SYNODE NATIONAL DE VITRE
à un prix raisonnable, aux pasteurs et autres de ce royaume qui en désireront, après en avoir donné auparavant une douzaine à l'auteur, qui lui seront rendus chez lui quittes de tous fraix; et ceux qui seront chargés des autres exemplaires, en rendront compte devant un Synode national. Et alin que cette résolution puisse être mise en exécution au plus tôt, ledit sieur Charnier est prié d'envoyer promptement, aux susdits Consistoires les titres desdits livres, le nombre des cahiers, et le nombre des feuilles de chaque cahier, avec une feuille écrite de même que celle desdits cahiers, pour juger de la grosseur de tout cet ouvrage : et après que les deux Consistoires susdits auront travaillé à ce que dessus, ils se communiqueront réciproquement ce qui leur paraîtra convenable pour faire une convention la plus avantageuse qu'il leur sera possible, laquelle étant stipulée et signée, ledit sieur Chamier fera porter les manuscrits au lieu qui lui sera indiqué par l'un des deux susdits Consistoires, aux frais de l'entrepreneur, qui lui seront déduits les premiers sur le nombre des exemplaires qu'il devra donner à ceux qui contracteront avec lui, selon la forme ci-dessus prescrite, par laquelle ils obligeront lesdits imprimeurs de rendre l'ouvrage accompli dans un an au plus tard, après la date dudit contrat. »
Art, XXV. ibid : « En suite de l'ordonnance pour l'impression des livres du sieur Chamier, Thomas Portau, imprimeur, à Saumur, s'étant présenté pour faire des offres là-dessus, il a été reçu, et le Consistoire de Saumur chargé de contracter avec lui, en prenant avis de M. Du Plessis-Mornay et du sieur Rivet, pasteur de l'Eglise de Thouars, après que ledit sieur Chamier avait promis de mettre sa copie entre les mains du sieur Portau, qui, sur son avertissement, les ira prendre de ses mains et à ses dépens. Outre cette condition dudit contrat on y ajoutera les suivantes, stipulées avec ledit Portau, qu'il donnera les volumes complets d'ici à la foire de Francfort, et qu'il les portera sur les lieux desdits Consistoires de Paris et de Lyon, dans le temps de Pâques de cette année, qu'il les imprimera en grand papier, sur lequel on pourra écrire sans le laver, tel qu'est celui du Traité de l'Eucharistie de M. DuPlessis, et de semblables marges, et de 15 livres pesant chaque rame, ou environ ; que le caractère sera un petit Cicéron, imprimés par colonnes, de fontes neuves au commencement, et renouvelées au besoin selon l'avis du Consistoire contractant; que l'italien et le grec des citations, et l'hébreu aussi, seront neufs et proportionnés ; que les exemplaires qu'il donnera aux Eglises, suivant les clauses de l'article précédent, seront en partie retenus à Saumur, pour y être débités, et en partie envoyés par ledit Portau, à Lyon et à la Rochelle, le tout aux Consistoires qui [donneront ordre pour en faire la distribution. Et au cas que ledit sieur Chamier ne veuille pas délivrer son manuscrit audit Portau, le Consistoire de Paris est
chargé départager avec le sieur Du Candal les 3,000 livres retenues entre ses mains, et d'envoyer à chaque province ce qui lui appartiendra suivant ce partage. »
L'art. V des additions aux Matières générales, porte que «plusieurs graves personnages ayant proposé au Synode de Tonneins touchant les moyens d'avoir une bonne correspondance avec toutes les Eglises orthodoxes, atin de procurer une fort étroite union de doctrine entre elles, et d'y convier même ceux qui ont divers sentiments, et toutes les provinces ayant montré qu'elles ont fait tout ce qui leur a été possible pour s'acquitter de ce devoir, la Compagnie a trouvé expédient que l'on attende que ceux qui ont fait de telles ouvertures pressent davantage cette aii'aire, et que cependant certains personnages s'appliquent eux-mêmes à dresser un projet de tout (-e qu'ils jugeront nécessaire : et pour cet effet on a nommé quatre ministres pour y travailler, à savoir, les sieurs Rivet, pasteur de l'Eglise de Thouars; Chauve, pasteur de l'Eglise de Sommières ; Charnier, pasteur et professeur de l'Académie de Montauban; et Dumoulin, pasteur de l'Eglise de Paris; lesquels pourront conférer tous ensemble à Saumur, s'ils sont invités d'y aller, et travailleront conjointement avec M. Du Plessis et les pasteurs de l'Eglise et professeur en théologie de l'Académie de ladite ville, et après avoir délibéré sur cela, ils en feront un certain projet qu'ils envoyeront dans chaque province pour y être examiné par les Synodes, qui envoyeront leurs députés bien instruits et préparés sur toute cette matière au synode national prochain, lequel verra plus particulièrement ce qui pourra servir et être employé pour ce dessein. »
1618. — Synode de Dordrecht. Charnier et trois autres ministres empêchés de s'y rendre. — Page 193.
André Rivet écrivait de Thouars, le 42 septembre 1618, à la duchesse de la Trémouille (Charlotte de Nassau, lUle de Guillaume d'Orange), alors malade aux eaux de Spa : « ...Vous aurez bonne part de voir le contentement que prennent tous les gens de bien, de voir monseigneur voslre frère advancer si heureusement en la résolution qu'il a prise de rompre les mauvaises factions, et maintenir la pureté de la religion. Si le Synode national [de Dordrecht] n'y est retardé, vous y pourrez estre au temps de sa tenue. Plusieurs m'escrivent que j'y serai appelé avec MM. Charnier, Du Moulin et Chauve ; mais j'y prévoy beaucoup de difficulté à la mission et aux mé-