holy religion. The Jesuits, a cabal (saith several of my learned authors) of scélérates and sodomites, are established in the province without any restriction or limitation of time or number, many most horrible massacres are committed upon the innocent protestants, no concessions, no treaties of the king or court are performed, what the papists cannot do by force they do by fraud , eluding and vacating all federal transactions with them at their pleasure, violating and disannulling the wills of the deceased, robbing the protestant ministers of all testamentary gifts oblates and legacies, taking away their very children from them by notorious violence and educating tbem.against then' parents professed will and consent (to the breaking of their hearts with grief and sorrow) in the romish idolatrous religion. These and innumerable other insupportable burdens and grievances (especially when they see their brethren and neighbours invaded and assaulted by armies of bloody ruffians and murderers) for which they could have no redress, make them stand upon their guard, and according to the principles and dictates of the law of nature to take up arms in their own just and necessary defence against these barbarous aggressors. And what could they do less foi- their wives and children, estates and consciences, rehgion and immortal souls, for their fellow citizens and fellow Christians, than to endeavour by all lawful 'means to preserve them. Their king had broken his most solemn oaths and fundamental contract which gave him a rightful government and authority over them, with them. There was no confidence to be reposed in his oaths and promises. Hereupon being invaded and assaulted (after all tentatives for peace used had been inefieetual and unsuccessful on their parts) they could do no less than preserve themselves as well as they could from that destruction which was denounced against them and was just ready to be executed upon them. Princes were made for the people, not the people for their princes, God had not created the people as beasts and fishes and creeping worms of the earth, the less to be devoured by the greater, the weaker by the stronger. No, they were men, reasonable creatures, not to be governed by their Ruler's lusts, but by the equitable laws of llie kingdom. This was the true case and state of the french pro-

il avait été très justement dépossédé environ soixante ans auparavant, pour cause de haute trahison. Les ministres protestants furent tous privés de leurs temples et de leurs moyens de suhsistance; leurs troupeaux étaient menés à la messe par les dragons et forcés à abjurer contre leur conscience la profession de notre très sainte religion. La secte des jésuites, qui, suivant maiut auteur très docte, est une secte de scélérats et de sodomites, fut alors établie dans les provinces sans aucune restriction ni délimitation de temps ni de nombre; les innocents protestants sont horriblement massacrés; on n'exécute aucune des concessions, aucun des traités garantis par le roi ou par la cour; ce que les papistes ne peuvent faire par la force, ils le fout par la fraude; ils éludent et anéantissent toutes les transactions fédérales à leur gré; ils violent et annulent les testaments des décédés, frustrant les ministres protestants de tous les dons et legs qui leur sont laissés par testament; leur enlevant même leurs enfants par violence notoire, lem* donnant une éducation contraire à la volonté et au désir de leurs parents, c'est-à-dire leur inculquant (au grand déchirement de leurs cœurs) les principes de la religion idolâtre des cathohques romains. Ces griefs et d'autres innombrables et aussi insupportables que ceux-là, dont ds savent qu'ils ne peuvent obtenir réparation, les mettent sur leurs gardes; et, voyant leurs frères et leurs voisins envahis et attaqués par des armées de brigands et de meurtriers sanguinaires, ils obéissent à la loi et aux principes de la nature, en prenant les armes pour leur juste et nécessaire défense contre ces barbares agresseurs. Que peuvent-ils faire de moins pour leurs femmes et leurs enfants, pour leurs propriétés, leur conscience, leur religion, pourleursàmes immortelles, pour leurs concitoyens et leurs coreligionnaires chrétiens, que de tâcher de les sauver par tous les moyens légaux? Leur roi avait violé les serments solennels et le contrat fondamental qui lui donnaient nn gouvernement et une autorité légitime sur ses sujets protestants. On ne pouvait établir aucune conliance en ses serments ni en ses promesses. En conséquence, après avoir épuisé sans résultat toutes combinaisons pacifiques, les protestants envahis et attaqués de toutes parts, étaient contraints de se garantir de leur mieux contre la destruction dont ils étaient menacés et qu'on s'apprêtait à commencer. Ce ne sont pas les peuples qui ont été faits pour les princes, mais bien les princes qui ont été faits pour les peuples. Dieu n'a pas créé les peuples semblables aux quadrupèdes, aux poissons ou aux insectes^ dont les petits sont dévorés par

testants when Rochelle and the city of Montauban and other towns of the protestants in that miserable kingdom were invested and beleagured witli royal armies.

Mens*" Charnier was at this time a minister in that city, and had been so for about eight or nine years. They had unanimously chosen him, given him a call to be their pastor. And should he not be careful of his flock? Must not a steward be faithful to that trust reposed in him? Should he have abandoned them in the time of distress and danger, what a hue and outcry had the, papists made against him ! 0, the false shepherd ! 0, the hireling ! See how he feeds himself and fleeceth the flock ! This idle shepherd fleeth, he fleeth when the wolf cometh! He betrays the souls of his church ! 'Ihe good shepherd, he even layeth down his life for his flock. He feareth no colours, no dangers, he can sacrifice liimself, his liberty, his liveliliood, his estate, and life and all for the good of his sheep. But 0 ye, Roman catholics, is this the character of a true Evangelical pastor? Then I beseech you to suspend your uncharitable, unchristian censures of Mons'" Charnier. Do not blame him, nor exclaim against him nor murder his good name now he is dead for tarrying with his flock , for visiting comforting and praying with them in the siege of Montauban. According to the canons of the Gospel which you yourselves own and profess to believe, he did but Ixis duty. Tlien do not condemn him for it. He was not found armed in the day of battle, and his weapons were none other than those in common with all Christians, prayers and tears. He had no consecrated sword nor dagger as pope Juhus the second, and St. Peter himself wore; and if they might lawfully wear them, why might not he? But he died unarmed. Take the circumstances of his death from an eyewitness who was at that time upon the spot, and had been in Montauban during the whole siege and writ the history of it, and dedicated it to that most illustrious hero, the Duke of Rohan. I shall take the pains to translate and transcribe his very words. — « The war was begun in Languedoc against the protestants, the duke of Montmorency had assaulted and took the towns of Yals, Valon and Villeneuve of Berc from them. The consuls of Montauban took the alarm. Their neighbours' houses were in flames ; it

les gros et les faibles par les forts. Les peuples sont des hommes, des créatures raisonnables, qui ne doivent pas être gouvernées selon les caprices de leurs maîtres, mais d'après les lois équitables du royaume. Telle était la position des protestants français, lorsque La Rochelle, la ville de Montauban et d'autres cités protestantes de ce malheureux royaume furent investies et assiégées par les armées royales.

M. Chamier était en ce temps-là à Montauban, où il exerçait le sacré ministère depuis huit ou neuf ans. On l'avait choisi à l'unanimité pour être pasteur de l'Eglise. Pouvait-il ne pas prendre soin dç son troupeau? Un intendant ne doit-il pas garder fidèlement le bien qui lui est confié? S'il avait abandonné ses paroissiens en ce temps de détresse et de danger, de quelles huées les papistes ne l'eussent-ils pas poursuivi! Oh! le mauvais berger! Oh! le mercenaire! Voyez comme il se nourrit et comme il tond son troupeau. Ce pasteur inutile prend la fuite quand le loup se montre! Il trahit les âmes de son Eglise. Mais le bon berger sacrifie sa vie pour le salut de ses brebis; il ne craint ni les menaces ni les dangers; il s'immole volontiers avec sa liberté, son avoir et sa vie, pour le salut de son troupeau. Mais, ô catholiques romains ! si c'est bien là le devoir d'un véritable pasteur évangélique, veuillez donc, de grâce, suspendre la condamnation peu charitable et peu chrétienne que vous faites peser sur M. Chamier. Ne le blâmez pas; ne vous récriez pas contre lui; ne souillez pas sa bonne réputation, puisqu'il est mort pour n'avoir pas abandonné ses brebis, pour les avoir visitées, consolées, et pour avoir prié avec elles pendant tout le siège de Montauban. Selon les canons de l'Evangile que vous-mêmes vous reconnaissez et professez de croire, il n'a fait en cela que son devoir. Ne le condamnez donc point pour cela. Il ne fut pas trouvé armé dans le jour du combat, et les armes qu'il portait n'étaient autres que celles qu'il avait en commun avec tous les chrétiens : des prières et des larmes. Il n'avait point d'épée ni de poignard consacré, comme en portèrent le pape Jules II et saint Pierre lui-même; toutefois, si ce pape et ce saint pouvaient ceindre l'épéc, pourquoi M. Chamier n'aurait-il pu en avoir une? Mais il mourut sans armes. Ecoulez les circonstances de sa mort de la bouche d'un témoin oculaire, qui était en ce temps-là sur les lieux et qui resta à Montauban pendant toute la durée du siège, dont il écrivit l'histoire, qu'il dédia à cet illustre héros, M. le duc de Rohan. Je vais' transcrire ici ses propres paroles :

