CHAPITRE IX
Dès le 26 septembre, sur la proposition du général Kilmaine, les premiers ordres avaient été envoyés à Brest pour y armer une expédition beaucoup plus considérable que tout ce qu'on avait tenté depuis Tépoque de Hoche.
Le 4 octobre, Tamiral BruLx soumet au Directoire un mémoire d'ensemble.
Rapport du Ministre de la marine au Directoire (1).
13 Tendémiaire.
Quel qu'ait été le résultat de fexpédition confiée au général Humhert, il est certain que la présence des Français a ranimé le courage des Irlandais et que des mouTements insurrectionnels se sont manifestés dans plusieurs comtés de cette lie et jusque dans Tarmée de Lord Gornwallis; que le nombre des Irlandais-Unis s'accrott tous les jours et qu'ils n'attendent qu'un moment faTorable et des secours pour secouer à jamais le joug britannique. L'arrivée du général
Hardy aura sans doute produit le plus grand effet Il n'est pas moins
essentiel de le secourir promptement. Les Irlandais ne sont pas encore assez
aguerris pour le seconder Le Directoire, frappé de ces considérations, a
décidé que je disposerais de 6 vaisseaux de ligne et quelques frégates pour porter au général Hardy un renfort de 4,000 hommes au moins.
Je n'ai pas perdu un moment pour préparer ce matériel Je suis assuré
que les bâtiments seront prêts ayant que les troupes et le matériel soient rendus
à Brest. Mais il est des mesures qui exigent des fonds Ce serait un fonds
de 700,000 francs qu'il serait nécessaire que le Directoire mit à ma dispositioi^ pour toute la partie de l'expédition qui concerne la marine
(1) Archives de la Marine, BB>v, 123.
D'après la demande du général Humbert et le projet que le général Kilmaine aTait soumis au Directoire, il faudrait embarquer :
4 demi-brigade d'infanterie de ligne,
2 bataillons d'infanterie légère,
300 chasseurs à chcTal,
400 canonniers d'artillerie légère,
12 pièces de canon,
15,000 fusils,
15,000,000 de cartouches,
6,000 imiformes.
Je pense qu'il faudrait ajouter 450,000 aunes de ruban de laine vert et
blanc pour faire des cocardes aux Irlandais Enfin, il est très urgent que
le Directoire veuille bien faire choix du général qui devra être chargé de cette importante expédition et qu'il lui donne ordre de se rendre promptement à Brest et de borner son éUit-major au moindre nombre d'officiers possible. Si le Directoire adopte cette mesure, je le prie de vouloir bien prendre l'arrêté ci-joint.
Le Directoire approuva ce projet, sans paraître se douter qu'en Fadoptant à cette époque, il condamnait lui-même les entreprises partielles, décousues et successives qu'il avait ordonnées jusque-là.
Arrêté (4).
14 Tendémiaire (5 octobre).
Art. 4«'. — 6 vaisseaux, 3 frégates et 2 bâtiments légers seront expédiés le plus propfiptement possible du port de Brest pour une mission secrète.
Art. 2. — Il sera embarqué sur cette escadre les troupes et les munitions ci-après, savoir :
1 demi-brigade d'infanterie de ligne,
2 bataillons de la 3^ demi-brigade légère, 300 chasseurs à cheval du 3* régiment, 100 canonniers d'artillerie légère,
42 pièces d'artillerie de différents calibres, avec leurs munitions, 15,000 fusils,. 1,500,000 cartouches, 6,000 uniformes.
Art. 3. — Le général Kilmaine est nommé commandant en chef des troupes destinées à cette expédition. Le nombre des officiers de l' état-major sera borné au strict nécessaire.
Art. 4. — Le commandant de l'escadre et celui des troupes recevront des
(l) Archives nationales, AF»", 3513 — 3531—547.
instructions du Ministre de la marine et des colonies sur la mission qu'ils doivent remplir.
Art. 5. — 11 sera mis sur-le-champ à la disposition du Ministre de la marine une somme de 700,000 francs à valoir sur son crédit de Tan vji pour être employée tant aux avances qui seront payées aux états-majors et équipages de l'escadre qu'aux diverses dépenses d'armement.
Art. 6. — Le Ministre de la guerre destinera la somme nécessaire pour payer trois mois de solde h la troupe, au moment où elle s'embarquera.
Art. 7. — Les Ministres de la guerre, des finances et celui de la marine et des colonies sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui ne sera pas inséré.
(Expédition adressée par le secrétaire du Directoire au Ministre
de la marine seul.)
Cette fois, le Directoire prit, mais toujours trop tard, des précautions pour garder le secret des préparatifs.
Rapport au Directoire (1).
8 octobre 1798.
Divers papiers publiés annoncent déjà qu^une expédition se prépare à Brest. Des journalistes malveillants, sous des apparences spécieuses d'intérêt pour nos armes, divulguent imprudemment ce qu'il importe de taire, et en supposant que les espions des Anglais s'acquittent mal de leur vil emploi, certains journaux suffisent pour les bien instruire. Je crois qu'il serait désirable que les feuilles publiques fussent contraintes à garder le silence sur les opérations
maritimes
(Suit un projet d'arrêté conforme.)
En ce qui concerne la marine, l'activité déployée montre bien^ce qu'on aurait pu faire si l'on s'y était pris à temps.
Le Ministre de la marine au port de Brest (2).
15 vendémiaire (6 octobre).
