CHAPELLE ROT\LE DE LA SAVOTE
Du mariage que Jean Des Champs avait contraclé le 4 avril 1753 avec Judith Chamier (morte le 27 décembre 1801) étaient nés six enfants, sa- \o\v : ]° Jean-Ez-échiel , né le 30 mai 1734, dont il va être question ci-après; 2° Dorothée-Sophie, née le 21 septembre 1755, mariée en 1784 à JohnMackie, et morte à Vevey en 1819; 3" Suzanne-Judith, née le 7 octobre 1759, mariée en 1812 à Thomas Cave Wincome, et morte en 1820: — et trois autres enfants morts en bas àe;e.
1?51:-1831. «lean-E^zécIiiel (Oes Chanii)s-)Ciianiier. Esq. Sa postérité. — Pages 107, 10.
Jean-Ezéchiel Des Champs, né le 30 mai 1754, fut présenté au baptême par Ezéchiel Barbauld, pasteur de l'Eglise wallonne de Londres, par Jean Chamier, son oncle maternel, et par Suzanne Chamier, sa grand'nière. A l'âge de dix ans (mai 17G4), il reçut la faveur très recherchée d'une bourse royale de la reine Charlotte, et entra ainsi au collège, dit Charter-House, où il eut pour condisciples le futur archevêque de Cantorbéry Manners-Sutton, lord Ellenborough et Majendie, qui fut plus tard évêque de Bangor.
Il y fit de brillantes études et devint un excellent humaniste. Mais lorsque le moment d'aller à l'Université et de se préparer à la carrière ecclé-
siastique fut arrivé, il ne se sentit pas de vocation et tourna ses vues ailleurs. Les Indes orientales étaient le sujet des lectures et des conversations qu'il affectionnait; aller dans l'Inde devint son plus cher désir. Il s'adressa donc à son oncle Antoine Cliamier, alors sous-secrétaire du département de la guerre, qui fit d'abord la sourde oreille, puis voyant qu'il fallait céder, lui procura une commission d'employé dans le service civil de la Compagnie à Madras. Il partit donc en 1772.
Il s'était déjà fait connaître très honorablement, et se trouvait en congé en Angleterre en 1780, lorsque arriva la mort de son oncle Antoine, au mois d'octobre de cette même année. On a déjà vu que celui-ci l'avait fait son héritier universel, en lui prescrivant par son testament de prendre le nom et les armes de Charnier. Il obtint l'autorisation royale le 20 du même mois.
Voici la publication qui fut faite au journal officiel :
Extrait de la Gazette de Londres.
Saint-James, 21 octobre 1780.
« The King has been pleased to grant unto John Des Champs, of the city « of London and his heirs male, pursuant to the will of his uncle Anthony « Chamicr, late of Epsom, in the county of Surrey, Esq., deceased, his « royal licence and authority to take and use the surname of Chamier only « and to bear the arms of Chamier, such arms being first duly exemplified « according to the laws of arms and recorded in the Herald's office, and « also to order that this His Majesty's concession and declaration be enre- « gistered in His college of arms. »
.I.-E. CHAMIER, Esq.
Une miniature de J.-E. Chamier, peinte par Perrache en 1784, et qui appartient aujourd'hui à son fils Henry Chamier, a servi de modèle pour la gravure que nous donnons ici. On a aussi de lui plusieurs portraits peints à l'huile.