was high time for tliem to look to themselves for they also lay under the same interdict, and were devoted unto the same destruction. Wherefore in the year 1621 they borrow of the duke of Sully (who had been Lord High Treasurer of the kingdom in the reign of Harry the 4"' ) a considerable sum of money that they might the more diligently speed the fortifications of their city, and they took his Grace's counsel how to demean themselves on all occurrences. This most noble Lord gave them the best, had they been capable of improving it. Fortify, said he, those towns which are most tenable and necessary for communication of passages. Garrison them well, keep on foot a flying army, of two or three thousand men in this province. Adventure the third of your estates freely for their subsistence for three months that you may preserve the country from ravage and plunder. Have a council composed but of few persons, and let them be good heads and oblige all the communities to obey their orders. The assembly at Rochelle takes upon it too great a burden. It cannot remedy all the necessities of the provinces. For before it shall have sent its resolutions and expedients abroad unto them, the state of affairs will be quite altered, and the remedies will be disproportionate. All things will be in confusion. The best course is, that two or three towns be united together according to their conveniency and proximity, let these give orders to each other, providing for their mutual wants and necessities. By this means you will cast a panic and terror into the whole kingdom, your enemies will be at a loss where to find you, and whom of you first to assault, and you will see the peace sooner concluded than the war began. The difficulties and grandeur of the affair will quite dispirit the undertakers. But this excellent counsel was looked upon by the overwise men among the Reformed as impossible and iinpracticable, and therefore died with its author. April the 2i"' the king issued forth a proclamation in which he declared all those guilty of high treason who adhered to the resolutions of the general assembly at Rochelle, and took all them into his protection who departed from it. Yet, nevertheless the assembly is not discouraged, but proceeded to divide the provinces, and to appoint the generals who were to command them. A gentleman whose name was Mittois had letters of credence given him from the assembly to carry their orders unto the several provinces. On the last day of April 1G21 he came to Montauban, communicateth the

« La guerre commença en Languedoc contre les protestants. Le duc de Montmorency avait attaqué les villes de Vais, Valon et Villeneuve-de-Berg, et s'en était emparé. Les consuls de Montauban prirent l'alarme; les maisons de leurs voisins étaient en feu; il était temps qu'ils songeassent à eux-inèmes, car eux aussi étaient placés sous le même interdit et voués à la même destruction. C'est pourquoi en l'année 1621^ ils empruntèrent du duc de Sully, qui avait été grand trésorier du royaume sous le règne de Henri IV, une somme considérable d'argent, afin de pouvoir fortifier leur ville avec la plus grande diligence, et ils prirent conseil de sa seigneurie pour la conduite qu'ils devaient tenir en toute circonstance. Ce très noble seigneur leur donna le conseil le plus sage, s'ils eussent été capables de l'exécuter. « Fortifiez, leur dit-il, les villes les plus tenables et les plus nécessaires pour la communication des passages; garnissez-les bien; mettez sur pied une armée légère de deux ou trois mille hommes dans cette province ; sacrifiez le tiers de vos biens pour l'entretien de cette armée pendant trois mois, afin de préserver le pays de la dévastation et du pillage. Ayez un conseil composé de quelques personnes seulement, mais que ce soient de bonnes têtes; obligez toutes les communes à obéir à ses ordres. L'assemblée de La Rochelle a pris sur elle une trop lourde tâche. Elle ne peut pourvoir à tous les besoins des provinces; car, avant qu'elle leur ait adressé ses résolutions et ses expédients; l'état des choses sera entièrement changé et les remèdes ne seront pas en rapport avec le mal. Tout sera dans la confusion. Le meilleur parti à prendre est que deux ou trois villes s'unissent d'après leur convenance et leur proximité; qu'elles s'entendent entre elles sur les moyens de faire face à leurs besoins respectifs. De cette manière, vous répandrez la panique, la crainte et la terreur dans le royaume entier; vos ennemis seront embarrassés de vous trouver; il ne saura lequel d'entre vous attaquer le premier, et vous verrez la paix conclue avant même que la guerre ne soit commencée. Les difficultés et la grandeur de l'entreprise décourageront tout à fait vos ennemis. « Mais cet excellent conseil fut regardé comme impraticable et impossible à suivre par les prétendus sages d'entre les réformés, et conséquemment il périt avec son auteur.

Le 24 d'avril, le roi lança une proclamation dans laquelle il déclarait coupables de haute trahison tous ceux qui adhéreraient aux résolutions de rassemblée générale de la Rochelle, et prenait sous sa pro-

172 THE LIFE OF M. PAMEL CHAMlER.

abstract of his commission, and immediately alter the sermon was ended, he told all the people that our enemies by extreme force did necessitate us to defend our Religion and liberties by the sword, and to invite foreign princes unto our assistance, that they had resolved at Rochelle that there should be a general collection made for defraying the charges of the war, and that in all places it must be done efTectually. The whole congregation hearing this are unanimous, they will stand upon their own defence. Whereupon every one puts to his hand to fortify the city; no sex, nor persons are exempted from serving in it, and whilst they are busied in their employment the duke of Mayenne investeth them with a royal army. That evening before he came near Montauban, a billet written in cyphers was sent unto the consuls. It spoke this language. — «You shall suddenly be besieged, but do not capitulate, \yiiatever articles or promises they shall make you, not one of them will be performed. In making a stout defence you will find your preservation and a general peace. » This short rhetoric was prevalent enough to persuade a people to stand their ground resolutely who had but too much cause to distrust their ad versa ries.

The duke of Sully came into the town and gave them instructions how to fortity with half moons, trenches and bulwarks. The duke de la Force with his three sons, brave and gallant noblemen came in also in their defence. But unless the Lord do guard the city, the Dukes, Lords, soldiers and watchmen do all watch in vain. Unless He do teach their hands to war and their fingers to fight all their force will be nothing else but weakness and vanity. There happened to be at that time twelve ministers in Montauban, two of which were in office in tlie church and University, viz Gardesi and Chamier. Josion, Beraud and Bichetau, Richaux, Cazaux and Moynier, Barbat, Belon, Cayla and Perelle were refugees in it who as the pious sons of Rechab had fled unto this Jerusalem for sanctuary when the king of ■Babylon's army wasted and depopulated the whole country. These

VIE DE M. DANIEL CliAMlER, 173

tection tous ceux qui s'en départiraient. Cependant l'assemblée ne l'ut point découragée; elle continua de partager les provinces et de nommer les généraux qui devaient les gouverner. Un personnage, dont le nom était Mittois, reçut de rassemblée des lettres de créance pour porter ses ordres dans les diverses provinces. Le dernier jour d'avril 1621, il vint à Montauban; il communiqua ses lettres de créance, et, dès que le sermon fut terminé, il dit à tout le peuple que nos ennemis nous forçaient par la violence à défendre notre religion et nos libertés les armes à la main et à appeler les princes étrangers à notre secours; que l'assemblée de La Rochelle avait décidé que l'on ferait une collecte générale pour payer les frais de la guerre, et que cette collecte aurait lieu partout. L'assemblée entière entendant ce langage déclara unanimement qu'elle prendrait des mesures défensives. Là-dessus chacun met la main à fortifier sa ville; ni le sexe ni l'âge ne sont exemptés de travailler aux fortifications, et, tandis que tous s'emploient à cette occupation, le duc de Mayenne investit Montauban avec l'armée royale.

La veille de ce jour, un billet écrit en chifTies avait été envoyé aux consuls. En voici le contenu : « Vous allez être assiégés subitement, mais ne capitulez pas; aucune des promesses qu'on vous fera ne sera exécutée. En faisant une vigoureuse résistance, vous garantirez votre vie et vous assurerez la paix générale. » Ce peu de mots eurent assez d'autorité pour décider la population de Montauban, qui n'avait que trop de raison de se méfier de ses ennemis, à tenir bon jusqu'à la dernière extrémité.

Le duc de Sully entra dans la ville et donna des instructions pour la faire fortifier avec des demi-lunes, des tranchées et des boulevards. Le duc de La Force, avec ses trois fils, gentilshommes braves et vaillants, vint aussi défendre Montauban. Mais si l'Eternel ne garde la ville, les ducs, seigneurs, soldats et sentinelles la gardent en vain. S'il n'instruit leurs mains à combattre et leurs doigts à tenir l'épée, toute leur force n'est rien que faiblesse et vanité. 11 y avait en ce temps-là douze ministres à Montauban, deux desquels étaient employés à l'Eglise et à l'Université; l'un était Gardesi, l'autre Charnier. Il y avait aussi un grand nombre de réfugiés, entre autres Josion,Béraud, Bicheteau, Richaud, Cazaux, Moynier, Barbât, Belon, Cayla et Perelle, qui, comme les pieux enfants de liechah, avaient cherché un asile dans cette Jérusalem, depuis que l'ar-

i74 THE LIFE OF M. DAMEL CHAMIER.

w ere the chariots and horsemen, the garnison and hfe-guard of Montauban. These resolve to besiege heaven with their importunate prayers for her dehverance. These hft up then- hands as Moses did unto the throne of grace^ that his people Israel may not be destroyed by the enraged blaspheming Amalek. And God heard their prayers and was entreated for poor Montauban, and wrought out, at last, a very great salvation for her.

