‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 26 sur 80 · DE SERRES, KOTAN, DE VAUX · texte numérisé non relu

DE SERRES, KOTAN, DE VAUX

semble que plusieurs lui ont imputé diverses fautes qu'il ne me paraît pas avoir commises. D'Auljigné, par exemple, l'accuse avec d'autres d'avoir prévariqué dans l'exercice de son ministère, d'avoir contribué au changement de religion de Henri IV, d'avoir favorisé les desseins de la Cour de France au préjudice des réformés de ce royaume, et même d'avoir abandonné la religion réformée; mais on sait que d'Aubigné était l'ennemi de De Serres, et les accusations d'un ennemi perdent beaucoup de leur poids. Sans entrer dans la justification de De Serres, que je ne pourrais faire, je dirai seulement qu'il est certain que De Serres fut traité honorablement par les Synodes des Eglises réformées de France, et qu'on parla de lui avec éloge après sa mort. Enfin, De Serres écrivait en 4o97, c'est-à-dire peu avant sa mort, à Casaubon (ju'il « se réjouissoit de consacrer ses vieux .( ans au service de l'Eglise qu'il avoit conduite dans sa jeunesse ; que, " comme il étoit ami de la paix, il chercboit à réunir les deux Eglises; qu'il " vouloit qu'elles tissent des sacrifices réciproques, qui déplaisent toujours « aux violens, et qui font passer pour apostats ceux qui les proposent. » Nous ajouterons à ces explications qu'il existe à la bibliothèque de Genève (carton 7, 197 a a) un dossier de six pièces des années 1594 et 1595, relatif à De Serres et à son projet d'union. (Voir encore la Notice qui le concerne au tome III de la Bibliothèque hist, de la Fronce, et une note du tome IV des Œuvres de Bayle in-fol., p. 652. Ed. de 1730.)

Il faut surtout voir l'article important et très complet que Prosper Marchand consacre à De Serres au tome II de son Diet. Ilist. (1759), et qui conclut en ces termes : « De Serres n'est donc point un prévaricateur, comme le veulent d'Aubigné, AUard, et El. Benoît, ni un révolté (apostat), comme le prétendent Florimond de Rémond, la Perro7iiana, et V éù'ûeur ûcs Synodes des Eglises réformées de France; mais simplement un de ces pacificateurs de religion, qui ne satisfont d'ordinaire aucun des partis qu'ils veulent concilier, et qui s'attirent la haine du leur. Il est étonnant que Grotius, qui était lui-même un de ces conciliateurs de religion, n'ait point connu sous cette idée notre De Serres, et ne l'ait point mis, comme tel, du nombre de ceux dont il a fait le détail dans cette belle épigramme, qui finit ses annotations sur la consultation de George Cassandre :

De muderatoribus ('1).

Qui gaudes Batavis quod aheneus adstat Erasmus, Prsemia sed meritis ista minora piitas :

(1) Grosse question que celle de ces modérés (pacifîcatores), de ces conciliateurs de roligion (religionum conciliatores) , dont Gaffarel, Colonniès, Graverol, ont donné des listes, "sur lesquelles figurent Erasme, Swazerd (Mélanchton), Wiceiius, Cassander, Modrevius, et avec Casaubon, Baudius, Grotius, La Milletière, puis

Quicuni Cassandri veracia scripta teruntur,

Cordesio (1) grates hœo bona propter agis : Quem preeduice juvat sûWauie Melanchfone nectar :

Qui Wiceli chartas, Modreviique legis :

Qui pia vota probas Spnlalinis insMa. libris,

Deque decern velles non periisse duos : Quoque putas Regem multam sapuisse Britannurn,

Cum sua mandavit sensa Casaubonidœ :

Accipe, sed placid us, quœ si non optima, certe

Expressit nobis non mala pacis amor; Et tibi die, nostro labor hic si displicet œvo,

A grata pretium posterilate feret (2).

