‹ 1793-1805 (volume 2)Chapitre 42 sur 62 · II · texte numérisé non relu

II

La batterie de la Crèche^ en aussi mauTais état que la précédente

Fort de ChâtiUon, Cette batterie est dans le meilleur état et il ne manque

rien les plate-formes des mortiers sont à changer et Tépaulement à

releTer

La batterie du musoir est entièrement hors de service par la dégradation complète des plate-formes et de la jetée. C'est Tobjectif le plus urgent

Malgré celte pénurie de moyens de défense à laquelle il allait rapidement remédier, Latouche-Tréville restait très partisan du port de Boulogne comme point de rassemblement principal, et cela d'une façon peut-être un peu exclusive, puisqu'il n'admettait pas Dunkerque, sans que Ton sache les raisons de son opinion (1).

A peine les questions de défense examinées, l'amiral en revenait à son projet favori, celui d'une descente.

De Boulogne, le 17 floréal.

Pour utiliser mon séjour ici, j'ai cru devoir prendre des connaissance locales de toutes les dispositions à faire pour le rassemblement des bateaux canonniers dans ce port et un embarquement considérable de troupes s'il devait avoir lieu. // résulte de la visite exacte que f ai faite du port que iO divisions pourront y trouver place, c'est-à-dire 180 bateaux, sans que la navigation intérieure et extérieure du port soit interrompue ; les 3 chaloupes attachées à ces divisions devront rester mouillées sur rade pour former la ligne de défense

6 divisions ou i08 bateaux trouveront place sur la plage de sable (2) qui règne depuis le premier épis, près la poudrière jusqu'au petit pont de passage du port à mer basse ; 2 divisions seront placées le long du grand quai, une le long du petit et une sur la grève près le chantier de construction

Tous ces bateaux pourront sortir en une seule marée (3). Les bâtiments jugés susceptibles de porter des troupes pourront être réunis au nombre de 50, au-dessus du port (4). // est donc possible de rassembler ici les moyens de transporter un corps de 30,000 hommes pouvant franchir les 20 lieues qui nous séparent de la plage de Rye en une nuit^ Les troupes qui partiraient de Calais auraient le même avantage

De Boulogne, le 18 floréal.

J'ai réuni ce matin les six patrons de pèche les plus réputés, pour

connaître la côte d'Angleterre, la direction des courants, la vitesse et la route

(1) Nous ne connaissons à ce sujet que le rapport de Quantin, intitulé : Mes idées sur mon expédition, cité ci-dessus (flottille de Dunkerque).

(2) Dans l'intérieur du port, le long des quais, le terrain est à sec la plus grande partie du temps. Des détails complets trouveront mieux leur place dans le volume suivant.

(3) Très douteux, on le verra plus tard.

(4) C'est-à-dire dans la liane, au-dessus du port, avec la quasi impossibilité de sortir.

la plus fayorable à tenir, partant à la fois des points de Dunkerque, Calais et Boulogne. Je ne saurais \ous exprimer ma satisfaction d'avoir acquis la certitude d'un succès probable, en combinant le temps d'un calme et f époque des

vives eaux dix heures par un calme plat suffiront pour y parvenir. Mais je

dois vous observer que Ton ne doit plus compter sur cette circonstance favorable après le 20 fructidor (17 septembre), ce qui rend plus pénible pour moi Tattente de voir tout mettre en usage pour cette expédition décisive

Les grands événements de la période 1803 à 1805 fixeront nettement la valeur de certaines des affirmations de l'amiral au point de vue de la valeur de Boulogne comme base d'opérations. Mais il est nécessaire de signaler, dès à présent, la situation spéciale où Ton devait se trouver le jour où Ton ferait de Boulogne le centre d'un grand rassemblement.

On ne pouvait faire sortir de ce port, en une marée, plus de 100 bateaux, ISO, disait Cafi*arelli, au grand maximum, et non 180, comme le dit Latouche, et ainsi que les faits le prouveront avec évidence. Par suite, ainsi que récrivait Bonaparte en 1798 (1), il était inutile de faire, à tintérieur du port, des travaux longs et coûteux pour lui donner une contenance supérieure à lécoulement possible en une marée. Pour y remédier, apparaît alors Tidée, singulière chez un marin comme Latouche-Tré ville, de gagner quelques bâtiments en laissant en permanence en rade 30 canonnières. Il s'agit à ce moment, à la vérité, de la belle saison, et l'expédition, suivant les vues de l'amiral, doit avoir lieu avant la fin de septembre, de sorte que le mouillage sera souvent tenable.

On verra, dans le volume suivant, quelles conséquences eut cette idée de mise en rade permanente, lorsqu'au lieu d'être appliquée à des effectifs restreints et pendant la belle saison, on voulut laisser de gros effectifs au mouillage pendant l'hiver.