None of the neighbouring gentry and nobility inhabiting the provinces of Rouergue and Quercy (excepting the sieurs de Renies and Savinac, the barons of La Guepie and Islemade and the two Montcauds) do come in or offer their assistance to her. Tliese ignoble souls like neutral Meroz of old, and a number of other great Lords who though they professed our holy religion did yet notwithstanding stand still with their arms across beholding at a distance the miseries of Montauban, and afforded her no rehef. Undoubtedly it will be laid at their doors in the day of judgment. « Curse ye Meroz, yea curse ye Meroz bitterly, saith the Lord, because she come not in to the help of the Lord against the mighty. » Rut others of them were more cruelly wicked, for they took up arms and joined with the royal army to butcher their poor brethren. The Lord, the righteous Judge will certainly require it at their hands, and they shall answer for all that innocent blood of the saints which was shed so despitefuUy in that siege.

It was the 12th day of August when the French king came in person against Montauban, and by the good success he hath hitherto had in all places and in his first skirmishes and that terror he had cast among the citizens, his council flatter him that in a fortnight's time it will be surrendered, and they will be glad if they can get but this one only article, to have their lives saved. Rut these men are not of God's privy council, nor is his secret with them. They are out in their reckonings. Montauban will be a bloody shambles to them, and God hath sent them hither as bullocks fatted to the slaughter. God's sword of justice shall devour their flesh and be drunk with their blood as in the beginning of revenges. For the fields of Montauban proved an Akeldama, a (iolgotha, a Kebroth Hattaava, a place of graves unto this royal army. No less than twenty thousand of these barbarous as-

mée du roi de Babylone ravai^eait et dépeuplait tout le pays. Tels étaient les chars et les cavaliers;, la garnison et la garde du corps [?] de Montauban ; tels étaient ceux qui avaient résolu d'assaillir le ciel de prières empressées pour leur délivrance. Ils levèrent leurs mains comme Moïse leva les siennes vers le trône de la grâce, afin que le peuple d'Israël ne fût pas détruit par ce blasphémateur enragé Amalec. Et Dieu entendit leurs prières; Dieu fut imploré en faveur de Montauban et opéra enfin le salut de cette ville.

A. l'exception des sieurs de Renel et Savignac, des barons de la Guêpie et d'Islemade et des deux Moncaud, aucun des nobles gentilshommes qui habitaient les provinces voisines du Rouergue et du Quercy, ne vint' ofTrir ses services à la ville assiégée. Comme autrefois Méroz, ces âmes lâches et un certain nombre de seigneurs, bien que professant notre sainte religion, restèrent les bras croisés à regarder de loin les malheurs de Montauban, sans lui apporter aucun secours. Bien certainement , cela leur sera imputé au jour du jugement. « Maudissez Méroz, a dit l'ange de l'Eternel; maudissez, maudissez ses habitants, car ils ne sont point venus au secours de l'Eternel contre les forts. » Mais il y en eut qui furent encore plus cruellement perfides : ce sont ceux qui prirent les armes et se joignirent à l'armée royale pour massacrer leurs malheureux frères. Le Seigneur, le juste Juge, leur en demandera certainement compte, et ils auront à répondre de tout le sang innocent des saints qui a été répandu si misérablement dans ce siège.

Ce fut le douzième jour du mois d'août que le roi de France vint, en personne, contre Montauban. Les succès qu'il avait remportés devant les autres places et dans les premières escarmouches, joints à la terreur qu'il avait jetée parmi les citoyens, faisaient que son conseil le flattait de l'espérance que la ville se rendrait au bout d'une quinzaine de jours, et que les habitants seraient trop heureux d'obtenir la vie sauve pour toute clause de reddition. Mais ces conseillers-là n'étaient pas du conseil de Dieu, et les secrets de Dieu n'étaient pas avec eux. Ils seront trompés dans leur attente. Montauban sera leur sanglant échafaud, et Dieu les a envoyés comme des veaux engraissés qu'on mène à la boucherie. L'épée de la justice divine dévorera leur chair et s'abreuvera de leur sang comme au commencement des vengeances. Les campagnes de Montauban furent un Akel-

176 THE LIFE OF M. PANIEL CHAMIER.

sailants being cut off by the just vengeance of Go(l, did rot there as duns at Endor.

In that siege, as in all other places of importance, there were some spies and traitors who were employed by tlie king and constable of France to give niteUigence to tliem. Pardon me this short digression, kind Reader, that I am now making. The constable of France at that time was the duke of Luynes of such an obscure birtli that he could not so much as write himself a gentleman. And his estate was according to his family so very mean and beggarly that when he and his brethren came first to Paris they had but one cloak betwixt them. So that when the one walked abroad, the other two must keep within doors at home. Yet God raised up this despicable fellow out of the dust and made him a companion of princes. He was the king's Falconer who delighting in that sport Luynes fed his humour by furnishing him with a little piegrièche, a bird no bigger than a sparrow, but of so bold a spirit that he would fly at such birds as were muchgreater and stronger than himself, and kill them. This piegrièche was the darling of the king who was never without one of them upon his finger with its hood and marvells. By this means the Falconer soared above all the highest mountains, the greatest princes in the kingdom in title, honour, power and offices. He became the king's favourite, who gave him the sword of France constituting him High constable of the kingdom . This upstart mushroom, new great man was the most bitter enemy of the Reformed, and had sworn the ruin of Montauban; and he attempts it by fraud and force. One of the spies employed to betray the town was called Sauvage, the wicked degenerate son of a good father. His father did excellent service to the protestants in the siege of Rochelle. The son as bad unto them at Montauban. He kept constant correspondence with the constable duke of Luynes, and furnished him with his best intelligence. Insomuch that had not some protestants in the king's camp and court who had got the wmd of his transactions, and informed some of their friends in Montauban to beware of him, they had been utterly undone. At last the traitor is found out, and his treacheries discovered by three letters which were taken about him. The news of this perfidious villain put the whole town into an uproar. The ferment was exceeding great among the citizens and soldiers in

dama, un Golgotha, un Kebroth-Hatlaava, un lieu de sépulture pour l'année royale. Il n'y eut pas moins de vingt mille de ces cruels agresseurs qui, retranchés par la juste vengeance de Dieu, pourrirent sous les murs de Montauban, comme le fumier d'Endor.

Il y avait à Montauban, comme dans toutes les places importantes, des espions et des traîtres dont le roi et le connétable de France se servaient pour être au courant des nouvelles. Pardonnez-moi, ami lecteur, la courte digression que je vais faire. C'était le duc de Luynes qui était connétable de France en ce temps-là; il était de naissance si obscure qu'il ne pouvait même pas se dire gentilhomme. Ses domaines répondaient à la bassesse de son origine ; ils étaient si misérables que, la première fois qu'il vint à Paris avec ses frères, ils n'avaient qu'un manteau pour eux trois, de sorte que lorsque l'un d'eux sortait, les deux autres devaient rester à la maison. Cependant Dieu tira ce chétif individu de la poussière et en fit le compagnon des princes. Il devint fauconnier du roi qui aimait beaucoup la fauconnerie. Luynes fit grand plaisir à son maître en lui offrant une petite pie-grièche qui n'était pas plus grosse qu'un moineau , mais si hardie qu'elle attaquait des oiseaux beaucoup plus gros et plus forts qu'elle et parvenait à les tuer. Cette pie-grièche faisait les déhces du roi, qui ne sortait jamais sans avoir sur le doigt un de ces oiseaux avec son capuchon. De cette façon, le fauconnier surpassa bientôt les plus grands seigneurs du royaume par ses titres, ses honneurs, sa puissance et ses emplois. Il devint le favori du roi qui lui remit l'épée de France et le nomma grand connétable du royaume. Cet indigne parvenu, ce grand personnage de nouvelle fabrique fut le plus âpre ennemi des réformés; il avait juré la ruine de Montauban, et il chercha à l'accomplir par la fraude et par la force. Un des espions qu'il avait dans la ville s'appelait Sauvage; c'était le fils méchant et dégénéré d'un bon père; son père avait rendu de grands services aux protestants pendant le siège de La Rochelle : le fils leur fit le plus grand mal à Montauban. Il entretenait une correspondance secrète avec le connétable duc de Luynes et lui fournissait les meilleurs renseignements. Si quelques protestants du camp et delà cour du roi n'avaient pas eu connaissance de ses actes et n'avaient averti leurs frères de Montauban de se méfier de Sauvage, ils eussent été irrévocablement perdus. Enfin, le traître fut surpris, ses trahisons se découvrirent par trois lettres qui furent trouvées sur lui. La nouvelle