L'intention du Directoire est d'expédier pour une mission particulière
une division de 6 vaisseaux que j'ai désignés. Il est nécessaire d'ajouter à cette division le vaisseau le Batave, les frégates la Vengeance et la Fraternité, la corvette le Berceau et la goélette la Découverte,
Je prescris à l'ordonnateur d'accélérer l'armement de cette division par tous
(1) Archives de la Marine, BB>', Itl.
{t) Archives de la Marine , BB", 4t.
les moyens qui sont en son pouvoir ; d'y employer toutes les ressources du port et de la rade, soit en hommes soit en choses, de manière que tout soit prêt Ters le 25 de ce mois
Je TOUS recommande de choisir les meilleurs marins pour composer les équipages de cette division. Ceux des vaisseaux de 74, seront réduits à 500 hommes en tout, y compris les 100 hommes de la garnison, les états-majors et les surnuméraires.
Vous pouvez calculer sur 550 passagers à placer à bord de chaque vaisseau.
L'ordonnateur fera payer deux mois d'avance aux états-majors et aux équipages, et il sera délivré, en outre, à chaque marin un habillement complet
Rien n'est plus instant que cette expédition Je désire que vous puissiez
joindre un des deux lougres, le Vautour ou VAffronteur ; si le Laiare^Hoche est encore à Brest joignez-le à l'expédition.
Le Ministre de la marine au port de Brest
29 vendémiaire (20 octobre).
Dans le cas où l'exécution de cet armement exigerait la rentrée de
deux ou trois vaisseaux qui sont sur rade, vous êtes autorisé à les désarmer
Enfin une nouvelle tentative était faite auprès du gouvernement batave pour le décider à prescrire un grand armement.
Le Ministre de la marine à Spoors (1).
18 octobre.
Il n'est pas permis de douter aujourd'hui que la seconde expédition
qui est partie de Brest pour porter en Irlande plus de 4,000 hommes, ne soit
arrivée à sa destination. J'ai même lieu de croire que d'autres bâtiments
qui ont mis récemment à la voile de Rochefort (sont aussi arrivés) Il est
à désirer que le Directoire batave joigne sur-le-champ ses efforts à ceux du gouvernement français. Invitez-le, je vous prie, à donner sans retard des ordres pour le départ d'une division, qui puisse porter en Irlande au moins 4200 hommes.
L'état actuel de notre marine et la saison doivent faciliter cette opération.
Sur les représentations des amiraux Morard de Galles et Le Large, Bruix consentit simplement à substituer Vlndomptable au Formidable^ mais en prescrivant qu'on ne devrait rien négliger pour faire partir ces deux vaisseaux.
(1) Atxhives de la Marine, BB", 46.
La nouvelle, parvenue à Paris le 8 ou le 9 octobre (1), de la capitulation de Humbert à Ballinamuck ne parait pas avoir découragé le Ministre de la marine, car c'est le moment qu'il choisit pour offrir le commandement au vice-amiral Martin, dont on a signalé l'activilé à Rochefort.
Le Ministre de /a marine ac/ vice-amiral Martin (à iui aeui).
19 vendémiaire (10 octobre).
Je Tais TOUS confier, Citoyen Général, la situation de nos affaires d'Irlande.
Humbert a succombé, mais après aToir fait beaucoup de mal à Tennemi et aToir rallumé l'insurrection . Bompard a mis sans doute heureusement à terre les 3,000 hommes que commande le général Hardy. Ces braTes Tengent maintenant leur précurseur et tous saTcz que SaTary Ta les secourir de 1000 à 1200 hommes. Sachez, en outre, que 7 vaisseaux, quelques frégates et cor- Tettes s'arment aTec actiTité, à Brest, pour une nouTelle ex^dition, toujours dirigée vers l'Irlande. Cette escadre embarquera 5,500 hà&mes, qui seront commandés par le général Kilmaine.
Je TOUS propose. Général, de concourir aTec lui à l'affraîlchissement de l'Irlande, je TOUS propose le commandement de l'escadre.
Vous aTez fait tos preuTes de talent, de courage et de déTOuement à la
République Je consacrerai à Totre expédition toutes mes ressources
Si TOUS êtes déterminé au généreux dévouement que les circonstances réclament, partez sur-le-champ pour Brest Si non reuToyez-moi ces lettres
aTec le courrier.
Cette lettre est d'un ami, d'un camarade, plutôt que d'un Ministre.
Je juge Totre cœur, d'après le mien je Toudrais être en position de
receToir la proposition que je tous fais
Le Ministre de la guerre n'avait pas non plus perdu de temps pour fournir les troupes demandées pour l'expédition.
La situation des troupes de Tarmée d'Angleterre, à la date du 7 octobre, était la suivante :
(1) Lettre du 10 octobre (Archives de la Marine, BB", it).
L'Adjudant général chef de l'étaUmajor de l'armée.
An quartier général, à Roaeo, le 16 vendémiaire an vii de la République française, une et indivisible (7 octobre 1798).
ORDRE DU JOUR
EMPLACEMENT DE l'aRMÉE AU 15 VENDÉMIAIRE AN VII.
i" division commandée par le général Bonnard, ayant à ses ordres les généraux de brigade Laurent et Béguinot et les adjudants généraux Leclerc et Simon,
Cette division comprend :
La lA^ militaire,
51* demi-brigade de bataille,
94<^ demi-brigade de bataille,
5« régiment de dragons.
Divers dépôts de cavalerie.
Divers détachements d*artillerie et gardes-côtes.
Son quartier général est à Bruges.
2» division commandée par le général Bessières, ayant à ses ordres les généraux de brigade Tugnot, Cavrois et Desbrufys et les adjudants généraux Schiner et Bouchet.