D'ailleurs, même en été, même avec des effectifs restreints, le mouillage ne fut tenu que par intervalles.

Il ne semble pas que l'impatience de voir réussir ce grand projet eût été partagée en haut lieu, si l'on en juge par la lettre ci-après qui jette un jour curieux sur l'état d'esprit du gouvernement :

(1) Voir ci-dessns.

.308 TROISrÈMK PARTIE. — CHAPITRE III.

De Boulogrne, le 19 floréal.

Par Totre dépêche du 9 floréal vous me faites Thonneur de me

marquer que Tintention du gouvernement est de tenir jusqu'à nouvel ordre les divisions de la flottille dans les ports auxquels ils ont été affectés par Tarrété

du 22 ventôse. Je n'ai jamais pensé à vous proposer leur réunion Je n'ai

fait qu'indiquer la répartition des bateaux dans les diverses divisions et

j'ai donné des ordres en conséquence aux bateaux composant les divisions de Boulogne, de Calais, de se rendre à leur poste. Je donnerai le même ordre à

Dunkerque pour les divisions de Flessingue et d'Ostende Je partirai

demain pour les ports du 1«' arrondissement à moins d'ordre contraire

En terminant sa tournée des côtes, Latouche-Tré ville n'en continua pas moins à tout rapporter à une opération offensive :

De Calais, le 23 floréal (13 mai).

Mon premier soin a été de me transporter sur les points extrêmes des

digues, pour connaître les moyens de défense que l'on peut opposer à l'ennemi s'il tentait de chercher à détruire un rassemblement de bateaux ou autres bâtiments destinés à l'expédition et que l'on pourrait réunir ici au nombre

d'environ 150 à 200. Ce bombardement ne pourrait s'effectuer qu'avec

des chaloupes bombardières, soutenues par des chaloupes canonnières, le peu d'eau qui existe à mer basse et l'étendue de l'estran dans les vives eaux, ne pouvant permettre à des bâtiments d'une certaine force de s'approcher assez pour jeter des bombes dans le port et entre les jetées.

Pour tenir Tennemi encore plus éloigné, je me propose d'établir une ligne de bateaux canonniers et de chaloupes canonnières, dont la gauche s'appuira sur le fort Lapin et la droite sur le fort Rouge. Dans cette position elle ne peut être ni coupée ni tournée. Cette position servira également à l'instant de la sortie du corps d'armée destiné à s'embarquer ici, à couvrir le mouillage qu'il sera obligé de prendre pour établir les quatre heures de flot avant qu'il puisse se porter au N.-O., pour se réunir au corps d'armée de Boulogne et à celui d'Etaples, car, Citoyen Ministre, il me sera facile de vous démontrer que ion ne peut penser à Dunkerque pour point de rassemblement et de départ.

Le fort Rouge, 7 pièces de 24, Â mortiers de 12 pouces.

Le fort Lapin, 4 pièces de 32, 2 mortiers de 12 pouces.

Le Risban, ne pouvant off'rir par sa position aucune protection pour la rade, ni le défendre, je n'en fais mention ici que pour dire qu'il est dans le plus mauvais état.

De Calais, le 24 floréal (14 mai).

J'ai acquis la certitude de placer ici d'une manière sûre, commode,

avec la possibilité de sortir en tous temps, 6 divisions de bateaux canonniers formant i08 bateaux, dont 3 divisions seront placées sur la plage régnant le long de la jetée de gauche depuis l'angle du bastion N. du Risban jusqu'à ^a terminaison des pieux plantés sur cette plage, lesquels serviront à amarrer les bateaux par leur avant, tandis qu'ils seraient tenus à l'arrière par leurs

ancres les 3 autres divisions occuperaient, sur 2 ou 3 de hauteur, les

parties latérales des quais du petit port et de la jetée de la droite.

Si on réunissait des bateaux pécheurs et autres, propres à un transport

de troupes, on pourrait les placer dans le chenal qui remonte vers la citadelle, dans le petit port. J\ii reconnu qu'il y avait possibilité d'en rassembler

70 à 80 i7 est possible de faire embarquer 25,000 hommes de ce point qui

formeront la droite de Tarmée d'expédition ou Farrière-garde, plaçant le corps de bataille ou le centre à Boulogne, Tavant -garde ou la gauche à Etaples.

Malgré ces renseignements, Bonaparte se borna à prescrire Tobservation stricte de Tarrêté du 22 ventôse, c'est-àdire la dispersion de la flottille sur une immense étendue, ce qui réduisait forcément son rôle à celui de gardes-côtes.

Mais, sans outrepasser ses instructions, Latouche-Tré ville avait déjà amorcé la concentration vers Boulogne en y appelant les bâtiments du Havre :

De Dankorque, le 25 floréal (15 mai).