garnison who all cry out « we are bought and sold by a pack of traitors in our bowels.» Sauvage and his valet are seized and imprisoned. The servant accuseth his master^ both are confronted. Some confessions are made by them. Their crimes notorious; pernicious and capital. However whether it were their friends and complices among the council of war^ or for some other prudential accounts^ there were those even of his judges who were for delaying his execution till the duke of Rohan their governor and general should come to Montauban. This had almost enraged the people and soldiers who were ready to drop patience and break out into an universal sedition. Monsf Charnier therefore is employed, because of his great popularity and wisdom and for that singular veneration the whole city and garrison had for him to calm and pacify tiiese tuniultuating spirits, which he did most effectually, but withal told the chief officers of their military forces and others in authority at Montauban : That to put off the execution of such criminals was exceeding dangerous for a besieged city. Because as long as they should live the enemy would promise himself that it would yield up upon mean and ignominious articles at last. And by such tame faint-heartedness we should encourage him to set on work new instruments who would act with greater boldness and effrontery towards our ruin by reason of this impunity. And therefore it was altogether necessary to cut off by an exemplary punishment their hopes who designed such perfidious practices to destroy us. For the hangmg up of some would make others afraid of the gallows, would appease the people who wxre already too much disposed unto mutiny and make the soldier not to vent his choler upon his superiors civil and military, but upon the enemy that besieged and assaulted us. This wholesome counsel was kindly received and immediately put in execution. The provost with his officers in the seneschalsy do proceed to judgment and Sauvage with his valet are condemned to be hanged and strangled : but first of all to be put upon the rack to discover their complices. And that over his gibbet should be set up in a label this inscription : « A traitor to God, the king, the churches and this city. » At the place of execution he desired a psalm might be sung wliich was denied him because of the roaring thunder of the enemies' cannon, and for that it was indispensably needful every one should retire unto his own post and quarter to defend it. When he saw that he must needs die he prepared himself for it in good ear-

de cette infamie mit toute la ville en confusion. Une extrême fermentation éclata parmi les citoyens et les soldats de la garnison qui tous s'écrièrent : « Nous sommes vendus par une poignée de traîtres qui sont dans notre sein. » Sauvage et son valet furent arrêtés et emprisonnés. Le valet accusait le maître : on les confronte. Ils font quelques aveux. Leurs crimes sont notoires, pernicieux et capitaux. Cependant^, soit qu'ils eussent des amis et des complices dans le conseil de guerre, soit par quelque raison de prudence, il y eut des juges qui voulurent surseoir à l'exécution jusqu'à l'arrivée du duc de Rohan, gouverneur et général de Montauban. Ces temporisations exaspéraient le peuple et les soldats qui perdaient patience et menaçaient d'une sédition universelle. M. Chamier fut chargé, à cause de sa grande popularité, de sa sagesse et de la singulière vénération que toute la ville et la garnison avaient pour lui, de calmer et de pacifier ces esprits tumultueux, ce qu'il fît avec le plus grand succès; cependant il déclara aux principaux officiers des forces militaires et aux autres autorités de Montauban, qu'il était extrêmement dangereux de différer l'exécution d'un traître dans une ville assiégée; car aussi longtemps que les traîtres vivraient, l'ennemi ne cesserait d'espérer que la ville finirait par se rendre à des conditions honteuses et déshonorantes. « Par cette longanimité inopportune, disait M. C[iamier, nous encourageons l'ennemi à employer de nouveaux instruments qui travailleront à notre ruine avec plus de hardiesse et d'effronterie par suite de cette impunité; c'est pourquoi il est absolument nécessaire de renverser, par un châtiment exemplaire, les espérances de ceux "qui trament des pratiques perfides pour nous détruire. Si nous en pendons quelques-uns les autres auront peur, et le peuple, qui n'est que trop disposé à la révolte, se calmera; le soldat n'exhalera plus sa colère contre ses supérieurs civils et mihtaires, mais il la déchargera sur l'ennemi qui nous assiège et nous presse. » Ce conseil salutaire fut accueilU avec faveur et immédiatement mis à exécution. Le prévôt, aidé de ses officiers de la sénéchaussée, procède au Jugement. Sauvage et son valet sont condamnés à être pendus et étranglés; mais, auparavant, on les mettra à la torture pour leur faire révéler les noms de leurs complices. Il est décidé en outre qu'on placera sur le gibet une inscription ainsi conçue : « Traître à Dieu, au roi, aux églises et à la ville. » Arrivé au heu du supplice. Sauvage demanda qu'on chantât un psaume : cela lui fut refusé à

nest^ and prayed with much devotion and affection, dying penitently, and took his death patiently. It was mere avarice and ambition that put this wretch upon this desperate design. He was promised six thousand crowns for his good service, but his chiefest recompense was an ignominious halter. Even so. Lord, let all thine and thy people's enemies perish !

About the li"' of September there was a proposition set on foot (which came from the royal camp) for a treaty. Mons^ Chamier and one Dadey [an officer of quality in the city (who after did abandon it most unworthily upon base and private accounts) are nominated by the council of war to negociate it. The passport expedited in due form of law is sent unto Montauban. But these persons appointed are not approved by to people. The council is again assembled, and after mature deliberation they revoke their former order. Dadey cannot be a commissioner, because his place and office in the city required his continual presence and attendance on it. And it were a madness to commissionate Mons»" Chamier unless they had a mind to be rid of the best head and the most honest heart in the city, and to make him who had so well deserved of the city and all the churches of France, to become a public sacrifice. For they could not have pitched upon a man who was more execrated by the court than Mons^ Chamier. For the court would no more value the king's sealed passport and safeconduct granted unto him than the council of Constance did those of the emperor Sigismund granted unto John Huss and Hierorae of Prague whom, notwithstanding, they burnt alive. Mons' Chamier could expect none other quarter nor kindness from them if he once came under their power than to sufler Avhatever cruelties or torments the wit of his adversaries could invent, or their malice, fury and vengeance could inflict, and execute. No faith shall be kept with such an heretic. These arguments being in the mouths of his most loving people, the council for their own security do appoint another in his stead. Dadey is enraged to be thus laid by and no entreaties can appease him. But that very night through the connivance of the count of d'Orval (a principal commander of the city) he gets out and never returns more into it. What mischief he did afterwards is none of my

cause du bruit que faisait l'artillerie ennemie, et parce qu'il était nécessaire que chacun se retirât à son poste et à son quartier pour le défendre. Quand il vit qu'il fallait mourir, il se prépara sérieusement à la mort et pria avec beaucoup de dévotion et d'affection. Il mourut repentant et subit son supplice avec patience. C'était l'avarice et l'ambition qui l'avaient entraîné à son malheureux dessein. On lui avait promis six mille ecus de récompense, et, à la place de cet argent, il eut la corde infâme. Puissent ainsi. Seigneur, .périr tous tes ennemis et tous ceux de ton peuple !

Vers le 14 de septembre, on reçut du camp royal des propositions d'arrangement. M. Chamier et un certain Dadé, officier de qualité dans la ville, qui plus tard l'abandonna indignement pour des raisons d'intérêt privé, furent choisis par le conseil de guerre pour négocier la paix. On envoie à Montauban le passe-port expédié en bonne et due forme ; mais le peuple n'approuve pas le choix de ces deux personnages. Le conseil s'assemble de nouveau, et, après mûre délibération, il révoque son ordre ; il décide que Dadé ne peut être commissaire, parce que sa place et son emploi dans la ville réclament constamment sa présence. Quant à M. Chamier, c'était une folie de lui donner cette mission; car, en l'éloignant de la ville, on se privait de la meilleure tête et du cœur le plus honnête de toute la cité ; c'était sacrifier imprudemment un homme qui avait tant mérité de cette ville et de toutes les Eglises de France. D'ailleurs, ils n'auraient pu mettre la main sur un homme qui fût plus abhorré de la cour de France. Il était certain que la cour ne ferait pas plus de cas du passeport et du sauf-conduit scellés du sceau royal, que le concile de Constance n'avait fait cas de ceux que l'empereur Sigismond avait accordés à Jean Huss et à Jérôme de Prague, qui furent brûlés vifs malgré cette auguste protection. Si M. Chamier tombait une fois au pouvoir de ses ennemis, il devait s'attendre à souffrir toutes les cruautés et tous les tourments que l'esprit ou la malice de ses ennemis saurait inventer, que la rage et la vengeance pourraient infliger et mettre en œuvre. On ne devait point tenir parole à un pareil hérétique. Le peuple faisant ces raisonnements, le conseil nomma un autre personnage à la place de M. Charnier, dans l'intérêt de la cause commune. Dadé était furieux d'être mis de côté; aucune prière ne put l'apaiser, et la nuit même, grâce à la connivence du comte d'Orval, un des principaux commandants de la place, il sortit de la ville et n'y rentra jamais plus. Il n'en-

business to enquire into. The treaty for peace fell to the ground and came to nothing.