Quant à Rotan, nous rapporterons aussi ce que dit Senebier (Hlst. litt. de Genève, t. I, p. 395) : « M. de Sancy l'ayant emmené de Genève, en 1589, il suivit la Cour de Navarre ; mais comme on écrivit à Genève qu'il parlait de réunir les protestants avec l'Eglise romaine, il fut rappelé; son rappel lui fut signifié de nouveau en \h^d\ ; en vain il écrivit pour avoir la permission de prendre une Eglise en France; elle lui fut refusée diverses fois. Il paraît que Rotan était sérieusement accusé d'avoir trahi les intérêts des protestants; on ne croit pas même qu'il ait cherché à se laver de cette accusation, qui était bien grave, puisqu'on publiait qu'il n'avait pas agi droitement dans ses disputes de controverse, et qu'il s'était laissé vaincre devant le Roi de France par le cardinal Du Perron. »

Nous trouvons dans la Correspondance de Duplessis-3Iornay (t. V, p. 496, éd. de 1824) une lettre qui lui fut écrite par Rotan en 1593 et qui semble venir à sa décharge ; la voici : « 3!onsieur, je déplore nostre condition ; « mais encores plus celle du prince qui, se rendant plus contemptible à tout « le monde, se va précipiter en une ruine toute certaine pour une espé- « rance bien incertaine. 0 que les jugements de Dieu sont admirables ! Tout " nostre recours doibt estre au Seigneur, qui n'abandonnera jamais son " Eglise. Lbi humanum deficit subsidium, ibi divinv.ni incipit auxilium. " Je ne faudrai de vous faire sçavoir au premier jour tout ce que vous re- « quérez de moi, sinon que je me rendisse dans la semaine prochaine auprès

Ch. Du Moulin, Franc. Baudouin, Hermannus, Bodiu?, Samuel Petit, Guill. Forbes et son éditeur Pierre Baron, Jean Burnes, un ministre de Nîmes dont se souvient André Rivet, Truccesius, Vehus, Alexandre Moras, auxquels on peut joindre Louis Du Laurens, Alexandre D'Yse, et bien d'autres.

(1) Jean Des Cordes, chanoine de Limoges, fil imprimer à Paris en 16.., in-lbl. toutes les œuvres de George Cassandre. "La bibliothèque de ce chanoine, dont Naudé fil imprimer le catalogue à Paris en 1643, in-4", fut le fondement de la bibliothèque Mazarine (P. M.f.

(2) Quoi qu'en ait dit ici Grotius, notre siècle peut encore s'appliquer le vers de Casimir Delavigne [Une famille sous Luther) :

Soyez donc modéré, pour ue plaiie à personne !

1595-98. COLLOQUES DU DAUPHLNK. 213

« (levons, M. Pacard(l) estant ici et désirant que nous nous acheminions « au plus tost pour communiquer avec vous ù loisir. »

« ROTAN. »

« De La Rochelle, ce 24 juillet 1593. »

C'était la veille même de l'abjuration de Henri IV (2). Rappelons enfin qu'il fut élu vice-modérateur du Synode de Montauban, tenu en juin 1594; qu'il publia, en 1596, à La Rochelle, une réfutation des motifs /le la conversion de Cayer; enfin, qu'il fut redemandé par l'Eglise de cette ville, au Synode national de Montpellier, en 1598, comme on le voit par l'article 8 des /Ictes particuliers de ce Synode.

1595>98. — DiTers colloques du Oauphiu^^. — Page 193,

Divers dossiers que nous avons trouvés aux Archives de l'Empire (TT. 317} nous donnent lieu de constater que Daniel Chamier représenta l'Eglise de Montélimar, au colloque tenu ù Livron, le 26 octobre 1595 (qu'il présida en qualité de modérateur), et au colloque tenu à Eurre, le 8 février 1396, mais qu'il était absent à ceux qui se tinrent le 7 août 1596, à Vesc; le 4 novembre 1597, à Bourdeaux; et le 22 avril 1598, à Châteaudouble.

Au colloque d'Eurre, le 8 février 1596, Adrien et Daniel Chamier, députés de Montélimar, sont tous deux désignés pour assister à l'Assemblée de Grenoble.

ISO?. — liCttre de Passemblée politique de Saumur.

— Pages 91, 95, 97, 100, 193.

Quick ne mentionne même pas l'assistance de Chamier à l'assemblée de Saumur : ce n'est pas une de ses moindres omissions, puisqu'elle lui a fait passer sous silence la fameuse lettre de cette assemblée, en réponse à celle que le Roi venait de lui écrire le 12 mars 1598, le lendemain de la surprise d'Amiens par les Espagnols. Cette lettre, qui porte les signatures de Clermont d'Amboise, président, et de Chamier, secrétaire, fut vraisemblablement rédigée par ce dernier. Pour apprécier jusqu'à quel point on a eu raison ou tort de condamner l'attitude de l'assemblée en cette circonstance,

(1) Pasteur de La Rochefoucauld.