Par autre dépêche du 18, que j'ai reçue hier à Calais, vous voulez bien me prévenir que Tintention du Premier Consul est que les différentes divisions de la flottille :e rendent sans délai aux stations qu'elles doivent occuper. J'ai prévenu son désir en donnant ordre à celles de Boulogne et de Calais, qui sont prêtes, de se réunir ; à celle du Havre de partir aussitôt que le complément de leurs équipages leur aura été fourni par les troupes de ligne. On m'a rendu compte qu'un détachement de la 98^ demi-brigade venait d'être réparti sur les 5«, ()• et 8« divisions. Ce détachement ne suffisant pas pour l'armement des 60 bateaux du Havre, on en a fait une répartition égale sur chaque bateau, afin de mettre le moins de retard possible dans l'instruction que doivent recevoir ces militaires.

J'aurai l'honneur de vous instruire exactement de l'arrivée des divisions aux endroits fixés pour leur station . 5 seulement s'y trouvent placées et organisées ;

La 10* à Saint-Malo. ... en armement ;

La 9* à Cherbourg équipée, mais non» armée d'hommes ;

La 8* au Havre entièrement armée ;

La 7® à Dieppe en armement ;

La 4* ik Dunkerque en armement.

Je vais donner des ordres à chacun des commandants de division de m'envoyer leurs états de situation tous les dix jours, au quartier général à Boulogne

En même temps, il revenait une fois de plus à la charge au sujet des canonnières « à l'espagnole » qu'il avait déjà proposées, et dont l'utilité eût été incontestable par suite de leur force de combat très réelle.

Do Dankerque, le 26 floréal.

J'ai trouvé Tarmement des 54 bateaux réunis dans ce port assez aTancé

La !'• division stationnée à Flessingue et dans TEscaut sera incessamment complétée et réunie à sa destination. 6 bateaux suffiront pour cela; il s'en trouve iO autres armés occupant différentes situations dans TEscaut, et 2 désarmés à Anvers, que Ton msl équiper. Dunkerque enverra 17 bateaux à Ostende pour former la 2* division.

La 3* division stationnée à Newport (Nieuport), se compose de iO bateaux venant du Havre, i qui y est déjà ; Dunkerque fera passer les 7 qui manquent. Au moyen de cette disposition que je viens d'arrêter, les 5 bateaux qui devaient partir de Saint-Malo pour se rendre à Nieuport s'arrêteront à Boulogne pour faire partie d'une 13* division, que j'appellerai défensive ou légère, composée de l'excédent des bateaux formant les if divisions, au nombre de 216. Cet excédent est de 12 bateaux canonniers et 5 bombardières que j'attacherai provisoirement à la défense de Boulogne et d'Etaples avec 6 chaloupes canonnières des 4*, 5* et 6* divisions.

Tous les armements de ce port seront terminés du 10 au 15 prairial. Mais vous

ne pourrez trouver à en compléter les équipages qu'avec de l'argent Vous ne

pouvez compter sur aucune des 26 péniches qui sont ici, elles sont absolument

hors de service il est nécessaire d'en construire (d'autres) il faut

en porter le nombre à 100 elles pourront porter 100 hommes, 1 obusier

devant et derrière. Les grenadiers de l'armée s'y embarqueront. On évalue le prix de ces péniches à 3,000 francs, en les donnant à l'entreprise, elles seraient

toutes construites en un mois Si vous y ajoutez 50 chaloupes canonnières

à l'espagnole, du modèle que je vous ai remis l'été dernier, qui coûteront 7,000 à 8,000 francs, vous aurez avec 700,000 francs environ le nombre de bateaux suffisants pour faire C opération dans le genre où t7 faut C entreprendre y c'est-à-dire avec 75,000 hommes d'élite. Les doubles péniches et les corsaires qui sont dans ce genre vous offrent encore depuis Dieppe jusqu'ici une trentaine de bâtiments les plus légers qui pourraient encore porter 6,000 hommes. On trouvera en Hollande des bâtiments tirant très peu d'eau, propres à porter la cavalerie et les chevaux d'artillerie, la précaution que prennent tes Anglais de faire refluer les chevaux dans intérieur du pays en cas de descente rend cette mesure nécessaire. . • « •

28 floréal.

J'ai trouvé (Nieuport) en mauvais état Téloignement de la ville, du

mouillage, que l'ennemi prendrait pour la bombarder, rendrait inutile d'autres moyens de défense que ceux qui existent et qui consistent dans une forte redoute armée de 4 pièces de 24 et de 18 Si le Premier Consul me permettait une observation, je lui ferais connaître l'inutilité d'avoir des bateaux à Nieuport pour la protection d'un commerce et de la navigation qui sont

absolument nuls; une seule section et même 3 bateaux suffiraient le

pays est très malsain cette division serait mieux placée à Etaples

Quant à Ostende ^ la division des bateaux y sera bien placée, elle occupera tout le prolongement de la digue de droite, pour que les équipages aient moins de facilité de communiquer avec la terre Il n'y a (de mortiers) que 2 au

LA FLOTTILLE DE BOULOGNE. 3tl

phare, il serait nécessaire d'en placer 2 au bastion n« 3, et 2 à celui du Moulin à Tent.