About a month after God was pleased to send chariots of fire and horses for Mons'" Charnier, as he did for Elijah to carry him home to glory. The manner of his translation was thus.

On the 16 of October 1621 the royal army made a general assault against Montauban intending to take it by storm. The slaughter was exceeding great on the king's side. For the defendants fought for their lives. The assailants for revenge and victory. All night the cannon roared most dreadfully. There were about 900 shot made against two bastions, that of Paillas and of Moustier. The breaches made by them were so wide that four horsemen might ride in a breast through them. But the next morning, being the Lord's day, the thunder raged much more furiously and was double to what had been the night before. This obliged the poor citizens to double their devotions in the temple, and the soldiers their military prudence and courage in the places of assault. Several hundreds of the royalists both common soldiers and officers never were so rudely disciplined before as now by the Huguenots who made these zealous catholics undergo the severest penance for their religious attacking of them. Blood, wounds, broken limbs, dislocated bones, and death in its most grim and ghastly appearances were those kind presents they tendered them for beating up their quarters so early. The ditches and counter scarps were all filled with multitudes of dead bodies. No consecrated medals, no blessed Agnus Dei, no holy chaplets, nor crucifixes, nor amulets could preserve these daring assailants from the mortal blows of the defendants. When their captains pressed on their companies to the assault and encouraged them by their example crying : « Come, follow us ! The poor soldiers were overheard to answer. » Where the devil will you lead us. What else can we meet witli in these entrenchments but present death? » And indeed they met with it as soon as tiie words were out of their mouths. For they were killed in the very spot, and lie stretched out stark dead as they were banning and damning their evil fortune. Great was the loss and carnage of the royal army this day and yet very inconsiderable as to number was that of the protestants. When the retreat was sounded by the king's command (for he was there in person to give Ufe and vigour unto the

tre pas dans mon plan de raconter les mauvaises actions qu'il commit ensuite. Le traité de paix fut donc abandonné et n'aboutit à rien.

Environ un mois après, il plut à Dieu d'envoyer des chars et des coursiers de feu pour amener M. Charnier à la gloire, comme il avait fait autrefois pour Elie. Voici de quelle manière arriva cet événement.

Le 16 du mois d'octobre 1621, l'armée royale dirigea une attaque générale contre Montauban , dans le but de prendre cette ville d'assaut. La perte fut très considérable du côté du roi. Les assiégés combattaient pour défendre leur vie. Les assiégeants combattaient pour la vengeance et la victoire. Toute la nuit, le canon mugit horriblement. On tira environ 900 boulets contre les bastionii de Paillas et du Moustier. Les brèches qu'ils firent étaient si larges, que quatre cavaliers y auraient pu passer de front. Le lendemain, qui était un dimanche, l'artillerie tonna dès la pointe du jour avec plus de violence encore, et les projectiles tombèrent deux fois plus nombreux que la veille. Les pauvres citoyens redoublèrent leurs prières dans le temple, et les soldats leur prudence et leur courage dans la défense de la place. Jamais les huguenots n'avaient autant malmené les soldats royaux, tant officiers que fantassins; et ces bons catholiques furent sévèrement punis de leur injuste agression religieuse. Le sang, les blessures, les membres cassés, les os disloqués et la mort sous son aspect le plus hideux^ voilà les présents que les huguenots firent aux catholiques, pour être venus les réveiller de si bon matin. Les fossés et les contrescarpes étaient remplis d'une multir tude de corps morts. îNi les médailles consacrées, ni les agnus Dei bénis, ni les saints chapelets, ni les crucifix, ni les charmes, ni le§ amulettes ne purent garantir ces hardis assaillants des coups mortels de leurs adversaires. Quand les capitaines excitaient leurs compagnies à monter à l'assaut et les encourageaient par leur exemple en criapt î « Allons, suivez-nous, » on entendait les malheureux soldats qui répondaient : « Où diable nous conduisez-vous? Que trouverons-nous dans ces retranchements, sinon une mort certaine? » Et, en effet, à peine avaient-ils achevé ces mots, que la mort les atteignait, Ils tombaient inanimés sur la place et semblaient, même fiprès leur trépas, maudire leur mauvaise fortune. La perte de l'armée royale, en ce jour, fut immense.

Au contraire, le nombre des morts, du côté des protestants, fut

storm) and the assailants were withdrawn, the city counted but ten men lost on their side. But there was one of the ten who was better worth than the whole army, it was Mons^ Charnier who being in the way of his duty, praying unto God to own his poor distressed Montauban, and encouraging the soldiers to stand their ground manfully, for they fought to preserve the chastity of their wives, their own and their children's lives, liberties and estates, the honour of their God, his Gospel, their true and holy religion, their conscience and precious souls that they might not be polluted with nor enslaved unto idolatry. Whilst he was praying and thus exhorting a cannon bullet coming by struck him in the breast, so that he fell dead in the place, and the bullet by him. Thus fell this great man. There were several most remarkable passages in and about his death.

Many of his friends have heard him divers times speak it that he believed, that he should die in this siege and by a cannon bullet. Yea and two days before his death he narrowly escaped it, one being shot into his house which yet did not touch him. For his hour was not yet come.

Again the very morning of the Lord's day that he was like Elijah carried by this whirlwind up into heaven he prophesied of it accidentally unto his colleague in the sacred ministry. For Mons'' Josion demanding of him in the temple whether he would not preach in the afternoon, he returned him this answer : No, do you not know that this is the day of my rest?

Again, there was this most remarkable passage in his last sermon which he preached but the day before his translation, from the 37 of Esay and 34 verse. He applied that promise which God made unto Jerusalem assaulted by Sennacherib unto his dearly beloved Montauban assaulted by the French king, and repeated it with great vehemency : « No, no, said he, he shall not enter into this city, he shall not enter into this city ; but by the way that he came by the same shall he return, and shall not come into this city, saith the Lord. For I will defend this city to save it for mine own sake. » And, indeed, as he predicted so it came to pass. And as the lord dealt with

très minime. Lorsqu'on sonna la retraite, par ordre du roi (car il y était en personne pour donner plus de vigueur à ses soldats et presser l'assaut), et que les assiégeants se furent retirés, les assiégés virent qu'ils n'avaient perdu que dix hommes; mais, dai^s le nombre, il y en avait un qui valait à lui seul plus que toute l'armée : c'était M. Chamier qui, tandis qu'il remplissait son devoir, priant Dieu de sauver la pauvre ville affligée de Montauban et encourageant les soldats à défendre énergiquement leur poste, car ils combattaient pour la chasteté de leurs femmes, pour leur vie et celle de leurs enfants, pour leur liberté et leurs biens, pour l'honneur de leur Dieu et de son Evangile, pour leur vraie et sainte religion, pour leur conscience et pour empêcher que lem-s âmes précieuses ne fussent souillées et asservies par l'idolâtrie, pendant qu'il priait et exhortait ainsi, un boulet de canon arrivant à lui, le frappa à la poitrine, de sorte qu'il tomba mort sur la place à côté du boulet. Ainsi périt ce grand homme. Quelques circonstances remarquables précédèrent et accompagnèrent sa fin.

Plusieurs de ses amis l'avaient souvent entendu dire qu'il mourrait dans ce siège et d'un boulet de canon. Et, en effet, deux jours avant sa mort , il faillit être renversé par un boulet qui tomba dans sa maison, mais qui ne l'atteignit pas, car son heure n'était pas encore venue.

Le jour même du dimanche où il fut emporté au ciel, ainsi qu'Elie, comme par un tourbillon, il prédit par hasard cet événement à son collègue dans le sacré ministère. M. Josion lui ayant demandé, dans le temple, s'il ne prêcherait pas dans l'après-midi, il répondit : Non; ne savez-vous pas que c'est aujourd'hui mon jour de repos ?

Son dernier sermon, qu'il prononça la veille de son trépas, roulait sur un mémorable passage d'Esaïe, au chap. XXXVII, v. 34. M. Chamier appliqua la promesse faite par Dieu à Jérusalem assailUe par Sennacherib, à sa bien-aimée Montauban assailUe par le roi de France, et il répétait avec une grande véhémence : « Non, non, il n'entrera point dans cette ville, il n'y entrera point. Il reprendra le chemin par lequel il est venu. Il n'entrera point dans cette ville, a dit le Seigneur. J'étendrai ma protection sur cette ville, et je la sauverai à cause de moi. »

Et en effet, il advint selon qu'il l'avait prédit. Et Dieu traita l'ar-

Sennacherib's army so did he with that of the French king. He sent his destroying angel^ the pestilence, into his camp which made great slaughter for the bulls and unicorns were knocked down ; there lay the proud Bubble, the Lord high constable, that blaspheming Rabsbakeh mortally infected, there lay scores and hundreds sick of the ])lague, the poisonous boils and carbuncle tormenting them in their guts and tents, so that the fields of Montauban were soaked with their blood, and their dust made fat with the fatness of those wild beasts. Whereupon the French king being terrified as Sennacherib that Assyrian tyrant at the frightful sight of this destroying angel, he trusseth up his baggage, breaketh up his camp, and raiseth the siege. Thus, he that had resolved to take away the lives of God's poor children in Montauban is enforced by a speedy flight to secure Ills own.

