AF
(î) Naval Hislory,
« perte de 8 tués et 14 blessés, le commandant hollandais « amena son pavillon. »
C'en était fait des tentatives en faveur de l'Irlande.
Depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre, le Directoire n'avait pas projeté moins de sept expéditions. Sur ce total, six avaient été effectivement préparées, cinq avaient pris la mer; deux seulement, celle de Bompard et celle des 2 frégates bataves, avaient échoué par le fait de combats malheureux avec les navires anglais. Des trois qui restent, deux étaient absolument inutiles, comme ayant été subordonnées au succès des autres, c'étaient celle de VAnacréon et la deuxième, de Savary.
Une seule, celle de Humbert, la première en date, avait réussi entièrement au point de vue nautique et, au point de vue militaire, devait laisser des souvenirs honorables, qui ont été précieusement conservés en Irlande.
Projet du général Andréossy*
l«» »Tril 1798.
On a tenté de soumettre les tles Britanniques en commençant par attaquer rirlande. Des éyénements ont fait avorter un projet dont les grandes difficultés étaient Taincues, je yeux dire le moyen de parvenir aux attérages de cette tle.
Les mêmes difficultés se reproduiront dans tous les projets de ce genre, mais on pourra diminuer beaucoup les obstacles en choisissant ses moyens et les points de débarquement ; or, le peu de largeur du canal exige le moins de tra- Tersée.
Nos forces navales n'étant pas en état de se mesurer avec les forces navales de TAngleterre, il faut éviter toutes opérations qui entraîneraient des combats de mer, et tromper en quelque sorte Tennemi par un projet supposant un trajet prompt et un débarquement fait avec la plus grande célérité.
A l'exemple de César et de Guillaume le Conquérant, il faut se servir de :
Péniches pour les troupes légères ;
Bateaux suédois et canonniers pour Tartillerie d'avant-garde ;
Bateaux pécheurs pour les troupes et la cavalerie ;
Canonnières comme batteries flottantes ;
Prames;
Corvettes et frégates pour Tescorte.
D'après les réquisitions faites sur la côte depuis le Havre jusqu*à Flessingue, on pourra embarquer :
70,000 hommes d'infanterie et 5,600 chevaux.
L'embouchure de la Seine ne peut servir que comme bassin pour le dépôt et Pexercice des canonnières.
Le Havre est très incommode poui^ un rassemblement; par vent d'est, on ne pourrait aller qu'à l'est de Tlle de Wight.
Fécamp, Saint- Vaiet7-ea-Caux, Dieppe et le Tréport, de même que Saint- Valery-sur-Somme, ne peuTent serrir qu'au rassemblement de fl<^tilles peu nombreuses.
Boulogne peut contenir un grand nombre de bateaux, on peut appareiller par tous les vents depuis Vestnord-est jusqu'au sud-est par le sud.
Le meilleur moment d'appareillage à Boulogne pour une flotte nombreuse, serait 8 heures du soir, par Tent d'est et beau temps. On serait ^ la c^te d'Angkstenre eotre minuit et 2 heures.
Les mêmes yents d'est permettraient de sortir de Calais et de Dunkerque.
En face de Boulogne la pointe des Percées (sic) offre à Test et à l'ouest des anses propres au débarquement. A l'est à une lieue et demie du phare de Wight (w'c), la ri\e est toute en galets même plus que celle de Dieppe.
Depuis Douvres jusqu'aux Dunes, il n'y a pas de plage abordable. Celles qui le sont, sont très bien défendues.
On pourrait faire une fausse attaque du côté de Folkestone, dont la plage est plate et garantie des ravages de la mer par une digue en fascinage.
On peut mettre en dépôt, h Calais, autant de nîivires que l'on veut, mais par vent d'est la mer est très mauvaise.
On peut faire le rassemblement dans la rade de Saint-Jean, mais par vent d'ouest, il ne se sauverait pas un bâtiment.
A Gravelines, on peut rassembler HQ ou 100 canonnières.
Dans le port et les canaux de Dunkerque, on mettra 500 à 600 bateaux, mais par vent d'est un peu fort, la sortie sera fort difficile.