Puis, il se rendit à Paris, où il alla entretenir le Ministre de nombreuses questions relatives au service à terre des soldats embarqués, des agents comptables, du commandement des bateaux qu'il désirait confier à des aspirants. En outre, il demanda l'envoi au Havre de 5 péniches stationnées à Lorient, d'armuriers, de grenades, de boulets inflammables

à main, etc Sa grande activité s'étendait à tous les

détails (1).

De son côté, le Premier Consul paraissait commencer à s'occuper de la flottille, mais sa lettre ci-dessous, la première retrouvée au moins où il en parle, montre que la question n'avait pas encore fort retenu son attention. En tous cas, il était mal renseigné (2).

Je vous prie de me présenter le 4*' prairial :

1 ** Un projet d'arrêté sur les travaux à faire au port de Boulogne, pour que, dans le courant de thermidor, ce port puisse recevoir toute la flottille légère;

2° Un mémoire sur les préparatifs qu'avaient faits les Hollandais sur la première descente et sur ce qu'ils pourraient faire aujourd'hui.

Je reçois votre état de situation de la flottille. Il est impossible d'attacher avec régularité des troupes aux différents bateaux et chaloupes, si préalablement vous n'organisez pas en divisions, si vous ne nommez pas les capitaines et lieutenants de marine qui doivent commander les sections et si vous ne faites pas numéroter les chaloupes et bateaux par section et division. Cela fait, les numéros ne doivent plus changer, et Ton attachera les troupes à tels numéros de manière à éviter la confusion.

Je vois que vous n'avez que 26 canonnières, il me parait impossible qu'il n'y en ait pas un plus grand nombre dans les différents ports, spécialement à Brest. Vous ne portez aucun bâtiment canonnier à Boulogne ; par les renseignements que j'ai, il y en a au moins 60.

En ce qui concerne la formation par division et le numérotage, Latouche-Tré ville avait, depuis longtemps, fait le nécessaire, mais il n'avait pas reçu plus de troupes de terre pour cela. Quant à l'existence, à cette époque, de 60 bâtiments à Boulogne, c'était une erreur, heureuse, d'ailleurs,

(1) Lettre da 6 prairial (26 mai).

(2) Lettre du 19 mai an ministre Forfait {Correspondance de Napoléon).

car, en Fabsence de toute protection par des batteries dé côte, ces navires auraient été, depuis longtemps, détruits par les Anglais.

Sans doute, Latouche-Tré ville parvint à intéresser le Premier Consul au projet d'expédition, les arrêtés du !•' juin, relatifs aux travaux du port de Boulogne, en sont la preuve, mais, les ordres qu'il reçut à son retour au Havre, montrent combien peu la question paraissait mûre à Bonaparte, et prouvent manifestement que, jusque-là, rien n'avait été entrepris, ni peut-être même simplement conçu.

Arrêtés du i«' juin {Correspondance de Napoléon) :

!• Il sera fait un fonds extraordinaire de 305,000 francs, pour être appliqué {i la construction et à la réparation des jetées et estncades du port de Boulogne, et à la construction de trois parties de quais en charpente à claire-Toie.

Il sera fait les dispositions les plus promptes pour rendre les anciens et les nouTeaux quais de ce port facilement accessibles aux bâtiments de 8 à 12 pieds de tirant d'eau, sur une étendue d'environ 500 toises de développement.

Le Ministre de la marine est chargé de pour?oir à la réparation et à la conservation de la jetée à Touest de Boulogne ;

2® Il sera construit une batterie de 6 mortiers de i2 à la Goraer et 3 ou 4 batteries chacune de 6 pièces de 24 avec grils à boulets rouges pour défendre rentrée du port de Boulogne et le mettre à l'abri d'un bombardement par mer.

En partant pour le Havre, Tamiral avait les ordres du Premier Consul « pour qu'il puisse connaître, d'après l'expérience qui va en être faite, les ressources que lui offre la flottille pour le transport des hommes et des munitions, et le parti qu'on peut tirer des bateaux de pêche de 25 à 60 tonneaux pour l'embarquement des chevaux et des voitures » (1).

C'est là qu'on en était encore au 31 mai.

L'expérience devait, du reste, être concluante.

Du Havre, le 12 prairial.