The hearts of 3Ions'" Cliamier's auditory were filled with joy, and had strong assurance that they should be suddenly delivered because of those expressions of his in his last sermon. But ah! how soon were the tables turned, and the scene changed ! For the very next day when they heard the sad news of his death you might have seen pale sorrow sitting on every countenance, and the grief of their hearts to break out at the sluices of their eyes. You might have said Montauban was a Bochim, and its inhabitants were all mourners, mourning as Hadadrimmon in the valley of Megiddo when that good king Josiah was slain. And as when Samuel the prophet died, all Israel assembled at Ramah and lamented for him. So all the protestants in Montauban, all the great Lords and Ladies residing there, the nobility and gentry, the citizens and soldiers, husbands with their wives, parents with their children, the rich and poor, great and small, sighing and sobbing, did groan out this doleful lamentation : a Our father is dead! Our father! Our father! The chariot of Israel and the horseman thereof, even he is taken from us 1 Alas we shall see him no more ! »

\ea, and Mons^ Chamier was not only lamented at home, but the churches of Christ in foreign countries mourned unfeignedly for his death. Our English Seneca the R. reverend Bishop of Exon, D' Joseph Hall condoled his untimely and unfortunate departure in a latin epistle unto Monsr Beraud, then a minister and at that time a professor of Divinity at 3Iontauban. I shall subjoin a part of it because it testi-

mée du roi de France comme il avait traité celle de Sennacherib. Il envoya son ange exterminateur, la peste^ dans le camp du roi; elle y fit de si grands ravages que les taureaux et les licornes furent abattus. Là gisait « l'orgueilleuse bulle d'air, » le seigneur grand connétable, ce Rabshakeh blasphémateur, mortellement infecté; là gisaient des vingtaines et des centaines de pestiférés, que les bubons empoisonnés torturaient dans leurs entrailles, sous leurs tentes, de sorte que les plaines de Montauban étaient trempées de leur sang et que la poussière de la terre était engraissée de la chair de ce vil bétail. Le roi de France, aussi effrayé que le fut Sennacherib, le tyran assyrien, à l'apparition de l'ange exterminateiu-, plia bagage, rompit son camp et leva le siège. Ainsi, celui qui s'était promis d'ôter la vie aux malheureux enfants de Dieu, à Montauban, en fut réduit à sauver la sienne par une prompte fuite.

Les cœurs des auditeurs de M. Charnier étaient remplis de joie et avaient la ferme assurance qu'ils seraient bientôt déUvrés, à cause de ce qu'il avait dit dans son dernier sermon. Mais hélas ! combien vite les choses changèrent de face! Car, le jour suivant, quand ils apprirent la triste nouvelle de sa mort, on vit la pâle douleur siéger sur tous les visages et le désespoir éclater en ruisseaux de larmes par leurs yeux. On eût dit que Montauban était un Bochin, que ses habitants étaient tous en deuil, pleurant comme Hadad Rammon dans la vallée de Mejiddo, quand ce bon roi Josiah fut tué. Et comme lorsque Samuel le prophète mourut, tout Israël se rendit à Ramah et pleura sur lui, de même tousles protestants de Montauban, tous les grands seigneurs et toutes les grandes dames qui y demeuraient, les nobles et les gentilshommes, les bourgeois et les soldats, les maris avec leurs femmes, les parents avec leurs enfants, les riches et les pauvres, les grands et les petits, soupirant et sanglotant, s'écriaient d'un ton lamentable : a Notre père est mort ! notre père ! notre père ! Le chariot d'Israël et celui qu'il porte nous sont enlevés. Hélas, nous ne le reverrons plus! »

M. Chamier ne fut pas regretté seulement parmi les siens, mais les Eglises du Christ, dans les pays étrangers, portèrentle deuil sincère de sa mort. Le révérend évèque d'Exon, notre Sénèque anglais, le docteur Joseph Hall, déplora sa perte prématurée et si malheureuse dans une épître latine, adressée à M. Beraud, alors ministre et professeur de théologie à Montauban. J'en rapporterai une partie, parce qu'elle

188 THE LIFE OF M. UANIEL CHAMIER.

fieth the great honour and value that most learned and religious prelate had for his memory.

Singularis ilia eruditio et fides, qua te pollere novi, mi Beralde, minuit procid diibio dolorem, quern vestris prœsertim, certè toti Ecclesiœ inflixit Domini Chamieri mors infelicissima. Vir ille, bone Deus, qualis, quantus fuit! Profecto ille unus tota procerum David icorum cohoi^s, totum Davidicœ turris armentarium tot us exercitus Isixielis. Vix equidem me contineo, ubi incidit divini illius,sic nempeerat, satellitis mentio. Ita mirari soleo igneum illius viri ingenium, multiquem scientiam, acumen singulare : nullo unquam athleta devictum opus habebit Ecclesia Dei, quamdiu supererit; supererit autem in œtemum vester ille stupor mundi, Chomierus. Hoc hi comité et exemplo... Quid enim ma- Jus did potest qunm fuisse magno Cluaniero tanti muneris socium?

It speaks thus unto us in the English tongue :

« That rare learning and fidelity of which I very well know

you are possessed, my dear Bcraud, doth undoubtedly lessen in some measure the grief which that most unhappy death of Mons»" Charnier hath procured to the churches, and yet not to yours only, but unto all the churches of Christ upon earth. Good God ! what a great and wonderful man was he ! In very truth he himself was an entire regiment of David's Worthies ! He even he, was the whole armoury of the tower of David, yea, he alone was as much as the whole host of Israel. I can hardly keep myself within bounds when I do but hear the name of that divine soldier. The vivacity of his matchless parts, his universal knowledge and incomparable skill and judgement in controversies of religion have ravished me with admiration. The holy church of God needeth not to fear the being worsted by any of the Romish christian champions as long as the great Charnier liveth, and your Cliamier, the world's wonder shall live immortally. Oh 1 how happy were you in such a colleague! in such a leader and example! For what can be said more to your commendation than this, that you were associated into the same office uith the great Charnier ! »

So far that most venerable prelate. Moreover, this is further worthy of admiration, that this holy man of God, Mons»' Chamier, died in such a place as seemed most exempt from danger where neither cannon nor musket-ball was likely to have reached him. He was walking on

atteste la grande estime que ce savant et religieux prélat avait pour la mémoire de M. Charnier :

Singu loris illaeruditio et fides qua te pollers novi, mi Bcralde, minuit procul duhio dolorem quem vestris pixesertim ceiHè, foti Ecclesiœ inflixit Domini Chamierimoi'sinfelicissima. Vir ille, bone Deus, qualis, quantus fuit ! Profecto ille unus tota procerum Dovidicorum cohors, totum Davidicœ turris arment ariuin , totus exercitus Israelis. Vix equidem me contineo, ubi incidit divini illius, sic nempe erat, satellitis mentio. Ita mirari soleo igneum illius viriingenium, multiquem scientiam, acumen singulars Nulla unquam athleta devictum opus habebit Ecclesia Dei, quamdiu supererit; supererit autem in œternum vester ille stupor mundi, Chamierus.Hoc hi comité et excmplo... Quidenim jnajus did potest quam fuisse magno Chamiero ianti muneris socium ?

Voici la traduction de ces lignes :

La doctrine et la foi particulière qui vous distinguent, mon cher Béraud, allègent sans doute la douleur que la mort très malheureuse de M. Chamier a causée, non pas seulement à vos Eglises, mais à toutes les Eglises du Christ sur la terre. Grand Dieu! quel homme eminent et extraordinaire c'était ! Il valait à lui seul toute une cohorte des princes de David. Il était l'armure de la tour de David; il était toute une armée d'Israël. J'ai peine à me contenir, quand j'entends seulement prononcer le nom de ce soldat de Dieu. Son génie ardent, son savoir universel, son rare jugement et son incomparable habileté dans les controverses religieuses me ravissent d'admiration ! L'Eglise de Dieu n'a à craindre d'être vaincue par aucun champion de l'Eglise romaine, aussi longtemps que vivra le grand Chamier, et, grâce à Dieu, pour l'admiration et l'étonnement du monde, il vivra éternellement. Heureux étes-vous de l'avoir eu pour collègue et pour modèle! Quel plus grand honneur que d'avoir été le compagnon d'œuvre du grand Chamier dans le saint ministère! »

Ainsi s'exprime le vénérable prélat. Un fait digne de remarque, c'est que M. Chamier fut tué dans un endroit qui semblait à l'abri de tout danger, et où jamais canon ni mousquet ne semblait pouvoù* atteindre. Il se promenait sur le boulevard de Paillas, lorsque le messa-

the bulwark Paillas when the messenger of death saluted him. That messenger the cannon-bullet was marked with the letter C, a letter superscribed, and directed unto Mons'" Chamier. He must read it and receive it, and no one else. A soldier that was on the same bastion had his hat taken off by another cannon shot awhile after^ and it did quite shear off all the hair from his head, as if it had been clean done with a razor, yet it did him no farther hurt. Whence cometh this difference? Who made this distinction? Is this despicable common soldier more useful and of more benefit and advantage to the besieged Montauban than the reverend, learned, godly, prudent and honourable Chamier? But let us lay our hands upon our mouths. We do not wisely by thus enquiring. Let us hold our tongues, and be silent in darkness. It is from the Lord the most high God. He himself hath done it who is the sovereign Master ofour lives, beings and comforts, and who can and will dispose of us and of all our concerns as best pleaseth him. And who shall say unto God, why dost thou this •

Mons'" Chamier was tall of stature, somewhat corpulent, of a fair ruddy complexion, grave and serious, a most zealous preacher devout, fervent and potent in prayer. Invincible in argument and disputation with the adversaries of Religion. The court could neither by their allurements nor affrightments bend him to their bow. He was too much a christian to betray the truth or the professors of it, whatever advantageous offers were made him. He was temptation-proof, and altogether inflexible. This was the true cause of his being so mortally hated at court.