Avec de bonnes amarres, on tient par tous les temps dans la rade, tous les vents sont bons pour appforeiller, excepté le nord qui bat la côte.
Nieuport n'est qu'un abri de très médiocre conséquence. Ostende est complètement délabré.
Flessingue n'a pas de valeur, mais la rade de Rannekens a toutes les proj)riétés désirables par son étendue, la sûreté de son mouillage, la facilité d'en sortir par tous les vents. Les marins voudraient tous qu'on fit à Flessingue un rassemblement.
Il faudrait choisir un vent du sud ou du sud-ouest, pour trouver la mer belle à la côte d'Ecosse. Par les vents d'est la mer y est trop dure. On peut partir de tous les ports de Brabant et de Hollande jusqu'au Texel. La traversée serait de deux ou trois jours. Depuis la pointe d'Alborough jusqu'au nord de l'Ecosse, la côte est plate et presque partout abordable.
Depuis Edimbourg jusqu'à Dundee, la côte est couverte de baies vaseuses où les bateaux peuvent s'échouer.
Plan de Jacquet, lieutenant de la 185* compagnie
des Vétérans nationaux*
11 décembre 1797.
Plan de guerre contre C Angleterre à concerter entre la France et r Espagne.
Le plan de guerre que Ton soumet au gouvernement est extrait d'un autre ancien qui a déjà été refondu pour être mis en exécution en 4779, mais qui
]£S PROJETS PARTICUUERS. Hl
n'a pu s'exécuter à cause dn maOïMireux échec de Fescadre de M. de Grasse.
On observe qu'on a laissé exister dans cet extrait le même système que dans l'ancien, à Tégard de l'entreprise réelle ou simulée sur Mahon, dans la supposition que les Anglais l'auraient repris à l'Espagne, ce qui jusqu'à présent n'existe pas
La nécessité de concerter notre plan avec TEspagne est évidente, il suffit de l'énoncer pour la démontrer
C'est à la France à se charger du principal rdle offensif celui de l'Espagne doit être de la seconder
L'impuissance de l'Angleterre k exécuter une descente sur les côtes de France ou d'Espagne a été démontrée par les guerres précédentes. Elle est d'autant plus certaine aujourd'hui que la paix continentale vient de rendre disponibles les forces de terre de ces deux puissances.
Les opérations offensives qui peuvent entrer ou comme réelles ou comme simulées dans le plan d'opérations contre l'Angleterre peuvent avoir pour objet : Gibraltar, la Jamaïque et l'Irlande pour les Espagnols; les établissements d'Asie, Minorque, et enfin l'Angleterre, de la part de la France.
En ce qui concerne spécialement cette dernière entreprise, l'auteur fait remarquer que le transport d'un corps de débarquement exige que les flottes françaises soient maltresses de la Manche, tandis que le passage d'une grande armée n'exige la protection des vaisseaux que juste pendant le temps de la traversée, en raison de la faculté de profiter d'un demi-succès d'une bataille indécise, pour prendre pied sur la côte ennemie, où sa force la rendra inattaquable.
Donc, point de demi-projets, points d'expéditions partielles C'est avec
une armée de 90,(KK) hommes qu'il faut opérer.
Les points de débarquements choisis sont le comté de Sussex, aux endroits mêmes où ont débarqué Jules César, Guillaume de Normandie et Guillaume d'Orange.
Ces points offîrent à la fois tous les avantages que l'on peut désirer : i^ débarquement très praticable ; 2^ on peut de là se porter sur Londres sans rencontrer aucun obstacle, on passe la Médavis (sic) à sa source, on fait tomber et on soumet derrière soi par les premières marches les provinces de Kent, de Sussex et de Suffolk, on arrive enfin à Londres en cinq ou six marches tout au plus et on y prévient nécessairement toutes les troupes que les Anglais appelleraient des différents points de leurs défensives, d'autant que tous ces points, et nommément Portsmouth et Plymouth, où ils seraient obligés d'en tenir la plus grande partie, sont plus éloignés de Londres que ne le sont les points reconnus pour le débarquement.