Les essais que j*ai faits à bord de deux bateaux canonniers et d'une péniche passent mes espérances, puisqu'il y aura 2 chevaux à bord de chaque bateau, 150 hommes de débarquement, 1 pièce de bataille J'ai trouvé ici 5 bateaux dits « culs ronds », mMés en bricks, très propres à porter 8 chevaux

(1) Lettre do 11 prairial (31 mai).

chacun, des munitions de toute espèce, i pièces d'artillerie de campagne et 120 hommes de troupe Il y a aussi 4 grands bateaux ou prames disposés pour porter chacun 40 à 50 chevaux et 500 hommes. Ils avaient été

préparés à cet effet il y a trois ans, lors du projet d'invasion Je donne

l'ordre à la division de Boulogne, composée de 3 chaloupes canonnières, 15 bateaux canonniers et 3 péniches, de se rendre à sa destination. J'espère que les 3 bâtiments ennemis qui croisent devant le port ne les empêcheront pas de passer et que s'il y a un engagement, il sera en notre faveur.

En outre, Latouche-Tré ville en revenait à la question des canonnières « à l'espagnole », pour laquelle il n'avait pu encore obtenir satisfaction. Bien que la lettre ci-dessous porte en marge, de la main du Ministre, le mot « accordé », la paix devait arriver avant que cet élément essentiel aux yeux de l'amiral, figurât dans la flottille.

De Paris, le 18 prairial (7 Join).

Le succès de l'importante opération dont je suis chargé exigeant la construction de 50 chaloupes canonnières à l'espagnole, dont je vous ai fait passer le plan, pour former une avant-garde légère qui puisse attaquer avec avantage tout ce qui pourrait s'opposer au passage de la flottille, je crois devoir vous proposer d'employer des charpentiers espagnols, qui se trouvent sur l'escadre

de nos alliés. Cinq ou six de ces hommes suffiraient Trois se rendraient

au Havre, et trois à Boulogne {Accordé par le Ministre),

D'ailleurs, les lenteurs du gouvernement, le peu de ressources accordées aux préparatifs, commençaient à porter leurs fruits, et Tidée que ce serait une fois de plus un simple simulacre, allait se répandre.

De Paris, le 28 prairial (17 Juin).

Je ne dois pas vous laisser ignorer que les armements de Dunkerque

vont très lentement et que les idées d'un simulacre s'étant placées dans la tète du préfet par intérim, beaucoup plus que celles d'un projet réel, occasionnent une lenteiu* et une indifférence très préjudiciables aux volontés du gouvernement (Le Ministre écrit en marge : Stimuler le préfet).

C'est seulement au milieu de juin que le commandement des divisions fut organisé. Encore, les choix n'étaient-ils pas tous heureux (1).

(l) En réponse à l'avis d'avoir à employer Castagnior :

De Paris, le 24 prairial.

Les qaatre capitaines destinés à commander les ailes on grandes divisions de la

De son côté, le Premier Consul écrivait le 23 juin à Augereau, commandant l'armée de Batavie. (Corr. Nap.) :

« Pressez, je vous prie, autant qu'il sera possible, le départ « de Tescadre hollandaise (pour les Indes).

<( Vous recevrez incessamment des instructions sur ce que « vous aurez à faire pour former S divisions de chaloupes- « canonnières à Flessingue, afin que, réunies aux 16 divi- « sions que l'on forme dans les ports de la Manche, nous « puissions en imposer à F Angleterre.

Or, on avait à peine 12 divisions et non 16. S'agissait-il d'autre chose que d'en « imposer à l'Angleterre ? ». La suite le montrera peut-être. En tous cas un premier résultat était déjà atteint : l'ennemi commençait à s'inquiéter et à prendre au sérieux les préparatifs faits sur les côtes de France.

Les Anglais, alarmés des préparatifs qui continuent à se faire dans tous les ports de la République batave et des dispositions qui semblent annoncer que Ton a le projet d'effectuer incessamment la jonction des 3 divisions (\ ) de la flotte hollandaise qui se trouvent dans l'Escaut, la Meuse et la rade du Texel, viennent d'envoyer des forces assez considérables en croisière entre Tîle de Goeree et les côtes méridionales de la Hollande, ainsi qu'à l'embouchure de l'Escaut et sur les côtes de l'île de Walcheren

{Moniteur j 7 juin iSOJ), Correspondance de la Haye (30 mai).

De Londres, 90 Juillet. N« 308.

Tous les officiers absents de leurs régiments devront les rejoindre sur-lechamp.

L'amiral Pôle, avec le reste de la flotte de la Baltique, comprenant 42 vaisseaux, est allé par le nord de l'Angleterre pour protéger l'Irlande ou renforcer l'escadre devant Brest.

Tous les croiseurs mouillés dans les Dunes ont reçu Tordre de lever l'ancre ceux stationnés sur les côtes de France, depuis le Havre jusqu'à Dunkerque, recevront par là im renfort de 20 frégates.

flottille sont nommés Le capitaine Castagnier est le dernier que j'aurais choisi pour

me seconder, non que je ne connaisse son énergie mais (il se met) trop souvent dans

le cas d'offrir à ses subordonnés des exemples d'une intempérance qui compromet la sûreté «t l'exactitude du service

(I) Le 4 juillet, Bonaparte écrivait au ministre Forfait :

Il faudrait que la République batave nous fournit 3 divisions de la flottille légère (3 et non plus 5). Écrives à cet effet au Ministre de la marine batave. Envoyez-lui t'organisaiion de nos divisions.