Cette division comprend :
Les 1" et 16' militaires,
16* demi-brigade de bataille,
43* demi-brigade de bataille,
3 escadrons du 10* régiment de dragons,
20 compagnies de vétérans nationaux,
Divers dépôts et compagnies auxiliaires.
Divers détachements d'artillerie.
Son quartier général est à Saint-Omer.
3* division commandée par le général Laubadère, ayant à ses ordres les généraux de brigade Bethencourt et Patel et ^adjudant général Bemoissonnet,
Cette division comprend :
La 15* militaire,
7* demi-brigade de bataille,
2* régiment de cavalerie,
Un escadron du 10* régiment de dragons,
20 compagnies de vétérans nationaux.
Divers détachements de canonniers.
Son quartier général est à Dieppe.
4® division commandée par le général Bufour^ ayant à tes ordres les généraux de brigade Delarué, Boulland et Digonnet et les adjudants généraux Verger, Levasseur et PauUt.
Cette dÎTision comprend :
La 14° militaire,
4® demi-brigade de bataille,
40^^ demi-brigade de bataille,
47° demi-brigade de bataille,
3 bataillons de grenadiers gardes-c6tes,
4° régiment de dragons,
5 compagnies de vétérans nationaux,
DiTerses compagnies d'artillerie, Tétérans nationaux et autres. Son quartier général est à Gaen.
5° division commandée par le général Michaud, ayant sous ses ordres les généraux de brigade Guillot, Gency, Romand, Duthil, Ruby, Schill et Harty et les adjudants généraux Isard, Dugommier, Labruyère et Mayer,
Cette divison comprend :
La 13° militaire,
6° demi-brigade d'infanterie légère, 13° demi-brigade d'infanterie légère, 52° demi-brigade de bataille, 58° demi-brigade de bataille, 81° (2° bataillon) de bataille, 89* demi-brigade de bataille, 2° régiment de chasseurs, 12* régiment d'hussards,
6 compagnies de vétérans nationaux,
14 compagnies du 8° régiment d'artillerie à pied, 14 compagnies d'artillerie. Direction de Brest,
6 compagnies d'artillerie. Direction de Port- Liberté, 1'° compagnie d'artillerie de vétérans nationaux. Son quartier général est à Pontivy.
Artillerie commandée par le général de division Lespinasse, ayant à ses ordres
les généraux de brigade Macors et Dulardoy.
8 compagnies et dépôt du 1" régiment d'artillerie à pied,
7 compagnies et dépôt du 4° régiment d'artillerie à pied,
2 compagnies du 1°' régiment d'artillerie à cheval,
3 compagnies du ^° régiment d'artillerie à cheval,
3 compagnies du 2° bataillon de pontonniers et un détachement. Son quartier général est à Rouen.
Génie aux ordres du général de brigade Boitgérard.
4 compagnies du 3* bataillon de sapeurs,
1", 2« compagnies et dépôt du 4* bataillon de sapeurs,
1'* compagnie de mineurs.
Son quartier général est à Boulogne.
1 ®' bataillon de grenadiers à Rouen, Guides à cheval de Tarmée à Rouen.
Signé : Rivaud.
Cette armée, qui avait compté près de 100,000 hommes, n'en avait pas 30,000 sous les armes à la fin de septembre (1).
Les 5 et 6 octobre, le bureau du mouvement adressa ses propositions au Ministre de la guerre.
Rapport présenté au Ministre le 14 vendémiaire an VU de /a République
française une et Indivisible.
5 octobre 1798.
Le Ministre est dans l'intention de faire rassembler à Brest 5 bataillons pour y demeurer à la disposition de la marine.
n existe en ce moment pour toute force dans la 13° diyision militaire 5 demi-brigades, plus le 2** bataillon de la 81 « (les deux autres étant embarqués pour rirlande) et la 31 ** division de gendarmerie venant de Tarmée de Hayence, formant ensemble environ 15,000 hommes présents sous les armes, non compris le 2* régiment de chasseurs, de 585 hommes.
Ces troupes sont distribuées ainsi qu'il suit :
hommet.
La 52* demi-brigade, forte de. 3,803 à Belle-Isle.
La 58* — 2,449 à Vannes, Lorient et Auray.
La 89« — 2,210 à Port.-Brieuc et Lamballe.
La 6<^ demi-brigade légère, de. 2,763 à Port-Malo, Rennes, etc.
La 13* — 2,596 à Brest, Lannion et Morlaix.
Le 2* bataillon de la 81* 649 à Quimper, départem. du Finistère.
La 31* divis. de gendarmerie.. 500 à Rennes.
Total 14,970 plus 585 hommes de cavalerie.
(1) 36,487 hommes dont 28,838 présents au l**" vendémiaire.
Bile avait compté an l*' ventôse 96,313 hommes, dont 82,742 présents.
{Archives nationales, AF"», i40.)
Pour fournir les 3 bataillons dont il s^agit, on propose de disposer :
i^ Des 3 bataillons de la 13* demi-brigade d'infanterie légère, qui se trouvent stationnés à Brest et dans les environs ;
2^ Du 2* bataillon de la 81® demi-brigade;
3* De la 31' division de gendarmerie, afin de ne point briser d'autres demi* brigades. Ces corps présentent ensemble une force de 3,745 hommes présents sous les armes.
Mais comme il est nécessaire d'envoyer d'autres troupes en échange dans la 13* division militaire pour remplacer autant qu'il est possible ces 5 batail« Ions, on propose au Ministre d'y faire passer provisoirement la 40* demi-brigade, forte de 2,095 hommes, qui se trouve stationnée dans la 14* division militaire et à portée, par conséquent, de se rendre en cinq ou six jours de marche dans la 13* division.
