CHAPITRE n
propres à reconnaître le premier tirage de ces jolies planches.
Les deux premiers volumes comprennent l'Ancien Testament ; le troisième est réservé à la Loi Nouvelle.
Le tome premier se présente indifféremment sous la date de 1669 ou celle de 1670 ; mais comme il pourrait arriver qu'on ait adapté un titre portant l'une ou l'autre de ces deux dates à un exemplaire de la seconde édition de 1671, ou même d'une édition encore plus récente , comme celle de 1679, il importe d'indiquer les caractères matériels qui distinguent la première édition de la seconde.
La première édition ne porte, au-dessous des vignettes représentant chaque sujet, aucune indication chronologique ; tandis que, dans le tome premier de la seconde édition, on trouve à gauche l'an du monde, et à droite, l'année avant Jésus-Christ. Ces indications se rencontrent toujours dans le tome second, quelle que soit l'édition.
Dans la première édition, les figures de la planche représentant Adam et Eve mangeant le fruit défendu, sont plus petites que dans la seconde ; en outre, l'estampe de la page 43 représente Loth marchant ; tandis que, dans la seconde édition faite en 1671, Loth est représenté dans une caverne, assis entre ses deux filles.
Mariette indique avec raison {Abecedario, t. III, p. 103) que la planche représentant l'inceste de Loth ne se trouve pas dans la première édition. c Sans doute, dit-il, que cette planche fut supprimée 9 à cause du sujet. }^ Noua doutons que la cause de
celte suppression soit celle que signale Mariette, car la scène de l'inceste se trouve représentée dans la seconde édition, et son absence est un des signes qui servent à distinguer la première édition de la seconde. — Enfin, dans ce même tome premier de la première édition (ou tout au moins du premier tirage), on a placé la vignette représentant le passage du Jourdain (page 173) au-dessus du texte relatif à la mort de Moïse, et réciproquement. Cette erreur n'existe pas dans les exemplaires de la seconde édition. — Voilà pour le tome premier*.
Quant au tome second, il peut être daté de 1670 ou de 1671, et les épreuves en sont également bonnes, à la condition qu'on y reconnaîtra les remarques suivantes : Dans les exemplaires du premier tirage , la planche de la page 41 ne porte pas le nom de Le Clerc, tandis que, dans la seconde édition, la vignette de cette page se présente avec le nom de Le Clerc, et la planche est entièrement changée (Jombert, (t. I, p. 129). Dans la planche gravée pour l'édition première , David est à droite et TËtemel à gauche. C'est le contraire dans la planche gravée pour la seconde édition. En outre, l'ange exterminateur, qui est sur le premier plan dans la première édition, se trouve au dernier plan dans la seconde. Néanmoins nous avons rencontré la planche de la première édition dans un exemplaire de la seconde et toujours sans le nom de Le Clerc. La remarque
* Cette erreor peni enster sealement daos an tirage des planches, sans qu*elle se trouve reproduite dans les exemplaires de la même édition provenant de tirages difTêrents.
C»APITRE n. — «066-1673. 71
indiquée peut donc n'être pas toujours exacte. Le meilleur moyen de s'assurer que le tome second est réellement de premier tirage , est de comparer les caractères d'impression de ce volume avec ceux du tome preinier. Lorsqu'on a reconnu l'antériorité du tirage pour le tome premier, si les caractères du second volume sont identiques à ceux du premier^ la priorité du tirage du second volume est certaine, car on a employé des caractères différents pour les éditions postérieures à la première.
Enfin, la première édition du tome troisième doit porter la date de 1675 et le nom de Th. JoUy ou de Charles de Sercy. Nous ne connaissons pas de différences matérielles dans le corps de ce volume qui est moins rare que les deux premiers.
On rencontre quelquefois des épreuves de tout ou partie de cette suite sans aucun texte au verso, et qu'on présente comme ayant été tirées avant la première édition. Il est possible qu'il en existe de telles, mais les épreuves sans texte que nous avons vues provenaient de tirages exécutés après les éditions, ce dont témoignait suffisamment la faiblesse des épreuves.
L'auteur de cet ouvrage est, comme nous l'avons dit, Oronce de Brianville. Il était abbé de Saint- Benoit de Quinçay-lès-Poitiers et aumônier ordinaire du roi. Il avait en grande estime le talent de Le Gerc, et il appréciait particulièrement € ces figures de la Bible que M. Le Clerc a gravées à l'eau-forte avec cette grande habileté qui le rend si digne de cette réputation. }^ (Avertissement de V Histoire sor crée, en tête du tome l^.)
Mariette nous a conservé , relativement à la gravure de ces planches, un détail resté inconnu jusqu'à lui. « Il fallut y dit-il, permission du roi pour graver ces planches, car il était en ce temps-là à sa pension ; encore ne les gravait-il qu'à la chandelle. M. son fils m'a dit que son père en faisait une par jour, n'en faisant jamais le dessin qu'au bout de la pointe, ce que j'ai de la peine à croire, i^ {Abecedario, t. III, p. 104.)
Le Clerc n'était pas tellement absorbé par ces divers travaux qu'il ne pensât à son père, à ses chers compatriotes, et notamment à François Bouchard, son ami, fils du premier éditeur de ses planches. (M. Teissier, Recherches.... ^ p. 102.) Â sa prière, Le Clerc grava , pour le curé de Saint-Iivier, en 1670 (J., 95), le joli £ix)ntispice d*un livre intitulé : Prières du matin et du sotr, etc. Nous avons sous les yeux une épreuve de ce frontispice avec la date de 1679, toujours chez François Bouchard, pour lequel Le Clerc grava ultérieurement différentes suites que nous aurons occasion de signaler. La beauté de cette épreuve , datée de 1679 , pour la seconde édition , semble indiquer que le tirage de la première a dû être peu considérable.
Toujours dans cette même année 1670, Le Clerc fut appelé par le libraire Pierre Petit à concourir, avec d'autres artistes, à la décoration de la Bible de Royaumont (J., 96). Ce livre est resté l'un des plus recherchés parmi ceux produits par les presses françaises au dix-se^ème siècle. Le Clerc n'y a