(2) Voir ce que rapporte L'Estoile au sujet de sa conférence avec Du Perron {Journal, 7 décembre 1593).

et (le lui faire un crime de cette lettre, il faudrait examiner, dans tous les antécédents, la situation respective de Henri IV et du parti huguenot ; il faudrait surtout suivre attentivement, depuis l'origine, les négociations relatives à l'édit que ce parti réclamait, et voir comment on ajournait sans cesse l'exécution des promesses qu'on lui avait faites. Mais l'histoire des assemblées politiques est encore à faire, aussi bien que celle de l'Edit de Nantes. 11 faudrait, avant tout, que les matériaux en fussent coordonnés et publiés. Voici toujours, d'après les Mss. Brienne, t. 208, la remarquable réponse à laquelle Cliamier dut coopérer en cette circonstance.

.lu Roy.

« Sire,

Nous avons reçu par M. de 3Iontglat la lettre qu'il a plu à Votre Majesté nous écrire, en laquelle nous entendons d'un côté, la perle d'Amiens et le déplaisir qu'en a reçu V. M. Nous compatissons à votre douleur, comme vrais membres du corps dont vous êtes le chef, ne pouvant vous voir afnigé, sans être aftligez. Et il est juste et raisonnable que chacun se réunisse pour courir à la deffense publique, et nous tiendrions pour indignes du nom françois, voire du nom chrétien, tous ceux qui voudroient manquer fi ce légitime devoir; et, en cette qualité, nous maudissons le reste des rebelles et désobéissans ligueurs qui, au lieu de maintenir la liberté de leur patrie, la soumettent traîtreusement au joug de la servitude étrangère. Mais, Sire, que V. M. nous exhorte à cette réunion et de nous dépouiller des passions, nous ne le pouvons voir, sans nous plaindre du sinistre jugement qu'elle semble faire de nous, y étant taxez d'un crime dont nous sommes innocens, nous qui n'avons d'autre but que de vivre ensemble vrays François, liez d'une mutuelle amitié et concorde, nous (jui considérons si peu notre particulier que nous n'avons vie ny biens que nous ne soyons prêts d'employer pour le public, comme nous avons toujours fait. Nous admonester de nous tenir contens de ce qui nous a esté accordé, est chose non moins étrange que contraire à l'effet que V. M. désire de nous: étrange, parce que V. M. nous a autrefois tant voulu de bien, qu'il est comme impossible qu'elle puisse vouloir notre mal; contraire, en ce que nous voulant persuader de la servir contre ses ennemis, elle nous persuade quand et quand de nous y rendre inutiles. Nous ne pouvons faire service à V. M., si nous ne subsistons. Or, nous ne pouvons ny être ny subsister, si nous demeurons astraints aux dures conditions qu'on nous veut faire recevoir. Nous avons, dira-t-on, subsisté cy-devant avec beaucoupmoins; il est vray, mais la maladie est à sa crise; car, d'un autre côté, ayant compati tant (}ue nous avons pu aux maux de l'Estat, et cédé tous nos intérêts pour le secourir et le relever ; nous avions espoir quand il auroit

1o97. LETTRE HE l'aSSEMBLÉE DE SAUMUR. 215

meilleure fortune de l'avoir aussy meilleure ; comme nos ennemis, nous opprimeront sans delay, si par Votre Majesté nous ne sommes pourvus des choses nécessaires à notre conservation, c'est pour cela que nous opiniàtrons, Sire, et que nous voulons opiniàtrer sans dessein aucun de tenir les

