DE CHAMIER A LA COUR
« de reffus ou delay (;omme par le passé qu'il plaise à Vostre Majesté com- « mander au premier conseiller de vostre Conseil d'Estat, ou Maistre des « Requestes trouvé sur les lieux d'eslablir et dresser ledit collège en l'im- « position accordée pour l'entretenement d'icelluy. » {Jrch. imp. K 107 n° 34.)
Henri IV fit expédier de nouvelles lettres de jussion , avec ordre au Parlement de les vérifier dans les trois mois ; nous ne savons si ce fut avec plus de succès. L'année suivante, le synode provincial décida « que le collège « demeureroit établi dans la ville de Die, » puis le 20 juin 1 607, il le transféra à Montélimar comme lieu plus commode, et Daniel Chamier en fut nommé recteur. Quick cite le programme en latin qu'il fit publier pour annoncer l'ouverture des cours , fixée au \ <"■ octobre de cette même année. — On voit dans le Factum rédigé en 1684 par le prêtre Soulier, et publié par lui dans son Histoire du Calvinisme (p. 632), le parti que le clergé catholique tira plus tard contre l'académie de Die de ces mutations successives , dont il avait été lui-même le principal artisan, par les oppositions et les entraves de toutes sortes (ju'il avait suscitées (1). Si l'on peut croire la version de Soulier, la question qui s'éleva alors fut celle de savoir si le collège avait pu être valablement transféré à Montélimar. « D'une part , dit le Factum , les catholiques de cette ville s'opposaient à la translation; de l'autre, les prétendus réformés de Die soutenaient que la décision synodale du 28 octobre 1604 devait être maintenue, et que le collège devait rester à Die. Cette contestation fut évoquée au conseil, le 12 septembre '1607. »
Nous voici parvenus à l'époque où se place le voyage de Daniel Chamier : nous allons le laisser s'acheminer à petites journées vers Fontainebleau, où la Cour se trouvait alors. Arrivé le 8 novembre, il attendra non pas six mois, mais une quinzaine de jours, sa première audience du Roi. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il aura fort à faire, pour se défendre et contre les accusations auxquelles il est en butte et contre les cajoleries dont il est l'objet. Ce n'est pas le côté le moins curieux de sa naïve relation. Ce qui est vrai encore, c'est qu'il aura beaucoup à solliciter pour son affaire du collège, et n'en aura pas moins perdu son temps et sa peine, puisque, le 28 février 1 608, le conseil jugera contre lui. L'arrêt, donnant raison à ceux de Die contre ceux de Montélimar, ne fut dressé et signé que le 13 mai. Chamier avait, ainsi (lu'on le verra, quitté Paris le 1 6 mars.
(1) Nous reproduisons ce Mémoire à la suite du Journal , dont il formera un utile complément, en ce qui touche l'histoire de cette académie, qui compta Chamier parmi ses recteurs, et fut pour lui roccasion d'une importante instance.