Le rassemblement des navires de guerre doit se faire à Brest; de nombreuses frégates croiseront aux environs, en observation.
Dans les environs de cette place, il sera formé un camp de 20 à 25 bataillons. 60 à 80 autres avec 80 ou 100 escadrons de cavalerie légère seront répartis en différents camps, de Morlaix jusqu'à Dunkerque.
Sous prétexte d'assurer les subsistances, on fera acheter un grand nombre de bœufe, qui serviront à traîner l'artillerie après le débarquement.
On mettra en état les batteries de côte et l'on prendra toutes les mesures nécessaires pour repousser les insultes de l'ennemi.
Le total des opérations nécessitera les forces suivantes :
De la part de la France :
Contre TAngleterre, 40 navires, 60,000 hommes ; En Ecosse, 20 navires, 12,000 hommes; Contre Mahon, 20 navires, 30 bataillons.
De la part de FEspagne :
Contre Gibraltar, 20 navires, 20,000 hommes ;
En Amérique, 25 navires, 15,000 hommes;
Contre Tlrlande, par le canal de Bristol, 25 navires, 15,000 hommes;
Au camp de Saint-Roch, 2,000 à 3,000 hommes;
Dans le port de Carthagène, 10 navires, 8,000 à 10,000 hommes.
Totaux pour la France : 80 navires, 90,000 hommes. Totaux pour l'Espagne : 80 navires, 60,000 hommes.
L'Angleterre devra opposer à ces forces :
Dans rOcéan, 45 vaisseaux, 30 frégates ;
En Angleterre, 42,000 hommes ;
A Gibraltar, 15 vaisseaux, 5 frégates, 5,000 hommes ;
A la Jamaïque, 12 vaisseaux, 6 frégates, 10,000 hommes;
Au cap Finistère, 15 vaisseaux, 10 frégates ;
En Irlande, 12,000 hommes ;
Sur les côtes d'Ecosse, 5 vaisseaux, 10 frégates ;
En Ecosse, i 0,000 hommes;
En observation ou en réserve, lOvaisseaux, 20 frégates, 12,000 hommes.
Total : 102 vaisseaux, 81 frégates, 95,000 hommes. Projet pour une descente par Deschamps, garde d'artillerie.
23 janvier 1798.
Comme il parait que le gouvernement s'occupe de faire son armement pour descendre en Angleterre, pour mettre les troupes en état de combattre, on pourrait les mettre dans les bateaux qui vont à la pêche tous les jours, alors, dans un troisième voyage de six heures, chaque homme peut s'amariner et connaître à bien diriger son coup d'œil suivant les différents mouvements de Tembarcation.
La côte de Bretagne, qui a quantité de bateaux de pèche, a un grand avantage pour cette opération : en 1758, nous avons fait cette manœuvre pendant un mois.
Nous avons Cancale, où il y a au moins 35 à 40 bateaux pêcheurs pouvant embarquer 70 à 80 soldats : ils vont à la pèche tous les jours; on pourrait leur en donner 6 tous les jours, sans nuire aux pécheurs.
A Granville, il y en a autant qui peuvent embarquer tous les jours dans les 35 à 40 bateaux, 150 ou 200 hommes. Dans peu de jours, on aura des troupes à qui la mer ne fera plus d'impression.
LES PROJETS PARTICULIERS. tl9
Il y a des ordres d'armer tous les bateaux de notre port, on y trayaille. Je pense qu*il peut y en ayoir à peu près 80 en état d'être armés depuis 100 à iSO tonneaux.
Il me semble que pour le premier début il faudrait s'emparer des trois lies que nous aTons ici sous les yeux.
U y a deux moyens : F un par la force, et l'autre par surprise.
Le premier, ayec une force imposante :
2 embarcations, qui porteront chacune 2 mortiers de 8 pouces, 4 frégates pour couvrir les bombardes, 4 canonnières, 2 lougres, t cutters, 23 na? ires de transport et 40 bateaux peuvent suffire.
