FORGE
Pour que rien ne manqu&t au malheur et au décousu de toutes ces entreprises, les navires hollandais, restés si longtemps à Fancre à Fépoque où leur concours aurait pu être si précieux, allaient subir une défaite inutile.
Dès le 28 octobre, Famiral Bruix avait avisé son collègue batave de Féchec de Bompard et de la modification qu'une pareille nouvelle apportait aux projets du gouvernement français.
Le Ministre de la marine à Spoora, ministre de /a marine batave,
7 bramaire (28 octobre).
L'objet de cette expédition (celle de Bompard) n*ayant pas été rempli, je m'empresse de retenir sur TiiiTitation que je tous ayais faite d'envoyer des secours en Irlande. Mais si les hasards de la mer ont mis obstacle à Texécution de nos projets le moment viendra sans doute où nous pourrons satisfaire une juste Tengeance
Cette communication vint arrêter toute préparation relative à la grande expédition proposée au gouvernement hollandais, si tant est que ce dernier s'en soit un moment occupé sérieusement. £n ce qui concerne les deux frégates la Furie et la Surveillance^ leur sort était déjà décidé.
Le Ministre de la guerre au Directoire.
12 brumaire (2 novembre).
J'ai l'honneur de tous rendre compte que le général Harty, commandant en chef les troupes françaises dans la République batave, vient de m'informer que les deux frégates de cette nation, la -Furie et la Surveillance, ayant à bord 300 hommes de troupes françaises et bataves, 6,000 fusils et 2 pièces de canon, le tout sous les ordres du chef de bataillon Michel, ont mis à la voile de la rade du Texel, dans la nuit du 3 au 4 de ce mois (24 au 25 octobre) ; ces frégates doivent s'élever jusqu'à hauteur des Orcades, ensuite se rabattre sur le port de Galloway en Irlande. Une forte brume qui s'est élevée le lendemain de leur sortie, fait présumer qu'elles ont fait route sans encombre.
Ce général ajoute que le Ministre de la marine batave s'occupe en ce moment de préparer pour la même destination une seconde expédition qui lui a été proposée par le Ministre de la marine française. Elle doit être composée de 800 hommes environ et répartie sur 4 frégates. Mais> comme le Ministre de la marine batave a demandé au général d'y joindre des troupes françaises, il me marque qu'il est dans Timpossibilité de les fournir si on ne lui envoie quelques renforts, qu^au surplus cette expédition éprouverait beaucoup de len-*
212 PEEMlàRE PARTIE. — CHAPITRE IX.
leur et pourrait même manquer totalement si on n'y admettait pas des troupes françaises.
Veuillez bien peser dans rotre sagesse s'il ne conviendrait pas, dans les circonstances, de rappeler les 2 frégates sorties du Texel, et s'il ne serait pas nécessaire de suspendre la seconde expédition jusqu'à un moment plus faTorable.
Le Ministre de la guerre au Directoire (1).
28 bramaire (18 novembre).
J'ai eu l'honneur de tous rendre compte, le 12 de ce mois, que le général Hatry m'airait informé que les 2 frégates la Furie et la Surveillance y ayant à bord 300 hommes de troupes de débarquement 6,000 fusils
et 2 pièces de canon, sous le commandement du citoyen Michel, avaient mis la Toile dans la nuit du 3 au 4 brumaire, pour se rendre en Irlande.
Je reçois à l'instant une lettre de ce général par laquelle il me marque qu'il parait certain que ces 2 frégates sont devenues la proie de nos ennemis, et que, d'après les rapports qu'il a recueillis sur cet événement malheureux, cette perte semble être attribuée à l'insouciance des équipages qui n'ont point fait leur devoir.
Ce général ignore encore à quelle hauteur elles ont été prises
Voici, d'après rhistorien anglais W. James (2), quel avait été le sort des deux frégates Furie et Surveillance (cette dernière de son vrai nom la Waakzaamheid) :
« Le 24 octobre, vers 8 heures du matin, la frégate anglaise Sirius, de 36 canons, rencontra, à dix lieues dans le sud-est du Texel, les deux frégates la Furie , de 36, et la Surveillance^ de 24, mais à plus de 2 milles Tune de Fautre et, par suite, incapables de se prêter un mutuel appui. Manœuvrant habilement pour séparer ses deux ennemis encore davantage, le capitaine King, commandant le SiriuSy attaqua la Surveillance, qui amena son pavillon sans la moindre résistance. »
« Pendant l'arrimage de cette prise, la Furie eLYait gagné du terrain et presque disparu. Maïs, à 5 heures du soir, elle fut rejointe par le Sirius et, après un violent et très honorable combat d'environ une heure et demie, et une