‹ 1637-1714. Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 34 sur 192 · CHAPITRE n. — ie66.--i · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — ie66.--i

Les libraires-éditeurs commençaient à rechercher le talent de Le Clerc pour décorer leurs publications. Déjày en 1666, au moment de l'arrivée à Paris du graveur messin, Le Petit Tavait employé pour le PsatUierde Da/vid, par Dumont (J., 74). De Luynes lui avait fait graver un frontispice pour VHistoire de la guerre des CrothSj en Italie , Paris, 1667, in»12 (J., 80); la même année, il avait illustré la Cour d'Amour de Du Perret (J., 82), V abrégé de Cléopdtre (J., 83) et Y Histoire des Antilles du père Du Tertre ; en 1668, il gravait deux planches pour le plaidoyer de Girard van Opstal (J., 85). Enfin, en 1669, il produit son premier chef-d'œuvre en ce genre. Ce sçnt quatre pièces gravées pour la Promenade de SainU- Germain, ouvrage dédié à Mademoiselle de Scudérrj, par Louis Le Laboureur, Bailly de Montmorency, Paris, de Luynes, 1669, in-12. Cette suite est devenue fort rare. Elle l'était déjà en 1744, lors de la vente Quentin de Lorangére, à laquelle le cul-de-lampe du Laboureur : Labor et dolor a été payé 24 livres.

C'est à cette époque (1669) que l'abbé de Vallemont et Jombert font remonter les relations de Le Clerc avec Colbert. Le ministre lui fit donner, aux Gobelins, un logement qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie * avec une pension de six cents écus et

* Noos n'avons pu décoavrir la date précise de rentrée de Le Clere aux Gobelins» mais eUe se place nécessairement entre le mois de novembre l6Cr, date de Fédit qni a créé la manufacture, et le SI novembre 4673, date du mariage de Le Clerc avec la fille do teinturier en jchef des Gobelins.

qui entraînait pour l'artiste Fobligation de consacrer presqu'exclusivement son talent au service du roi.

Néanmoins, Le Clerc put achever les travaux qu'il avait commencés pour des libraires. C'est ainsi qu'il publia, en cette même année 1669, le premier volume de YHistùire sacrée en tableaux^ qui parut successivement en trois volumes, chez Th. JoUy.

L'auteur de cet ouvrage est le même Oronce de Brianville qui avait eu l'idée du fleuron de Jason. Sa prose valait mieux qne ses vers^ aussi son HiS'toire sacrée eut-elle un immense succès , auquel la richesse, la variété et la perfection des gravures de Sébastien Le Clerc contribua pour beaucoup.

Dans cette suite, qui ne comprend pas moins de 152 planches (J., 93, 94 et 116), notre artiste est arrivé à l'un des points culminants de son talent et désormais il n'en descendra plus. Loin de là, il montera encore, il montera toujours ; et chose remarquable ! il se maintiendra sur ces sommets jusqu'à la fin de sa carrière, sans jamais s'en écarter, sans qu'aucune défaillance se remarque dans son imagination ou dans sa main. Désormais, il ne produira que des chefs-d'œuvre.

Ârrétons-nous à celui-ci, qui est le premier en date. C'est, ainsi que nous l'avons dit, V Histoire sacrée en tableaux^ par Oronce de Brianville.

Comme cet ouvrage est inexactement décrit dans le Manuel du libraire de Brunet, et même dans Jombert, nous croyons devoir donner les indications

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