Dispositions pour Jersey :
Les frégates tiendront le nord du fort de Saint-Hélier, les 2 bombardes : Tune au nord, l'autre au sud, dirigeant leur feu sur le fort. Les 4 canonnières se jetteront à pleine Toile au plein, 2 au nord, 2 au sud ; si l'on pouvait en avoir 6, trois de chaque côté dirigeraient leur feu : celle de la droite au débouché qui conduit de la ville au port, et les autres sur les troupes, s'il s'en présente au rivage. Les 30 bateaux suivront les canonnières, et les 30 navires, comme ils tireront plus d'eau que les canonnières, resteront sur les derrières pour couvrir les bateaux du feu du fort ou de la hauteur de la ville, s'il lui était possible d'y plonger.
Les troupes sortant des bateaux auront l'eau au genou et marcheront droit au rivage pour se former en colonnes en traversant dans la place où est la statue du roi, qui sera sur-le-champ renversée.
Si les troupes anglaises se jettent dans les casernes pour faire feu, nos troupes sur-le-champ enfonceront les portes pour prendre des paillasses pour y mettre le feu ; les poudres n'étant pas loin, y jeter un couple de barils pour les faire sauter.
Si la redoute de Saint^Laurent et les tours tirent contre les canonnières, les équipages sauteront à terre pour se joindre aux troupes entrant dans la ville.
Les lougres et cutters qui auront conduit la division des 30 bateaux, auront débarqué au havre des Fontaines et sur la côte de Grouville, auront une heure de chemin pour se rendre à la ville à travers les terres.
Il sera bien à propos que ce débarquement se fasse une heure avant celui de la ville, afin d'embarrasser la troupe qui se portera pour défendre la ville, 150 sapeurs armés de pioches, haches, pour faire passer les 4 pièces de canon de bataille ou obusiers.
Si la troupe débarque de nuit ou du matin dans la baie de Grouville, elle doit marcher à pas forcé sur l'église de Saint-Clément, pour y surprendre quatre pièces de bataille qui y sont ordinairement, ainsi que les armes des
habitants Il y a deux temps propres pour effectuer la descente : dans le
fonds de morte eau ou de vives eaux. Pour la morte eau, c'est depuis le 6* au 12* jour de lune ; pour la vive eau, depuis le 28*
L'enlever par surprise :
n faut que ce soit de morte eau, que les navires soient disposés comme à force ouverte. Les frégates croiseraient devant Saint-Hélier ainsi que les bombardes, pour occuper les troupes et les habitants. Lorsque le jour paraîtra, tous les bateaux seront formés par deux divisions soutenues par les canonnières et les lougres.
Le rassemblement se fera à Cancale et à GraoTille. Les troupes s^embarqueront dans des bateaux de pêche, qui pourront embarquer 3,0U0 hommes. Les frégates et les bombardes seront aussi à Cancale et peuTcnt partir en même temps que les bateaux de Granville, soutenus par les 4 canonnières et lougres, afin d'arriver ensemble conduits par deux petits bateaux qui porteront chacun un réverbère sur leurpoupe, qui ne feront Toir leur feu que du côté opposé au lieu où Ton se rend. Ces bateaux avec réverbère se rendront tiux lieux où la troupe doit débarquer, safoir : la division de Granville se portera dans la baie de Grouville, où il y a trois redoutes sur le bord du rivage Les canonnières se tiendront à flot, afin que si le jour les surprend elles puissent balayer
le rivage Aussitôt les troupes à terre, elles tourneront les redoutes ayant
2 obusiers de 6 pouces et enfonceront les portes si les hommes ne se rendent
pas Le terrain est commode pour se former en bataille : c'est une espèce
de plaine. Le fort Montorgueil ne peut nuire, la Hougue le couvre. L'autre division, qui aura fait sa descente au havre des Fontaines, se réunira h Téglise Saint-Clément Pendant que les troupes marcheront sur la ville, les frégates couvriront les canonnières qui se jetteront au plein, dirigeant leur feu sur le rivage
Moyen de s'emparer de Guernesey :
Le rassemblement des bateaux peut se faire à Carteret et quelque peu au petit port de Diélette, parce qu'en ce petit port tous les marins connaissent la
route à tenir comme le chemin de leur maison Carteret et Cherbourg
suffisent pour cette opération, vu que Cherbourg a quantité de navires et tous les bateaux de la Hougue. Mais comme les bateaux tirent beaucoup d'eau, et qu'il en faut qui ne tirent que 10 pouces d'eau, on pourra prendre les grandes
chaloupes du port et bassin de Cherbourg On les mettra à la traîne
pour accompagner les bateaux et navires qui portent les troupes.