esprits en suspens par nos nouvelles demandes Ne sommes-nous pas

chrétiens, Sire? Pourquoi nous veut-on ôter la liberté de prier Dieu? le Pape souffrira que les Juifs renient notre Seigneur dans Rome, et il ne souffrira pas que nous l'adorions piibli(iuement en France! Les dixmes ont esté de tout tems ordonnés pour les pasteurs du peuple, et nous sommes contraints de bailler les nôtres à nos ennemis mortels. De céder maintenanl à la qualité des alïaires les choses que nous avons tant sujet de poursuivre, ou de les'remettre à un autre tems, deux choses nous en empêchent: l'une qu'elles nous sont si absolument nécessaires que nous périrons, si nous en sommes privez ; l'autre, que ce que nous pourrions différer seroit autant de perdu. Car si nous regardons à la volonté de nos ennemis, elle ne fut jamais bonne en notre endroit. 11 ne tiendra point à nous que les choses ne se terminent promptement, car ces langueurs ne nous servent ny ne nous agréent. Aussi nous assurons-nous que nos procédures justifieront si bien la sincérité de nos intentions qu'on ne nous pourra donner le blâme de manquer au public, et post-poser notre particulier au bien public de l'Etat. Que Votre ÎMajesté trouve donc bon, s'il luy plaît, que nous procurions de l'affermir au plus tôt, ou qu'elle l'affermisse elle-même; qu'elle nous donne une loy sous laquelle nous puissions vivre avec honneur, et nous répondrons hardyment pour tous ceux de la Religion qu'ils ne se démentiront jamais de la fidélité et obéissance qu'ils luy doivent; et n'aurons rien plus à cœur, que de courir tous sacrifier nos vies aux pieds de V. M. contre l'ennemi commun de cet Etat. Nous aspirons à ce but, Sire, et l'espérons maintenant à meilleur droit que jamais, puisqu'il a plu à V. M. ordonner, pour nous y faire parvenir, des personnages de son Conseil, tant amateurs de la grandeur du Royaume et repos d'icîelui. Nous la supplions très humblement leur vouloir commander derechef de surmonter toutes difiicuitez pour nous accorder les choses nécessaires. Les ayant, nous protestons de nous contenter; comme aussi nous protestons de ne jamais consentir d'en être privez, pour n'être homicides de nous-mêmes, et auteurs de notre ruine propre ; à laquelle nous supplions V. M. de s'opposer avec nous, aussi courageusement et avec autant d'aflection qu'elle a fait autrefois. — A Saumur, le îo'"*^ Mars 1597, vos très humbles et très fidèles sujets et serviteurs, les députez des Eglises réformées de France, assemblez à Saumur et au nom de tous.

Signé : Clermont, président. — Chamjer, secrétaire.

139S (mars). — Daniel Charnier à Anglers. — Page 193.

Pendant qu'il était à l'assemblée de Chûtellerault, Charnier alla à Angers, et, le 22 mars 1o98, il s'y trouvait célébrant la sainte Cène avec ses collègues les ministres de Madame (Catherine de Navarre), sœur du Roi. C'est ce que nous apprend ce passage, un extrait des Actes consistoriaux de l'Eglise qui se recueillait en la maison de cette princesse, extrait consigné par le célèbre pasteur Paul Ferry, dans son ouvrage intitulé Observations séculaires, dont le manuscrit se conserve à la Bibliothèque de Metz.

Extrait.

« Du 1 i mars [lo98]. — Estant son Altesse arrivée en ceste ville d'An- « gers, dès le \ l de ce mois, a esté remonstrée par le S'' de la Paye, qu'il « estoit besoing de disposer l'Eglise à la célébration de la sainte Cène, au « jour de Pasque prochain, 22 de ce mois. A esté advise de garder l'ordre n qui ensuit : Qu'on fera des méraux. Que la Cène sera administrée et dis- « tribuée par ledit S"" de la Paye, assisté de M. Charnier, ministre de la « Parole de Dieu. Que la prédication et administration de la Cène se fera (i en la cour de la maison de Son Altesse, lieu fort propre et commode à « cela. Que ledit S'' de la Paye fera la prédication du matin, et ledit S'' Cha- " mier, celle de l'après-dinée. »

La présence de la sœur de Henri IV à Angers à cette date, et la célébration du culte réformé sous ses auspices, sont aussi attestées, avec quelque détail, par le Joiirnal de Louvet, clerc au greffe du siège présidial de la ville, curieux document publié dans la Revue de l'Anjou (tome II de '1854, page 308). Voici en quels termes :

«■ 'lo98. — Le jeudy, 12^ jour dudit mois de mars, audit an, Madame • sœur du Roy, est arrivée à Angers, laquelle a esté logée en la rue des <i Cordelliers, près le Collège-Neuf (l'Oratoire), au logis de Longueville... »

« — Le vendredy, 13« dudit mois, Madame a fait faire le presche dans « son logis, en ladite rue des Cordelliers, où tous les huguenots et héréti- « ques et faux catholiques de la ville d'Angers sont allés... »

1598 (Avril). — Édit de Nantes. — Pages 109, 193.