La 14* division conservera encore 2 demi-brigades, plus 3 bataillons de grenadiers et chasseurs gardes-cûtes et 1 régiment de dragons, pour y assurer le service.
On pense, d'ailleurs, qu'il n'y a aucun inconvénient à retirer cette demibrigade de cet arrondissement, attendu que le général en chef de l'armée d'Angleterre se proposait d'en disposer pour l'envoyer dans les environs de Lille et de Dunkerque, sous les ordres du général Bessières.
On soumet cette disposition à l'approbation du Ministre.
Rapport présenté au Ministre le 15 vendémiaire an VII de la République
française une et indivisible,
6 octobre 1798.
Il existe en ce moment pour toute force dans la 13* division militaire 5 demi-brigades, plus le 2* bataillon de la 81* (les deux autres étant employées sur la flottille qui a dû partir de Brest vers la fin du mois dernier) et la 31* division de gendarmerie à pied, formant ensemble environ 15,000 hommes présents sous les armes, non compris le 2* régiment de chasseurs, de 585 hommes.
Ces troupes sont réparties ainsi qu'il suit :
hommes.
La 52* demi-brigade, forte de. 3,803 à Belle-Isle-en-Mer.
La 58* — 2,449 à Vannes, Lorient et Auray.
La 89* — 2,210 à Port-Brieuc et Lamballe.
La 6* demi-brigade d'inf. lég. 2,763 à Port-Malo, Rennes, etc.
La 13* — 2,596 à Brest, Lannion et Morlaix.
Le 2* bataillon de la 81* 649 à Quimper (Finistère).
La 31* divis. de gendarmerie.. 570 à Rennes.
Total 15,040 hommes présents sous les armes.
Le Ministre désire faire rassembler à Brest pour la nouvelle expédition qui se
prépare dans ce port 1 demi-brigade de ligne, 2 bataillons de la 3^ d'infanterie légère et 300 hommes du 3*^ régiment de chasseurs.
Le bureau du mouvement propose, à cet effet, pour infanterie de ligne, la 89* demi-brigade, qui est une excellente troupe employée précédemment à la défense de Kehl, qui se trouve stationnée dans le département des Gôte&-du- Nord et qui pourrait être rendue à Brest en six jours de marche.
Cette troupe pourrait être remplacée dans le département des Cotes- du- Nord par la 40*^ demi-brigade, composée d'environ 2,095 hommes présents sous les armes, qui se trouve stationnée dans les environs de Granville et qui pourrait être retirée sans mouvement de la 14<^ division militaire.
Mais on observe, à Tégard des 2 bataillons de la 3^ demi-brigade d'infanterie légère et des 300 hommes du 3*^ régiment de chasseurs, que ces corps sont stationnés, le premier à la Rochelle et les chasseurs à Niort, et qu'il faudrait plus de vingt jours de marche pour se rendre à Brest, ce qui retarderait l'expédition, et qu'il serait difficile de les remplacer dans la 12*^ division militaire.
On propose en échange :
1® Le 2* bataillon de la 81* demi-brigade, qui se trouve resté à Quimper (les deux autres bataillons étant embarqués) ;
2® La 31* division de gendarmerie à pied, qui a servi avec distinction sur le Rhin et qui pourrait remplacer un bataillon, pour ne point briser d'autres demi-brigades;
3® Un détachement de 300 hommes du 2* régiment de chasseurs, qui est à Pontivy.
Dans le cas cependant où le Ministre désirerait employer* de l'infanterie légère dans cette expédition, on propose la 13* demi-brigade de l'infanterie légère, qui est déjà rendue à Brest ou dans les environs, en échange de la 89*^ de ligne.
Alors le corps de troupes employé à cette expédition serait composé comme suit :
hommei présents.
Le 3* bataillon de la 13* demi-brigade d'infanterie légère. 2,.'i96 hommes.
Le 2* bataillon de la 81* de ligne 649 —
La 3* division de gendarmerie 570 —
3,845 hommes.
Un détachement du 2* régiment de chasseurs 300 —
Un détachement d'artillerie légère tiré de Rennes ou de Port-Brieuc 100 —
Ce qui représenterait une force de 4,215 hommes.
On prie le Ministre de se prononcer sur Tune ou l'autre de ces propositions.
Le 8 octobre, les ordres étaient expédiés au général Kilmaine, au général Michaud, commandant la 13® division, et aux ordonnateurs intéressés.
Le Ministre de la guerre au général Kilmaine, commandant en chef
l'armée d'Angleterre.
Paris, le 17 Ycndémiaire an vu de la République française, une et indirisible (8 octobre 1798).
Je 170U8 ai chargé par ma lettre en date d'hier, Citoyen Général, de faire diriger sur Dol la 40* demi-brigade qui se trouve à Caen et environs, pour y demeurer à la disposition du général Michaud.
Je vous préviens que cette demi-brigade est destinée à remplacer dans la 13*^ division militaire les 3 bataillons de la 13'' demi-brigade d'infanterie légère, le 2^ bataillon de la 81* de ligne, la 31* division de gendarmerie à pied, 200 hommes non montés du 2" régiment de chasseurs et 100 hommes d'artillerie légère, que j'ai chargé directement, pour plus de célérité, le général Michaud de faire rassembler sur-le-champ à Brest pour y être mis à la disposition de la marine et être employé à une expédition à laquelle le gouvernement attache la plus grande importance.