11 est très h propos que l'opération soit faite en morte eau, pour éviter les grands courants de marée, qui sont très nuisibles pour arriver.
La petite flotte sortant de Cherbourg formera une division pour s'emparer d'Aurigny : 300 hommes seront suffisants ; ils partiront une demi-heure plus tôt. Deux canonnières pour porter les troupes avec i bâtiments de transport.. .
La flotte pour Guernesey fera route ; les bateaux-pilotes de Diélette s'y joindront 11 faut que les vents soient de la partie du sud-est. Si l'on a réuni
deV forces à Carteret, elles ont 12 lieues à faire et celles de Cherbourg, 16. Il faudrait que la flotte de Cherbourg sortirait (sic) au plus tard à 5 heures du soir pour se présenter sur les 2 heures après minuit devant la passe Entre-
Hernis (?) dont les terres sont très hautes Les navires se rangeront à
l'ouvert du port, sous le château Cornet Les troupes à l'abri des navires
qui sont dans le port se jetteront sur les jetées, et ceux de la baie des Fermeux se glisseront entre les maisons pour se joindre aux troupes entrées par le port.
Projet de Baquellie, capitaine à la 5« demi-brigade de ligne,
pour une descente en Angleterre.
t mars 1798.
Toutes les plus importantes places de l'Europe ont été forcées de se rendre,
lorsqu Viles ont été attaquées en règle ou par un long blocus On peut
donc considérer la presqu'île de FAngleterre comme une place forte, dont rimmense étendue présente aux assiégeants plusieurs points faciles pour y pénétrer
Il suffit d'avoir des flottes pour occuper les leurs sur les différents points où ils s'opposeraient à notre trayersée ; si les bâtiments destinés à transporter les troupes et munitions peuvent arriver sur les c6tes d'Angleterre sans éprouver d'échecs par la flotte ennemie ou par les éléments, le débarquement est certain, il s'effectuera facilement par les moyens ci-après énoncés.
200 bâtiments, du port d'environ 400 tonneaux, peuvent contenir et transporter, pour une traversée de dix ou quinze Jours, 50,000 hommes ; 36 autres
bâtiments du port de 200 tonneaux suffiraient pour les munitions On
disposera 25 fortes barques pontées destinées à être chaloupes canonnières armées de 2 pièces de canon de gros calibre 90 barques
plates pouvant porter 70 hommes
Pour un débarquement de vive force toutes les chaloupes canonnières
se porteront à 25 toises en avant des bâtiments 15 formeront le front de
la ligne, en laissant entre elles un intervalle de 15 toises; les 10 autres se placeront 5 de chaque côté des ailes, formant des angles droits pour les défendre. Les 30 premières barques qu'on mettra â la mer seront armées chacune d'une pièce d'artillerie légère, montée sur affût de campagne, placé sur le devant.
Les autres barques suivront par 30 de front et, pour l'atterrage, des ponts mobiles, réunissant chaque barque à celle qui la précède, permettront de débarquer très rapidement.
Projets de Desfrieches, artiste de Lisieux, pour la construction d'un camp flottant pour un armement de 73,440 hommes.
18 janvier et 12 mars 1798.
Ce mémoire très volumineux, adressé au général Dugua et transmis par lui au Ministre de la guerre, propose la construction de « panneaux » ou « radeaux » remorqués par des frégates et pouvant, au besoin, être manœuvres à la rame. En réunissant ensemble ces radeaux, on ferait un ensemble à qui l'auteur propose de donner une force aussi sûre que celle que présente un camp retranché sur terre. Un radeau de 766 toises porterait 73,440 hommes.
Projet de Ponsin, adjoint du génie, adressé au général Bonaparte.
13 février 1798.
La grande nation l'a voulu! Descendons en Angleterre !
