ARMES DES FAMILLES CUAMIER ET DES CHAMPS
Armes des familles Chamier et Des Champs.
1° Les armes de la famille Chamier sont : d'azur à une face d'or, cliargée d'un cœur de gueules; accosté de deux branches, l'une de palmier et l'autre de cyprès, placées en sautoir; accompagné de trois roses d'argent, une et deux, barbées et grenées. — Cimier {crest) : un dextrochère incliné, vêtu d'azur, à cinq fleurs de lys d'or, deux, une et deux, et manchette d'hermine, tenant un parchemin déroulé sur lequel est un livre ouvert , garni d'or. Le (out surmonté de la devise : Apeuto vivkre voto.
Les Chamier se servaient de ces armes, moins les deux branches en sautoir, antérieurement à l'entérinement qui en a été fait au Collège héraldique de Londres. C'est à cette époque que les branches de palmier et de cyprès ont été placées aux deux côtés du cœur de gueules, par allusion à la mort glorieuse de Daniel Chamier. Le cimier a été ajouté aux armes pour rappeler les services et les œuvres de cet illustre champion de l'Eglise réformée, et notamment le choix qui fut fait de lui en 1598, comme de l'un des ministres les plus capables de concourir à la rédaction de l'Edit de Nantes. Le dextrochère vêtu d'azur aux fleurs de lys d'or, représente la France. Le parchemin flgure le fameux Edit de Nantes ; le livre ouvert désigne le libre exercice, concédé par cet Edit, de la religion qui ouvre à tous les saintes Ecritures; et la devise, Jperto vivere voto, est une noble expression de ce besoin de la liberté de conscience et de culte qui, aux jours néfastes de la révocation, porta les descendants de Daniel Chamier à sacrifier leur patrie à leur foi.
! GENEROSUS FI DELIS .
2° Les armes de la famille Des Champs sont : d'azur à un lion d'or rampant, lampassé de gueules, armé d'un glaive. L'écu supporté par deux griffons d'or et surmonté d'une couronne d^àm^J^- /rt.^yKtS.
Ces armes furent, données, avec la devise Fortis, Generosus, Fidelis , par Henri IV, encore roi de Navarre, en souvenir de l'hospita-
lité qu'il avait reçue au château de Bourniquel, pn-s Bergerac.
Depuis 1780, qu'en vertu du testament d'Antoine Charnier et des lettres royales d'autorisation, Jean Des Champs a pris avec le nom, les armes des Charnier, la famille écartèle, aux premier et quatrième, de Chamier, et aux deuxième et troisième, de Des Champs.
Additions et corrections.
Malgré le temps et les soins que nous avons donnés au travail qui précède, il présente des lacunes et des erreurs, provenant le plus souvent de l'extrême didicuité que l'on éprouve à se procurer en temps utile certains livres et informations nécessaires. Nous plaçons ici, en suivant l'ordre de l'Appendice, les documents et renseignements qui nous avaient échappé ou qui nous sont parvenus tardivement pendant le cours de l'impression.
14:65-1585. — Aiicii'ii château et domaine de Charnier en Dauphiué. — Pages 77, 206, 426.
Le nom de Charnier appartient-il exclusivement à la famille qui fait le sujet de cet ouvrage, ou bien a-t-il été porté par quelque autre famille? Nous n'avons à cet égard, non plus que sur l'origine du nom, aucune donnée. Mais YHistoire de l'Eglise cathédrale de Saint-Paul-Trois-Chàteatix. parle Père L.-A. Boyer de Saint-Marthe (Avignon, 1710, in-4°), fait mention diun château de Charnier qui existait au XV« et au XVI« siècle dans la circonscription de cet ancien diocèse. Il y est dit (p. 178) que ce château fut vendu en 1465, avec la terre et château de Baumes, par Charles Astars, seigneur de Pierrelatte et chambellan de Louis XI, à Pierre de Gruel, seigneur de Saix, président du parlement de Grenoble, qui, à titre de nouveau propriétaire, fait hommage à l'évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Plus loin (p. 220) Armand Odoard achète le domaine de Charnier des héritiers de Romanet de Viennois et de Marguerite, marquise de Bernes, et rend hommage à l'évêque le 19 janvier 1549. Enfin (p. 242) vers 1585, Paul Magnin achète ledit château de Chamier de Jean de Paschal, sieur de Colombiers, avec tous les droits qui en dépendent, et prête hommage à l'évêque. Tels sont les seuls renseignements que contient à ce sujet le livre précité, et il nous a été impossible d'en obtenir de plus complets.
