‹ 1793-1805 (volume 3)Chapitre 53 sur 81 · IV · texte numérisé non relu

IV

une tentative pour s'y montrer, le chef de la division de Rochefort y. renonça, pour se conformer à ses instructions, et qu'il les exécuta à la lettre.

Yoid, toutefois, quelle impression produisit sur l'Empereur et sur son Ministre l'annonce du départ d'Allemand, au moment même où on lui avait envoyé Tordre d'attendre.

La disparition de l'ennemi devant Rochefort fut interprêtée par Napoléon comme la preuve certaine de l'approche de Villeneuve.

Gomme l'ennemi paraissait aussi s'éloigner de Bi'est, il y avait peut-être une occasion à saisir, c'était de faire opérer le déblocus de Boulogne par Ganteaume.

Au vice-amiral Deorès (i).

Saini-Clond, 29 messidor tn xm (18 juillet 1805).

Monsieur le Ministre de la marine,

Je ne puis rien comprendre à Vimmohiliié de Ganteaume; comment est-il possible, lui qui est au fait de tous mes projets, quHl laisse disparaître Vennemi sans faire aucun mouvement (2).

(1) Correspondance de Napoléon, 8991.

(2) Effectivenient le journal des observations à Ouessant avait montré un ehangement notable dans l'attitude de Tennemi.

bIGNAUX DES COTES DEVANT BREST.

(Extrait du journal de Vétat-major général du \b au 30 messidor an XIII.)

JOURS

meMidor.

OBSERVATIONS

Croifant.

Id.

Id.

Id.

Id.

Pendant la matinée, lee vents à l'Ouest bons frais, petit frais dans Taprès- Buidi ; dans la naît, ils ODt passé aa

O.-N.-Ô. Joli

joli s pln-

fràis, temps p

Tieux.

Moaillèes.

Croisant.

JOURS

messidor.

OBSERVATIONS

3 Croisant.

3 Id.

3 Les frégates moaillëes

et les corr, croisant.

' Pendant la matinée,

1 les vents à rOaest

^V bons frais, temps

619] P'i^^''"'! les vents .. < .£ ^ ont passé an O.-N.- ® ^ O. par grains et, dans la nuit, au O.-S.-O., petite brise de la plage.

Les frégates mouillées et les corvettes croisant.

LA SORTIE D'aLLBMAND BT LE PLAN DU 26 JUILLET.

J'aTnis prtTu, dans mes instructions, que l'enn^nii derait disparaître de Brest; Toilà quatre jours, h ce qu'il parait, qu'il n'ii paru, ce qui, joint à ta

JOURS

o.sEav.„o«,.

JOURS

Croi.iBl.

Cro;..ol.

la.

Mouill*.,. ,ll.,OBt.|^

iPnirlutli journée, r TE.-N.-E. (ir»iM

te

MoDilleei.

Cr.i..nl.

Mouillé.».

Moailléc,.

Groiiaoï.

Croiiul.

Id.

Id.

MoDillËei.

L« fc«K.l« nioaill»»

et iM colratta enil-

MoailW

Mooillto..

Id, CroiMBl.

MenLIWn.

MoailliH.

Cfoiunt.

MrailK».

Cn,».~l.

HDDiU»».

Croixal.

«1 lu «tiotlM crob-

sb

Monille».

CFDiual.

Mouille..

Croiiinl. .Uo. ont luoillé k S )i. I/t.

Mo.ill*...

Vu ; L'Amiral,

Le Chef d'état-major,

DdIUKTIJII].

(Jreftiuei de la Marine, BB", Ml.)

disparition de la croisière de Roche fort y ne peut guère laisser de doute sur Varrivée de Villeneuve. L'amiral Gardner s*est porté à yingt lieues de Brest, à la rencontre de Villeneuve qui, probablement, éprouTera quelques jours de retard pour opérer la jonction du Ferrol.

Gomment Ganteaume n'a-t-il pas chassé les croisières de frégates, afin de savoir ce qu'il y avait derrière ?

J^im«agine que vous avez expédié aujourd'hui un courrier extraordinaire à Brest ; expédies-en un second pour que Ganteaume, s'il apprenait que Gardner se fût trop avancé, entre dans la Manche et aille droit au but.

Napoléon.

P. S, — Faites-moi connaître, par le retour de mon courrier, si vous avez appris quelque chose de nouveau, et informez- vous s'il ne serait pas arrivé de courrier qui ne vous aurait point encore été remis.

Au Wce-am/ra/ Ganteaume (1).

Saint-Cload, !•' thennidor an xiii (20 juillet 1805).

Monsieur le général (àanteaame, commandant notre armée navale à Brest, notre ministre vous fera connaître les nouvelles que nous venons de recevoir, par l'Angleterre, de notre escadre que commande l'amiral Villeneuve. Il vous apprendra également que la croisière anglaise a levé le blocus de Rochefort, ce qui a mis notre escadre h même d'appareiller le 28 messidor.

Vos dépêches télégraphiques m'ont pareillement instruit que, depuis plusieurs jours, l'armée anglaise n'était plus signalée devant votre rade.

Nous vous avons déjà fait donner l'ordre de sortir et de chasser les frégates ennemies, et de reconnaître où Ventiemi s'est porté.

Si vous le trouvez au large de Brest, au nombre de moins de iQ vaisseaux de ligne, notre intention positive est que vous V attaquiez avec vos 21 vaisseaux de ligne.

Nous sommes fondés à espérer du succès.