Notre point de mire est Londres, sans contredit le plus sûr moyen d'abattre l'hydre britannique est de la frapper au cœur : les points de nos eûtes les plus rapprochés de l'Ile parricide et de sa capitale sont entre Brest et le Texel, ainsi nos ports d'arrivée sur les bords opposés se trouvent entre le cap Cornwal, et la pointe de Yarmouth toutes tentatives sur les autres parties de la cûte ennemie ne peuvent être admises que comme diversions
SSS ANNEXE.
Examinons par quels moyens on pourra faire perdre à Tennemi cette supériorité maritime dont il se targue avec tant de jactance et sur laquelle il fonde ses principaux moyens de défense
Ce n*eU pas assez d*aToir fermé à TAnglais tout les ports d*Italie : pour rendre à nos escadres méditerranéennes la liberté d'agir de concert a^ec celles
de rOcéan, il faut qu'il ne puisse plus les arrêter au détroit de Gibraltar
ainsi marcber avec une armée contre le Portugal, avec la même année faire par terre des démonstrations simulées contre Gibraltar, à dessein de fincililer aux escadres combinées de Venise, Toulon et Cadix les moyens d'en forcer le
détroit l'armée navale de Brest, renforcée par sa jonction avec les
escadres du Sud, ou aa moins appuyée par les manœuvres que ces escadres exécuteront pour diviser Fattention de l'ennemi, acquerra bientôt un ascendant qui la rendra maltresse d'agir, soit qu'elle veuille faire des diversions en Irlande ou dans le canal Saint-Georges, soit qu'elle cherche à attirer hors de la Manche la majorité des forces anglaises, pour leur en fermer ensuite l'entrée méridionale et couvrir ainsi les débarquements qui s'opéreront au centre, soit qu'elle tente d'effectuer elle-même des descentes dans les environs de Plymouth, afin de donner de la jalousie à l'ennemi de ce côté.
Comme vraisemblablement l'Anglais, pressentant notre projet aura concentré toutes ses forces dans la Manche, nous ne pourrons nous dispenser de donner lieu dès l'ouverture de la campagne aux actions navales les plus sanglantes et les plus acharnées, nos escadres de Brest et du Texel renforcées et par la réunion et la mise en œuvre de tous nos moyens, et certaines de pouvoir, sans infériorité, se mesurer avec l'ennemi, s'efforceront, par quelque coup décisif ou par quelques manœuvres heureuses, de le chasser ou, du moins, de l'attirer hors du détroit de façon à pouvoir ensuite établir à l'une et à l'autre extrémité vers le sud, à la hauteur des lies Jersey et Guernesey, dont il aura fallu s'emparer, au nord, vis-à-vis de Flessingue, de puissantes croisières destinées à couvrir les flancs de l'armée de débarquement
Il faudrait que les combats que devront livrer nos escadres puissent s'engager en même temps aux deux extrémités de la Manche, afin que les flottilles de chaloupes canonnières et de bateaux plats puissent profiter de ce moment pour faire avec célérité leur traversée. Au signal convenu ces flottilles, composées de tous les petits bâtiments construits k Cherbourg, le Havre, Dieppe, Boulogne, Calais, Dunkerque, Ostende, etc., et ordonnées sur plusieurs têtes d'attaque, se dirigeront, en réglant leur manœuvre d'après le vent, la marée, les courants, l'apparition de l'ennemi, chacune vers les différents points qui leur auront été désignés sur la partie des côtes comprises entre l'île de Wight et
l'embouchure de la Tamise Il me semble que le débarquement devrait,
de préférence, s'effectuer sur l'Estrait (1) à la laisse de basse mer : les chaloupes canonnières destinées à le protéger auraient un plus grand effet par les revers de canon qu'elles pourraient prendre sur les troupes ennemies qui, vu la distance de cette laisse à la côte, seraient forcées de marcher longtemps à découvert avant de se trouver à portée de s'opposer efficacement à la descente ; d'ailleurs, nos troupes débarquant toutes formées, grâce à l'ingénieuse méca-
(1) Sic. — Sans doute Estran.