444 SUPPLEMEM.
1593) 1634, l'S'4:8. — Domaine de Charnier, près llontélimar.
— Page 426.
Le domaine qui est encore aujourd'hui appelé de Charnier est situé à 2 kilomètres environ de Montélimar^ près de la route de Dieu-le-Fit, au quartier de Montmartel, nommé autrefois Malmariel. M. L. Valentin, juge d'instruction à 3Iontélimar, qui a bien voulu véritier pour nous les cadastres et parcellaires conservés aux archives de la ville, y a constaté ce qui suit :
1° Dans le parcellaire de loQS, t. 1, p. 450, le domaine dont il s'a§it figure avec d'autres terres à la cote de M. Adrian Charnier, ministre.
2° Dans celui de 4 634, il se trouve à la cote de 31. Jean de Saint-Ferréol, sieur Du 3Ias (livre D, p. 3S4J, avec cette indication : Estime de M. Adrian Charnier, ministre., 30 /. 4. s. 6. d. Foir livre B. Ce livre paraît avoir été perdu.
Le domaine de Charnier lut vendu le 22 avril 1748 par M. de Saint-Ferréol à I\L de Dienne, qui le donna à une de ses petites-filles mariée à M. de Planta. Un descendant de ce dernier l'a vendu en 1841 à M. de Gailliard qui le possède actuellement.
1565. — liîeu de naissance de Daniel Ciianiier. Siou parrain, le sieur de iiaint-Romaiu. — Pages 87, 34, 83, 199, 207.
Bayle n'indique point le lieu de naissance de Daniel Chamier. L'abbé Joly, qui relève cette omission, dit que c'est Montélimar. D'après Quick, c'est le « château de Mont, près de Mores, en Dauphiné. » Où était situé ce château? Quel est cet endroit du nom de Mores, dont il était voisin? Ces désignations sont-elles bien exactes ? Nous remarquons seulement ici que, outre le nom de Montélimar, on trouve, dans le département de la Drôme, deux autres noms qui ont quelque analogie avec ces deux noms rapprochés, Mo?î^ et Mores. Ce sont Montmeyran, commune du canton de Chabeuil, près Valence, et Montmaur, dans le canton de Die (1).
Nous compléterons et rectifierons ici ce qui concerne le sieur de Saini- Romain (2), parrain de Daniel Chamier.
(1) 11 a bien existé une famille du nom de Mont on Monts, ùoni Guy-Allard a publié la généalogie; anrait-elle eu nn château de son nom près de Moras, à douze lieues de Valenne? Nous n'avons pu éclaircirce point.
(2) Sieur, et non père de Saint-Homain, comme on l'a imprimé .ci-dessus par erreur, page 207, ligne 9.
ir)97. CIIAMIER A l'assemblée GÉNÉRALE DE CHATELLEUAUT. 445
Jean de Saint-Chaumont, seigneur de Saint-Romain, archevêque d'Aix, fut au nombre des six prélats français cités en 1593 au tribunal de l'inquisition pour crime d'hérésie. Les cinq autres étaient Odet de Chastillon, cardinal etévèquede Beauvais; Jean de Barbançon, évêque de Pamiers; Jean de Montluc, évêque de Valence; Jean-Antoine Carraccioli, évêque de Troves ; et Charles Gaillard, évêque de Chartres. On sait que cette affaire n'eut pas de suite, le pape Pie IV ayant jugé prudent d'arrêter la procédure, d'après les énergiques remontrances de Clutin d'Oisel, ambassadeur de Charles IX.
159G. — Charnier député du Dauphiné à l'assemblée js^énérale de Lioudun. — Pages 33, 214.
C'est de Vulson, et non Charnier, qui ligure comme député du Dauphiné à l'assemblée générale ouverte à Saumur le 24 février 1595 ; mais dans les Actes de l'assemblée des Eglises réformées de France assignée A Loudun par permission du roi, et qui s'ouvrit le l^'" avril 1596, Charnier et de Vulson sont présents pour le Dauphiné et la Provence, avec pouvoir porté par les Actes de l'assemblée des dites provinces tenue à Grenoble les 24 et 25 février précédent.