Je TOUS invite donc, Citoyen Général, à tenir la main à la prompte et ponctuelle exécution de ces mouvements et à m'en rendre compte en m'accusant la réception de cette lettre.
Salut et fraternité.
Signé : (Illisible).
Le Ministre de la guerre au général Michaud, commandant la 13* division
militaire, à Pontivy.
Paris, le 17 vendémiaire an vn de la République française, une et indivisible (8 octobre 1798).
Je TOUS charge, Citoyen Général, de donner de suite tous les ordres nécessaires pour faire rassembler avec rapidité à Brest, conformément aux intentions du Directoire exécutif, les corps de troupes ci-après désignés, que vous ferez mettre à la disposition de la marine pour être employés à une expédition à laquelle le gouvernement attache la plus grande importance.
Savoir :
Les 3 bataillons qui composent la 13® demi-brigade d'infanterie légère et qui se trouvent stationnés tant à Brest qu'à Lannion et Morlaix.
Le 2* bataillon de la 81® demi-brigade qui est en garnison à Quimper.
La 31* divistion de gendarmerie à pied qui a dû. arriver à Rennes le 2 de ce mois venant de l'armée de Mayenne.
Un détachement de 200 hommes non montés du 2* régiment de chasseurs.
Et 2 compagnies du 5° régiment d'artillerie légère.
Ces deux détachements laisseront leurs chevaux à leurs corps et emporteront seulement avec eux les selles et les brides.
Je me repose sur vos soins, Citoyen Général, pour la prompte exécution de cette mesure.
J'écris en même temps au général en chef de l'armée d'Angleterre pour l'informer de cette disposition et lui recommander de faire passer de suite en
échange, sous tos ordres, la 40* demi-brigade qui se trouve stationnée dans les environs de Granville, et que je Tinvite à faire diriger surDoI, département d'IUe-et-Vilaine, afin de vous mettre à portée d'assurer le service sur la côte et de faire filer d'autres troupes dans le département du Finistère pour remplacer «elles que vous aurez fait mettre à la disposition de la marine à Brest.
Je charge le commissaire ordonnateur de la 13* division militaire du soin de pourvoir aux divers besoins de ces troupes avant leur embarquement.
Quoiqu'il en soit, je vous invite, Citoyen Général, à veiller à ce que tons les «fiets nécessaires à leur équipement et au complément de leur armement leur soient délivrés, de manière à ce qu'elles soient en état d'agir avec succès à leur arrivée à destination.
Je vous engage au surplus à vous concerter avec le commandant de la marine
à Brest à ce sujet et je vous recommande de me rendre exactement compte des
dispositions que vous avez faites pour opérer promptement le rassemblement de
ces troupes dans cette place et des mesures que vous aurez prises à cet égard,
en m'accusant la réception de cette lettre.
Salut et fraternité.
Signé : Scherkr.
Le Ministre de la guerre au Commissaire ordonnateur de la 13* division
militaire, à Rennes.
Paris, le 17 vendémiaire tn vn.
8 octobre 1798.
Je vous préviens, Citoyen, que je viens de donner Tordre au général Michaud, commandant la 13* division militaire, de faire rassembler de suite à Brest, pour y être mis à la disposition de la marine, les 3 bataillons qui composent la 13* demi-brigade d'infanterie légère, le 2* bataillon de la 81* demibrigade et la 31* division de gendarmerie à pied, ainsi qu'un détachement de 200 hommes non montés du 2* régiment de chasseurs et 116 canonniers d'artillerie légère. Ces deux détachements laisseront leurs chevaux à leurs corps et empoi*teront les selles et les brides seulement.
Je vous invite, en conséquence, à vous concerter avec ce général pour l'exécution de ce mouvement et k prendre toutes les mesures nécessaires qui vous concernent pour assurer le service et pourvoir aux divers besoins de ces troupes, tant en efifets d'équipement que d'armement, et pour que leur solde leur soit payée jusqu'au moment de leur embarquement.
Je me repose sur vos soins à cet égard et je vous recommande de m'adresser l'état exact de la revue qui aura été faite de ces divers corps de troupes au moment où ils auront été mis A la disposition de la marine.
Vous voudrez bien me rendre compte des mesures préparatoires que vous aurez prises à cet égard en m'accusant la réception de cette lettre.
Je vous préviens, au surplus, que j'ai donné des ordres pour faire passer de suite en échange dans la 13* division militaire la 40* demi-brigade, qui se trouve stationnée en ce moment dans les environs de Caen et de Granville et qui doit être dirigée sur Dol, pour y attendre les ordres du général Michaud, commandant la 13* division militaire pour sa marche ultérieure.
Vous voudrez bien prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le
service au moment de TairiTée de cette troupe dans votre arrondissement et m'en rendre exactement compte.
Salut.
Le Ministre de la guerre au Commisaaire ordonnateur en chef
de l'arma d'Angleterre.
Paris, le 17 yeodémiiire tn vn.
8^ octobre 1708.
Je TOUS préviens, Citoyen, que je viens de donner des ordres pour faire rassembler de suite à Brest les trois bataillons de la i3* demi-brigade d'infanterie légère qui se trouvent stationnés dans les environs de cette place, ainsi que le 2^ bataillon de la 8P demi-brigade qui est à Quimper, la 31* division de gendarmerie à pied qui est en ce moment à Rennes, 200 hommes non montés du 2* régiment de chasseurs et 100 hommes d'artillerie légère, pour être mis à la disposition de la marine.
J'ai chargé le commissaire ordonnateur de la {3^ division militaire, qui se rend à Rennes, du soin de pourvoir aux divers besoins de ces troupes, tant en effets d'équipement que d'armement.