nique des ponts leyis dont sont munis les bateaux à la suédoise, seraient là moins exposées à Teffet des feux des batteries de côtes devenus moins dangereux à cette distance
Suivent des conseils sans intérêt, sur la manière de soutenir le combat au moment du débarquement, puis Fauteur continue en ces termes :
<c L'armée pourrait se porter en une seule marche sur Londres, avec d'autant moins de difficulté^ que le pays où sont situés le comtés de Kent, Sussex, Hampshire, Surrey, qu'il faudrait traverser pour y arriver, parait être ouvert, d'un accès facile, n'a aucune forteresse importante et ne présente point de positions parallèles qui puissent nous arrêter longtemps. Si eependant, pour
empêcher le blocus de la capitale, l'ennemi paraissait décidé à défendre
la rive gauche de la Tamise, maîtres de l'embouchure du fleuve, nous aurions bien de l'avantage à le déposter de cette position, débarquant sur son flanc gauche un corps considérable, qui se répandrait aussitôt dans les comtés d'Essex, Sutfolk, Norfolk, Cambridge, Hartford, et pour venir opérer sa jonction vers les sources de la Tamise, entre le canal de Bristol et celui de Boston, avec le reste de l'armée qui, pendant ce temps, coupant de l'Angleterre la presqu'île qui comprend les comtés de Gomviral, Dorset, Somerset, se serait portée en suivant ses mouvements jusqu'à cette hauteur. Ce sera alors l'instant de faire des diversions en Irlande, en Ecosse et même sur les côtes occidentales d'Angleterre, si nos forces navales ont conservé une attitude qui le leur permette.
Mémoire de Cyriet (?) sur les îles Marcouf*
28 janvier 1798.
.... Les îles Marcouf sont situées nord-nord-est l'une de l'autre, au sud-sudest de la Hougue, distante de trois lieues ; elles sont séparées et éloignées d'environ iSO toises. Dans les grandes marées, une frégate de 40 canons et même davantage peut passer entre les deux îles.
L'île de Terre est située nord-nord-est et sud-sud-ouest : sur son centre, qui est plus élevé que les bords, est construit une espèce de fort en forme de tour qui, suivant le rapport du citoyen Garissart, pilote lamaneur de Fécamp, a trois batteries : la plus élevée a du canon de 12, celle du milieu du 18, celle d'en bas du 24, ce fort domine toute l'île et peut battre de tous côtés.
De ce fort, dans la partie du sud-est, le terrain forme une pente un peu rapide jusqu'à la mer, et présente une espèce d'anse qui fait face à Grandcamp. Au sud-sud-est de cette anse, il y a un bon mouillage
L'île de Mer, au nord-nord-ouest de la première, est plus difficile d'accès par les roches qui l'entourent dans la partie du nord et de l'ouest.
La mer, qui est toujours très agitée du côté du nord-nord-est, rendrait toute tentative de descente impraticable de ce côté. Gette île a une tour comme
l'autre, suivant le même rapport La garnison des deux îles est composée
d'environ 300 hommes, quelquefois plus quelquefois moins
Ce n'est que de jour que l'on pourrait tenter un débarquement pour enlever ces îles. L'ennemi a constamment des bâtiments de guerre et surtout des frégates au mouillage ou qui croisent aux environs. D'après cet exposé, je crois
qu'il serait téméraire et même contre F humanité d'exposer des troupes et des marins à tenter le passage du continent aux lies pour s'en emparer de suite.
On avait eu d'abord le projet de s'emparer des lies ayec 8 chaloupes
canonnières et iSOO hommes de troupes qui auraient été embarqués à la
Hougue sur des bateaux pécheurs et, en supposant qu'il n'y aurait eu
sur la rade qu'une seule frégate à l'ancre, les canonnières auraient été mouiller de nuit auprès de la frégate, à portée de canon de it ou de 18, s'y embosser dans la direction de leurs canons, pour la couler à fond ou la forcer d'appareiller.
La frégate étant coulée ou partie, on aurait fait signal aux bateaux pécheurs où les troupes seraient embarquées, de suivre les canonnières, mais en se tenant hors de la portée du canon des lies.