6 compagnies des gardes sont parties pour Chatham.

5,000 volontaires de Londres ont été passés en revue à Hyde-Park par le duc d'York.

D'après la crainte d'une descente prochaine des Français sur nos côtes, il y a l'ordre de doubler la garnison de Brighton pendant le séjour du prince de Galles dans cette localité.

Quelle qu'ait été la nullité de la préparation, au point de vue strictement offensif, TAngleterre en avait donc pris ombrage. On avait déjà eu connaissance de Porganisation des flottilles, « de Flessingue jusqu'au Morbihaii », et y avant même qu'il eût été effectué le moindre rassemblement à Boulogne, on savait j de Vautre côté de la Manche, que c'était là le point essentiel Lorsque Bonaparte préparait une entreprise réelle, il dissimulait d'ordinaire ses projets plus soigneusement.

Dès son arrivée à Boulogne, Latouche-Tréville put s'apercevoir que les menaces des Anglais devenaient sérieuses.

De Boulogne, le 3 messidor (22 Juin).

Aux nouvelles batteries, tout ce qui est du ressort du génie est terminé, mais aucune plate-forme n'est en place et pas une bouche à feu n'est arrivée. Je vais expédier un courrier à Saint-Omer au directeur de Tartillerie

de la i6* division Les projets de Tennemi ne sont plus douteux, s*il faut

en croire le rapport d'un pécheur du Havre Il est donc très urgent de se

mettre le plus tôt possible en défense

J'ai donné ordre à la canonnière V Éclatante, en station à Calais, de se rendre ici J'envoie le même ordre aux trois canonnières la Surprise, V Incommode et la Méchante, qui sont à Dunkerque.

Cet ordre s'exécuta le 28 juin, au prix d'un combat.

Rapport de Pille,

28 join.

Je m'empresse de vous faire le rapport de l'heureuse traversée de 6 canonnières, 3 péniches et i bateau plat, appareillés de Calais le 8 à minuit et

arrivés à la rade de Boulogne le 9 à 6 heiu'es du matin Le vent servit

parfaitement nos bâtiments, qui ont doublé sans accident le cap Gris-Nez

Dès ce moment, la canonnade a commencé à la nouvelle batterie; celles de Croix-aux-OEufs, d'Andresselles, d'Ambleteuse, de Croix et toutes jusqu'à

Boulogne ont parfaitement fait leur devoir Plus de 25 bâtiments anglais,

bien armés, qui étaient arrivés de tous les côtés, ripostaient vigoureusement : leurs boulets venaient jusqu'à nos batteries.

Au résultat, après 800 coups de canon tirés, nos bâtiments sont entrés dans la rade de Boulogne, malgré la croisière, pendant dix ou douze jours, de 40 bâtiments armés, dont i vaisseau de 74 et 2 frégates.

Or, Toffensive n'était voulue et préparée que par Latouche- Tré vaille (1) seul.

De Boulogne, le 6 messidor.

Je Toudrais que le gouiemement approuve que je fasse quelques incursions sur la cAte ennemie, notamment sur Folkestone, Hyth, New-Womney, Rye, Winchelsea, Hastings; avec 1000 ou 1200 braves, j'inquiéterai toutes les nuits ces côtes, ma retraite étant assurée par la proteetion qui existera sur la rade de Boulogne. Si vous faites part de cette idée au Premier Consul, priez-le de me donner h ce sujet toute latitude pour mes opérations.

C'est dans le même ordre d'idées que Tamiral commença à s'occuper d'Ambleteuse, Boulogne devant devenir insuffisant pour le rassemblement des moyens de passage d'une vraie armée.

De Boulogne, le 6 messidor (25 jain).

Je me suis rendu hier h Ambleteuse pour y examiner avec plus d*at-

tention les avantages que présentent les localités et les moyens de défense. Ceux-ci ne laissent rien à désirer, la tour qui protège le port est dans le meilleur état, elle offre deux batteries montées de 8 pièces de 24. J'ai donné des ordres pour qu*on y introduise une garnison de 30 hommes et 20 canonniers

Quant au port, les sables en ont bouché Tentrée, il serait facile de creuser

un chenal par deux jetées formées de pieux et de fascinages Le

bassin offre un abri pour plus de 300 bateaux. Cette ressource est si précieuse qu'elle me parait devoir attirer l'attention du gouvernement et le déterminer à destiner sur-le-champ 600 hommes pour le creusement du chenal

Ambleteuse et Boulogne suffiront pour le rassemblement général de Farmée, fût-elle de 80,000 hommes

Mais, en attendant, il n'avait ni artillerie à Boulogne pour armer ses batteries de terre, ni soldats à Dunkerque pour

(1) Correspondance inédite de Napoléon {Archives de la Guerre),

Au général Berthier, ministre de la guerre.

