REMPLACEMENTS
M"'' BuRET. — Une belle voix, de la méthode dans son chant ; mais point d'intelligence musicale, point de grâces au théâtre, gauche dans ses mouvements ; plus faite pour chanter au concert que pour jouer un rôle sur la scène lyrique, elle fait craindre qu'elle ne pourra jamais devenir une grande actrice.
Le désir d'être utile la rend inquiète, tourmentante et chagrine ; cependant l'on pense qu'il faut encore en essayer, mais à la condition expresse qu'elle se contentera de jouer ce que l'on lui dira, et alternativement avec la demoiselle Maillard, sans aucune prééminence d'ancienneté.
M"® Maillard. — Jeune sujet ayant tous les moyens naturels ; une voix charmante, de la jeunesse, de la figure, enfin toutes les dispositions nécessaires pour remplacer avec succès M"« Saint-Huberty ; mais elle se livre plus à la dissipation qu'au travail ; elle est assés jeune cependant pour faire espérer qu'elle sera un jour un premier talent.
Il faudroit, en outre, un autre jeune sujet dans ce genre, et cela n'est pas facile à trouver ; on ne peut l'espérer que de l'établissement de l'école proposée.
M"* JoiNViLLE. — Une belle voix, un beau phisique, propre à remplacer M"e Duplant ; mais un peu lâche, paresseuse, manquant d'émulation, cependant capable de bien faire avec de la bonne volonté.
DOUBLES
M"e Chateauvieux. — Une belle voix pour les grands accessoires, comme prêtresse^, divinités dans la gloire;
38 l'opéra secret au xviii» siècle
mais peu suffisante aux grands rôles ; d'ailleurs fort utile à l'Académie.
M'i® AuDiNOT. — Peu de voix, mais fort intelligente pour les rôles d'amour, de jeune bergère : très adroite à la scène.
M"« Gavaudan l'aînée. — Une jolie voix propre pour les petits airs, mais insuffisante aux grands rôles ; manquant d'aptitude à la scène.
M"e Gavaudan cadette. — Jeune sujet d'espe'rance ; une jolie voix propre aux rôles de princesse et de bergère ; mais elle se livre plus à la dissipation qu'au travail.