Ces canonnières aiu'aient attaqué dans deux ou trois endroits les plus faciles au débarquement ; quand elles auraient mis les batteries hors d'état de faire feu, alors on aurait fait approcher les bateaux pour le débarquement, les canonnières continuant k battre à mitraille le sol au-dessus du rivage et même à poudre pendant le débarquement. -
Ce projet n'a pu s'exécuter parce que les Anglais ont eu constamment quatre à six frégates auxdites lies.
Il avait été ensuite proposé de s'en emparer avec deux vaisseaux de ligne et une frégate. ^ . . . Les officiers et états-majors auraient été composés autant que possible de marins pratiques de la Manche : sur ces trois bâtiments, il devait y avoir non seulement le nombre de l'équipage au grand complet, mais encore un supplément.
Le commandant de cette division aurait l'ordre, à son départ de Brest ou de Lorient, de faire route au large. Rendus à une distance de la cdtc, il aurait ouvert un paquet qui lui aurait indiqué sa véritable destination.
L'ordre aurait été qu'avec les vents dans la partie de l'ouest, il ferait route pour la Manche, se tiendrait à mi-canal et éviterait tous les bâtiments qu'il pourrait rencontrer, viendrait prendre connaissance des Casquets, de là atterrir au cap de la Hague, de ce point il commencerait à s'emparer des frégates et autres bâtiments ennemis qu'il pourrait trouver dans ces parages, les amarrinerait, en ordonnant aux officiers auxquels on aurait donné ces commandements, de se rendre à Cherbourg, où le chef du mouvement recevrait l'ordre de l'officier qui s'y trouverait et qui, seul, serait dans le secret, de mettre ces prises en état de mettre en mer le plus tôt possible pour joindre la division : il aurait, à cet effet, à Cherbourg, des marins pour compléter le nombre d'équipages nécessaires pour mettre les frégates prises en état de défense, et, dans le cas que ces prises ne fussent pas en état de partir douze heures après
leur arrivée, elles auraient (sic) resté à Cherbourg Les bâtiments de
guerre de la République, portant du gros calibre, qui pourraient se trouver dans la rade de Cherbourg, ayant ordre de se tenir prêts à partir, mettraient â la Yoile sitôt que les signaux auraient été bien reconnus, et ils iraient rejoindre la division qui ferait route pour passer près de Barfleur, pour s'emparer des frégates et autres bâtiments anglais qui pourraient se trouver en station, ainsi que de ceux qui pourraient se trouver au mouillage auprès des îles Marcouf.
Les bâtiments de guerre auraient attaqué d^un côté, tandis que les
canonnières auraient attaqué de Tautre ; Tafiaire serait bientôt décidée.
En supposant que le gouTcrnement adoptât le projet des deux yais-
seaux et de la frégate, j'estime qu'il serait à propos qu'il y eût à la Hougue 4 grandes canonnières, 6 bateaux canonniers et 2 bateaux bombardiers qui auraient un mortier à longue portée. Ces 12 petits bâtiments de guerre profiteraient d'un moment que les Anglais n'auraient aux iles Marcouf qu'une grande frégate pour aller les attaquer. Par ce moyen, ils inquiéteraient la garnison, la forceraient à être continuellement sur pied. Alors, dira-t-on, les Anglais rassembleront un plus grand nombre de ces frégates autour des iles, cela est Trai ; mais, quand elles seront dans cette partie, elles ne pourront être ailleurs, ou il faudra qu'ils augmentent leur division dans nos parages : quand les Tents passeraient dans la partie du nord-est, elles seraient obligées de pousser au large, et alors nos canonnières et bombardières profiteront de ce moment, si le vent le permet, pour renouveler leurs attaques, et si, par quelques coups heureux, une des bombes tombait sur la galiotte qui sert de poudrière sur l'île de Terre, quel désordre sur l'île !
Peut-être même que, si l'on était favorisé par des circonstances heureuses, la garnison se dégoûtant, on pourrait tenter une attaque en forme pour s'en emparer. A cet effet, il devrait toujours y avoir à Port-Wast et à Issigny ou aux environs, un rassemblement de troupes pour être embarquées sur des bateaux pécheurs, au premier ordre.