Quoi qu'il en soit, je vous invite, Citoyen, à veiller à ce que ces troupes soient mises en état d'agir avec succès et pour que leur solde leur soit payée jusqu'au moment de leur embarquement.
Je vous préviens, au surplus, que j'ai invité le général en chef de l'armée d'Angleterre k faire passer en échange dans la 13® division militaire la 40" demibrigade, qui se trouve stationnée dans les environs de Granville et de Caen.
Vous voudrez bien, en conséquence, donner en même temps vos soins pour que le service se trouve assuré au moment de l'arrivée de cette troupe dans ces arrondissements et me rendre compte des mesures que vous aurez prises à cet égard, en m'accusant la réception de la présente.
Salut.
Quant au général Kilmaine, ses ordres étaient expédiés le 9, dès la réception de ceux du Ministre.
Lettre du général Kilmaine au Chef d'état^major de l'armée
d'Angleterre.
9 octobre 1798.
Voici, mon cher Rivaud, le détail des ordres qu'il faudra expédier sur-lechamp :
K la 47" demi-brigade, de retourner à Caen, excepté les trois compagnies de grenadiers qui, après s'être mises au complet, se rendront directement à Brest;
Au bataillon de grenadiers qui est à Rouen, de partir sor-le-champ pour Brest;
K la 40" demi-brigade, de se rassembler sur-le-champ et de partir pour Landemeau ;
A une des compagnies de grenadiers de la 4^ demi-brigade, de partir de Cherbom'g en grande vitesse et de se rendre directement à Brest;
A une des compagnies de grenadiers qui est à Belle-Isle, de se rendre surle-champ à Brest ;
A une compagnie de grenadiers de la 80'', de se rendre à Brest;
Aune compagnie de carabiniers de la 17® d'infanterie légère, de se rendre également à Brest ;
A la 6' demi-brigade légère, de rassembler tous ses détachements et de se rendre à Lesneven ;
A Tétat-major du 2® régiment de chasseurs à cheTal, avec 200 chasseurs sans compter les brigadiers, sous-officiers et trompettes, de se rendre à Landiyisiau (?).
A la compagnie d'artillerie à cheval qui avait ordre de se rendre à la division du général Bonard, de rétrograder sur-le-champ et de se rendre h Landerneau ;
A 150 hommes d'artillerie à pied pris dans la 13' division militaire, et parmi lesquels il n^ ait pas de recrues, de se rendre à Brest.
Vous partirez avec tout Tétat-major et établirez le quartier général à Landerneau
La 40* et la 6* demi-brigades doivent laisser chacune le cadre d'un de leurs bataillons et 250 hommes et compléter les deux autres
Mais le Ministre de la guerre fit modifier ces prescriptions.
Le Ministre au général Kilmaine.
10 octobre.
J*ai remarqué par la copie de Tordre que vous avez donné au chef d'étatmajor de l'armée, que vous le chargez de faire passer à Brert les trois compagnies de grenadiers de la 47* demi-brigade. Je vous observe que je suis convenu avec vous qu'il ne serait détaché qu'une compagnie de grenadiers de cette demi-brigade ainsi que des autres. Je vous invite, en conséquence, h donner de nouveaux ordres pour que deux compagnies de grenadiers soient conservées à la 4T« demi-brigade.
Comme les 3* et 4* régiments de chasseurs sont trop éloignés de Brest et infiniment utiles dans les divisions où ils sont employés, je vous invite à disposer de 200 hommes du 4* régiment de dragons en échange, ainsi que votre aide de camp m'a dit que tous paraissiez le désirer
Le Général commandant la 13* division militaire et la 5« active,
au Ministre de la guerre.
Au quartier général, à Pontivy. le Î3 vendémiaire an vu de la République française une et indivisible (14 octobre 1798).
Citoyen Ministre, J'ai reçu, le 21 dernier, à 4 heures du soir, votre lettre du 17 de ce mois.
par laquelle tous m'ordonnez de faire rassembler rapidement à Brest et d'y mettre à la disposition de la marine les corps ci-après : SaToir :
Les trois bataillons qui composent la 13* demi-brigade d'infanterie
légère ; Le 2* bataillon de la 81* demi-brigade de ligne ; La 31* division de gendarmerie à pied ; Un détachement de 200 hommes non montés du 2* régiment de
chasseurs à cheval ; Et, enfin, deux compagnies du 5* régiment d'artillerie légère.
A l'instant même de la réception de votre lettre, Citoyen Ministre, je me suis empressé de donner les ordres pour que vos intentions à cet égard fussent ponctuellement et promptement exécutées.
Hier, 22 vendémiaire, à 8 heures du soir, un courrier extraordinaire m'a apporté une dépêche du chef de Tétat-major de l'armée d'Angleterre en date du iO vendémiaire, par laquelle il me charge, au nom du général en chef : 1* de diriger sur Landerneau la 40* demi-brigade d'infanterie, arrivant à Dol les 25, 26 et 27 de ce mois ; 2<* de diriger sur Brest une compagnie de grenadiers de la .^2* demi-brigade, tirée de Belle-lsle-en-Mer, une compagnie de grenadiers de la 89* demi-brigade de ligne et une compagnie de carabiniers de la 13* demi-brigade d'infanterie légère, toutes complétées à 100 hommes présents sous les armes, y compris les officiers et sous-officiers ; 3* de diriger sur Lesneven les trois bataillons de la 6' demi-brigade d'infanterie légère ; 4* d'ordonner à l'état-major du 2* régiment de chasseurs à cheval, avec 200 chasseurs, sans compter les brigadiers, sous-officiers et trompettes, de se rendre à Landivisiau, et de choisir les 200 chasseurs parmi ce qu'il y a de plus discipliné et de plus instruit au régiment; 5* de réunir k Brest 150 artilleurs à pied, pris parmi les plus instruits et les plus disciplinés de la division; 6* enfin, de faire préparer le logement du quartier général en chef à Landerneau.