The Reformed churches had an entire confidence in him because of his tried and approved integrity. Wherefore they honoured him with frequent employments, deputations and presidencies in tlieir synods, national and provincial.

He was nominated by the national synod of Montauban in the year 1594 together with 20 other ministers (thereof which hved out of the kingdom, viz. Peter Baron, Margaret [?] professor of Divinity in the University of Cambridge, Mons» Junius ofLeyden,and Mons'" de la Faye of Geneva, professors also of Divinity) to dispute before the king in defence of the truth against the papists. And in the synod of Montpellier in the year 1598 when the names of Baron and de Serres were razed out of that order, Mons^" Charnier was inserted in their stead.

ger (le mort vint le saluer. Ce messager, ce boulet de canon portait l'initiale de son nom, la lettre C, comme s'il eût été prédestiné et adressé expressément à M. Cliamier. C'est lui qui devait le recevoir, et non aucun autre. Il le reçut donc, et nul autre que lui n'en fut blessé. Un moment après, un autre boulet emporta le chapeau d'un soldat qui était sur le même bastion, et lui enleva tous ses cheveux avec autant de précision qu'eût pu le faire un rasoir, mais sans lui faire aucun mal. D'où vient cette différence? Qui fit cette distinction ? Cet obscur soldat était-il plus utile, plus nécessaire à la cause des assiégés que le vénérable, le savant, le pieux, le prudent et honorable Chamier? Mais posons la main sur nos lèvres. De telles questions sont téméraires. Taisons-nous et gardons le silence dans les ténèbres. C'est Dieu, le Seigneur Dieu qui l'a voulu ainsi. Cela a été ordonné par Celui qui est le maître souverain de notre vie, de notre être et de notre bonheur, qui peut et veut disposer de nous et de tous nos intérêts selon son bon plaisir. Et qui osera dire à Dieu : Pourquoi fais-tu ceci ?

M. Chamier était de haute stature; il avait du corps, le teint clair et vif, la mine grave et sérieuse. M. Chamier était un prédicateur zélé, pieux, fervent et puissant dans la prière, invincible dans la discussion et la dispute avec les adversaires de la religion. La cour ne put le ployer à ses désirs ni par les caresses ni par les menaces. 11 était trop chrétien pour trahir la foi et ceux qui la professaient, quelque avantageuses que fussent les offres qu'on lui faisait : il était à l'épreuve de la tentation et absolument inflexible. Telle fut la cause de la haine mortelle qu'on lui portait à la cour.

Les Eglises réformées avaient une confiance entière en lui, car elles connaissaient son intégrité irréprochable et inébranlable ; aussi elles l'honoraient de fréquentes missions, deputations et présidences dans leurs synodes nationaux et provinciaux. Il fut choisi par le synode national de Montauban en l'année 1594, en même temps que vingt autres ministres (parmi lesquels s'en trouvaient quelques-uns qui n'habitaient pas le royaume, tels que Pierre Baron, professeur de théologie à l'Université de Cambridge, M. Junius, de Leyde, et M. de La Faye, de Genève, également professeurs de théologie); tous ces ministres furent chargés de disputer devant le roi en défense de la vérité contre les papistes. En 1598, quand le synode de MontpelUer effaça de l'ordre les noms de Baron et de Serres, M. Chamier

So good an opinion had those grave assemblies of his great abiUties to manage and maintain their cause, the cause of God, and oi the Gospel against the most subtle oppugners of them.

It is true, the crafty papists either never really intended such a disputation as they threatened, or if they did yet upon second and wiser thoughts they receded and drew back from it. And there was a good providencejin it. For had it gone on, possibly the truth might have suffered a black eclipse through the treachery and perfidiousness of some of the disputants. For Rotan, de Serres and de Vaux ministers being bought off with court pensions had agreed to yield up the cause unto the adversary. De Vaux falhng into horror of conscience, discovered the whole intrigue, repented of his prevarication most bitterly, ordered the two obligations of about 3,000 crowns which were given him as the high Priest did their monies unto Judas to betray his Master, to be returned back again unto them : foretold the very hour of his death, and having sung this stanza of the 51 Psalm :

Lo, also, Lord, thou lovest Truth within, Within the heart, within the soul sincerity, Therefore to me so gracious thou hast been, To make me know thv inward Wisdom's verity.

He departed this life immediately with good hopes of his pardon and salvation.

Mons"" Chamier was one of those two and twenty ministers commissioned by the national synod of Montpellier to revise their Book of Church' Discipline, and to see it published more exact and correct. And when his dear friend Monsr Brunier brought letters from the political assembly of the churches sitting at Cbastelleraut together with the Edict of Nantes from the king, he told the synod that had it not been for that strict union and correspondence among the Reformed they could never have obtained this royal act and great charter for their liberty of conscience to profess publicly their faith and to worship God according to his Gospel institution, no nor justice to be administered to them impartially, nor those securities granted them for their hves and estates ratified. Whereupon the fathers then sitting w ere so moved with his speech, that they all unanimously voted that the union sworn at Nantes should be better kept and more strictly

fut élu en leur place. Toutes ces 'graves assemblées avaient la plus haute opinion de son habileté à maintenir leurs droits et à défendre la cause de Dieu et de TEvangile contre leurs ennemis les plus rusés. Les malins papistes n'eurent jamais l'intention de prendre part à une discussion approfondie, ou, s'ils l'eurent, ils l'abandonnèrent bientôt, après y avoir réfléchi, et ce fut là un événement providentiel et fortuné; car si cette dispute avait eu lieu, la vérité aurait peutêtre subi une éclipse par la trahison et la perfidie de quelques-uns des combattants. Les ministres Rotan, de Serres et de Vaux, qui touchaient des pensions de la cour, étaient convenus avec leurs adversaires de leur céder la victoire. De Vaux ayant eu des remords de sa perversité, avoua tout le complot, demanda amèrement pardon de son infamie, et fit remettre au synode les deux obligations d'environ trois mille ecus qui lui avaient été données pour acheter sa conscience, comme le grand prêtre donna trente-six deniers à Judas pour l'induire à livrer son maître. Après cela, de Vaux prédit l'heure de sa mort, et mourut en effet avec bonne espérance de pardon et de salut, en répétant ce passage du psaume LI :

Mais toi, grand Dieu, tu n'es que sainteté, Tu veux des cœurs où règne l'innocence, Et tu m'avais par ta grande bonté De tes secrets donné la connaissance.

M. Chamier fut du nombre de ces vingt-deux ministres que le synode national de Montpellier chargea de réviser le livre de la Discipline de l'Eglise et d'en faire une édition plus exacte et plus correcte, et lorsque son cher ami, M. Brunier, apporta des lettres de l'assemblée politique des Eglises siégeant à Chàtellerault, en même temps que l'Edit de Nantes accordé par le roi, il dit au synode que, sans l'étroite union et harmonie qui avait régné entre les réformés (1), ils n'eussent jamais obtenu cet acte royal et cette grande charte de la liberté de conscience, qui leur permettait de professer publiquement leur foi et d'adorer Dieu selon l'institution de l'Evangile, qui ordonnait que la justice leur fut rendue avec impartialité et garantissait le respect de leurs vies et leurs biens. A cette nouvelle, à ces paroles, les membres de l'assemblée furent si profondément émus qu'ils votèrent à l'unanimité que l'union jurée à Mantes serait mieux gardée et plus stric-

(1) Notre auteur a mal compris le texte de l'article 12 des actes du Synode, que nous avons cité plus haut. (Notes des pages 10 et 33.)

observed by tlie churches^ and that transgressors and infractors of it should be prosecuted with all the church censures.