19 mai.

Donnes Tordre an général Andréossy de se rendre an Havre aaprès da contre-amiral Latoache-Tréville pour être charge de tons les détails d'état-major et d*artillerie de terre relatifs à Torganitation do la flottille légère. Il correspondra directement avec le Premier Consul, chez lequel il se rendra le 3 prairial à midi pour prendre ses instructions.

monter les canonnières qu'il voulait faire concourir à la défense du premier de ces points. Enfin la pénurie de matelots était extrême (1). Or, les stationnaires anglais mouillés à Gra vélines constituaient une menace constante. L'amiral était réduit à aller lui-même demander des canons à Douai et Saint-Omer et quelques soldats au général Pille, qui commandait à Lille.

De Dankerqae, le 9 messidor (t8 jain).

Le général Pille, que j\ii tu ce matin, a donné des ordres au commandant de cette place, de faire embarquer les troupes demandées pour les 3 chaloupes canonnières ; je viens de m'assurer qu'elles sont à bord et très satisfaites d'y être. Mais je dois vous confier Tinquiétude de ces braves gens tirés de la 4U* demi-brigade. On leur a insinué qu'ils ne tenaient plus h leur

corps, j'ai cru devoir les rassurer Les 3 chaloupes canonnières seront en

état d'appareiller demain au soir Les bateaux canonniers sont prêts quant

au matériel, mais ils nk>nt pas un homme de mer, et si les troupes destinées à former le complément de leurs équipages arrivaient, nous aurions le tort, auprès du Premier Consul, de les avoir demandées sans être dans l'état où il

parait désirer que nous soyons pour embarquer les militaires Si vous ne

faites pas passer d'argent dans ce port, ces armements ne se termineront pas

et l'on aura fait beaucoup de dépenses en réparations sans utilité Sur

54 bateaux qui sont ici, je ne puis disposer d'un seul puisqu'aucun équipage n'est formé ; je puis encore moins exécuter les ordres que vous avez donnés de faire passer les divisions du Nord à leurs stations respectives.

Au Havre, les choses avaient mieux marché. Le 26 juin, le Ministre pouvait annoncer le départ pour Boulogne d'une force sérieuse qui accomplit la traversée sous les yeux des Anglais avec un rare bonheur.

Commandant d'armes de Dieppe,

29 juin.

Une division (2) de bateaux plats et chaloupes canonnières et composée de 25 voiles est entrée cette nuit dans le port, venant du Havre : après qu'elle

(1) Lettre da 7 messidor (26 juin).

(2) Le commandant de la place de Fécamp au Ministre de la guerre,

29 juin.

Je n'ai que le temps de vous prévenir qu'il entre à l'instant dans ce port, c'est-à-dire à midi et demi, une division de bateaux plats au nombre de 40 environ ; aucun Anglais ne parait encore sur nos parages : je dispose tout pour les bien recevoir en cas qu'ils viennent près des batteries.

aura déchargé les gréements qu'elle porte pour les bateaux qui sont ici, elle continuera sa route pour Boulogne.

Une corvette anglaise, s^étant approchée de Dieppe, a reçu plusieurs coups de canon.

De Boulogne, le 14 messidor (3 Juillet).

La partie de la flottille aux ordres du citoyen Cordouat, capitaine de Taisseau, partie du Havre dans la nuit du 9 au iO, est actuellement sur la rade de Boulogne. Elle se dispose à mouiller sans que 3 bâtiments ennemis, dont i fort vaisseau, se mettent en devoir de Tinquiéter. Cette partie de la flottille consiste en 3 chaloupes canonnières, 3i bateaux canonniers et 6 péniches. Je me propose de laisser sur la rade 5 chaloupes canonnières, dont 1 que j'ai ici, et 40 bateaux canonniers que je ferai relever tous les dix jours ; je ferai passer 5 bateaux à Calais qui, joints à i qui y stationne, formeront une section de 6,

ce qui sera suffisant Si le ealme dure et que la division ennemie mouille

comme elle Va fait hier, je la ferai attaquer. Dans ce moment, j'ai en vue un convoi de 26 grands bâtiments gouvernant pour la rade des Dunes. On pense que c'est une partie du convoi de la Jamaïque, attendu depuis quelque temps en Angleterre. Cette portion parait escortée de deux bâtiments de guerre seulementi Si, au soleil couchant, j'entrevois une chance favorable pour inquiéter et surprendre les tratneurs, je ferai usage des péniches.

