LIBER QUARTUS
Cap. 1. De nexu. — 2. De disparalione. — 3. De regibus cum ministris.— -
4. De regibus inter se comparatis. — :>. De prosodia poetica. — 0. De syntaxis unidentibus. — 7. De nUD praefixis. — S. De a^îDI praefixis. —
9. De prima affixione. — 10. De secunda aflixione. — 11. De tertia aflixione. — . 12. De appositione. — 13. De convenientia. — 14. De regimine. — <o. De relatione. — 16. De zeusraate.
lOlG (?). -~ Denx sonnets snr les Tragiques de d'Anblyné.
Pages 135, 199.
Les Tragiques de d'Aubigné, ces sublimes imprécations de la Némésis du XVI* siècle, furent << donnés au public par le larcin de Prométhéey » en 1616. La seconde édition, qui est plus rare encore que la première, contient deux sonnets de Daniel Chamier. Mais cette édition ne porte ni date ni lieu d'impression. De quelle année est-elle? De quelle année sont nos deux sonnets ?
M. Lud. Lalanne, qui vient de nous rendre le signalé service de réim-
primer enfin avec un grand soin, dan^i la Bibliothèque elzévirienne de P. Jannet (Paris, 1837), ce chef-d'œuvre depuis si longtemps introuvable, M. Lalanne lui-même ne forme, sur la date de cette seconde édition, aucune conjecture.
Ce qui est certain, c'est que les sonnets, inspirés par la lecture de la première édition des Tragiques, sont par cela même postérieurs h 1616. Contiennent-ils quelque indice historique? Y voit-on quelque allusion à des faits contemporains de nature à former une donnée précise!^
Il est bien parlé, dans le premier sonnet, du feu qui
Encouragea l'autheur au mespris du couteau, Et d'un funeste arrest, et d'une 7nort civile,
faisant ainsi d'Aubigné martyr avant sa mort. Charnier dit que l'esprit qui anime le poëte dans sa vive et admirable peinture des persécutions exercées contre les réformés, est ce même esprit qui avait enflammé le zèle héroïque des fidèles eux-mêmes, et qui lui a fait braver une sentence de mort. Mais de quelle sentence peut-il s'agir ici?
D'Aubigné nous dit en ses Mémoires (Ed. Lalanne, p. 14")}, que lorsque, voulant le rendre odieux à Genève et empêcher son second mariage (1623), on imagina de le faire condamner <> à avoir la teste tranchée pour avoir revestu quelques bastions de pierre d'une église ruinée l'an 1362, » c'était « le quatriesme arrest de mort pour crimes pareils qui lui ont tourné à gloire et à plaisir. » Nous ne savons pas bien l'histoire et la date de ces quatre arrests, mais l'un d'eux est sans nul doute celui qui motiva la pièce de vers qu'on trouve dans ses Petites Œuvres meslées, et qui est intitulée Prière de Vautlmir, prisonnier de guerre et condamné à mort, fait se rapportant à l'année '1586; celui du parlement du 4 janvier 1620, qui condamna son Histoire universelle à être briilée à Paris par la main du bourreau, dans la cour du Collège royal, doit être un des deux autres. Nous aurions donc à opter entre ces deux sentences, dont l'une remonte à cette partie de sa vie où d'Aubigné venait de composer les Tragiques, et l'autre est postérieur de trois ou quatre années i leur première publication. Or, Chamier est mort en octobre 1 62 1 ; est-ce dans cette dernière période de son existence qu'il aurait écrit les deux sonnets? On était alors au milieu de graves complications politiques. N'est-ce pas plutôt après avoir lu, dès son apparition, le généreux poëme de d'Aubigné, et par conséquent avant l'arrêt du 4 janvier 1620? Mais alors quel est donc le « funeste arrest » et la « mort civile » contre lesquels le poëte était fortifié par ce même feu qui fît aussi les martyrs? Nous avouons ne pas bien nous rendre compte de cette difficulté, et, pour couper court, nous plaçons les deux sonnets à la date de la première édition des Tragiques.
1616. DEUX SONNETS SUR LES TRAGIQUES DE d'aUBIGNÉ. 343
Ces sonnets, ils ne sont certes pas sans défauts et ne valent pas le long poërae qu'ils veulent glorifier ; mais ils ne sont pas non plus sans quelque valeur. Il y a de la pensée et un accent un peu rude, comme celui de d'Aubigné lui-même, mais aussi une certaine verve, ce nous semble, dans plusieurs de ces braves vers. On aime surtout à y trouver un sentiment énergique des haines vigoureuses du grand poëte, son digne coreligionnaire, une adhésion enthousiaste à ses généreuses hyperboles.