He was chosen scribe of the national synod of Gergeau, and had a great part in drawing up and framing of its Acts and Canons.

He was earnestly desired by Mons»' du Plessis Mornay to embrace tlie profession of Divinity at Saumur, and about the same time those of Nismes and Die called him unto the like profession in their new created Universities. And the church of Lyons petitioning for a pastor^ he was recommended to them by the national synod of Gergeau to serve in that office. What time he spent in public political affairs for the churches interest and services, he redeemed again by his hard studies, and grew to a most eminent degree in learning and knowledge, and was universally reputed a star of the first magnitude in the heaven of the Reformed churches of France. He ordinarily studied IV hours a day.

The national synod of Vitre commissioned MiM. Chamier, Chauve, du Moulin and Andrew Rivet to be their deputies unto the synod of Dordrecht in the year 1619, a kind of general council of the Reformed churches in Europe. Monsi" Chamier and de Chauve went as far as Geneva in their way thitherward , but were there interrupted in their journey, the French king countermanding and recalling them back upon pain of high treason.

He was one of those four (the duke de la Tremouillc, the lord du Plessis Mornay and Mons'' d'Aubigny, the other three) who were made a committee to debate and settle the articles of that last pacification which Harry the 4"^ granted them. Had they been transacted in the political assembly which was then held at Chastelleraut and aftc);wards removed to Loudon in which there assisted at least 70, sometimes four score deputies of the Reformed, all things had been brought into confusion. But the singular prudence of Mons»" Chamier did reasonably prevent it.

He shined with a great lustre in that of Saunun- hi the year 161 1 in which also he was assessor, and by virtue of his place and suffrage could turn the tables which way he pleased. The court were aware and afraid of it. and knowing it impossible to bribe and corrupt his pure hands and purer heart, they took as their course to try to mortifyand to

VIK pE M. DANIEL CHASIIEH. \%^

teinent observée par les Eglises, et que ceux qui la transgresseraient et rcnfreindraient seraient frappés par toutes les censuresecclésiastiques.

M. Cliamier fut nommé secrétaire du synode national de Gergeau, et prit une grande part à l'élaboration et à la rédaction des canons et des actes.

M. du Plessis-Mornay le pressait avec instance d'accepter la chaire de théologie à Saumur. Vers le même temps, ceux de Nîmes et de Die le sollicitaient pour remplir les mêmes fonctions dans leurs Universités nouvellement créées, l'Eglise de Lyon demandant un pasteur, il lui fut recommandé par le synode national de Gergeau comme le plus capable d'une telle charge.

H regagnait, par son application au travail, le temps qu'il donnait aux affaires politiques et publiques dans l'intérêt et pour le service des Egbses.'ll parvint ainsi à un degré très eminent d'érudition et de connaissance, de sorte qu'on le regardait généralement comme une étoile de la première grandeur dans le ciel des Eglises réformées de France. 11 travaillait d'ordinaire quatorze heures par jour.

Le synode national de Vitré chargea MM. Chamier, de Ghauve, du Moulin et André Rivet d'être ses députés auprès du synode de Dordrecht, en l'année 1619; ce synode était une espèce de concile général des Eglises réformées de l'Europe. MM. Charnier et Chauve partirent aussitôt; mais, arrivés à Genève, ils reçurent un contre-ordre du roi qui les rappelait sous peine de haute trahison.

M. Charnier fut un des quatre membres du comité chargé de débattre et de régler les articles de la dernière pacification que Henri IV avait accordée aux réformés. Les autres membres du comité étaient le duc de la Trémouille, le seigneur du Plessis-Mornay et M. d'Aubigny. Si les articles de ce traité avaient été discutés dans l'assemblée politique réunie alors à Chàtellerault et transférée ensuite à Loudun, assemblée composée d'au moins soixante-dix députés et quelquefois de ([uatre-vingts, tout aurait été livré à la confusion; mais la prudence remarquable de M. Chamier empêcha toute mésinteUigence fâcheuse.

Il brilla d'un grand éclat, en 1611, à l'assemblée de Saumur, où il fut nommé assesseur, et où, par l'autorité de son rang et de son suffrage, il put disposer des voix de ses collègues à son gré. La cour connaissait et redoutait son influence. Sachant ([u'il était impossible de le corrompre et de l'acheter, elle chercha à le mortifier et à le brouiller

make him out of love with those assemblies ; to this end they create a personal trouble to him which was done in this manner : During his absence, the church of Montlimar chose in bis place another pastor, notwithstanding he was deputed by the authority of his province unto that political meeting. And this they did without the least notice given him, or consultation with him. The duke of Lesdiguières had undoubtedly a finger in this pie. For it was done in his province just under his nose, and in a town where he could do what he pleased. And these fellows to aggravate the matter and expose Mons^' Chamier the mere do pretend that they want some papers of importance belonging unto the church which are detained in his study. Wherefore they ravage his closets, library and every creek and corner of them. Mons»' Chamier informed of this affront could not but resent it tenderly : for it was a malicious and deep wound unto his reputation. He complained of it unto the assembly, and they resented it, and well they might as an indignity offered unto them all. Mons>' Chamier craved leave to retire and settle his private affairs. This was what the court party chiefly aimed at to deprive the assembly of that able head. But they had more wit than to loose him, and obliged the church of Montlimar to give him full right and satisfaction.

It is no wonder that the Jesuits did not love him. For he baffled their most daring champions. Father Cotton a standard bearer in that society had the cunning of the scuttle-fish who seeing no way how to evade the dint of Mons»' Chamier's arguments darkened his answer with a torrent of black eloquence, and in that ink of rhetoric rendered the argument invisible and lost to the auditory. Those of his own fraternity reckoned this as his masterpiece, that when he could not break the force of Chamier's logic he had the address handsomely to steal away and shnk behind copious digressions. This famous Jesuit Peter Cotton (of whom there be a world of fine stories and whom Joseph Scaligercalleth in his letters Gossipionymus) had the confidence to attack Mons^ Chamier with a greek epistle; but our Chamier replied unto him in the same language with that accurateness and power, that he drove tlie Jesuit out of iiis fastness and made him most shamefully to quit his greek for a language better known and more common to him.

avec les assemblées. Voici le moyen qu'elle employa pour atteindre ce but. Pendant l'absence de M. Chamier, l'Eglise de Montélimar choisit un autre pasteur pour le remplacer, bien qu'il eût été député par la province à l'assemblée politique. Cette nomination fut faite sans en donner avis à M. Chamier, sans même le consulter. Le duc de Lesdiguières avait certainement mis le doigt dans cette affaire, car elle se négocia sous ses yeux, dans une ville où il pouvait tout ce qu'il voulait; et, afm d'aggraver l'insulte et de blesser davantage M. Charnier, ses ennemis prétendirent qu'il leur manquait des papiers importants appartenant à l'Eglise, et que ces papiers devaient se trouver dans le cabinet de M. Chamier. Sous ce prétexte, on bouleversa son cabinet, sa bibliothèque, on en ^fouilla tous les coins et recoins. M. Chamier étant instruit de cet affront, ne put s'empêcher d'en être vivement affecté, car c'était une profonde blessure méchamment faite à sa réputation. 11 s'en plaignit à l'assemblée qui épousa sa cause, comme de raison, car l'affront de M. Chamier rejaillissait sur elle. M. Chamier demanda un congé pour aller remettre l'ordre chez lui. L'assemblée eût ainsi été privée de son habile chef, et c'est ce que voulait le parti de la cour. Mais nos gens étaient trop avisés pour se laisser enlever M. Chamier, et ils obligèrent l'Eglise de Montéhmar à lui donner satisfaction.

Il n'est pas étonnant que les jésuites ne l'aimassent pas : il avait battu leurs champions les plus experts. Le père Cotton, le porteétendard de leur Société, agit avec M. Chamier comme la sèche avec le pêcheur: ne pouvant pas réfuter ses arguments, il noircit la discussion d'une masse de raisonnements obscurs et d'un torrent d'encre, qui, offusquant la vérité, firent perdre de vue la question principale. Les gens de sa secte regardèrent cette conduite comme un tour de force admirable : ne pouvant répondre aux arguments de Chamier, il eut l'adresse de se dérober sous des digressions interminables. Ce fameux jésuite, Pierre Cotton, dont on conte une foule d'historiettes curieuses, et queJ.Scaliger, dans ses lettres, appelle Gossipionymus (i), eut le front d'attaquer M. Chamier par une épître grecque. Mais M. Chamier lui répondit dans la même langue, avec une telle force et une telle finesse, qu'il débusqua le jésuite et l'obligea à quitter hon-

(1) Gossipion ou gossipium qui signifie coton; jeu de mots qui revient au sobriquet de cotonneux, filandreux, et exprime fort bien , comme on verra, le genre de style du révérend père.

Having rid his hands of the subtle Cotton he assaulted the most able iellows of the college of Tournon who had as bad success in their conflicts with him as their royal confessor Cotton.

His works are :

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