1754-1831. JEAN-ÉZÉCHIEL [dES CHAMPS-JCHAMIER. SA POSTERITE. 435
Etant retourné à Madras, Jean Charnier parcourut successivement avec distinction tous les degrés de sa carrière. Il fut nommé clief du service administratif à Vizagapatam, puis memlire du Bureau du commerce (Board of Trade) en -1795, et après avoir été quelque temps secrétaire en chef, devint en 1801 membre du Conseil de la Présidence. Il résigna ces hautes fonctions pour revenir définitivement en Angleterre, en 1805, ayant reçu de la Cour des Directeurs, aussi bien que du gouverneur, lord William Bentinck, et de tous ceux qui avaient été en relation avec lui, les marques les plus expressives de leur estime et de leurs regrets. Les souvenirs qu'il laissait dans l'Inde étaient en effet des plus honorables : on avait toujours rencontré en lui un caractère généreux et libéral, une disposition naturelle à servir ses amis, à venir en aide ;i tant de jeunes gens de mérite que le manque de fortune ou de protection aurait fait languir dans l'obscurité et le découragement. De retour à Londres, il habita Grosvenor-Place, prêta un concours actif à l'adminisl ration de plusieurs des établissements de la paroisse Saint-Georges, remplit les fonctions de trésorier de l'hôpital de ce nom, et celles de membre du conseil de l'Eglise (churchwarden), en même temps que lord Amherst, en 1819. 11 vivait dans une sorte de retraite prématurée, se bornant à la société d'un petit nombre d'amis dévoués, et à celle de ses livres qui formaient une bibliothèque composée, suivant ses goûts particuliers, de mémoires historiques, statistiques, etc. (1). Grotius
était un de ses auteurs favoris Il était sans doute à regretter qu'il eût
renoncé d'aussi bonne heure aux fonctions publiques, et que, jouissant encore de la plénitude de ses facultés et d'une santé que, par un rare privilège, le climat de l'Orient n'avait presque point affectée, il n'eût point consenti à prendre part encore à la direction des affaires de l'Inde, où son expérience et ses talents ne pouvaient manquer d'être fort utiles. Ce n'est qu'après sa soixante-quinzième année révolue, que .Jean Charnier commença à éprouver des symptômes de déclin. Ses forces physiques l'ayant graduellement abandonné, il mourut le 23 février 1831, dans sa maison de Park-Crescent.
11 avait épousé à Madras, le 1" octobre 1785, Georgiana-Grace Burnaby, fille aînée de l'amiral sir William Burnaby, baronnet, morte le 1 4 mai 1826. De ce mariage naquirent onze enfants, dont cinq tilles et six fils :
1. GeorglanaSophia, née le 19 septembre 1786, mariée le 20 septembre 1814, à Thomas-Duer.Broughton, colonel dans l'armée du Bengale, mort en 1835.
(1) Quoique très capable de se faire une réputation comme auteur, il n'avait jamais été tenté d'écrire. On a seulement de lui A meteorological account of the ■weather at Madras, from the 1 June 1787, to the 31 may 1788, in-'." ; mémoire scientifique, publié à la demande de quelques amis et devenu très rare.
436 APPF.NniCE A LA VIE.
2. Charlotte-Grace, née le ^ novembre 1787, morte le 20 janvier 1805, sans avoir été mariée.
3. Harriet-Emma, née le 27 octobre 1788, mariée le 18 janvier 1813 à George Gowan, Esq., du service civil de la Compagnie des Indes, à Madras.
4. Caroline-Louisa, née le 24 juin 1790, mariée le 7 juin 1813 à Robert- Edwards Broughton, avocat et magistrat de police à Mary-le-Bone (frère du colonel Broughton ci-dessus mentionné).
5. Frances- Amelia, née le 6 septembre 1791, mariée le 29 janvier 1818, au Rév. George Porcher.
6. George- Fitzwillian Chamier, né à 3Iadras le 14 janvier 1793, entré dans le service civil de Bombay, marié le 11 mai 1812 à i\lary-Catherine Evans, et mort i^ Bombay, le 3 janvier 1816, ne laissant qu'une fille.
7. Charles Chamier, né à Madras le 20 février 1794, mort le 2 janvier 1809.
8. Henry Chamier, né à Madras le 7 avril 179a, aujourd'hui l'aîné des tils survivants (voir ci-aprês).
9. Frederick Chamier, né à Southampton le 2 novembre 1796, commandant de la Marine royale, magistrat pour les comtés d'Essex et de Herts, auteur d'une série de romans maritimes qui ont eu du succès, et de la Continuation de l'Histoire de la marine de James jusqu'à la bataille de Navarin, ainsi que d'un Précis de la Révolution française de 1848, etc.. etc. Il a épousé le 30 avril 1832, Elisabeth Soane, petitetille de sir John Soane, le célèbre professeur d'architecture et membre de l'Académie royale. De ce mariage est née une seule fille.
10. JVilliam Chamier, né le 9 juillet 1801, d'abord au service civil de la Compagnie des Indes, et en dernier lieu ministre de l'Eglise épiscopale d'Angleterre à Paris (chapelle de la rue d'Aguesseau), marié en octobre 1834 à Emily Crookenden, tille de Thomas Crookenden, de Rushford (Suffolk). De ce mariage sont nés sept tils, dont six aujourd'hui vivants.
11. /srfîrarrf Chamier, né le 16 janvier 1807, entré dans le service civil de Bombay, marié le 19 octobre 1833 à Fanny Sewell, et mort sans postérité le 1" janvier 183G.