DEUX SONNETS DE DANIEL CHAMIER l'on pour mettre ad devant dd livre intitulé Les Feux.
Pour les Feux.
Un mesme esprit de feu lit la saison fertile
De champions de Christ, qui au feu, qui en l'eau, . t*
Et aux fers ont monstre ce courage nouveau I»,
Et paisible aux torments, et en la mort facile.
Mesme feu anima cet angélique style Qui fait florir les morts, et revivre au tombeau : Encouragea l'Autheur au mespris du couteau, Et d'un funeste arrest, et d'une mort civile.
Tesmoin des saincts tesmoins, vray martyr des martyrs, Tu te raesle avec eux pour le moins de désirs. Chacun de vous fait part de l'estat où vous estes,
Et la prend de l'autruy : car en changeant de sort. Tu les fais, Aubigné, après leur mort poètes, Ils te font, Aubigné, martyr avant ta mort.
CETTDi-ci EST POUR METTRE AU DEVANT DES Jugements (1).
Et VOUS ne pensiez pas, ô monstres de nature, Vous ne le croyiez pas qu'il y eust dans les cieui Un Dieu qui recherchast, et juste et curieux, Vos forfaicts pour en faire une vengeance dure.
Voyez-le, ô malheureux ! dans la belle peinture Des tableaux d'Aubigné : Et conséquentieux Vivez doresnavaut sans desmentir vos yeux Repeus des doctes traits de cette portraiture.
(1) Nous avons dit que le IV-^ des sept livres qui composent les Tragiques est intitulé les Feux, et présente le tableau des persécutions exercées contre les réformés. Le titre du VU" livre est Jugement (non les Jugements), et c'est l'effrayante peinture de l'expiation suprême qui attend les impies et les persécuteurs : les tyrans, la papauté, les apostats. C'est là que le poëte, leur montrant un juste juge et exécutant sa sentence, les plonge en cet enfer d'où ne sort Que l'éteruelle soif de l'impossible mort !
Oae ferez-vous, meschans? Les bons meurent da peur, Aux foudres de ces vers qui leur font voir l'horreur De vos maux, et des maux qui vos maux vont suyvant.
Braves vers, graves vers, qui d'une voix terrible Vous crient : 0 tyrans! voyez qu'il est horrible De choir entre les mains de ce jjrand Dieu vivant!
1617 (mai-Juin). <— Synode national de Yitrè. Travanx théolo- Ifiques de Clianiier. Projet de correspondance et d'union de doctrine avec toutes les Eglises orthodoxes. — Pages 36, 157, 195,
Le vingt-deuxième Synode national se réunit à Vitré, en Bretagne, du 18 mai au 18 juin 4617. Les articles qui concernent Charnier sont les suivants ;
Art, XXIV des Matières générales : « Le sieur de la Vialle, l'un des députés du Haut-Languedoc, a présenté à la Compagnie des lettres du sieur Chamier, pasteur et professeur en théologie à Montauban, avec des mémoires par lesquels il fait entendre jusqu'où il est parvenu dans la composition du Corps des controverses qu'il avait été prié de dresser par le Synode national (le la Rochelle : sur quoy la Compagnie ayant appris qu'il y a trois volumes prêts, dont il a désigné les matières dans les susdits mémoires, elle a ordonné qu'il en serait remercié, et que les deux mille livres qui lui ont été ci-devant fournies par le Synode national de Privas, lui demeureront pour ses peines et frais, et afin que le public ne soit pas frustré plus longtemps (lu fruit de cet ouvrage, attendu que depuis plusieurs années elle a chargé les consistoires de Paris et de Lyon d'en pro(^urer l'édition, en traitant pour cela avec les marchands imprimeurs et libraires desdits lieux et de Genève, lesquels seuls, ou en société, ont accoutumé d'entreprendre des ouvrages de longue haleine, pour faire mettre lesdits trois volumes sous la presse, à Genève ou en Allemagne : et en cas qu'ils ne le veuillent pas faire sans avance, ils pourront s'obliger de leur fournir une somme de 3,000 livres, laquelle pour cet effet demeurera entre les mains du sieur Du Caudal, pour (*'tre donnée aux imprimeurs qui s'en chargeront, moyennant aussi qu'après l'impression faite, ils seront tenus de donner auxdits Consistoires de Paris ou de Lyon, selon le contrat qui sera fait avec eux, autant d'exemplaires desdits livres qu'il en faudra pour le prix desdites 3,000 livres, à quatre deniers la feuille, lesquels exemplaires seront débités par lesdits Consistoires,