Le chef de l'état-major général, après m'avoir indiqué ces différentes dispositions, me dit : « Qu'elles sont celles qui ont été le plus récemment arrêtées u entre le général en chef Kilmaine et le gouvernement et qu'elles doivent « être exécutées à la lettre ».
D'après ce nouvel ordre de choses. Citoyen Ministre, j'ai enjoint que tous les mouvements que j'avais ordonnés, d'après votre lettre du 17 de ce mois, n'eussent point lieu et je me suis hâté cette nuit d'ordonner l'exécution des dispositions articulées dans la lettre ci-dessus relatée du chef de l'état-mt^or Rivaud. Je serai toujours empressé de faire ce qui dépendra de moi pour la réussite des opérations du gouvernement.
Je vous rendrai compte dans le temps de l'époque à laquelle la réunion des corps indiqués par le citoyen Rivaud pourra être effectuée.
Salut et respect.
Signé : MiCHAUO.
P' S. — J'ai l'honneur de vous annoncer, Citoyen Ministre, qu'au moment
de faire remettre cette lettre à la poste, je reçois la vôtre du 19 par laquelle TOUS me chargez de faire suspendre Texécution des ordres que j'avais donnés en conformité des vôtres, contenus dans votre lettre du 17; vous verrez par ce que j'ai eu Thonneur de vous dire plus haut que, déjà, je me suis conformé à ce que vous me prescrivez par la dernière.
Rapport présenté au Ministre le 19 vendémiaire an VII de la République
française une et indivisible.
10 octobre 1798.
Le Ministre avait donné des ordres pour faire rassembler de suite à Brest :
La 13'^ demi-brigade d'infanterie légère ;
Le 2* bataillon de la 81 •;
La 31* division de gendarmerie à pied ;
Un détachement de 200 hommes du 2^ régiment de chasseurs ,
Et deux compagnies d'artillerie légère,
formant ensemble environ 4,115 hommes présents sous les armes, destinés à être employés à une expédition particulière.
Mais, d'après de nouvelles dispositions, le Ministre vient de donner contreordre en chargeant le général Michaud de suspendre ce mouvement.
Le général en ^chef de l'armée d'Angleterre propose au Ministre d'employer en échange pour cette expédition, les corps ci-après désignés, formant ensemble environ 5,750 hommes.
Savoir :
La 40® demi-brigade, à l'exception du cadre d'un bataillon qui restera à Landemeau avec 250 hommes de la queue, le surplus servira à compléter les deux autres bataillons;
La 6* demi-brigade d'infanterie légère, à l'exception du cadre d'un bataillon qui restera à Lesneven. Ce cadre sera formé dans les proportions ci-dessus,, plus :
3 compagnies de grenadiers de la 47* demi-brigade ;
— de la 7® ;
— de la 16« ;
— de la 43' ;
— de la 51® ;
— de la 94« ;
— de la 4« ;
— de la 52« ;
— de la 89" ; compagnie de carabiniers de la IS'^ d'infanterie légère;
L'état-major et 200 hommes du 2® régiment de chasseurs, à raison de 50 hommes par escadron, non compris les sous-officiers et trompettes ;
Pareil nombre du 4*' régiment de dragons ;
1 compagnie du 5' régiment d'artillerie à cheval ;
150 hommes d'artillerie à pied.
Le général en chef a déjà donné des ordres pour faire rassembler ces troupes, tant à Brest que dans les environs de cette place.
Il a également donné des ordres pour faire transférer de suite Fétat-major général de Tarmée à Landerneau.
Telles sont les mesures que le général en chef Kilmaine a prises pour l'exécution de l'expédition qui se prépare et que Ton soumet à l'approbation du Ministre.
Comme dans toutes les expéditions antérieures, c'était encore le manque d'argent qui compliquait tout.
Dubreton, ordonnateur en chef, ttu général Kilmaine.
t4 octobre.
Les fonds affectés à l'expédition sont réduits pour le tout à 500,000
francs, y compris la solde que dans un travail précédent on évaluait à 384,000 francs. 11 en résulte que les sommes vraiment disponibles se réduisent à 116,000 francs, et encore le nombre des troupes n'est-il pas porté à ce qu'il devrait être.
Le général Lespinasse, contntandant en chef Vartillerie,
au général Kilmaine,
25 octobre.
Je vous écris du bureau de l'artillerie, où je ne cesse de solliciter le départ des harnais demandés, ainsi que le départ des 150 voitures plus faciles à embarquer et à débarquer que les caissons ordinaires, mais rien ne se décide. U en est de même des 60 charretiers et quelques employés qui vous sont nécessaires
Kilmaine au Directoire.
25 octobre.
Il est de mon devoir de vous instruire des difficultés que je rencontre à procurer les différents objets indispensablement nécessaires pour assurer les
succès de l'expédition d'Irlande Vous aviez ordonné que la solde fut
assurée pour trois mois et qu'en outre il y eut un fonds disponible pour les
dépenses extraordinaires le Ministre de la guerre me dit que j'aurais
333,000 francs. C'était beaucoup trop peu et je l'ai dit, cependant, le lendemain, on m'a diminué à 200,777 francs II s'en faut à 300,000 francs
près que cette somme fut suffisante, parce que, en débarquant, je serais forcé de faire travailler à fortifier le point de débarquement, tant du côté de la terre que du côté de la mer. Je serais encore obligé de ne pas mécontenter les habitants, d'acheter au moins 300 chevaux et, en outre, d'envoyer des émissaires. . .