Il est remarquable que le seul des fils de Jean Chamier qui soit entré dans la carrière ecclésiastique ait été amené, par sa destinée, à remplir
1795-1858. HEMtY CHAMIER. SA l'ObTlhui É. 437
dans la patrie de ses aïeux, et à Paris même, les fonctions de ministre de l'Eglise anglicane.
1795-1858. — Henry Charnier, Esq. Sa postéril»'-. — Pages 107, 10.
Henry Cliamier, né le 7 avril 179;j, aujourd'liiii l'aîné des lils survivants de J.-E. Charnier, lit son éducation au collège de Winchester, et entra au service dé la Compagnie des Indes en 1813. Il se lit remarquer de bonne heure par son aptitude pour les affaires et sa connaissance des langues et des mœurs orientales, et sir Thomas Munro le choisit en 1826 pour les fonctions de Secrétaire du gouvernement au fort Saint-George. Dans la même année, ce grand homme d'Etat le désigna pour l'accompagner pendant sa tournée dans les provinces du Sud. Après avoir occupé avec succès les divers emplois hiérarchiques dans les départements civils du Secrétariat, et fait plusieurs intérims importants, il fut nommé secrétaire en chef du gouvernement en 1831. il demeura à ce poste pendant douze ans et devint alors membre du gouvernement. Au terme fixé pour la retraite, il avait accompli une carrière de trente-cinq années, et fourni cet exemple remarquable, et peut-être unique en son genre, d'un tils ayant exactement suivi les traces de son père, ayant mérité les témoignages d'une estime semblable, et rempli en dernier lieu, l'un comme l'autre, les deux fonctions les plus élevées de l'administration anglaise dans l'Inde, celles de Secrétaire en chef et de Membre du gouvernement.
M. Henry Charnier a épousé le 17 avril 1 81 0, à Madras, Anne-Antuinette- Evelina Thursby, fille de John Thursby, esq., qui mourut le 18 nove;n»;re 1837, après lui avoir donné onze eiilants, SdVOir :
1 . Georgiana-Grace , née à Pondichéry le 7 février 1 817, mariée le 22 avril 1835 à John-Chardin Wroughton, esq., du service civil de Madras, et morte le 6 décembre 1847, laissant plusieurs enfants.
2. Harriet-Maria, née le 14 avril 1818, mariée le 12 janvier 4 838 à John Richmond, esq., du service de santé de Madras, ayant postérité.
3. John- Henry Chamier, né le 27 avril 1819, mort à bord du Woodford, en mer, le 4 mars 1822.
4. Dora-Maria-Evelina, née le 22 janvier 1821, morte le â7 avril 1823,
i38 APPENDICE A LA VIE.
5. Charles- Frederick Chamier (l'aîné des fils survivants), né le 13 avril 1823, entré dans le service civil à Madras, marié le 26 juin 1849 à Florence-Lelilia-Frederica Brown, morte le i^r septembre 1851, laissant un fils, Henry Chamier, né le 17 avril de la même année. Il a épousé en secondes noces, le 18 septembre 1856, Anna Gordon Worster, fille du major William Kinnaird Worster, de l'arlillerie de Madras, et de ce mariage sont nés, jusqu'à ce jour : 1" Frederick, le 8 mai 1857, mort le 18 décembre suivant; 2° fFilliam, le 25 mai 1858.
6. f'irginia-Matilda, née le 9 août 1827, mariée le 18 décembre 1844 à James Kellie, esq., du service de santé à Madras, ayant postérité.
7. Edward Chamier, né le 30 août 1829, mort le 12 février 1831.
8. Fanny-Fîrginia-Evelina, née le 2 septembre 1830, mariée le 3 juin 1847 à James Whistler, capitaine au 7^ régiment de cavalerie légère de Madras, ayant postérité.
9. Francis-Edward- Jrchibald Chamier, né le 13 mai 1833, lieutenant, interprète et quartier-maître au 34« régiment d'infanterie du Bengale.
10. Stephen-Hennj-Edward Chamier, né le 17 août 1834, lieutenant dans l'artillerie de Madras, marié le 4 septembre 1858, à Dora, fille aînée de G. Tyrell, esq.
11. Henry -John-Frederick Chamier,' né le 22 décembre 1835, mort le 20 juillet 1837.
Marié en seconde noces, le 26 septembre 1 839, à Mary-Elizabelli Nicolls, fille du général sir Jasper Nicolls, chevalier, grand'croix de l'ordre du Bain, commandant en chef dans l'Inde. M. Henry Chamier a eu de ce second mariage quatre enfants, dont une fille et trois fils, savoir :