Dans V Histoire du Calcinisyne (Paris, in-i°, I686\ ouvrage composé par Soulier, prêtre et syndic du clergé, pour justilier et glorifier la révocation de l'Edit de Nantes, on lit à la page 319 que le 28 février 1598 « l'as-

1508 (avril), edit de iv antes. 217

« semblée de Cliàtelleraolt députa les sieurs de Conslans, de la Mothe, de « Gazes et Charnier, ministre de Montélimar, pour aller conclure et finir « cette grande et longue négociation [de l'Edit] avec le Roy. » Après quoy le Roy étant à Nantes et « les commissaires du Roy s'y étant aussi rendus « avec les députés de l'Assemblée de Châtellerault, l'Edit fut enfin signé « avec les articles secrets le dernier jour d'avril. Il fut délivré aux quatre « députés de l'Assemblée, qui mirent en bas le certificat qui s'ensuit :

« Nous Jacques de Constans, gentilhomme ordinaire de la chambre du « Roy et gouverneur des Isles et château de Marans; Jean Dupvy, écuyer, '( sieur de Cazes, gentilhomme ordinaire de la chambre de S. M.; maistre « Nicolas Grimoult, escuyer, sieur de la Motte, lieutenant-général civil et « criminel au bailliage d'Alençon ; et Demie/ Charnier, docteur en théo- (( logie, députez vers Sa Majesté de la part de l'Assemblée de ceu\ de la » Religion, estant de présent à Châtellerault par la permission de Sa Ma- « jesté : Certifions que l'Edit cy-dessus transcrit, est en tous ses points « conforme et semblable à ce qui a été traité et convenu avec nous par « Nosseigneurs du Conseil de SadUe Majesté; et le recevons d'icelle avec « très humbles actions de grâces, et prières à Dieu pour la prospérité de '( Sadite Majesté.

« Fait à Nantes, le dernier avril mil cinq cent quatre-vingt dix-huit.

« CONSTAXS.

n DE CAzEs-Drprv.

« Grimoult.

« ClIAMIEU. »

Bien que les actes de l'Assemblée de Châtellerault ne disent rien de la mission dont il s'agit ici, on ne saurait révoquer en doute l'authenticité de ce document. Nous l'avons trouvé, comme l'indique Soulier, dans le tome 208, page /i97, de la collection Brlenne, à la Bibliothèque impériale.

Le même auteur dit plus loin (page 332) :

« Sans attendre l'enregistrement de l'Edit de Nantes au Parlement de " Paris, l'Assemblée de Châtellerault députa le ministre Chamier au Synode " national, (jui fut tenu à Montpellier au mois de juin de l'an 1598, pour y « rendre compte de ce que l'Assemblée avoit fait pour obtenir cet édit, et «des autres concessions qui leur avoient été faites par des brevets parti- « culiers. »

L'article 12 des faits généraux du Synode national de Montpellier, ouvert le 26 mai 1598, porte en effet ce qui suit :

« Mess. Charnier et Brunier ayant apporté des lettres de l'Assemblée de « nos frères tenue à Châtellerault avec l'Edit que le Roi nous a accordé, « et nous ayant fait entendre que, faute d'une bonne union et intelligence, « nous n'avions pas obtenu tout ce qui nous étoit nécessaire pour la liberté « de notre religion, le jugement de nos causes, et la sûreté de nos vies : le « Synode ayant connu ce défaut a protesté de vouloir étroitement, et mieux « que ci-devant, observer l'union jurée et signée à Plantes, tant pour suivre « toutes les clauses de l'Edit accordé, que pour les autres choses néces- " saires pour notre religion, et légitime conservation sous l'obéissance du « roi, et de tenir la main à faire observer la même chose à toutes les pro- « vinces, et procéder par censures ecclésiastiques contre ceux qui seront (( réfractaires aux remonstrances qui leur en seront faites. »

1598. — Charnier fio^ure parmi les notables de la religion en Dauphiné. — Page 109.

Nous avons trouvé à la Bibliothèque impériale, dans la collection dite des Cinq-cents de Colbert (t. 16, f. 3."3I), une Liste des jio7ns des principaux de la religion en 1398. Charnier compte parmi ceux du Dauphiné, que voici :

Députés pour Dauphiné et Provence.

Marc VuLsoN, Conseiller du Roy en sa cour de Parlement de Grenoble.

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