Malgré toutes les difficultés, les préparatifs avançaient
quand survint la nouvelle des désastres de la division Bompard. Ce fut d'abord une lettre de ce marin, écrite d'Angleterre où il était prisonnier et qui arriva à Paris le 18 octobre (1).
Les fn^gates de premier rang n'ayant pas formé ou maintenu Tordre
de front, m'ont forcé d'abandonner tout profit et principe de tactique. Étant serré de près par le Robuste^ et le Magnanime, vaisseau rasé, V Amélie , frégate de 18, qui manœuvrait pour prendre ma division en poupe, je n'ai \ii d'autre manœuvre à faire que celle de la protéger. En conséquence, je suis venu sur tribord, j'ai été à la rencontre de l'ennemi que j'ai attaqué de très près et me suis toujours opposé à ce qu'il coupe mes frégates. Ce qui a le plus favorisé ma manœuvre, c'est que les deux autres vaisseaux et frégates ennemis qui étaient plus éloignés et nous coupaient tout passage, m'ont honoré de faire que, pour me réduire, leur présence était nécessaire. Ils se sont tous portés sur moi et, pendant ma faible résistance, la division en a profité pour gagner le vent et la bordée du large.
Ce n'est qu'après que j'ai été amené qu'ils ont poursuivi les frégates et ils n'ont pu joindre que V Embuscade , la Coquille et la Bellone, qui s'étaient toujours tenues le plus près de moi.
Les débris de la petite escadre étant arrivés le 20 octobre à Brest, on eut le 24, à Paris, les nouvelles définitives. Immédiatement, l'amiral Bruix en rendit compte au Directoire :
Rapport au Directoire.
3 brumaire (24 octobre).
Je reçois à l'instant un courrier extraordinaire de Brest, qui m'apporte les plus désastreuses nouvelles de la division commandée par le citoyen Bompard. Après une traversée de 26 jours, le 21 vendémiaire, à la pointe du jour, nos b&timents se sont trouvés au milieu d'une escadre anglaise de 7 vaisseaux de ligne et 2 frégates. Ils n'étaient alors qu'à 6 lieues de terre et il n'était plus possible d'éviter le combat. Malgré la di^roportion énorme des forces, l'action s'est engagée de la manière la plus vigoureuse. Le vaisseau le Hoche, le seul qui fut d'un rang à se mesurer avec l'ennemi, fut bientôt cerné par quatre ou cinq vaisseaux anglais, et, malgré les efforts de nos frégates pour le soutenir, il a succombé sous le nombre après un combat opiniâtre. Deux frégates ont éprouvé le même sort et, à l'exception de la Romaine^ qui s'est battue ellemême pendant douze heures et qui est rentrée à Brest le 30 vendémiaire, j'ai les plus vives inquiétudes sur le reste de la division
(1) Lettre de Bompard, reçue le t7 vendémiaire.
Cette fois, le découragement l'emporta, et ces échecs, en somme si peu graves, firent renoncer à la seule expédition vraiment sérieuse à laquelle on eût pensé.
Le Ministre de la guerre au général Kilmaine.
29 octobre.
Je TOUS préviens, Citoyen Général, que le Directoire exécutif a jugé con\enable de suspendre Texpédition qui se préparait à Brest et dont le commandement TOUS avait été confié.
D'après cet état de choses, vous devez reprendre de suite le commandement
en chef de Tarmée d'Angleterre Vous voudrex bien donner les ordres
nécessaires pour faire rentrer dans leurs corps respectifs les troupes qui devaient faire partie de cette expédition.
Le Général en chef à l'adjudant général Rivaud, chef de l'état-major
générai.
An quartier général de Paris, le 9 brumaire an vu de la République française, une et indirisible (30 octobre) (I).
En conséquence de l'arrêté du Directoire exécutif qui suspend l'expédition de Brest jusqu'à nouvel ordre, vous donnerez, Citoyen, les ordres suivants à toutes les troupes qui se sont rassemblées pour cette expédition.
La 40* demi-brigade partira sur-le-champ pour Caen, et de là enverra un de ses bataillons de campagne au Havre et à Fécamp.
La 6^ demi-brigade d'infanterie légère retournera à la disposition du général M ichaud, à l'exception d'un de ses bataillons de campagne qui ira à Grandvillc et environs.
Les deux bataillons, composés de douze compagnies de grenadiers et de deux de carabiniers, se rendront à Rouen.
Les guides partiront également sur-le-champ pour se rendre à Rouen.
Les dragons du 4° régiment rentreront à leur cantonnement.
Les chasseurs du2« rentreront également dans leur cantonnement.
Le bataillon de gendarmerie sera remis à la disposition du général Michaud.
Les compagnies d'artillerie, tant légères que de ligne, ainsi que les sapeurs, retourneront à leur précédente destination.
La 47' demi-brigade de ligne sera assemblée sur-le-champ et se rendra en entier à Dieppe à la disposition du général Laubadère, où elle remplacera la 7* demi-brigade de ligne qui partira aussitôt qu'elle sera relevée pour se rendre à Saint-Omer à la disposition du général Bessières. *
Le quartier général retournera à Rouen, le général de brigade Spital sera employé dans la 14' division militaire sous les ordres du général Dufour.
(1) Armée d'Angleterre.