Je vous observe. Citoyen Ministre, que ce premier succès pour la réunion doit déterminer le gouvernement à presser l'embarquement des troupes de ligne sur les bateaux de la flottille pour les réunir ici. Dans les circonstances politiques où nous nous trouvons, cette mesure peut produire un grand effet sur les esprits en Angleterre.

C'était à peine si la défense était assurée à Boulogne, et^ déjà, Taudacieux marin pensait à prendre l'offensive, renouvelant ses instances pour une grande concentration à Boulogne et Amble teuse.

Je persiste dans mon opinion que Boulogne et Ambleteuse (1) suffiront pour

contenir toute la flottille portée à 500 bâtiments L'ennemi n'a pas

augmenté sa station. Elle est toujours composée d'un grand navire armé, d'un brick, d'un lougre et d'un cutter

D'ailleurs, et bien qu'un gros temps l'ait obligé, le 6 juillet, à faire rentrer dans le port les 10 bâtiments qu'il avait en rade de Boulogne, et ait jeté à la côte une péniche venant de Dieppe (2) (le n® 3 de la 5® division), il commençait déjà à

(1) Lettre dn 5 Juillet.

(2) Lettre da 6 juillet.

aguerrir ses équipages en les envoyant lutter contre les croiseurs anglais.

17 messidor (6 Joillei).

Les chaloupes canonnières qui sont à Calais éprouyant, de la part de Tennemi, des difficultés pour se rendre ici, je les fais soutenir par 4 chaloupes canonnières de Boulogne qui se réuniront à elles sous le cap Gris-Nez

D'autre part, de sérieux renforts allaient lui arriver.

Le 7 juillet, c'étaient 4 compagnies de la 57®, puis la 5® division qui, partie du Havre et ayant soutenu le 10, près de Crotoy, un véritable combat contre 3 bâtiments anglais, entrait à Boulogne le 12 juillet Son arrivée augmentait la flottille de la canonnière la Brûlante^ 11 bateaux, 2 bombardiers et 3 péniches de la 8® division venue de Cherbourg. Un bombardier, laissé en route à Saint- Valery-sur-Somme, parvenait le 16 à Boulogne, ayant passé heureusement sous les yeux des équipages de 5 croiseurs anglais (1).

Le citoyen , enseigne de Taisseau, chargé du commandement, a

manœuirré avec autant d'intelligence que de fermeté ; une division ennemie, au moment de son mouillage, paraissant dans Tintention de l'attaquer , il s'est embossé malgré un vent d'ouest très fort, ce qui a déterminé les 3 bâtiments anglais à venir au large. Le temps paraissant très menaçant, je fais rentrer à minuit tous ces bateaux ou péniches (2).

Si Tamiral Latouche-Tréville croyait sérieusement à la possibilité d'une expédition, c'est qu'outre la 'flottille, dont la force devenait très sérieuse, les moyens de transport étaient considérables.

Rien qu'en ce qui concerne les bateaux de pêche de Calais à Cherbourg, sans parler des navires du commerce, des smacks hollandais vantés par Leissègues, on avait les moyens de faire passer près de 30,000 hommes.

(1) Lettre dû 27 messidor.

(t) M. de Saint-Hilaire au Ministre de la guerre,

8 jaiUet.

J'ai l'honneur de vous prévenir qu'une seconde division de bateaux plats formant en* semble 18 voiles est partie du Havre le 16 du courant (5 juillet), a abordé le port de Dieppe d'où elle est repartie le 18 pour se rendre à Boulogne, ayant échappé à la surveillance de l'ennemi, qui est toujours signalé au loin.

Le Préfet maritime du second arrondissement au Ministre

de la marine.

20 messidor an ïn (9 juillet).

J'ai rhonneur de vous dresser Tétat général des bateaux de pêche susceptibles dVHre employés pour Texpédition confiée au contre-amiral Latouche- Tréville. Ils peuvent porter au moins 30,000 hommes.

Je pense qu'il suffirait de les mettre en réquisition au moment du besoin, et

qu'ils se rendraient facilement à Boulogne en rangeant la côte Je crois

le parti que je vous propose le plus économique et le plus sûr. Si on affrétait ces bâtiments à Tavance, la cessation de la pèche ne manquerait pas d'être connue de Tennemi^

Bateaux

de 5

10 tonneaax

Quartiers de Calais 21

— Boulogne . . 47

— Dieppe 66

• — Fécamp ... 28

— S t- Valéry -

s-Somme. . 36

— Havre 8

— Rouen »

— Honfleur... 20

— Caen 31

— Hougue 7

— Cherbourg . 3

Totaux 267

do 10

20 tonneaux

an-deuns

de 20 tonneaux

peuvent porter

630 hommes.

28,670 hommes.

Les bateaux de 5 à 10 tonneaux porteront 30 hommes ; ceux de 10 à 20 tonneaux porteront 50 hommes ; ceux de 20 tonneaux et au-dessus porteront 70 hommes.

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