159« (août). — Charnier à l'assemblée g^énérale île Châtelleraut. — Page 213.
L'Assemblée générale des Eglises réformées siégeant à Châtellerault, en août 1597, pour les négociations relatives à l'Edit de Nantes, avait nommé une commission composée du duc de La Trémouille , de Du Plessis-Mornay, de Daniel Chamier, et d'Agrippa d'Aubigné. Ces députés devaient s'aboucher avec le comte de Shomberg, le président de Thou et les conseillers d'Etat de Vicq et de Colignon, que le roi avait dépêchés en qualité de commissaires auprès de l'Assemblée, en lui annonçant leur départ par lettre datée du camp devant Amiens, le 10 juillet 1597. C'est dans l'une de leurs entrevues que dut se passer un fait remarquable, consigné par d'Aubigné dans son Histoire universelle (liv. V, chap. I) :
(f Je veux, dit-il, laisser à la mémoire une marque de fidèle partisan en la personne du duc de Thouars (Claude de la Trémouille), choisi avec Du Plessis-Mornay, le ministre Charnier et moy, pour contester sur les matières qui n'eussent pu, sans trop de confusion, estre digérées pas le corps de
l'Assemblée, qui estoit de soixante-dix testes et quelquefois de quatre-vingts. Le comte de Shomberg et le président de Thou estans arrivés les premiers, en attendant les deux autres, prièrent La Trémouille de faire un tour d'allée avec eux, et le président prenant la parole lui offrit, de la part du Roi, dix brevets de mestres de camp et deux de maréchaux de camp pour ses amis, et avec une pension annuelle de mille écus; à lui-même le produit du péage de la Charente pendant trente ans, pour qu'il fît renoncer l'Assemblée à la demande des places de sûreté.
« La Trémouille flt cette réponse : « Messieurs, je vous excuse, vous qui « venez de travailler pour esteindre la Ligue, et qui ayans trouvé un parti « enllé d'intérêts particuliers, ne l'avez plus tost piqué au lieu plus sensible, « que vous l'avez réduit à néant. Pour vous monslrer qu'il n'y a rien de pa- « reil parmi nous, quand vous me donneriez la moitié du royaume, refusans « à ces pauvres gens qui sont dans la salle ce qui leur est nécessaire pour « servir Dieu librement et sûrement, vous n'auriez rien avancé. Mais don- « nez -leur ces choses justes et nécessaires, et que le Roi me fasse pendre «' à la porte de l'Assemblée, vous aurez achevé, et nul ne s'esmouvra. «
'( Le président de Thou, ajoute d' Aubigné, comme nous allions à la séance, me fit ce narré, me demandant si nous avions beaucoup de tels huguenots parmi nous. »
C'est sans doute aux mêmes circonstances qu'il faut rattacher une scène curieuse où d'Aubigné fait figurer Charnier d'une façon originale, dans sa mordante satire de la Confession catholique du sieur de Sancy, au chapitre VII :
« L'effronterie de ces gens (les huguenots) a paru surtout, dit-il, au dernier traité de paix et aux assemblées qui ont duré quatre ans, où ces opiniâtres ont impudemment résisté, non-seulement aux plus honnestes députés que le Roy pût choisir en son Conseil d'Etat, mais aussi aux plus grands seigneurs de leur parti, lorsque, considérant les atîaires du royaume, ils les vouloient ployer à quelques honnestetés. Vous voyez paroistre d'entre eux, « un au front d'airain (1) » qui respondoit franchement : Ces propo- « sitions ne respondent pas à la bonne opinion qu'ont prise de nous ceux « qui nous ont envoyés. « On demande l'explication de cela ; La Valière (2) s'avance et dit en expliquant : « Cela s'appelle, Messieurs, trahir les Eglises « de Dieu. » J'ouïs ces jours M. de Vilieroy qui contoit comment lui, avec Messieurs de Rosny et de Thou, et autres, s'estans abouchés avec quatre
(1) C'est-à-dire « un huguenot, » dans le langage des courtisans.
(2) Brave gentilhomme et zélé huguenot, qui avait tenu ce langage à l'assemblée siégeant à Loudun, en juillet 159G.