‹ 1564-1621, Daniel ChamierChapitre 58 sur 80 · PUBLIÛATION DE LA « PANSTRATIE CAÏHOUQDE. V · texte numérisé non relu

PUBLIÛATION DE LA « PANSTRATIE CAÏHOUQDE. V

Les Actes du Synode national de Castres, tenu de septembre à novembre 1626, rendent compte en ces termes de la présentation qui y fut faite de l'ouvrage posthume de Daniel Charnier :

Chap. XXXI. (Matières particulières) : « M. Charnier, pasteur de l'Eglise deMontélimar, présenta à ce Synode les ouvrages de son très honoré père, remplis d'une érudition très profonde, lesquels il publia, après en avoir été prié par plusieurs Synodes nationaux précédents. La Compagnie, jugeant qu'il était très équitable de marquer l'estime qu'on avait toujours eue pour son père d'heureuse mémoire, et de témoigner de la reconnaissance pour tant de services qu'il avait rendus à nos Eglises, fit un présent audit M. Chamier de la somme de trois cents livres pour les livres qu'il dédia à ce Synode, laquelle lui fut délivrée par M. Couper, de la masse générale de nos Eglises, et on ordonna de plus qu'on lui assignerait deux portions sur l'Etat de la province du Dauphiné, pour lui être payées avant le Synode national

suivant • (1).

Ce grand travail est, de l'avis de Bayle et de tous les auteurs, le beau titre de Charnier, comme écrivain. 11 est bien nommé : Guerres de l'Eternel ou Ordre universel de Bataille. C'est le système de polémique chrétienne le plus complet qui existe, et l'on peut dire que, sur la plupart des questions, la matière y est épuisée. « Une lecture immense, dit M. Haag, une étude approfondie des écrits des plus célèbres théologiens anciens et modernes, une activité infatigable à recueillir et à discuter leurs sentiments, une connaissance assez vaste des langues savantes et des antiquités chré-

(1) Les Eglises n'étaient pas riches, et ce n'était pas leur moindre défaut. Le payement de la somme allouée ici à Adriea Chamier souffrit de longs délais avant d'être entièrement opéré. Tous les synodes nationaux qui suivirent eurent à s'en occuper.

Synode nat, de Charenton, septembre et octobre 1631. Art. XXV III du chap. XIX : « On ordonna que l'on payeroit à M. Charnier, pasteur de l'Eglise de Mon • télimar, l'argent que le Synode de Castres lui avait promis à l'occasion de l'impression des excellents ouvrages de son père, qui éloit un ministre très éclairé mort en ce temps-là. »

Syn. nat. d'Alençon, mai-juillet 1637 : Art. II du chap. XI : « Cette assemblée se souvenant de la promesse que le dernier Synode national avoit faite à M. Chamier, décréta qu'elle seroit accomplie aussitôt que Dieu en auroit fourni les moyens à nos Eglises. »

2"= Syn. nat. de Charenton, en décembre 1644 et janvier 1C45 : Art. II du chap. X : « Cette assemblée réitéra les promesses que le Synode national, tenu pour la seconde fois à Charenton en 1631, et celui d'Alençon en 1637, avoient taites à M. Chamier, et l'assura qu'aussitôt que nos Eglises auroient quelque peu d'argent, on auroit soin de les accomplir ponctuellement. »

Syn. nat. de Loudun, novembre 1659 et janvier 1660 : Art. XXX du chap. XI a L'assemblée se ressouvenant que le dernier Synode national avoit promis M. Chamier quatre cents livres qu iétoient le reste d'une plus grosse somme que quelqu'un desSynodes nationaux précédents lui avoit accordée..., on décréta qu'au cas que M. Ducandal eût quelque argent entre les mains, ledit M. Charnier recevroit la somme ci-dessus avant toute autre personne.»

tiennes, et surtout une habileté peu commune à réfuter d'innombrables objections contre les doctrines de son Eglise, telles sont les qualités qui distinguent cet ouvrage et le placent hors ligne. Charnier s'était fait une loi de ne rien omettre d'essentiel ; il l'a observée si fidèlement qu'on pourrait lui reprocher d'être descendu quelquefois à des détails de peu d'importance. Son style toujours clair, correct, précis, semé de traits satiriques, se laisse par moment emportera la violence; mais la modération était-elle toujours possible dans le siècle de luttes passionnées où il vécut? »

« Chamier, dit Stœudlin, dans son Histoire des sciences théologiques, a profondément pénétré dans l'examen de la doctrine catholique; il l'attaque avec beaucoup de force et de sagacité, en puisant tour à tour ses preuves dans l'Ecriture, les Pères, la tradition, l'histoire et la philosophie. L'ouvrage n'est point prolixe, malgré sa grande étendue ; il est singulièrement plein, riche, abondant. » — Schrœck en porte un jugement conforme.

La mort avait empêché Chamier d'ajouter à son œuvre la controverse de l'Eglise, vaste matière, ditBayle, et qui aurait fait l'objet d'un V° tome. Le dernier Synode national, tenu à Loudun, en 1659 voulut y pourvoir, en ces termes :

Art. XXIII du chap. XVll : « Pour finir ce grand ouvrage de feu M. Chamier sur les controverses de religion, les sieurs Garrissoles et Charles furent choisis et nommés pour écrire De reali prœsentia et Transsubstantiatione^ pour trailer des questions De Ecclesia etconciliis; M. Amyraud, pour écrire De manducatione spirituali et De sacrijîcio missx ; M. de la Place et le susdit M. Garrissoles furent priés et exhortés de publier leurs ouvrages De Christo redemptore. Et on pria aussi les sieurs de Chanvernon, Mestrezat, de Croi, Aubertin et Daillé de faire imprimer leurs ouvrages qu'ils avoient entrepris et achevés, pour l'éditication commune de nos Eglises. »

Dès l'année 4 627 parut à Rome un écrit dirigé contre la Panstratia. En voici le titre : Paganini Caudentii, sacrx theologix doctoris, adversus Danielis Chamieri Panstratiam, velitationum pars prima. Romae, 1627, in-8°.

1620. — Complément à la « Panstratia catholica » publié par Alstedius. — Pages 159, 199.

Le savant théologien allemand G. -H. Alstedius compléta, en 1629, la Panstratia catholica, en y ajoutant un supplément au tome lYet au tome V.

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