Si, au contraire, Cennemi n'est pas en vue, et qu'il se soit porté sur le Ferrol, ou qu'il soit très éloigné en pleine mer, à la rencontre de l'amiral Villeneuve, notre intention est que vous entriez dans la Manche et que vous vous portiez devant Boulogne, oit tout est préparé et oii, maître trois jours de la mer, vous nous mettrez à même de terminer le destin de l'Angleterre,

Si l'ennemi avait une croisière considérable devant Brest, mais pas assez forte pour vous combattre, et que cette croisière prît chasse devant vous, vous vous étudierez à la chasser, si cela est possible, et à vous mettre en situation de secourir l'amiral Villeneuve, et de vous joindre à lui au moment où il se présentera devant Brest; et, si même vous étiez porté à penser que l'escadre qui est devant vous s'est affaiblie pour renforcer la croisière du Ferrol et faire obstacle î\ l'amiral Villeneuve, nous vous autorisons, après que

(1) Correspondance de Napoléon, 8998.

LA SORTIE d'allemand ET LE PLAN DU 26 JUILLET. 661

TOUS aurez chassé rennemi de devant Brest, à disparaître de devant lui par une fausse route, et à vous porter sur le Ferrol, pour y surprendre la croisière ennemie, vous y joindre à une autre escadre combinée, qui est forte de i5 vaisseaux, puis à vous joindre à notre escadre de Rochefort, commandée par le capitaine Allemand, et dont le ministre de la marine vous fera connaître la station.

Déconcertant ainsi les opérations de l'amirauté anglaise, vous entrerez rapidement dans la Manche.

Lorsque vous recevrez cette lettre, nous serons déjà de notre personne à Boulogne-sur-Mer, et tout sera embarqué, embossé hors la rade, de sorte que, maître trois jours de la mer, dans le temps ordinaire en cette saison, nous n'avons aucun doute de la réussite.

Dussiez-vous, après, passer devant le Toxel et vous joindre à Tescadre hollandaise, ou doubler l'Irlande pour vous retrouver dans la grande mer, et dans cette saison, approvisionné comme vous Têtes, pouvoir vous y maintenir pour vous tenir instruit des événements de l'Angleterre et de l'Irlande, et agir suivant les circonstances, ou même retourner dans un port quelconque de France ou d'Espagne, ou diviser votre escadre en 8 ou iO croisières, suivant ce que vous inspirera votre zèle pour notre service, ne restez pas inactif. De grands événements se passent ou vont se passer dans ces mers; ne rendez pas inutiles les forces que vous commandez.

Si l'ennemi se dégarnit devant vous, c'est qu'il est persuadé que l'offensive doit venir de l'amiral Villeneuve. Trompez ses calculs en prenant vous-même l'initiative.

Nous nous en rapportons à votre zèle, à votre bravoure, à votre expérience dans la marine, et à votre attachement pour notre personne.

Ayez de la prudence, mais ayez aussi de l'audace.

Napoléon.

Paris, 1" thermidor an xiii (20 juillet 1805) (1).

Monsieur T Amiral,

L'Empereur m'ordonne de vous envoyer un deuxième courrier. L'absence de l'ennemi devant Brest ne lui laisse pas de doute sur l'arrivée de l'amiral Villeneuve qui, probablement, éprouvera quelques jours de retard sur le Ferrol pour opérer sa jonction.

Sa Majesté pense que l'armée ennemie qui croisait devant Brest, se sera portée à 20 lieues au large à sa rencontre. Son intention est que vous fassiez chasser la croisière de frégates, que l'ennemi a laissé devant Brest, afin de savoir ce qui se passe au large.

L'Empereur termine ainsi la dépêche qu'il vient de m 'adresser :

Si Vamiral Ganteaume apprend que Vamiral anglais s'est trop avancé^ qu'il entre dans la Manche et aille droit au but.

Il) Archives de la Marine, BBiv, n4.

Je TOUS transmets, monsieur TAmiral, Tintention de Sa Majesté ; bien sûr que TOUS ne négligerez rien de ce qui peut être fait pour la remplir et pour exécuter ses ordres.

ReceTex l'assurance de mon iuTiolable attachement.

Signé : DscRi^.

En même temps, on expédia les trois dépêches télégraphiques suivantes :

Marine à Ganteaume (Brest), — Dépêche (I).

l«r thermidor an xm (20 juillet 1805).

Si Fennemi continue à ne pas paraître deTant Brest, sortex pour tous tenir prêt à tout. Vous saTez que le moment approche. Dans tous les cas, passex le goulet, prenez le mouillage qui Tient d'ôtre fortifié, et prenex attention h ce qui se passe deTant tous pour agir selon le plan général. (Napoléon).

L'escadre de Rochefort est partie le 27 messidor, il y aTait alors trois jours que Tennemi n'aTait paru. Soyex attentif et assurez-TOUs bien de l'attention des guetteurs d'Ouessant. (Napoléon).

Chassez les frégates qui sont deTant Brest. Ayez des nouTclles de la flotte anglaise. Ne restez pas oisif et agissez suiTant les circonstances, puisque tous connaissez le plan général. (Maret).

En ce qui concerne la disparition des Anglais devant Rochefort, le fait était exact, et Ton verra plus loin, en vertu de quel ordre, ces vaisseaux avaient abandonné le blocus. Mais si Ton ne voyait plus les vaisseaux de Cornwallis, Ganteaume restait, à juste titre, assuré qu'ils n'étaient pas loin ; et, de fait, il avait raison, car à partir du 22 juillet. Farinée anglaise reparait.

En rade de Brest à bord da Tâissean V Impérial, le l*' thermidor an xm

(20 juillet 1805).

Monseigneur,

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence un extrait du journal de Tétatmajor général, renfermant l'état des Tents et le relevé des signaux des côtes, pendant la seconde quinzaine de messidor. Vous y verres que, depuis le 2i de ce mois, Vannée ennemie signalée le jour précédent, au nombre de 20 vaisseaux.

(1) Archives]nationales) AF«^, 1191.

Page 1